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Cycle/Pour une chère Malade

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CycleAlphonse Lemerre, éditeur4 (p. 242-243).


Pour une chère Malade


Ses espoirs d’autrefois étaient nos espérances,
Ses souffrances sont nos souffrances.

Oui, celle qui n’avait que sourire et douceur
Et que toute âme aimante aimait comme une sœur,
 
Sous l’étreinte du mal et languit et se penche,
Plus que sa couche pure et blanche.
 
Sa mère aux yeux voilés, sainte de la maison,
L’époux qui lui donnait et fortune et renom,
 
Et son tendre Maurice et sa charmante Hélène,
La réchauffent à leur haleine.
 
Et ses nièces aussi, leur aiguille à la main,
L’entourent, chaque soir lui disant : « À demain ! »
 
Roses que son pinceau fit naître, blanches roses.
Brillez durant ses nuits moroses !


Car son âme est ouverte aux délices de l’art,
Et le beau pur reçoit son hommage à l’écart.
 
Vous, fleurs de son jardin, quand l’hiver nous assiège,
Pour elle, fleurs, percez la neige !
 
Comme à Pâques, rameaux, soyez verts et fleuris !
Ô riante oasis dans les murs de Paris,

Parterre intérieur, gazons où tout embaume.
Vers elle exhalez votre arôme !

Amour de la famille et saintes amitiés,
Versons surtout, versons nos parfums à ses pieds !

Ses espoirs autrefois étaient nos espérances.
Ses souffrances sont nos souffrances.


27 septembre 1855.