Dictionnaire de Trévoux/6e édition, 1771/ALLANTOÏDE

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Jésuites et imprimeurs de Trévoux
(Tome 1p. 233).
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ALLANTOÏDE. s. f. Terme d’Anatomie, qui se dit d’une troisième taie, ou membrane qui enveloppe une partie du fœtus, comme une ceinture, ou écharpe, depuis le cartilage xiphoïde, jusqu’au dessous des flancs seulement ; mais elle ne se trouve point au fœtus humain, selon quelques Anatomistes. On l’appelle ainsi, parce qu’elle ressemble à une andouille. Drelincourt, célébre Professeur à Leyde, dans une Dissertation qu’il a faite sur cette membrane, soutient que l’allantoïde ne se trouve que dans les animaux qui ruminent, & que c’est une membrane étendue d’une trompe à l’autre, par le fond de l’utérus, entre le chorium & l’amnios. Il y a dans les Transactions philosophiques, n. 271, une Dissertation de M. Halle sur l’Allantoide, dans laquelle il prétend avoir observé cette membrane dans deux sujets différens. M. Littre a trouvé l’allantoïde dans plusieurs fœtus humains : ainsi cette membrane n’est pas propre seulement des animaux qui ruminent, ou de plusieurs espèces d’animaux seulement. Il conclut de-là que son usage est dans le fœtus humain le même que dans les animaux, je veux dire, que l’urine qui ne peut être contenue dans les bassinets des reins, dans les uretères, ni dans la vessie, passe de la vessie par l’ouraque dans la cavité formée par l’amnios, & par cette membrane particulière, pour y être réservée jusqu’au temps de l’accouchement. Il confirme ce sentiment par trois personnes qu’il a connues, ou qu’il a ouvertes, & qui avoient rendu leur urine toujours ou presque toujours par le nombril, & auxquelles il a trouvé que l’ouraque étoit creux, & s’étoit maintenu en forme de canal. Voyez Acad. D. S. 1701. Mém. p. 88.