Discussion Auteur:Pierre Labarthe

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Biographie de Pierre Labarthe[modifier]

w:Pierre Labarthe

Pierre Labarthe, issu d'une ancienne famille noble de Salliez[1], naquit à Dax, département des Landes, le 9 juin 1760. Élevé à Bordeaux, où son père avait formé un établissement commercial, il fit de très-bonnes études à l'université de cette ville : se destinant au barreau, il suivît son droit avec distinction et fut reçu avocat ; mais ses liaisons de parenté et d'amitié dirigèrent ses vues vers une autre carrière. En 1783, M. Devaivre, appelé à l'intendance générale des colonies, et qui le savait instruit, discret et laborieux, le choisit pour son secrétaire. Bientôt, sous les auspices et par les soins de cet administrateur profond et éclairé, il obtint un emploi dans l'administration générale des colonies : il avait si bien profité des instructions lumineuses et des bons principes que son protecteur s'était plu a lui donner, comme à un élève de prédilection, qu'il ne tarda pas à être un des meilleurs employés du département de la marine. Il avait la conception vive, le jugement droit, le travail facile, l'exécution prompte ; if savait examiner une affaire jusque dans ses plus petits détails, et il l'analysait avec un talent particulier : aussi, le rapport qu'il en faisait était clair et concis à la fois, et ses conclusions étaient toujours justes. Il était impossible que ses talents et sa manière d'en faire usage ne lui attirassent pas la considération et l'estime des fonctionnaires supérieurs de la marine : sans doute, son amour-propre a pu être flatté des témoignages de bienveillance qu'il en a reçus ; mais son cœur était encore plus satisfait de l'amitié que lui portaient ses camarades. Il la méritait a tous égard : modeste, obligeant, empressé, chacun, dans l'occasion, le trouvait prêt à l'aider de ses renseignements et de ses conseils ; il facilitait ainsi ce travail intérieur des bureaux. Il dut son avancement à son mérite seul. En 1794, il fut nommé chef du bureau des colonies orientales et des côtes d'Afrique. Pendant quatorze ans, il dirigea les affaires importantes dévolues à ses attributions ; avec droiture et loyauté. Ce fut alors que S'abandonnant à son penchant naturel pour ses recherches et ses observations, il fit une ample moisson de documents et de faits exacts, qu'il sut ensuite élaborer avec soin, pour les offrir au public dans des ouvrages intéressants sur les colonies. Mais ce travail trop assidu porta dans son sang une inflammation qui fut peut-être le germe de la cruelle maladie qui l'a mis au tombeau, et qui d'abord, le menaçant de cécité, le força à demander sa retraite, quelque regret qu'il en eût : elle lui fut accordée, en 1808, après vingt- cinq ans de services laborieux et utiles. A cette époque, il était déjà veuf depuis plusieurs années. Rendu a la vie privée, il consacra tous ses soins à l'éducation de sa fille chérie, l'unique fruit de son mariage ; néanmoins, il trouvait encore le moyen de consacrer quelques instants à ce qu'il appelait ses anciens souvenirs. IL revoyait souvent les notes qu'il avait recueillies sur des matières coloniales; il les comparait, il y ajoutait quelquefois des remarques, suggérées par sa mémoire qui était excellente, ou parce qu'il apprenait de l'état présent des choses. On peut dire qu'il s'était fait une espèce de culte pour tout ce qui avait rapport aux intérêts coloniaux de la France : et jamais il ne donnait autant d'essor à la véhémence, à l'énergie d'expression qu'il tenait du sol natal, que lorsqu'un de ses anciens collaborateurs venait lui parler des colonies.
M. Labarthe est mort à Paris, le 6 juin 1824.
On a de lui :
  • Voyage au Sénégal, I vol, in-8.° Paris, Dentu, an I0, 1802
  • Voyage à la côte de Guinée, i vol. in-8.° Paris.Debrais, &c. Ani II, 1803.
  • Harmonies maritimes et coloniale. Br. in-8°. Paris, 1815
  • Intérêts de la France dans l'Inde. Br. in-8° Paris, 1816
  • Plusieurs articles dans les Annales maritimes et coloniales.
Signé Allut
Annales maritimes et coloniales
publiées avec l'approbation du ministre de la marine et des colonies.
Publié par Imprimerie royale, 1824
Copie de l'exemplaire Université de Harvard numérisé le 4 avr 2008.

Notes et références[modifier]

  1. La famille Coulomme