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Dictionnaire de l’ancienne langue française et de tous ses dialectes du IXe au XVe siècle/Vouge (arme)

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1. vouge. vooge, voouge, voulge, vosge, s. m. et f., hallebarde, serpe, faucille, épieu, pique, dard :


L’auteur du Dictionnaire du mobilier français a dit :

Il y a plusieurs sortes de vouges ; les plus anciennes consistaient en une sorte de demi-croissant armé d’une ou plusieurs pointes. Cette arme d’hast était faite pour accrocher les armures, fausser les plates ou passer entre elles, couper les jarrets des chevaux. Bien maniée la vouge était une arme terrible. (Viollet Le Duc, Dictionnaire raisonné du mobilier franc., Armes de guerre.)

Cf. P. Daniel, Mil. franç., t. I, liv. 4, p. 241, éd. 1721.

Hauce un voouge que entre ses mains tint,
Le bras senestre li a copé parmi.

(Garin, ap. Duc, Vanga.)

Que ovec lui par ban alassent
E lor ostuiz ou els portassent ;
Vooges, besohes e piscois.
Et cognies a trenchier bois.

(Guiti. de Saint Pair, Mont Saint-Michel, 339, Michel.)

Icellui Paillart prist un vouge dont l’entrenche les espines. (1389, Arch. JJ 142, pièce 215 ; Duc, Vougetus.)

Prins une chaudière, ung vosge, une cuegnee. (4 nov. 1444, Inform. par Hug. Belverne, f° 13 r°, Ch. des Compt. de Dijon B 11881, Arch. Côte-d’Or.)

Sy y vinrent a leur doloreuse heure, car tout aussi tost furent percies de vouges de part en part, et leur couppa on les gorges a tous quant qu’ils estoient. (G. Chastell., Chron., III, 43G. Kerv.)

Ung homme paint tenant ung vouge. (147172, Compt. du fi. René, p. 258, Lecoy.)

L’un d’iceulx me cuda frapper par le derrière d’ung vouge ou javeline. (1472, S. Cyprien, Montreuil, Arch. Vienne.)

Il ne se tourna que ung homme a pied, qui luy donna d’ung voulge parmy l’estomac. (Ph. de Coummyn., Mém., l, 4, Chanlelauze.)

Allans, venans et esploictans
A tout leurs harnoiz et leurs voulges.

(Martial, Vig. de Ch. VII, sign. K ii , éd. 1493.)

Forger voulges et dagues.

(J. Marot, Voyage de Genes, f° 6 v°, éd. 1532.)

Une aultre bende a voulges et guysarmes,
Venoient soubz terre, en myne et trahison.

(Id., 16., f li r°.)

Avec dagues, espees, couteaux, piques, demy piques, javelines, halebardes, vouges, angons. (Nie. de ïboves, Gr. Parang. des Souv. nouv., p. 44. Mabille.

Byll to syght with — vouge s. f. (Palsgr., Esclairciss., p. 198, Doc. inéd.)

Qu’il n’est soudart tant soit audacieux
Qui ne quitast voulges et braquemars,
Lances, harnoys. salades et plumars
Et ne saillist hors du Temple de Mars,
Pour estre moyne au Temple d’amourettes.

(Cf. Mar., Temple de Cup.. L vi, éd. gothique.)

Les dens comme un vouge. (Rah., 1. IV, ch. xxxii éd. 1552.)

Puis se relevant fut frappé d’un coup de vouge (qui sont armes que portent lesdits Anglois). (Mart. du Bellay, Mém., I. X, f° 344 r°, éd. 1569.)

Haut-Maine, Mayenne, Anjou. Normandie, Perche, vouge, Neuchàtel, vieudge, serpe, faucillon longuement


emmanché pour atteindre à une assez grande hauteur.