Cours d’agriculture (Rozier)/PUCERON

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Hôtel Serpente (Tome huitièmep. 435-441).


PUCERON. Il ne faut point avoir fait une étude particulière des insectes, dit le célèbre M. Bonnet de Genève, le dessinateur & le peintre de la nature, pour connoître les pucerons ; il suffiroit de dire pour en rappeler l’idée, que ce sont des espèces de moucherons qui s’attachent en grand nombre aux jeunes pousses & aux feuilles des arbres & des plantes, qui les recroquevillent & y occasionnent des tumeurs d’une grosseur quelquefois monstrueuse. (Consultez l’article Galle-insecte) Les insectes sont ordinairement mieux caractérisés aux yeux de la plupart des hommes, par les dommages qu’ils causent, qu’ils ne le seroient par une description exacte.

Les pucerons en général, sont petits ; de bons yeux peuvent néanmoins distinguer, sans le secours de la loupe, leurs principales parties extérieures ; leur corps a une forme qui approche de celle de la mouche commune, c’est-à-dire, qu’il est gros proportionnellement à sa longueur ; il est porté sur six jambes assez longues & déliées ; dans la plupart des espèces, il est recouvert d’une sorte de duvet cotonneux qui transpire à travers de la peau & qui acquiert quelquefois plus d’un pouce de longueur.

La tête est petite, eu égard au corps, elle est garnie de deux antennes qui vont toujours en diminuant depuis leur origine jusqu’à leur extrémité : près de l’endroit où est placée la bouche dans le commun des insectes, celui-ci a une trompe très-fine avec laquelle il pompe le suc nourricier des plantes : lorsque le puceron n’en fait pas usage, il la porte couchée le long de son ventre ; il y en a qui l’ont si démesurément longue, qu’il leur en passe par derrière un grand bout, qui a tout l’air d’une queue : la structure de cette trompe est très-curieuse ; elle est faite de trois pièces ou tuyaux qui rentrent les uns dans les autres, à peu près comme ceux d’une lunette d’approche.

Sur le corps, à quelque distance de l’anus, sont posées, sur une même ligne, deux espèces de petites cornes immobiles, beaucoup plus courtes que les antennes & plus grosses, & qui sont singulières par leur usage ; chacune d’elles est un tuyau par lequel sort une liqueur miellée, que les fourmis recherchent & qui les attire en grand nombre sur les arbres : ces cornes, au reste, n’ont pas été accordées à toutes les espèces de pucerons, & à cet égard, on pourroit diviser ces insectes en deux classes générales ; la première, qui seroit la plus nombreuse, comprendroit les pucerons pourvus de cet organe ; la seconde, ceux qui en sont privés : dans ceux-ci on observe à la place des cornes, deux petits rebords circulaires qui ont paru à M. de Réaumur, capables des mêmes fonctions.

Enfin, parmi les pucerons, & ce qui est plus digne de remarque, dans chaque famille de ces petits insectes, il y en a qui n’ont point d’ailes & qui ne parviennent jamais à en prendre, d’autres en ont quatre semblables à celles des mouches, qu’ils portent appliquées les unes contre les autres sur le dessus du corps ; ceux-ci sont dit se métamorphoser, quand ils passent de l’état d’insectes non ailés à celui d’insectes ailés ; ce qui arrive lorsqu’ils ont atteint leur parfait accroissement ; mais les uns & les autres n’y parviennent qu’après avoir changé plusieurs fois de peau.

Il y a certains insectes qui ont beaucoup de ressemblance avec les pucerons, & que M. de Réaumur a nommés par cette raison faux-pucerons. Comme les pucerons, ils se tiennent attroupés sur les plantes & en pompent le suc ; ils y font naître diverses excroissances ; mais ce qui les différencie, c’est que leur corps est plus aplati que ne l’est celui des vrais pucerons, leurs jambes sont aussi plus courtes, & ce qui est plus essentiel, ils parviennent tous à prendre des ailes. Le buis en nourrit une espèce dont les excrémens prennent la forme d’une langue queue que ces petits insectes traînent après eux.

La plus grande diversité qu’on observe entre les différentes espèces le pucerons est dans la couleur ; il y en a de vertes, de jaunes, de brunes, de noires, de blanches. Les unes ont une couleur matte, celle des autres a une sorte d’éclat ; mais souvent cet éclat est dû à un petit ver que le puceron nourrit dans son intérieur & qui lui donne la mort. Enfin quelques espèces sont joliment tachetées, tantôt de brun & de blanc, tantôt de vert, de noir, ou d’autres couleurs.

Les pucerons forment une classe de petits animaux dont la nature a prodigieusement multiplié les espèces. Leur nombre n’est peut-être pas inférieur à celui des plantes ; car si, comme le remarque M. de Réaumur, il n’est pas sûr que chaque espèce de plante ait son espèce particulière de pucerons, il est certain seulement qu’en général, des plantes de différentes espèces ont différentes espèces de pucerons, & que souvent plusieurs sortes de pucerons aiment la même plante. Non-seulement, il y en a qui vivent sur les fleurs, sur les feuilles, sur les tiges, mais il y en a aussi qui vivent sous terre & s’attachent aux racines.

J’ai dit que les pucerons causent diverses altérations dans les plantes : les plus remarquables sont ces grosses vessies communes sur les ormes. La matière dont elles sont produites est extrêmement digne d’attention. Il n’en est pas de ces vessies comme des galles, (consultez ce mot) qui s’élèvent sur tant d’espèces d’arbres & de plantes ; celles-ci doivent leur naissance à une mouche qui a piqué quelques parties de la plante, & y a déposé un eu plusieurs œufs ; autour de ces œufs il se forme une excroissance, une tubérosité qui grossit journellement. Les vessies sont de même occasionnées par des piqûres ; mais l’insecte qui les fait, se laisse renfermer dans la tumeur qu’il a excitée ; là, il jette les fondemens d’une petite république ; les petits qu’il y met au jour, donnent à leur tour naissance à d’autres ; à mesure que le nombre des pucerons augmente, la tumeur acquiert plus de capacité, les piqûres de ces petits insectes, réitérées en tout sens, déterminent le suc nourricier à s’y porter plus abondamment qu’ailleurs & à s’y distribuer à peu près également dans tous les points ; de là, l’augmentation du volume de la vessie, & sa configuration : enfin elle s’ouvre & on en voit sortir des millions de pucerons. On trouve souvent dans ces vessies, une certaine quantité d’eau, dont l’odeur est quelquefois forte & désagréable ; mais comme le tissu de la vessie ne permet pas à l’eau de la pluie ou de la rosée de pénétrer dans l’intérieur, il faut conclure que cette eau est due à la surabondance des sucs nourriciers qui s’y rassemblent & ne peuvent plus entrer dans le torrent de la circulation.

Au reste, ce que j’ai dit sur la formation des vessies des ormes, doit s’appliquer aux autres excroissances ou altérations que les pucerons produisent dans les plantes. Elles sont toutes l’effet de cette loi du mouvement, que les corps, sur-tout les fluides, se portent où ils sont le moins pressés ; aussi ces insectes ne couvrent-ils qu’un des côtés d’une tige ou d’une feuille, & ce sera de ce côté que cette tige ou cette feuille se courbera, pourvu néanmoins qu’elle ait assez de souplesse pour se prêter à l’impression qui lui est communiquée : de même, s’ils s’établissent près des bords d’une feuille, & ce qui est ordinaire, dessous, la feuille se gonflera & se recourbera dans ce sens : s’ils s’établissent, au contraire, vers le milieu, ils occasionneront la production de diverses tumeurs, plus ou moins larges, ou plus ou moins élevées suivant que les piqûres auront été dirigées, ou suivant l’état de la partie sur laquelle l’action des trompes se fait sentir.

Les pucerons, comme tous les animaux qui multiplient beaucoup, ont des ennemis sans cesse occupés à les détruire. J’ai indiqué ce petit ver qui se nourrit dans leur intérieur, & les fait mourir insensiblement ; quantité d’autres insectes naissent leurs ennemis déclarés & leur font la guerre la plus cruelle. Nous semons des grains pour fournir à notre subsistance ; il semble que la nature sème des pucerons sur toutes les espèces d’arbres & de plantes, pour nourrir une multitude d’insectes différens.

Les mange-pucerons de la première classe, sont sur-tout remarquables par la forme de leur tête & par leur voracité. La tête des animaux qui nous sont les plus familiers a une forme constante, celle de nos vers en change presqu’à chaque instant : on la voit s’alonger, se raccourcir, s’arrondir, s’aplatir, se contourner tantôt dans un sens & tantôt dans un autre, & cela avec une promptitude étonnante. On juge que pour exécuter des mouvemens si prompts & si variés, cette tête ne doit pas être osseuse ou écailleuse, comme l’est celle des grands animaux & de la plupart des insectes ; mais qu’elle doit être formée de chairs extrêmement flexibles ; & cela est ainsi. Il n’est peut-être dans la nature aucun animal carnassier qui chasse avec plus d’avantage que cet insecte ; couché sur une tige ou sur une feuille, il est environné de toutes parts des insectes dont il se nourrit ; les pucerons ne cherchent point à fuir, ils sont même incapables de faire la moindre résistance : dès que son trident a touché une de ces malheureuses victimes, il lui est impossible d’échapper ; il l’élève en l’air, & après l’avoir fait passer sous ses premiers anneaux, de façon qu’elle disparoît presqu’entièrement, il en tire le suc & la réduit en moins d’une minute à n’être qu’une peau lèche ; 20 à 30 pucerons suffisent à peine pour fournir à un de ses repas ; & les siens sont aussi fréquens que copieux, d’où l’on peut juger du nombre prodigieux de pucerons que ce ver détruit.

Les mange-pucerons de la seconde classe, ne le cèdent pas en voracité à ceux de la première, si même ils ne les surpassent : les plus singuliers de ces insectes sont ceux que M. de Réaumur a nommés lions-pucerons, parce qu’ils ont la tête armée de deux petites cornes semblables à celles du fourmilion, & avec lesquelles ils saisissent, percent & sucent les pucerons : la manière dont s’y prennent quelques-uns est très-curieuse, ils se font une espèce d’habillement, & en même-temps un trophée des peaux des pucerons qu’ils ont sucés ; on diroit Hercule revêtu de la peau du lion de Némée. Ces insectes se métamorphosent en de très-jolies mouches du genre des demoiselles, & qui, par un instinct naturel, vont déposer leurs œufs là où il y a le plus de pucerons : ces œufs méritent d’être observés, on les prendroit pour de petites plantes prêtes à fleurir ; chacun d’eux est porté par un long pédicule qui est comme la tige de la fleur, dont l’œuf semble être le bouton, celui-ci paroît s’épanouir lorsque le petit éclôt.

Au lieu de dard & de cornes, les mange-pucerons qui se changent en scarabées, ont reçu de la nature des dents dont ils se servent aussi avec un grand avantage : l’espèce qui mérite le plus d’être connue, est celle qui porte le nom de barbel-blanc, parce que tout son corps est couvert de touffes cotonneuses d’une grande blancheur, qui transpirent à travers sa peau & se façonnent dans de petites filières disposées à dessein. C’est encore des vers mangeurs de pucerons que provient ce joli petit scarabée hémisphérique, connu même des enfans sous le nom de vache à Dieu, de bête de la Vierge, qui n’épargne pas plus les pucerons sous cette forme, qu’il le faisoit sous la première.

Cependant, malgré tant d’ennemis ; l’espèce des pucerons se conserve, & même la manière dont s’opère cher eux la fécondation, est ce qu’ils offrent de plus intéressant. On a vu ci-dessus que dans la même famille de ces insectes, il y en a d’ailés & de non ailés : selon l’analogie ordinaire, les premiers devroient être tous des mâles & les seconds des femelles. C’est ainsi que parmi les papillons, il y a plusieurs espèces dont les femelles sont privées d’ailes, tandis que les mâles en sont pourvus ; & pour employer un exemple plus connu, on sait que le vert-luisant est une femelle qui a pour mâle un scarabée. Mais ce qui doit paroître une grande singularité parmi nos pucerons, c’est que les ailés comme les non ailés sont femelles ; on n’a pu jusqu’ici découvrir la manière dont les uns & les autres sont fécondés ; tous sont vivipares : dès qu’il ont atteint l’âge d’engendrer, ils ne semblent presque faire autre chose pendant plusieurs semaines. Les petits viennent au jour à reculons ; quant on les écrase doucement, on fait sortir de leur corps, quantité de fœtus dont les plus gros sont aisés a reconnoître pour des pucerons, & dont les autres ne ressemblent plus à des œufs ; ceux-ci ne seroient venus au jour que longtemps après ceux-là. Chez les quadrupèdes, les petits d’une même portée, ont tous la même grandeur ou à peu près ; ils sont tous environ du même âge, & paroissent au jour presque en même temps. Il en est tout autrement comme on voit de nos pucerons, & c’est encore une autre singularité qu’ils nous présentent.

Si on désire de plus grandes instructions sur ce sujet, on peut consulter les œuvres de M. de Réaumur, & particulièrement la dernière édition de celles de M. Bonnet.

S’il est agréable de connoître les mœurs des insectes, il seroit bien plus satisfaisant d’avoir les moyens de les détruire ou de les chasser de dessus les arbres précieux ; tels que les pêchers & les autres arbres de nos jardins & de nos vergers. En parlant de chacun de ces arbres en particulier, nous avons indiqué les insectes qui les tourmentent, & autant qu’il a été possible, les moyens de les en écarter. La plupart sont insuffisans, pénibles & longs à mettre en pratique, & la multitude de recettes présentées par différens auteurs prouvent l’espèce de foi qu’elles méritent. Un de mes voisins avec lequel je m’entretenois des pucerons & de leurs ravages, m’annonça que M. de Thosse, dans les Mémoires de la Société d’Agriculture de Paris, trimestre du printemps de l’année 1787, donnoit une méthode assurée pour les détruire ; comme je n’avois pas encore reçu ce volume, je le priai de me prêter son exemplaire, d’où j’extrais ce que l’on va lire :

« Dans le nombre des procédés qui ont été publiés pour écarter la troupe ennemie des pucerons, je ne trouve pas l’usage d’une substance très-propre à les détruire, & qui est un poison très-vif contre toute espèce d’insectes. La modicité du prix, la promptitude de l’exécution dans les différens cas où je m’en suis servi, doivent lui mériter l’attention des amateurs de l’agriculture ; cette substance est l’essence de térébenthine. Voici ce qui m’a conduit à en faire usage pour des objets tant de culture que d’économie rurale ».

« J’avois oui dire que les herbes d’une odeur forte, écartoient les insectes ; mais ce moyen n’est qu’un palliatif qui ne détruit pas la cause du mal ; il arrive d’ailleurs qu’on ne peut se procurer sur le champ de ces sortes d’herbes, & c’est ce qui m’a donné l’idée de me servir d’essence de térébenthine qui remplit le premier but par son odeur forte & pénétrante, & qui a rempli aussi le second en détruisant non-seulement l’insecte, mais même sa génération. Il y a quelques années qu’au mois de juin, une lice ayant mis bas quatre petits chiens, je me proposai de les élever ; au bout de quelques jours je vis ces jeunes chiens très-languissans, ils étoient dévorés des puces, on avoit beau les peigner, le nombre des puces ne diminuoit pas & mes petits animaux alloient périr ; je m’avisai de faire éponger la mère & les petits avec de l’eau tiède imprégnée d’essence de térébenthine, & je vis avec une agréable surprise, que chaque coup de peigne enlevoit une quantité prodigieuse d’insectes morts ; mes jeunes chiens reprirent bientôt leur vigueur & je les sauvai en répétant une seule fois l’opération dans le courant de l’été. Après cela je fis l’essai de l’essence pure sur plusieurs insectes ; quelques puces en furent touchées avec une pointe d’épingle, & après plusieurs petits bonds circulaires, elles tombèrent mortes ; la punaise ointe de la même liqueur, fait quelques pas & meurt en se tournant sur le dos… Un insecte vert-doré, gros comme une fève, que nous nommons cuirassier, & qui attaque le poirier, en fut touché & mourut sur le champ, ainsi qu’un autre insecte de la même espèce qui avoit cependant vécu long-temps dans la chaux vive encore tiède. Les papillons, mouches, chenilles, hannetons, meurent plus ou moins promptement suivant la quantité d’essence dont ils sont atteints. Je me promis d’en faire usage sur les insectes & pucerons des arbres fruitiers[1] ».

« Je les ai détruits entièrement en mettant dans une jatte quelques poignées de terre jaune, sur laquelle je jetai une petite quantité d’essence ; je broyai bien le tout avec une spatule en y versant de l’eau jusqu’à consistance d’une bouillie très-claire ; je trempai le bout des branches attaquées, dans ce mélange, & l’insecte périt avec sa génération ; car l’essence détruit le germe des œufs des insectes[2] ; l’odeur qui reste pendant quelques jours à l’arbre, les en éloigne ; les branches en attendant se fortifient, se durcissent & ne craignent plus de nouvelles attaques… On peut au bout de quelques heures arroser l’arbre pour enlever la boue que l’opération y laisse, à moins qu’on ne veuille attendre la première pluie qui enlève le tout.

» Il faut un mélange de terre, parce que l’essence surnageant l’eau pure, ne se mêleroit pas assez intimement, & pourroit brûler les feuilles qui en seroient touchées directement, de même que si l’essence étoit en trop grande quantités[3]. M. l’abbé Roger de Schabol recommande le bain terreux comme un moyen de détruire cette espèce d’insecte, mais il s’en échappe beaucoup qui remontent le long de la tige de l’arbre, & leurs œufs ne sont pas détruits ; chose d’autant plus essentielle que ces petits animaux se reproduisent dans les 24 heures[4] ».

Le moyen proposé par M. Thosse est sans contredit le meilleure de tous ceux qu’on a annoncés jusqu’à ce jour. Je suis fâché que la saison soit trop avancée & m’empêche de répéter son expérience.


  1. Note de l’Éditeur. L’odeur forte de l’essence de térébenthine peut écarter les insectes ; mais ce n’est pas cette odeur qui leur donne promptement la mort. Cette substance n’est pas miscible à l’eau & la surnage. C’est une véritable huile. Or, de toutes les huiles dont on touchera un insecte quelconque, il en périra. On sait que ces animaux ont le viscère, par lequel ils respirent, la trachée-artère, placée sur le dos, & cette ouverture étant bouchée par l’huile, l’animal ne peut plus inspirer ni respirer, il meurt. Si l’huile ne touche que la partie postérieure de son corps, & qu’elle ne s’étende pas sur l’ouverture de la trachée-artère, l’animal ne mourra pas presque subitement ; mais comme les huiles sont très-expansibles, & sur-tout l’essence de térébenthine, elles s’étendent peu à peu, gagnent la trachée-artère, & l’insecte en devient la victime,
  2. Ce n’est pas sans doute ceux des pucerons, puisque ces insectes sont vivipares ainsi qu’il a été dit ci-dessus.
  3. Par son mélange avec la terre, elle s’imprègne de ses sels, & si elle est en quantité proportionnée, elle forme un vrai savon qui devient soluble dans l’eau, & par-là susceptible d’être dissous & entraîné par l’arrosement ou par l’eau de la pluie. Si l’essence est en trop grande quantité, la portion qui n’aura pas été combinée en savon, restera huile, s’attachera aux parois de l’écorce, en bouchera les pores, $ nuira à la végétation.
  4. Comme vivipares & non pas par des œufs, ceux qui se perpétuent d’une année à l’autre, se retirent sous des abris pendant l’hiver, y restent engourdis, & reprennent leur vigueur aux premières chaleurs.