Cours d’agriculture (Rozier)/GLACE

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Hôtel Serpente (Tome cinquièmep. 303-304).
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GLACE, Physique. État solide sous lequel l’eau est réduite par le froid. L’eau a un degré de chaleur égale ordinairement, ou du moins approchant de celui de l’atmosphère ; si ce degré descend au dessous du terme de la congélation, l’eau, de fluide qu’elle étoit, passe à l’état concret & solide, & devient de la glace. Ce poste de l’eau offre des phénomènes aussi curieux que difficiles à expliquer. On peut les observer facilement en exposant à l’air des vases de verre pleins d’eau pure. S’il gèle foiblement, on verra d’abord se former une pellicule de glace très-mince sur la surface de l’eau qui est exposée immédiatement à l’action de l’air froid ; ensuite des filets de glace sembleront partir des parois du vase avec différens degrés d’inclinaison, & faisant entr’eux des angles aigus ou obtus ; d’autres filets se formeront & croiseront les premiers, de nouveaux se mêleront avec ceux-ci ; tous ces filets de glace s’élargiront insensiblement en forme de lame, acquerront ainsi de la largeur & de la grosseur, & finiront par remplir toute la capacité du vase. Le froid augmentant, cette masse spongieuse se resserre, se condense & forme à la fin un morceau de glace solide, de la forme du vase qui renfermoit l’eau. Si le froid est très-vif, la congélation se fait plus vite, mais plus confusément. Plus la glace s’est formée lentement, plus aussi elle est nette & transparente, parce que l’air a eu le temps de s’en dégager, & qu’il n’y reste que très-peu de bulles ; le contraire arrive lorsque l’eau est surprise tout d’un coup par le froid ; elle devient alors raboteuse & chargée de petits monticules produits par l’air qui cherche à s’échapper, & qui a été enchaîné par la surface de l’eau qui s’est convertie en glace la première.

Après son passage à l’état de glace, l’eau se dilate, acquiert plus de volume ; c’est pour cette raison que la glace est plus légère qu’un pareil volume d’eau, qu’elle surnage ; que les glaçons flottent sur les rivières & les eaux où ils se sont formés ; & que l’eau brise & fait éclater souvent les vases où elle est renfermée au moment de sa congélation. Quelques physiciens ont fait des expériences curieuses à ce sujet. M. Buot, répétant l’expérience de M. Huygens, renferma de l’eau dans un canon de fer épais d’un doigt, le ferma bien, & l’exposa à une forte gelée : le canon creva en deux endroits au bout de douze heures. Faut-il s’étonner après cela que la gelée soulève le pavé des rues, brise les tuyaux des fontaines, quand on n’a pas la précaution de les tenir vides ; qu’elle fende les pierres pénétrées d’humidité, & les arbres ; qu’elle gèle & détruise les tissus des végétaux. Ce sont les suites nécessaires de la dilatation de la glace, & de sa force de dilatation. (Voyez Froid, Gelée). M. M.


GLACE. (Pomme de) Voyez le mot Pomme.