Dictionnaire de Trévoux/6e édition, 1771/AISSELLE

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Jésuites et imprimeurs de Trévoux
(Tome 1p. 201).
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AISSELLE. s. f. Partie creuse du corps humain, qui est sous l’épaule, à la jointure du bras, & qui a ordinairement du poil. Ala. On l’appelle quelquefois le gousset. Les abcès qui se forment sous les aisselles, sont dangéreux, parce qu’il y a dans ces endroits de gros vaisseaux sanguins & lymphatiques & des cordons de nerfs, qui y forment des plexus considérables. Ce mot vient de ascella, qu’on a dit pour axilla. Ménage. D’autres le dérivent de ala, & axilla, qui sont la même chose, comme Cicéron lui-même l’a marqué, de même aussi mala & maxilla, palus & paxillus ; & d’axilla s’est fait dans la basse latinité ascella, que l’on trouve dans Grégoire de Tours, dans Baldricus, dans Césaire, dans la vie de saint Walbuge, par le Prêtre Volphard, & dans d’autres : d’ascella est venu aisselle : on trouve même dans la latinité barbare assella. Voyez les Acta Sanct. T. IV, du mois de Mai, p. 569, ch. 17. Et ainsi Catulle a dit d’un homme qui sentoit le gousset : Valle sub alarum trux habitare caper. Aisselle vient de plus loin, selon le P. Thomassin. Cet Auteur remonte jusqu’à l’hébreu assil, qui a pris en Italie la terminaison latine axilla, d’où l’on a fait aisselle.

Aisselle, en termes de Botanique, est l’espace compris entre les tiges des plantes, & leurs feuilles, soit que ces feuilles soient soutenues par une queue, ou qu’elles soient attachées par elles mêmes. Ainsi l’on dit, ces fleurs naissent dans les aisselles des feuilles ; c’est-à-dire, à la base des feuilles, ou de leurs pédicules.

Aisselle, se dit aussi en Jardinage des tiges qui sortent des côtés du maître brin, en se fourchant & se subdivisant en d’autres branches qui sont moindres.

On dit aisselle d’un four, pour désigner le tour de la voûte jusqu’environ les deux tiers ; le dessus se nomme Chapelle.