Dictionnaire des sciences philosophiques/2e éd., 1875/Alexinus d’elis

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Dictionnaire des sciences philosophiques
par une société de professeurs et de savants

ALEXINUS d’Elis. Il vivait au commence­ment du iiic siècle avant l’ère chrétienne. Il ap­partenait à l’école mégarique, non pas tant par lui-même que par son maître Eubulide ; car il a cherché à fonder à Olympie une école nouvelle qu’il appelait par anticipation l’école olympique. Mais cette tentative, dont le but et le caractère scientifique nous sont restés inconnus, échoua misérablement, et Alexinus lui-même périt en se baignant dans l’Alphée. Tel était chez ce philosophe l’amour de la discussion, que, par ironie, on a changé son nom en celui d’Elenxinus (Έ).εγξϊ— νος). Il soutenait contre le fondateur du Porti­que une polémique très-ardente dont un seul trait nous a été conservé par Sextus Empiricus {.Adv. Malhem.j lib. IX, p. 108, éd. de Genève). Zénon, sous pretexte qu’on ne peut rien conce­voir de meilleur et de plus parfait que le monde, voulait qu’on reconnût en lui un être doué de raison ; Alexinus montrait parfaitement le ridi­cule de cette opinion en demandant pourquoi, par suite du même principe, le monde ne passe­rait pas aussi pour grammairien, pour poète, et pourquoi enfin on ne lui accorderait pas la même habileté dans les autres arts et dans les autres sciences. Alexinus, d’après ce que nous raconte Eusèbe (Prœp. evangel., lib. XV, c. ii), ne traitait pas mieux les doctrines d’Aristote. Outre les passages que nous venons de citer, voy. Diogène Laërce, liv. Il, c. cix et ex ; Sex­tus Empiricus, Adv. Malhem., lib. VII, p. 13, et la dissertation de Deyks, sur l’école mégarique en général.