Cours d’agriculture (Rozier)/FOULURE

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Hôtel Serpente (Tome cinquièmep. 23-24).


FOULURE, Médecine rurale. La foulure est une violente extension des tendons & des ligamens, sans un déplacement sensible des os ; les pieds y sont plus sujets que les autres parties du corps, parce qu’ils font un exercice plus habituel qui les expose à de fortes contusions, à des coups violens, & le corps à des chutes très-considérables.

Cette extension est d’autant plus ou moins grande, que les causes qui la déterminent sont plus ou moins fortes ; c’est aussi par cette raison que les symptômes qui accompagnent la foulure, sont plus ou moins graves, tels que la douleur, le gonflement, avec difficulté à exercer les mouvemens ordinaires de la partie ; la douleur est souvent très-vive, & l’inflammation proportionnée à la sensibilité des parties affectées, & à l’effort qu’elles ont fait.

On peut prévenir ces fâcheux accidens en plongeant le pied, ou toute autre partie affectée, dans l’eau bien froide, dès l’instant que la foulure est arrivée ; par ce répercussif on s’oppose à l’inflammation qui ne manqueroit pas de survenir, à l’épanchement de l’humeur synoviale dans l’articulation, & on calme la douleur qu’on y ressent.

Si on a oublié de mettre en usage le moyen que je viens de recommander, il faut alors employer la saignée, & un régime sévère, s’opposer à la constipation par des lavemens émolliens, & avoir recours à des topiques appropriés & recommandables par leurs effets, tels que la feuille de choux, ou d’artichauts, qu’on écrase dans un mortier, & qu’on saupoudre avec du sel commun réduit en poudre grossière ; cette application mérite les plus grands éloges, & elle n’a jamais manqué aux effets qu’on est en droit d’en attendre.

Les boues des eaux minérales chaudes, telles que celles de Balaruc, de Barèges, &c. appliquées sur la foulure, lorsqu’il y a épaississement de la sinovie, sont très-propres à redonner à cette humeur sa fluidité naturelle.

Quand les accidens sont passés, beaucoup de médecins veulent qu’on mette la partie qui a été foulée (si c’est le pied ou la main) dans la gorge d’un bœuf ou de tout autre animal qu’on vient d’égorger ; mais je suis persuadé qu’en la frottant plusieurs fois dans la journée avec de l’eau-de-vie camphrée, ou d’eau vulnéraire un peu chaude, & pendant plusieurs jours consécutifs, on parviendra aisément à lui redonner la souplesse naturelle. (Voyez ce qui a été dit au mot Entorse) M. AME.


Foulure, Médecine vétérinaire. Ce terme a dans notre art plusieurs acceptions, & indique une extension violente & forcée des tendons, des ligamens, d’une partie d’un membre quelconque ; en ce cas il a la même signification qu’entorse, effort. (Voyez ces mots) On s’en sert encore pour désigner une contusion externe, occasionée par quelque compression, telle que celle qui résulte du frottement & de l’appui de la selle sur le garrot, (voyez Garrot) lorsque les arçons trop larges, ou entrouverts, laissent tomber l’arcade sur cette partie. Cette espèce de foulure cède à l’usage des frictions d’eau-de-vie avec le savon. M. T.