Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments/Enfants (rue des Bons-)

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Enfants (rue des Bons-).

Commence à la rue Saint-Honoré, nos 192 et 194 ; finit aux rues Neuve-des-Bons-Enfants, no 1, et Baillif, no 2. Le dernier impair est 33 ; le dernier pair, 36. Sa longueur est de 242 m. — Les numéros impairs sont du 2e arrondissement, quartier du Palais-Royal ; les numéros pairs, du 4e arrondissement, quartier de la Banque.

Au XIIe siècle on la nommait chemin qui va à Clichy. Au commencement du XIIIe, elle portait la dénomination de ruelle par où l’on va au collége des Bons-Enfants. Au XIVe siècle c’était la rue aux Écoliers-Saint-Honoré, et en dernier lieu, la rue des Bons-Enfants. — « Arrêt du conseil d’état du roi (8 janvier 1680). Sa majesté estant en son conseil, a ordonné et ordonne que les propriétaires de la rue des Bons-Enfants, des deux côtés d’ycelle, seront tenus de faire retrancher leurs bastimens suivant les alignemens marquez au plan, et les propriétaires remboursez à cause du retranchement. Ordonne en outre sa majesté, que le bastiment dépendant du Palais-Royal et faisant enclave sur la d. rue, sera desmoly et retranché dans toute l’étendue de la place nécessaire pour l’élargissement de la d. rue des Bons-Enfants, suivant le d. plan, et que les propriétaires des maisons de la d. rue et celles des rues Neuve-des-Bons-Enfants et Saint-Honoré, qui sont à l’opposite des deux bouts de la d. rue, seront tenus de contribuer suivant les advantages qu’ils en retireront. Fait au conseil d’état du roi, sa majesté y étant, tenu à Saint-Germain-en-Laye, le 8 janvier 1680. » (Extrait). — Une décision ministérielle du 20 fructidor an XI, signée Chaptal, avait fixé la largeur de la rue des Bons-Enfants à 8 m. En vertu d’une ordonnance royale du 23 juillet 1828, cette largeur est portée à 10 m. Les maisons nos 28, 34 et 36 ne sont pas soumises à retranchement. — Égoût entre les rues Saint-Honoré et de Montesquieu. — Éclairage au gaz (compe Anglaise).

Périnet-le-Clerc ayant livré dans la nuit du 28 au 29 mai 1418, la porte de Buci aux troupes Bourguignonnes, le connétable Bernard d’Armagnac, chef du parti opposé à Jean-Sans-Peur, se sauva déguisé dans la maison d’un maçon de la rue des Bons-Enfants. Trahi par ce misérable, d’Armagnac fut pris et enfermé à la Conciergerie. Le 12 juin, la populace força cette prison, se rua sur le connétable et le perça de mille coups ; son cadavre, traîné dans les rues de Paris, fut ensuite jeté à la voirie. Telle fut la fin d’un des descendants de Clovis par Charibert, frère de Dagobert.

Le collége des Bons-Enfants était dans cette rue. En 1208, à l’époque où l’on achevait l’église Saint-Honoré, fondée par Renold Chereins, un bourgeois de Paris, nommé Belot, et Ada, sa femme, résolurent de former un collége à côté de cette église. Ils firent construire en conséquence une maison pour servir à treize pauvres étudiants de Paris, qu’ils confièrent à un chanoine de Saint-Honoré. Ce collège reçut d’abord la dénomination d’Hôpital des pauvres Écoliers ; ce nom indiquait la triste situation de ces élèves qui allaient quêter leur nourriture dans les rues de la capitale. La pièce intitulée les Crieries de Paris nous en fournit ainsi la preuve :

« Les bons enfants orrer crier,
Du pain nes veuil pas oublier. »

L’établissement des Bons-Enfants acquit peu-à-peu une aisance suffisante, grâce aux libéralités de plusieurs personnes, entr’autres de Jacques-Cœur, l’argentier de Charles VII. Ce collége fut réuni, en 1602, à l’église Saint-Honoré. On voyait près de la maison des Bons-Enfants une chapelle qui en dépendait et dont on attribue l’érection à Jacques-Cœur. Elle fut d’abord placée sous l’invocation de la Vierge, mais une confrérie qui s’y établit le 29 octobre 1486, choisit Sainte-Claire pour patronne. Supprimée en 1790, cette chapelle, qui contenait en superficie 89 m. 34 c., devint propriété nationale, et fut vendue le 17 avril 1792.