Cours d’agriculture (Rozier)/LANGUE DE SERPENT

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Hôtel Serpente (Tome sixièmep. 228-229).


Rozier - Cours d’agriculture, tome 6, pl. 5, langue de serpent.png

LANGUE DE SERPENT. (Voyez planche V, page 225). Tournefort la place dans la seconde section de la seizième classe qui renferme les plantes sans fleurs apparentes, & dont les fruits ne naissent pas sur les feuilles, mais en épis, ou dans des capsules ; il l’appelle ophioglossum vulgatum. Von Linné lui conserve la même dénomination, & la classe dans la cryptogamie, dans la famille des fougères.

Fructification. C’est un épi articulé, représenté au haut de la tige A, qui s’ouvre dans toute sa longueur par un mouvement naturel de contraction. Voyez la tige B qui répand les semences C ovoides & lisses. Elles sont représentées augmentées à la loupe, car à la vue simple elles paroissent n’être que de la soufrière.

Feuille. Une seule, ovale, simple, entière, sans nervure, portée sur un pétiole qui part de la racine.

Racine. Composée de fibres ramassées en faisceaux.

Port. La tige de l’épi part de la racine, s’élève à la hauteur de deux ou trois pouces ; lisse, cylindrique. La feuille embrasse la tige par sa base, & s’élève moins haut que l’épi.

Lieu. Les prés inondés, les marais ; la plante est vivace & fleurit en mai ou juin.

Propriété. La saveur de la feuille est douce âcre, visqueuse, légèrement austère & virulente. Elle est vulnéraire, prise intérieurement ou appliquée à l’extérieur.

Usage. Les feuilles infusées dans l’huile d’olive récente, passent pour un vulnéraire aussi puissant, aussi utile pour les plaies, que l’huile de millepertuis. (Voyez ce mot) Les feuilles tendent à répercuter les inflamations érysipélateuses.