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Démêlés du Comte de Montaigu/Introduction

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INTRODUCTION



Dans la deuxième partie de ses Confessions, et en l’année 1742, qui était la trentième de son âge, J.-J. Rousseau raconte que « la mauvaise fortune qui le poursuivait depuis longtemps déjà » le fit tomber comme secrétaire dans la maison d’un ambassadeur de France à Venise, le comte Pierre-François de Montaigu. Ce diplomate eut le tort de concevoir pour son subordonné les mêmes sentiments que les premiers protecteurs de Rousseau avaient ressentis à son égard, et il le chassa de sa maison, sans penser qu’un événement si banal dût un jour passer à la postérité. Telle ne fut pas l’idée du secrétaire, qui se chargea de donner à son maître une célébrité singulièrement erronée. Voici longtemps en effet que ces quelques pages ironiques et méchantes forment toute la biographie de notre ambassadeur. Ni lui, qui ignora naturellement les Confessions, ni ses enfants, hommes d’épée, peu au courant des querelles de plume, ne songèrent à discuter ces assertions.

Si cependant Pierre-François de Montaigu, fidèle serviteur de son pays, n’avait eu d’autres torts que de représenter une politique chimérique, absolument inapplicable en Italie, et d’être desservi par son secrétaire, philosophe peu indulgent ?…

Bien des accusations mal fondées avaient été déjà relevées dans les Confessions. C’est le désir de vérifier celles portées contre l’ambassadeur qui a conduit un de ses descendants directs à rechercher dans les sources officielles et dans les papiers de famille la preuve des allégations du secrétaire misanthrope : ces documents si abondants et si clairs prouvent surabondamment combien Jean-Jacques nous a induits en erreur.


Le texte des Confessions a été divisé en paragraphes correspondant aux diverses phases du récit des démêlés de Rousseau et du comte de Montaigu.

Toutefois, pour plus de clarté, son commentaire sera précédé :

1° De la bibliographie générale de la discussion ;

2° D’une biographie sommaire de l’ambassadeur avant sa nomination à Venise ;

3° Du texte complet du passage des Confessions qui le concerne. Ainsi le lecteur pourra juger d’abord et d’ensemble le témoignage de Jean-Jacques, et suivre plus aisément ensuite la critique détaillée.