Dictionnaire national et anecdotique par M. De l’Épithète/ÉTATS GÉNÉRAUX

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ÉTATS GÉNÉRAUX : ils se sont tenus sous plusieurs rois de France ; ils prenoient le nom d’états généraux, parce qu’ils étoient composés des députés des trois ordres, qui existoient encore en France le 23 juin 1789 : ces députés étoient aux états en nombre égal, d’où il résultoit que le tiers-état, qui n’a jamais eu que des intérêts opposés aux clergé & à la noblesse, étoit éconduit par ces deux ordres. Mais les ci-devant éconduits ont enfin pris leur revanche, & de passifs qu’ils étoient, ils sont devenus actifs ; graces en soient rendues à notre bon roi Louis XVI. Sire, lui a dit un ministre impartial, la France a 24 millions d’habitans, sur lesquels le clergé & la noblesse forment à peine un vingt-quatrieme ; il est juste que les députés soient en proportion ; le prince a accueilli la réflexion, & cette proportion, qui auroit dû être comme vingt-trois à un, n’a été cependant que comme un est à deux : toute incommensurable qu’elle soit, elle a eu son effet, & nous n’avons plus d’ordre. Voyez Assemblée nationale.

Nota. Nous devons aussi des remerciemens aux parlemens, car ce sont eux qui ont jetté les hauts cris pour avoir des états-généraux ; ces peres conscripts en sentoient la nécessité, ils connoissoient mieux que personne les abus énormes qui désoloient la France ; ils savoient de certaine science que les seuls états généraux pouvoient y remédier ; la conduite & le systême adopté par les états généraux, prouvent que les peres conscripts ne se sont point trompés.