Cours d’agriculture (Rozier)/LÉNITIF

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Hôtel Serpente (Tome sixièmep. 246).


LÉNITIF. Médecine Rurale. Remède dont on fait usage pour adoucir les humeurs & les douleurs. Lénitif en médecine est un purgatif, très-usité anciennement, & composé de plusieurs purgatifs doux, tels que la manne, le tamarin, le séné, les prunaux, auxquels on ajoute différentes substances émollientes ; on pourra s’en convaincre par la formule suivante. Prenez séné bien mondé, polipode de chêne, orge bien mondé & des raisins secs, de chacun deux onces ; des jujubes, des tamarins, des prunes douces, desquelles on aura extrait le noyau, de chacun un gros ; mercuriale, une once & demie ; violettes fraîchement cueillies, & du capillaire de Montpellier, de chacun une poignée ; demi-once de réglisse. Faites bouillir le tout dans neuf livres d’eau ; puis ayant coulé & exprimé les matières, vous dissoudrez dans leur colature deux livres de bon sucre, qu’il faut faire cuire en consistance d’électuaire mol ; mais ayant ôté le tout du feu, ajoutez-y des pulpes de casse, de tamarins, des prunes douces, de la conserve de violette, & de la poudre de séné, de chacun six onces ; de bonne rhubarbe, & de la semence d’anis en poudre, de chacune une once ; faites un électuaire régulier de toutes ces drogues. Telle est la composition de l’électuaire lénitif, décrit dans la Pharmacopée de Charras : il est aisé de voir que ce remède est tombé en caducité, & qu’on ne s’en sert plus aujourd’hui, ou du moins très-rarement.

La dose à laquelle on le donne, est depuis une once jusqu’à une once & demie. Il est encore aisé de voir que c’est principalement le séné qui rend cet électuaire purgatif.

On se sert aujourd’hui en médecine de remèdes plus simples, & dont les succès sont plus assurés & plus rapides. M. Ami.