Cours d’agriculture (Rozier)/RAISIN DE RENARD

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Hôtel Serpente (Tome huitièmep. 518-519).


Rozier - Cours d’agriculture, tome 8, pl. 36, raisin de renard.png

RAISIN DE RENARD. (Voyez Planche XXXVI, (page 463) Tournefort le place dans la neuvième section de la cinquième classe, qui comprend les herbes à fleurs, de plusieurs pièces régulières & en forme de croix, dont le pistil devient un fruit mou, & il l’appelle herba paris. Von-Linné le classe dans l’ocyandrie tétragynie, & le nomme paris quadrifolia.

Fleur ; en forme de croix, composée de quatre pétales, longs, étroits, terminés en pointe, égaux dans presque toute leur longueur, courbés en demi-cercle ; D en représente un séparé. Les étamines au nombre de huit accompagnent un pistil unique, E représente une étamine, & F le pistil. Toutes les parties de la fleur reposent dans le calice G qui est d’une seule pièce, divisée en quatre feuilles oblongues, pointues, unies à leur contour, marquées de trois nervures droites. Le même calice est représenté en H vu par dessous.

Fruit I. Baie globuleuse, tétragone, à quatre loges remplie de deux rangs de semences L ovoides, presque réniformes, blanchâtres. K représente une des loges coupée longitudinalment.

Feuilles au sommet de la tige au nombre de quatre, disposée croix, ovales, terminées en pointe, soutenues par un pétiole très-court, qui le prolonge dans toute la feuille & dont il forme la nervure principale.

Racine A, horizontale, articulée, nerveuse.

Port. Tige unique qui s’élève plus ou moins, suivant la qualité du sol, haute de huit pouces environ, mais à quelque degré qu’elle parvienne, elle n’en arrive pas moins à la floraison, comme on le voit dans les figures B C.

Lieu. Les forêts de l’Europe, les lieux ombrageux, les sols gras. La plante est vivace ; fleurit en avril ; parvient à sa maturité en mai.

Propriétés. Toute la plante a une odeur puante & désagréable. Elle est, dit-on, alexipharmaque, céphalique, résolutive & anodine. Malgré ces assertions de presque tous les auteurs, M. Vitet s’explique ainsi dans son excellente Pharmacopée de Lyon.

« Les feuilles récentes, broyées jusqu’à consistance de cataplasme, accélèrent le changement des tumeurs inflammatoires en pus. Le suc exprimé sous forme de collyre, est employé souvent sans succès dans l’ophtalmie érésipélateuse. Les feuilles récentes légèrement coiffées ne calment ni ne guérisent le cancer occulte, ni le cancer ulcéré. Elles ne favorisent point la résolution des bubons pestilentiels. Intérieurement elles ne sont d’aucun secours dans ces deux genres de maladie.

L’usage intérieur & extérieur des fruits est si rare qu’on ne peut rien établir de certain sur leurs effets. On prétend que la racine fait vomir sans causer d’accidens fâcheux, & peut tenir lieu d’ipécacuanha. C’est a l’observation à le vérifier. » Que conclure de cette diversité d’opinions ? qu’il n’est pas prudent d’employer cette plante, & qu’il vaut mieux l’abandonner aux renards qui en mangent le fruit.


Raisin d’Amérique, (Voyez Phylotaca).