Dictionnaire de théologie catholique/Bar Hébræus

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Dictionnaire de théologie catholique
Letouzey et Ané (2p. 205-207).

BAR HÉBRÆUS, Grégoire Abûlfarage, prélat monophysite et écrivain encyclopédiste Syrien, né à Mélitène en 1226, mort à Maraga, le 30 juillet 1286. I. Vie. II. Écrits.

I. Vie. — Il était fils du médecin Aaron, juif converti, d’où lui vient son surnom de « fils de l’Hébreu » ; il étudia à Antioche et à Tripoli, la philosophie, la théologie et la médecine. Le patriarche monophysite Ignace II le détourna d’embrasser la vie érémitique et le consacra évêque de Guba (14 septembre 1216), puis le transféra au siège épiscopal de Lacabene (1247) ; Denys, successeur d’Ignace, le plaça enfin à la tête du diocèse d’Alep (1252). Bar Hébræus était encore à Alep en 1260 lorsque le roi des Mongols, Houlagou, vint en faire le siège. Il passa alors à l’ennemi et après un court emprisonnement devint, semble-t-il, le médecin extraordinaire du roi des rois et de sa famille. Il fut nommé primat d’Orient par le patriarche Ignace III en 1264. Sa vie s’écoula dès lors à parcourir les provinces orientales du royaume des Mongols pour y faire des ordinations et y construire des églises et des monastères. Ces déplacements favorisaient d’ailleurs ses études, car il profitait de son séjour dans les différentes villes pour en visiter les bibliothèques et les archives et pour converser avec les savants : « Tandis que j’étais à Babylone (Bagdad), écrit-il, pour régler les affaires ecclésiastiques, et que je visitais les fidèles demeurant aux environs de la ville, j’avais occasion de parler souvent avec d’habiles grammairiens, aussi je formai le projet de mettre par écrit les principes de cette science. » Payne Smith, Catal. cod. bibl. Bodl., cod. syr., col. 638. « Depuis l’âge de vingt ans jusqu’à la fin de sa vie, il ne cessa pas de lire ou d’écrire. » Assémani, Bibliotheca orientalis, t. ii, p. 267. Ses écrits témoignent d’ailleurs de l’étendue, nous pourrions dire de l’universalité, de son érudition.

II. Écrits. — Ils se rapportent aux sujets les plus divers et sont consacrés à la théologie, à la philosophie, à l’Écriture sainte, au droit canon, à la grammaire, à l’histoire, à l’astronomie et à la médecine. Nous n’indiquerons que ceux qui rentrent dans le cadre de ce dictionnaire.

i. encyclopédie. — Bar Hébræus composa une encyclopédie « dans laquelle il réunit toutes les branches de la science ». Elle est intitulée La crème de la science, ḥêvaṭ ḥekmeṭo. Un seul chapitre, concernant la poétique, en a été publié par Margoliouth, Analecta orientalia ad poeticam aristoteleam, Londres, 1887, p. 114-139 ; mais il existe des manuscrits de l’ouvrage à Florence (daté de 1340), à Oxford (première partie seulement) et au British Museum, Or. 4079. Ce dernier, que nous avons vu et analysé, est un énorme in-folio de 322 feuillets transcrit en 1809.

L’ouvrage est divisé en deux parties inégales : 1. Philosophie théorique, fol. 1-285 (dans le manuscrit du British Museum) ; 2. Philosophie pratique, fol. 285-322. La première partie contient : a) la logique, fol. 1-156 ; b) les sciences naturelles, fol. 157-238 ; c) la philosophie et la théologie, fol. 238-285 ; la seconde partie comprend en trois livres : a) l’éthique, fol. 285-299 ; b) l’économique, toi. 299-306 ; c) la politique, fol. 306-322.

La logique n’est autre que l’Organon d’Aristote.

D’ailleurs dans tout l’ouvrage Bar Hébræus suit surtout Aristote par l’intermédiaire, croyons-nous, de philosophes arabes, mais il y fait entrer un résumé de toutes ses connaissances. Ainsi dans le Livre du ciel et de la terre, après un premier chapitre philosophique sur les propriétés communes à tous les corps célestes, il résume l’astronomie de Ptolémée. « Ici, comme dans la plupart de ses traités scientifiques, Bar Hébræus n’apporte aucune idée nouvelle et originale ; son œuvre est celle d’un érudit qui a beaucoup lu et beaucoup retenu et qui dispose ses matériaux avec méthode. » B. Duval, La littérature syriaque, Paris, 1899, p. 263.

Bar Hébræus donna un abrégé de la première partie de cette encyclopédie dans Le commerce des commerces, Ṭegraṭ ṭégroṭo, ou résumé de logique, de physique et de théologie, ouvrage non publié encore dont il existe des manuscrits à Florence, à Berlin (Sachau 211), à Londres (Or. 4080), à Paris (syr. 330).

ii. ouvrages théologiques. — 1° Théologie dogmatique. — Bar Hébræus a écrit un ouvrage intitulé Le candélabre des sanctuaires, Menoraṭ qûdšé, dans lequel il expose les bases, ou principes, sur lesquels l’Église est fondée. Il n’est pas encore publié, pas plus que le Livre des rayons, Kṭaba dezalgé, qui en est une sorte d’abrégé, mais de nombreux manuscrits de ces ouvrages existent à Rome, Paris, Londres, Berlin, Cambridge, etc.

Les bases sur lesquelles l’Église est fondée sont la science en général, la nature de l’univers, la théologie (De Deo uno et trino), l’incarnation, les anges, le sacerdoce, les démons, l’âme intellectuelle, le libre arbitre, la résurrection, le jugement dernier, le paradis d’Éden.

La partie consacrée à l’incarnation expose la doctrine monophysite telle que la comprend Bar Hébræus. Elle est divisée en six chapitres : 1. possibilité de l’incarnation ; 2. du principe de l’unité de N.-S. le Messie ; 3. caractère de l’incarnation de Dieu le Verbe d’après la tradition et réponse aux objections ; 4. qu’il y avait en Notre-Seigneur unité de nature et de personne et pas seulement de volonté ; 5. que la sainte Église des jacobites confesse une nature provenant de deux natures, les marques distinctives de chaque nature étant conservées, et sans mélanger les deux natures ensemble ; 6. que le corps, après l’unité, ne fut pas changé en la nature du Verbe et qu’il ne devint pas (comme le Verbe) infini et impassible avant la résurrection, comme le disent les partisans de Julien (d’Halicarnasse). Chaque chapitre est subdivisé en sections.

Certains de ces énoncés, franchement monophysites, semblent faire de Bar Hébræus un hérétique formel, mais on ne peut plus être aussi affirmatif quand on lit l’exposé de son opinion. Il suppose en effet que la nature ne peut pas exister sans la personne, et, cette erreur philosophique une fois posée, il ne peut plus placer deux natures en Notre-Seigneur sans y placer par là même deux personnes et devenir nestorien. Personam seu hypostasim cum substantia seu natura singulari perperam confundit, dit Assémani, Biblioth. orient., t. ii, p. 284-297.

Voici la traduction faite par Assémani d’un texte du Livre des rayons, dans lequel Bar Hébræus expose sa conception de la nature de Notre-Seigneur : Non unam simpliciter naturam dicimus, sed unam naturam ex duabus naturis substantialiter diversis. Objectio : Si consubstantialis est Patri, idemque cunsubstantialis Mariæ, quomodo duas non habebit naturas, quibus utrique inæquali, æqualis sit ? — Responsio : Duplex est illa una natura, non simplex : secundum diversas igitur ejus significationes inæqualibus illis ipse æqualis est. loc. cit., p. 297. Aussi Assémani est obligé de conclure, p. 297-298 : Vides Jacobitas cum catholica Ecclesia fere de nomine pugnare et omnia quæ calholici de hypostatica unione docent et credunt, eosdem docere et credere, naturam duplicem appellantes, quam nos duas naturas, ut vere surit, esse affirmamus.

Ce n’est pas seulement Assémani, mais Bar Hébræus lui-même qui croyait à une simple querelle de mots entre lui, les catholiques, les nestoriens et les monothélites. Il écrivait, en effet, de ces diverses confessions, d’après Assémani, loc. cit., p. 291 : Reliquæ vero, quæ hodie in mundo obtinent, sectæ, quum omnes de Trinitate et incolumitate naturarum ex quibus est Christus absque conversione et commistione æque bene sentiant, in nominibus unionis solum secum pugnant. Nous laissons à Bar Hébræus la responsabilité de son opinion, mais il nous semble résulter de ces textes, qu’il est indispensable, si l’on veut porter un jugement solide sur la culpabilité formelle des hérétiques orientaux, de commencer par publier et par étudier leurs ouvrages. On y trouvera leurs formules dans leur cadre naturel, expliquées par le contexte, et on pourra peut-être leur donner parfois un sens un peu différent de celui qu’elles ont quand on les transplante, en dehors du contexte, dans le cadre de la philosophie occidentale pour lequel elles n’ont pas été faites.

Nous avons constaté nous-même, qu’au commencement du VIe siècle déjà, les monophysites confondaient la nature et la personne. Ils regardaient donc le concile de Chalcédoine comme une revanche des nestoriens, et s’imaginaient que ce concile avait promulgué, avec un autre mot équivalent, la doctrine de Nestorius. Nau, Les plérophories de Jean, évêque de Maiouma, Paris, 1899, c. VII, XIV, XX, XXVII, XXXIII, XXXVI, XL, LII, LVII, LIX, LXI, LXII, LXIII, LXXIII, LXXXI.

Théologie morale. — Nous plaçons sous ce titre l’Ethicon seu moralia publié par le R. P. Bedjan, in-8o, Paris, 1898. Bar Hébræus y distingue, p. 1-2, la science théorique, qui n’a pour terme que la connaissance, et s’occupe de discerner la vérité du mensonge, de la science pratique qui a pour terme la connaissance et l’action, et s’occupe de discerner le bien du mal. Il traite dans l’Éthique de la science pratique ou d’action. Comme d’ailleurs toute action est corporelle ou spirituelle et que l’action corporelle a pour but l’éducation et la discipline du corps ou bien les opérations qui découlent de sa constitution, tandis que l’action spirituelle a pour but d’écarter l’âme des passions mauvaises ou bien de l’orner de vertus choisies, il divise l’ouvrage en quatre parties : 1. de l’ordonnance des mouvements qui concourent à l’éducation et à la discipline du corps (prière, veille, offices, chants, jeûnes, retraite, solitude, pèlerinage à Jérusalem) ; 2. des opérations du corps (du manger et du boire, du mariage légal, de la pureté du corps, des devoirs d’état, du travail des mains, de l’aumône) ; 3. des passions mauvaises et du moyen de s’en débarrasser (de l’âme et de ses passions, de l’éducation de l’âme, de la gourmandise, de la luxure, des péchés de la langue, etc.) ; 4. des vertus et de la manière de les acquérir (de la science, de la foi, de la patience, etc.).

Théologie ascétique. — Le R. P. Bedjan a publié à la suite de l’ouvrage précédent, p. 519-599, un petit traité ascétique de Bar Hébræus intitulé Liber columbœ, Kṭaba d’iûna, seu directorium monachorum. Il existe des livres, dit Bar Hébræus, p. 521-522, qui apprennent aux malades de corps ce qu’ils doivent faire lorsqu’ils n’ont pas de médecin auprès d’eux, il convient donc aussi d’écrire un livre qui apprenne aux malades d’esprit ce qu’ils doivent faire lorsqu’ils n’ont pas de directeur ou lorsque leur directeur est éloigné. L’ouvrage est divisé en quatre parties : 1. des exercices corporels que l’on doit faire dans un monastère ; 2. du travail spirituel qui s’accomplit dans la cellule ; 3. de la quiétude spirituelle qui échoit à « la colombe », qui la place sur le degré royal et l’introduit dans la nuée divine où il est dit que le Seigneur habite ; 4. cette partie est surtout personnelle, Bar Hébræus raconte qu’il fut ramené au bien par la lecture des écrits d’Évagrius et des ascètes ; il ajoute donc cent sentences spirituelles qui doivent produire le même salutaire effet sur l’âme de ses lecteurs. Ces quatre divisions correspondent à quatre parties de la vie de Noé : a) à sa belle conduite qui lui fit trouver grâce devant Dieu ; b) à son entrée dans l’arche pour fuir le déluge ; c) à sa sortie de l’arche, quand la colombe lui annonça que les eaux avaient diminué sur la face de la terre ; d) aux révélations qu’il reçut et à l’alliance que Dieu contracta avec lui. Le P. Cardahi a publié aussi le Livre de la colombe, Kithabha Dhijaunâ, seu liber columbae, Rome, 1899.

Signalons encore ici : 1. le commentaire de Bar Hébræus sur le Livre d’Hiérothée, conservé dans plusieurs manuscrits à Paris et à Londres ; ce livre d’Hiérothée dû à Étienne Bar Soudaili (ve-vie siècle) était devenu très rare. L’exemplaire qui servit à Bar Hébræus se trouve à Londres au British Museum (ms. add. 7189 ; 2. Une liturgie composée par Bar Hébræus et traduite par Renaudot, Liturgies orientales, Paris, 1716, t. ii, p. 456.

III. OUVRAGES DE DROIT CANON. — Le Livre des directions, Ktaba dehûdoié, ou Nomocanon de Bar Hébræus a été publié par le R. P. Bedjan, in-8o, Paris, 1898. La traduction latine de cet ouvrage, faite par Éloi Assémani, avait été publiée par le cardinal Mai dans Scriptorum veterum nova collectio, t. x. Tous les litiges, même purement civils, entre chrétiens orientaux, sont portés devant l’évêque ou le patriarche. Cet usage, confirmé par tous les califes et sultans successifs, subsiste encore aujourd’hui. Il en résulte que le droit canon des Orientaux ne peut, comme le nôtre, se borner à traiter des matières ecclésiastiques, mais doit donner des solutions pour tous les litiges ou constituer un cours complet de droit. C’est bien là le caractère du Numocanon de Bar Hébræus qui ne laisse d’ailleurs aucune place à la théorie, mais classe, sous les titres généraux, les décisions correspondantes des conciles, des Pères, des docteurs, et les lois des empereurs chrétiens qui avaient été traduites en syriaque et en arabe.

Notons seulement qu’il utilise la Didascalie des apôtres, p. 26, 87, 97, 480, comme il l’avait déjà utilisée dans l’Éthique, p. 171, 193, Nau, La didascalie, Paris, 1902, p. 166, et qu’il cite même le concile de Chalcédoine. Il traite, en quarante chapitres, subdivisés en sections, de l’Église et de son gouvernement, des sacrements, des jeûnes et des fêtes, des testaments, des héritages, des achats et des ventes, du prêt, des gages, des servitudes, de la société, de la tutelle, du dépôt, de l’usufruit, du commerce, de l’irrigation des terres, de la culture des terres désertes, des objets et des enfants trouvés, des serviteurs, de la libération des esclaves, du rapt, des délits les plus graves, des serments, des vœux, des jugements, etc. Le cardinal Mai, loc. cit., jugeait ainsi cet ouvrage : Est hujus libri dos præcipua, ut, nihil ei par aut simile in orientalis juris bibliotheca habeatur ; ne Ebedjesu quidem excepta opere, quod in re ecclesiastica uberrimum, res civiles multo parcius attingit. Sane Bar Hebræus canones orientales et græcos, interdum etiam africanos, late complectitur, sed et leges Cœsarum permultas, aliquando nominatim, plerumque vero anonymas, nectit ; quæ res postrema cruditis admodum jurisconsulte placebit, qui nostra ætate jus cœsareum criticamque ejusdem historiam tantopere ventillant ejusque fines quam latissime proferunt.

IV. OUVRAGES HISTORIQUES. — Bar Hébræus a composé une histoire universelle depuis la création jusqu’à son époque (1285). Elle est divisée en deux parties : 1° Chronicon syriacum, édité avec traduction latine par Bruns et Kirsch, Leipzig, 1789, 2 vol., et réédité avec grand soin par le R. P. Bedjan, Paris, 1890 ; 2° Chronicon ecclesiasticum, édité avec traduction latine par Abbeloos et Lamy, 2 vol., Louvain, 1872.

Le Chronicon syriacum est consacré à l’histoire politique et civile de l’Orient. L’auteur nous avertit dans sa préface qu’il a comblé les lacunes des livres antérieurs, personne n’ayant écrit sur ce sujet depuis le patriarche Michel qui rédigea sa chronique quatre-vingts ans avant lui. Il a compulsé pour son travail les documents syriaques, arabes et persans réunis dans la bibliothèque de Maraga, ville de Perse, située non loin de Tauris, et l’une des capitales des Mongols. Sa source principale est toutefois la Chronique de Michel le Syrien qu’il se borne souvent à transcrire. Il divise son ouvrage en onze époques consacrées respectivement aux patriarches (Adam à Josué), aux juges (Josué à Saül), aux rois des Hébreux, aux rois des Chaldéens (Nabuchodonosor à Baltasar), aux rois des Mèdes (Darius le Mède), aux rois des Perses (Cyrus à Darius fils d’Arsam), aux rois païens des Grecs (Alexandre à Cléopâtre), aux empereurs romains (Antoine à Justin II), aux empereurs grecs chrétiens (Justin II à Héraclius), aux rois des Arabes et enfin aux rois des Huns.

Le Chronicon ecclesiasticum traite en deux parties, de l’histoire religieuse et ecclésiastique de l’Orient. La première partie commence à Aaron et donne de manière très concise l’histoire des grands-prêtres de l’Ancien Testament, puis développe l’histoire de l’Église syrienne occidentale et des patriarches d’Antioche jusqu’en 1285 ; un auteur anonyme l’a continuée jusqu’en 1495. La seconde partie consacrée à l’Église syrienne orientale renferme l’histoire des patriarches nestoriens et des primats jacobites (maphriens) de Tagrit jusqu’en 1286 ; elle fut continuée jusqu’en 1288 par Barsuma, le frère de Bar Hébræus, et jusqu’en 1196 par un anonyme. Ici encore la source principale de l’historien est la Chronique de Michel le Syrien qu’il transcrit.

À la demande de savants arabes, Bar Hébræus composa en langue arabe une recension de son Chronicon syriacum qu’il intitula Histoire des dynasties. Il conserva la division en onze époques ou dynasties. Cette histoire fut éditée, avec traduction latine, par Pococke, Oxford, 1663, traduite en allemand, par Lorenz Bauer, Des Gregorius Abulfaradsch kurze Geschichte der Dynastien, Leipzig, 1783-1785, et rééditée par Salhani, Beyrouth, 1890.

En somme, Bar Hébræus n’est dans toutes ses œuvres qu’un compilateur érudit et intelligent, un encyclopédiste ; il n’est pas un auteur original ; aussi n’a-t-il donné son nom à aucune théorie ni à aucune école, mais le nombre et la valeur scientifique de ses travaux en font, selon la parole d’Assémani, « le premier sans conteste des écrivains jacobites. »

L’autobiographie de Bar Hébræus dans Assémani, Bibliotheca orientalis, Borne, 1719-1728, t. ii, p. 248 sq., dans Rœdiger, Christom. syr., Halle, 1868, p. 47-62, et dans Chronicon eccles., édit. Abbeloos et Lamy, Louvain, 1872, t. ii, col. 431-487. Assémani, loc. cit., analyse longuement presque tous les ouvrages de Bar Hébræus. Pour les renseignements généraux, Rubens Duval, La littérature syriaque, Paris, 1899, passim (voir tables, p. 416) ; Wright, Syriac Literature, Londres, 1894 ; Noldeke, Orientalische Skizzen, Berlin, 1892, p. 253-273 ; L. Cheikko, Barhébræus, l’homme et l’écrivain, dans le journal arabe Al-Machriq, en 1897, et à part, Beyrouth, 1898 ; J. Göttsberger, Barhebräus und seine Scholien zur heiligen Schrift, dans Biblische Studien, Fribourg-en-Brisgau, 1900, t. v, fasc. 4, 5. On trouvera aussi des détails biographiques et bibliographiques dans Nau, Le livre de l’ascension de l’esprit sur la forme du ciel et de la terre, cours d’astronomie rédigé en 1279 par Grégoire Aboulfarag, dit Bar Hébræus, 2e partie, traduction française, Paris, 1900, p. i-iv. Nous avions publié, six ans plus tôt, une notice sur l’auteur et l’ouvrage. Congrès scientifique international des catholiques tenu à Bruxelles du 3 au 6 septembre 1894, 6e section, p. 154-174.

F. Nau.