Cours d’agriculture (Rozier)/NENUFAR ou NYMPHEA

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Hôtel Serpente (Tome septièmep. 80-81).


NENUFAR ou NYMPHEA ou LIS DES ÉTANGS, ou VOLANT D’EAU. (Voy. Pl. I, p. 63). Tournefort le place dans la quatrième section de la sixième classe des herbes à fleur de plusieurs pièces régulières & en rose, dont le pistil devient un fruit divisé en cellules, & il l’appelle nymphæa alba major ; von-Linné le classe dans la polyandrie monogynie, & le nomme nymphæa alba.

Rozier - Cours d’agriculture, tome 7, pl. 1, nénuphar blanc.png

Fleur. D représente le bouton de la fleur ; E, lorsqu’elle est prête à s’épanouir ; F, la fleur épanouie : alors elle ressemble à un volant d’où elle tire son nom. Elle est composée de quinze pétales environ, disposés en rose, plus courts que le calice ; G représente un de ces pétales séparés ; H fait voir le calice d’une seule pièce divisée en quatre, vertes en dehors, pâles en dedans ; les étamines sont en très-grand nombre ; I en représente une séparée des autres, & K, la forme du pistil.

Fruit, ressemblant à une tête de pavot, ou baie couronnée, il est partagé dans sa longueur en plusieurs loges. On le voit coupé transversalement en M ; N représente les semences oblongues, noirâtres & luisantes.

Feuille. Avant son épanouissement, elle a la forme d’un vrai fer de lance B ; lorsqu’elle est bien développée, elle est en forme de cœur arrondi ; C, très-entière, charnue, veinée, surnageant l’eau.

Racine, A ; très-grosse, charnue, horizontale, brune en dehors, blanche en dedans ; chargée de nœuds qui sont les anciennes places du pétiole des feuilles.

Port. La tige vit dans l’eau, chaque tige ne porte qu’une fleur ; les feuilles sont couchées sur la surface de l’eau.

Lieu ; les étangs, les eaux dormantes. La plante est vivace & fleurit en mai & juin, suivant le climat.

Propriétés, fleurs insipides, inodores, d’une saveur fade & un peu austère ; la racine aqueuse, fade, visqueuse. Cette plante a été très-célébrée : mérite-t-elle la réputation dont elle jouit ? Un examen bien réfléchi démontre que sa propriété est due à son mucilage, & à rien de plus. L’eau distillée des fleurs, ne produit pas plus d’effet que l’eau de rivière distillée ou filtrée. Il en est de même de sa conserve qui doit tout au sucre qui en est la base. Le miel de nénufar n’agit que comme miel ordinaire : la racine a plus de propriétés ; elle adoucit quelquefois l’ardeur d’urine, la colique néphrétique occasionnée par des graviers, la logorrhée virulente, effets dus à son mucilage comme le lin.

Le nénufar à fleur blanche ou jaune, produit le même effet.

Cette plante est très-pittoresque dans les pièces d’eau.