Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments/Pascal (rue)

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Pascal (rue).

Commence à la rue Mouffetard, nos 154 et 168 ; finit à la rue du Champ-de-l’Alouette. Le dernier impair est 77 ; le dernier pair, 34. Sa longueur est de 708 m. — 12e arrondissement, quartier Saint-Marcel.

Cette rue ayant été ouverte sur une grande partie du Couvent des Cordelières, nous parlerons d’abord de cet établissement religieux. Il fut fondé par Marguerite de Provence, sœur de saint Louis qui, vers l’an 1284, donna sa maison aux Cordelières. Un titre du XVIe siècle désigne ainsi cette communauté : Abbaye du couvent des Cordelières de l’église de Sainte-Claire-de-Lourcine-lès-Saint-Marcel, près Paris. Ces religieuses conservaient précieusement le manteau royal de saint Louis. Le 17 juillet 1590, les troupes de Henri IV qui s’étaient postées dans ce monastère, le pillèrent et le détruisirent en grande partie. Ce couvent, supprimé en 1790, devint propriété nationale et fut vendu le 24 vendémiaire an V, à la charge par l’acquéreur de livrer gratuitement le terrain nécessaire au percement de deux rues projetées.

Ces deux rues étaient indiquées sur un plan dressé par la commission des artistes, le 7 brumaire an IV, et leur largeur devait être de 14 m.

Le ministre de l’intérieur, par décision du 6 pluviôse an XIII, approuva un nouveau projet indiquant deux rues de 10 m. seulement de largeur, sous les noms de rues Pascal et Julienne.

Cette dernière fut seule ouverte. — En 1825, MM. Marcellot et Salleron, propriétaires du domaine des Cordelières et de vastes terrains contigus, présentèrent, conjointement avec M. Rougevin, architecte, le plan d’une nouvelle rue de 12 m. de largeur qui, remplaçant la rue Pascal, était destinée à communiquer de la rue Mouffetard à celle du Champ-de-l’Alouette. Ils s’obligèrent à payer les premiers frais de pavage, d’éclairage, de trottoirs en pierre dure, et à pourvoir à l’écoulement des eaux pluviales et ménagères ; mais ils demandèrent que la ville de Paris contribuât, pour une somme de 75,000 fr., à l’acquisition de plusieurs propriétés dont l’emplacement était nécessaire pour déboucher la nouvelle rue.

Le conseil municipal, auquel cette proposition fut soumise, l’accueillit dans sa séance du 28 décembre 1825, mais à la condition, toutefois, que la rue aurait 13 m. de largeur, et que la construction des deux ponts à établir sur la Bièvre serait à la charge des pétitionnaires.

Enfin, le 6 mai 1827, intervint une ordonnance royale qui porte : « Art. 1er. Les sieurs Salleron, Marcellot frères et Rougevin sont autorisés à ouvrir sur leurs terrains, entre les rues Mouffetard, Censier, de Lourcine et du Champ-de-l’Alouette, une rue de 13 m. de largeur, qui, partant de la rue Mouffetard, vis-à-vis de la rue Censier, aboutira à celle du Champ-de-l’Alouette ; au moyen de quoi lesdits sieurs Salleron, Marcellot et Rougevin sont dispensés de fournir la rue dite Pascal, dont ils devaient livrer le terrain aux termes du contrat de vente domaniale de l’ancien couvent des Cordelières. — Art. 2e. L’ouverture de ladite rue est déclarée d’utilité publique. Il ne pourra, néanmoins, être procédé par voie d’alignement à l’égard des propriétés nécessaires à cette ouverture, lesquelles devront être acquises de gré à gré, ou, s’il y a lieu, conformément à l’art. 51 de la loi du 16 septembre 1807, et à la loi du 8 mars 1810, etc… »

Cette ordonnance fut immédiatement exécutée, et l’on conserva le nom de Pascal. Les constructions riveraines sont alignées. — Égout et conduite d’eau du côté de la rue Mouffetard. — Éclairage au gaz (compe Parisienne).

Blaise Pascal, le célèbre auteur des Lettres provinciales, naquit à Clermont (Auvergne), en 1623, et mourut à Paris en 1662.

Outre les rues Pascal et Julienne, on a ouvert en 1825, sur l’emplacement de ce couvent, la rue dite des Cordelières.

Dans une partie des bâtiments de cette communauté religieuse, des Anglais établirent plusieurs fabriques. En 1825, on y construisit une maison de refuge qui fut occupée, en 1832, par les orphelins du choléra, et qui a été remplacée, en 1836, par l’Hôpital de Lourcine (voyez cet article).