Cours d’agriculture (Rozier)/RÉCÉPER

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Hôtel Serpente (Tome huitièmep. 557-558).


RÉCÉPER. C’est couper un arbre, un arbrisseau près de terre, afin qu’il produise de nouveaux jets, ou plus forts que les précédens ou en plus grand nombre ; tels sont, par exemple, les bois taillis. C’est vraiment récéper, puisqu’on les a déja coupés dans ce dessein ; mais récéper un arbre fruitier, c’est rabaisser sa tige plus bas qu’elle ne l’avoit encore été. Si la greffe d’un arbre est placée à fleur de terre, & qu’on le récèpe à un pouce au-dessus, il est probable qu’il dardera en dessus un bourgeon qui, dans la suite, formera une nouvelle tige ; mais il est encore bien plus probable que le bourgeon poussera au-dessous de la greffe & donnera un sauvageon. Le pis-aller sera de greffer par-dessus ; l’arbre n’en sera pas moins utile. Si au dessus ou au dessous de la greffe s’élancent plusieurs bourgeons, dans le premier cas on n’en conservera qu’un seul, & tous les autres seront supprimés comme inutiles, dès que le premier sera assuré ; si les bourgeons poussés au-dessus de la greffe sont maigres & languissans, tandis que ceux venus en dessous sont forts & vigoureux, on ne doit pas balancer à supprimer les supérieurs & à conserver l’inférieur qui se montrera le meilleur. Dans ce cas, la partie supérieure excédant ce bourgeon demande à être supprimée, & la plaie doit être aussì-tôt recouverte par l’onguent de Saint Fiacre.

On perd son temps & sa peine à récéper un arbre trop foible ou trop vieux, sur-tout s’il est greffé sur coignassier,