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Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments/Daguesseau (marché)

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Daguesseau (marché).

Situé dans la cité Berryer. — 1er arrondissement, quartier de la place Vendôme.

« Louis, etc… Par nos lettres-patentes du 6 février 1723, nous aurions accordé à notre amé et féal Joseph-Antoine Daguesseau, conseiller-honoraire en notre cour de parlement, à notre amé et féal Gilles Coste de Champeron, aussi conseiller en notre dite cour, et notre amée Hélène-Geneviève de Noïel, sa femme, et à notre amée Elisabeth Billet, épouse séparée quant aux biens de Pierre Lavergne, notre conseiller au Châtelet, la permission d’établir un marché public dans un terrain à eux appartenant au Faubourg-Saint-Honoré, pour l’avantage des habitants dudit quartier, et à la décoration et commodité de notre bonne ville de Paris, mais le d. établissement n’ayant pu être conduit à sa perfection à cause des défenses de bâtir dans les faubourgs, survenues l’année dernière, qui empêchèrent que les environs du d. marché fussent remplis de bâtiments, soit parce que le terrain où il était placé se trouvait trop éloigné de la partie la plus habitée du d. quartier : notre très cher et féal le sieur Daguesseau, chevalier, chancelier de France, commandeur de nos ordres, donataire entre-vifs et héritier sous bénéfice d’inventaire du d. sieur Joseph-Antoine Daguesseau, son frère, et les autres propriétaires du d. marché dans le dessein d’achever un établissement si utile au public, se seraient déterminés à acquérir une place située à l’entrée du d. quartier et appartenant à André Mol de Qurieux, notre conseiller, secrétaire, maison et couronne de France et de nos finances, et avocat en nos conseils, et à Marie-Catherine Paulmier sa femme, lesquels, la leur auraient cédée moyennant entr’autres choses, l’abandon que les d. propriétaires leur auraient fait du quart dans le privilège porté par les d. lettres-patentes ; au moyen de quoi ils nous ont, conjointement avec les d. sieur Mol et sa femme, très humblement supplié de transférer le d. privilège sur la d. nouvelle place, etc. À ces causes avons permis et permettons de faire construire dans le d. terrain six étaux de boucheries et toutes échoppes, baraques ou étalages convenables pour les boulangers, poissonniers, fruitiers et autres et en général pour le débit des denrées et autres marchandises qui pourront être portées dans le d. marché ; pour en jouir par notre très féal chancelier de France le sieur Daguesseau, notre amé et féal conseiller en notre parlement le sieur Coste de Champeron, et sa femme, notre amée Elisabeth-Billet, veuve de Pierre Lavergne, et notre amé sieur Mol de Qurieux et sa femme, chacun pour un quart, à l’instar des autres marchés et étaux de notre bonne ville de Paris, etc. Donné au camp d’Alost, le 16 août 1745 : signé Louis. » — (Archives du royaume, section administrative, reg. E, no 3431). Ces lettres-patentes furent registrées au parlement le 6 septembre suivant et le nouveau marché fut inauguré le 2 juillet 1746.