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Dictionnaire wallon-français (Cambresier)/Section complète - N

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chez J.F. Bassompierre (p. 123-127).

N.

Nahî fureter, v. n. Fouiller, chercher par-tout avec ſoin, qu’allez-vous fureter dans ce cabinet ? il va furetant par-tout.

Fourgonner, v. n. Il ſignifie fig. fouiller mal-adroitement en brouillant & en mettant tout ſens deſſus deſſous, ne fourgonnez point dans ce coffre, il eſt familier.

Nâhî las, laſſe, adj. Qui eſt fatigué, j’ai bien fait du chemin aujourd’hui, je ſuis ſi las, que je n’en puis plus.

Il ſignifie auſſi ennuyé de quelque choſe que ce ſoit, je ſuis ſi las d’entendre des ſottiſes, elle eſt laſſe d’être à ſon aiſe.

Recru, recrue, adj. Haraſſé, qui n’en peut plus de trop de fatigue, voilà une jument ſi recrue qu’elle ne peut plus marcher, il eſt ſi recru qu’il n’en peut plus.

Nâhi (s’) ſe laſſer, v. réc. Se fatiguer, il ne ſe laſſe point, il eſt infatigable.

Nahieu fureteur, ſ. m. Celui qui cherche par-tout ſoit par curioſité, ſoit pour faire ſon profil, cachez-vous de lui, c’eſt un fureteur.

Nâhîs’té laſſitude, ſ. f. L’abatement où l’on ſe trouve après avoir trop marché ou trop travaillé, grande laſſitude, laſſitude cauſée par un travail violent.

Fatigue, ſ. f. Laſſitude cauſée par le travail, il eſt malade, il n’en peut plus de fatigue.

Navai navet, ſ. m. Eſpece de racine fort connue, ces navets ſont bons, un potage aux navets.

Navaie navée, batelée, ſ. f. charge d’un bateau, il eſt arrivé deux navées de tuile, une batelée de foin, de bois.

Navette navette, ſ. f. Eſpece de navet ſauvage dont on donne la ſemence aux petits oiſeaux & dont on fait une huile à brûler, on donne auſſi le nom de navette à la ſemence, on confond ſouvent cette ſemence avec celle du colza, voyez Golzâ.

Navette, ſ. f. Certain inſtrument de tiſſerand, qui ſert à porter & à faire courir le fil, la ſoie, la laine, faire courir la navette entre les fils de la trame.

Navicule navette, ſ. f. Certain petit vaſe de cuivre, d’argent, &c. fait en forme du petit navire, dans lequel on met l’encens qu’on brûle à l’égliſe dans les encenſoirs.

Navuron nageoire, ſ. f. Cette partie du poiſſon qui eſt faite en forme d’aileron, & qui lui ſert à nager, les nageoires d’un poiſſon.

Aviron, ſ. m. Sorte de rame dont on ſe ſert pour faire aller les bateaux ſur les rivieres, manier l’aviron.

Nawe pareſſeux, euſe, adj. Qui aime a éviter le travail, la peine, il eſt ſi pareſſeux, qu’il ne voudroit pas faire un pas pour rendre ſa fortune meilleure, il eſt pareſſeux à ſervir, pareſſeux d’écrire.

Il eſt auſſi, ſubſt. C’eſt un franc pareſſeux, c’eſt une pareſſeuſe.

Nawiſté pareſſe, ſ. f. Nonchalence, fainéantiſe, négligence des choſes qui ſont de devoir, d’obligation, la pareſſe eſt un des ſept péchés capitaux.

Pareſſe dans le langage fam. a ſouvent une ſignification moins dure & ſe prend pour une certaine foibleſſe de tempérament qui porte à ſe diſpenſer de faire tout ce qui demande un peu d’action, c’eſt dans cette acception qu’on dit, c’eſt par pareſſe qu’il ne va jamais ſe promener, il eſt bon & aimable, mais il a une pareſſe qui fait qu’on eſt toujours obligé d’attendre après lui.

Neſſal nacelle, ſ. f. Eſpece de petit bateau, nacelle de pêcheur, il paſſa l’eau dans une nacelle.

Neſſe bire, naſſe, ſ. f. Sorte d’inſtrument d’oſier ſervant à prendre du poiſſon, la naſſe d’un pêcheur.

On dit fig. d’un homme qui eſt engagé dans une affaire fâcheuſe dont il ne peut plus ſe tirer, qu’il eſt dans la naſſe.

Nettî nettoyer, v. a. Rendre net, nettoyer un habit, des ſouliers.

Nettoyer ſignifie fig. & ironiquement, prendre & emporter tout ce qui eſt dans un lieu, en ſorte qu’il n’y reſte rien. Les ſergents on nettoyé cette maiſon.

Curer, v. a. Nettoyer quelque choſe de creux, comme un puits, un foſſé, un canal, &c. & en ôter les ordures, curer un étang.

On dit auſſi, ſe curer les dents, ſe curer l’oreille.

Neuhe noiſette, ſ. f. Eſpece de petite noix que porte le coudrier, caſſer des noiſettes.

Neuhî noiſetier, ſ. m. Arbre qui porte les noiſettes & qu’on appelle autrement coudrier ou coudre, ſ. m. Il y a trois eſpeces de noiſetier, 1º. Le noiſetier ſauvage tel qu’il croît ſans culture dans les haies & dans les bois ; ſes noiſettes ſont ordinairement rondes, blanchâtres & mollaſſes ; 2º. Le noiſetier domeſtique ou franc : il donne les noiſettes franches, qui ſont rouges, fermes, longuettes & bien meilleurs que celles de bois ; 3º. L’avelinier qui produit les avelines ; ce ſont les noiſettes des pays chauds ; elles ſont bien plus groſſes, plus fermes & meilleurs & ont la coque plus dure que les autres, il y a même deux ſortes d’avelines : les lacadieres & les communes ; les lacadieres ſont groſſes, rondes & fort liſſes, les communes ſont longuettes & approchent plus de la noiſette.

Neï noyer, v. a. Faire mourir dans l’eau ou dans quelque autre liqueur, noyer un chien.

Noyer ſignifie auſſi inonder, les pluies ont noyé la campagne.

Au jeu de la boule, Noyer ſe dit lorſque la boule a paſſé le noyon, c’eſt-à-dire, la ligne qui borne le jeu & au de-là de laquelle laquelle la boule eſt noyée, il a noyé la boule de celui qui a joué avant lui, il a trop pouſſé la boule & s’eſt noyé.

Se noyer, v. réc. Mourir dans l’eau ou dans quelque autre ligueur, les mouches ſe noyent dans le lait, dans l’huile, il tomba dans une cuve d vin où il ſe noya.

On dit, prov. d’un homme mal-heureux & mal-habile, qu’il ſe noyeroit dans ſon crachat, qu’il ſe noyeroit dans un crachat ; & d’un homme qui ſe ſert de toutes ſortes de moyens pour ſortir d’une méchante affaire, qu’il ſe prend à tout, comme un homme qui ſe noie.

Neï engorgé, adj. On dit, que des moulins ſont engorgés, quand l’eau eſt ſi haute qu’elle empêche les roues de tourner.

Neûr noir, noire, adj. Qui eſt de la couleur la plus obſcure de toutes & la plus oppoſée au blanc. Cette encre n’eſt pas noire, noir comme jais, noir comme de l’encre, noir comme du charbon, noir comme un corbeau, comme la cheminée.

Noir ſe dit auſſi de certaines choſes qui approchent de la couleur noire, du pain noir. Cette femme a le teint noir.

Noir ſignifie auſſi livide, meurtri, on l’a tant battu, qu’il eſt tout noir de coups.

Noir ſignifie encore, ſale, craſſeux ; & il ſe dit du linge & des mains, lavez vos mains, elles ſont toutes noires.

Noir eſt auſſi ſubſt. & ſignifie la couleur noire, ou ce qui eſt de couleur noire.

On dit, fig. qu’un homme paſſe du blanc au noir, qu’il va du blanc au noir, pour dire qu’il paſſe d’un contraire à l’autre, d’une extrémité à l’autre, c’eſt un homme inconſtant, qui paſſe en un moment du blanc au noir.

On appelle, noir à noircir, ou plus communément, noir de fumée, une eſpece de poudre noire, faite de la fumée de la poix-réſine brulée, qu’on ramaſſe dans une chambre, ou dans un vaiſſeau fermé par en haut & tapiſſé de peaux de mouton, d’où on la fait ſortir en les ſecouant, on en fait l’encre d’imprimerie, en mêlant le noir avec de l’huile de noix ou de lin, bouillie avec de la térébentine.

Bis, biſe, adj. Brun, il ne ſe dit proprement que du pain ou de la pâte, pain bis, pâte biſe.

Neuri noircir v. a. Rendre noir, noircir une muraille.

Noircir eſt auſſi neutre & réciproque & ſignifie, devenir noir, le teint noircit au ſoleil, cela s’eſt noirci à la fumée.

Ni nid, ſ. m. On dit, prov. qu’à chaque oiſeau ſon nid eſt beau, pour dire que chacun trouve ſa maiſon, ſa demeure belle.

Aire, ſubſt. f. Il ſe dit du nid des oiſeaux de proie, les aigles font toujours leur aire en même lieu.

Nîâ nichet, ſ. m. Nom que l’on donne à un œuf qu’on met dans les nids que l’on prépare pour que les poules y aillent pondre.

Niaîe nichée, ſ. f. Les petits oiſeaux d’une même couvée qui ſont encore dans le nid, il a pris la mere & toute la nichée, la nichée étoit de quatre ou cinq petits roſſignols.

On dit auſſi une nichée de ſouris.

Il ſe dit fam. & par mépris d pluſieurs perſonnes de mauvaiſe vie, de mauvaiſe conduite raſſemblées en un même lieu, il a chaſſé toute la nichée.

Niaw’lé miauler, v. neut. Il ſe dit proprement du chat, lorſqu’il fait le cri qui lui eſt propre, & qui le diſtingue des autres bêtes, j’entends un chat qui miaule.

Nierre foirci, on dit, un nerf tréſailli, pour dire, un nerf déplacé, ſorti de ſa place par un effort violent.

Nip nippe, ſ. f. Il ſe dit de tout ce qui ſert à l’ajuſtement & à la parure, ſon uſage le plus ordinaire eſt au pluriel, il a de belles nippes.

Nipté nipper, v. a. Fournir de nippes, ſon pere l’a bien nippé en le mariant.

Nivai niveau, ſ. m. Inſtrument de mathématique, par le moyen duquel on voit ſi un plant, un terrain eſt uni & horiſontal, & on détermine de combien un point de la ſurface de la terre eſt plus haut ou plus bas qu’un autre, il n’y a point de niveau plus juſte que celui de l’eau, dreſſer au niveau, ajuſter au niveau, avec le niveau, prendre le niveau.

De niveau, au niveau, façons de parler adverbiales, ſelon le niveau, on le dit des choſes dont la ſurface eſt unie, égale, horiſontale, la cour n’eſt pas un niveau du jardin, cette terraſſe eſt de niveau avec le rez de chauſſée de la maiſon.

Nokion bout de chandelle, ſ. m.

Nonante nonante, adj. numeral de t. g. Nombre compoſé de neuf dixaines, on ſe ſert de ce terme dans l’arithmétique ; mais dans le diſcours ordinaire, on dit, quatre-vingt-dix.

Repic, ſ. m. Terme du jeu du piquet, il ſe dit lorſqu’avant que de jouer aucune carte l’un des joueurs compte juſqu’à trente, ſans que celui contre qui il joue ait pur rien compter, ce qui fait qu’au lieu de compter ſimplement trente, il compte quatre-vingt-dix. Je l’ai fait repic. Il a fait un beau repic.

Noret mouchoir, ſ. m. Linge dont on ſe ſert pour ſe moucher.

On appelle mouchoir de cou, le linge dont les femmes ſe couvrent le cou & la gorge.

Nou nu, nue, adj. Qui n’eſt point vêtu, qui n’eſt couvert d’aucune choſe, il ne ſe dit proprement que de l’homme ; un homme nu, une femme nue.

On dit qu’un homme va nu-pieds, nu-jambes, nu-tête, pour dire, qu’il va les pieds nus, les jambes nues, la tête nue.

Noû neuf, neuve, adj. qui eſt fait depuis peu ou qui n’a pas encore ſervi ou qui a peu ſervi, maiſon neuve, habit neuf.

Nouk nœud, f. m. (Le D. ne ſe prononce point) enlacement fait de quelque choſe de pliant, comme ruban, corde, &c. dont on paſſe les bouts l’un dans l’autre en les ſerrant, faire, défaire un nœud.

Nœud ſignifie, fig. la difficulté, le point eſſentiel d’une affaire, d’une queſtion, vous avez tranché le nœud de la queſtion.

Nœud ſignifie encore la boſſe, l’excroiſſance qui vient aux parties extérieurs de l’arbre. Le bois d’épine, le bois de cornouiller eſt tout plein de nœuds.

Il ſignifie encore certaine partie plus ſerrée & plus dure qui ſe trouve quelquefois dans le cœur de l’arbre, ce bois ne ſauroit ſe fendre droit, il y a trop de nœuds.

Noukî nouer, v. a. Faire un nœud, nouer un ruban.

Noûlaie ondée, ſ. f. Groſſe plui qui vient tout-à-coup, & qui ne dure pas long-temps, j’ai eu toute l’ondée ſur le dos, il faut laiſſer paſſer l’ondée.

Guilée, ſubſt. f. Pluie ſoudaine & de peu de durée, guilée de Mars.

Nuée, ſ. f. Nue, Nuage, il pleuvra furieuſement à l’endroit où cette nuée crévera, le vent chaſſe la nuée.

Noûve neuf, adj. numéral de t. g. l’F. ne ſe prononce point dans le mot quand il eſt ſuivi immédiatement d’un mot qui commence par une conſonne ; neuf cavaliers : dans toutes les autres occaſions l’f ſe fait ſentir plus ou moins ſelon l’uſage, neuf écus, de cent qu’ils étoient, il ne reſterent que neuf.

Neuf eſt auſſi quelquefois employé comme nombre d’ordre, ainſi on dit, le roi Charles neuf, pour dire, le roi Charles neuvieme.

Novai pan pain tendre, ſ. m. Pain nouvellement cuit, le pain de goneſſe eſt excellent quand il eſt tendre.

On dit, prov. jeune femme, pain tendre & bois vert, mettent la maiſon en déſert, pour dire, que c’eſt ordinairement ce qui ruine les petits ménages.

Nûle pain à cacheter, ſ. m. Sorte de petit pain ſans levain dont on ſe ſert pour cacheter des lettres.