Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments/Jacob (rue)

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Jacob (rue).

Commence à la rue de Seine, nos 44 et 46 ; finit à la rue des Saints-Pères, nos 27 et 29. Le dernier impair est 51 ; le dernier pair, 60. Sa longueur est de 418 m. — 10e arrondissement, quartier de la Monnaie.

D’après la demande de plusieurs propriétaires riverains, une décision ministérielle du 14 juillet 1836 ayant autorisé la réunion de la rue du Colombier à la rue Jacob, sous la seule dénomination de cette dernière rue, on procéda à la régularisation du numérotage en vertu d’un arrêté préfectoral du 26 août suivant. Une ordonnance royale du 29 avril 1839 a fixé la moindre largeur de cette voie publique à 10 m. 70 c. Propriété no 1, alignée 3 et 5, retranch. réduit, 1 m. 80 c. ; de 7 à 17 inclus, ret. 2 m. à 2 m. 40 c. ; de 21 à 27 inclus, alignées ; 29, ret. 3 m. 20 c. ; de 31 à la fin, alignées. La propriété no 2 doit être supprimée ; de 4 à 32 inclus, ret. 80 c. à 1 m. ; de 34 à la fin, alignées. — Égout entre les rues Saint-Germain-des-Prés et des Saints-Pères. — Conduite d’eau dans une partie. — Éclairage au gaz (compe Française).

Dans cette rue, entre le no 43 et l’hôpital de la Charité, était située la rue des Deux-Anges qui se terminait par un retour d’équerre à la rue Saint-Benoit, nos 4 et 6. Cette voie publique devait sa dénomination à deux statues d’anges, placées aux encoignures de la rue Jacob. Elle a été supprimée en vertu d’une ordonnance royale du 5 août 1839, qui a autorisé la ville de Paris à céder le sol de cette rue tant aux propriétaires riverains qu’aux hospices civils.

Nous allons maintenant rappeler l’origine des rues du Colombier et Jacob. — Jaillot prétend avoir vu plusieurs titres qui indiquaient une maison dite le Colombier, près les murs de l’abbaye. Sauvai affirme, suivant un registre du Trésor des Chartes, qu’il est fait mention à l’année 1317 d’une maison et dépendances sises à Saint-Germain-des-Prés, au lieu nommé le Colombier. Telle est sans doute l’origine de la dénomination affectée à la voie publique qui nous occupe. Cette rue, ou plutôt ce chemin, était, avant cette époque, plus reculé du côté de la rivière. Charles V avait ordonné de creuser des fossés autour de l’abbaye Saint-Germain-des-Prés ; ces fossés devenus plus tard inutiles, les religieux les firent combler, excepté dans une longueur de cent toises qu’ils réservèrent pour faire un vivier. Sur l’emplacement autrefois occupé par ce vivier, le bailli de Saint-Germain fit tracer, en 1585, l’alignement d’un nouveau chemin auquel on donna le nom de Pré-aux-Clercs. Plus tard et à différentes époques, les religieux permirent à des particuliers d’y bâtir ; mais les habitants furent souvent troublés par les écoliers de l’Université. Nous voyons qu’en 1641 le parlement rendit un arrêt qui obligeait les propriétaires à terminer les maisons déjà commencées. Une décision ministérielle du 15 floréal an V, signée Benezech, avait fixé la moindre largeur de cette voie publique à 10 mètres.

La rue Jacob doit son nom à l’autel de Jacob que la reine Marguerite de Valois, première femme de Henri IV, avait fait vœu de bâtir. Cette reine accomplit son vœu par la construction du couvent et de l’église des Petits-Augustins. Ce ne fut qu’en 1640 que cette rue fut bâtie. Une décision ministérielle du 15 floréal an V, signée Benezech, avait fixé à 10 m. la moindre largeur de cette voie publique.