Documents et notes sur le Velay, suite (2)/Texte entier

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DOCUMENTS
ET
NOTES SUR LE VELAY

(Suite)[1]

XIII


Ceux qui cultivent la plaisanterie facile s’égaient à peu de frais sur le compte des hommes mûrs, raisonnables, chargés parfois de soucis et d’affaires et dont la manie consiste à sortir du présent, à oublier ce qui se passe autour d’eux et à s’absorber dans la contemplation des âges évanouis. Quel attrait possèdent ces écritures vieilles et maussades, ces paperasses illisibles, à demi rongées par les vers et la poussière, et pourquoi errer dans le royaume des ombres lorsque la scène contemporaine abonde en sujets d’étude, en nouveautés piquantes ? M. Guizot répondait à cette question par ces lignes de l’un de ses meilleurs écrits : « On veut des romans. Que ne regarde-t-on de près l’histoire ? Là aussi on trouverait la vie humaine, la vie intime avec ses scènes les plus variées et les plus dramatiques, le cœur humain avec ses passions les plus vives comme les plus douces, et de plus un charme souverain : la réalité… La créature vivante, cette œuvre de Dieu, quand elle se montre sous ses traits divins, est plus belle que toutes les inventions humaines, et de tous les poètes Dieu est le plus grand[2]. »

Ce que nous cherchons, en effet, dans nos archives, à travers les décombres du passé, c’est l’homme lui-même, l’homme de tous les temps, avec ses fréquentes défaillances et ses rares grandeurs. Nous voulons savoir comment ont senti et vécu nos pères sur ce sol natal que nous foulons après eux ; leurs peines et leurs espoirs sont les nôtres ; c’est nous-mêmes que nous écoutons dans les échos de leur âme.

Les romans historiques ne sauraient satisfaire cette curiosité rétrospective ou plutôt ce sentiment de solidarité qui unit les générations disparues aux générations actuelles. Plusieurs de nos compatriotes, M. Louis de Vinols, par exemple, ont essayé de faire revivre en des tableaux de fantaisie les types les plus connus de la patrie vellave, mais il manque à ces œuvres d’imagination pure ce que M. Guizot appelle si justement le charme souverain de la réalité. Le lecteur se sent la dupe d’une fiction : les personnages, dont il suit les actes et les paroles, appartiennent trop au rêve du poète ou de l’artiste. Aussi éprouve-t-on une véritable joie si l’on se trouve en face d’un document où l’homme des temps jadis apparaît sans fard et sans masque, en pleine lumière de sa nature, tel que Dieu le fit. La pièce que nous publions nous a procuré cette joie, et nous avons hâte de la faire partager aux amis de notre histoire. Ce n’est point une de ces pièces d’apparat, rédigées à plaisir, où la vérité se cache sous des déguisements plus ou moins volontaires et officiels. Notre titre prend les hommes du XIIIe siècle en flagrant délit, avec les actes qui leur sont propres, les paroles qu’ils ont réellement prononcées. Dans cette procédure froide, sous ces témoignages authentiques apparaissent les passions et les mœurs de l’époque, les insolences de la force comme les plus nobles élans de la pitié et de la justice. Pour nous servir d’expressions d’atelier : c’est arrivé, c’est vu, c’est vécu.

Nous savons très peu de chose sur le vieux Saint-Julien-Chapteuil, et cependant il y eut autrefois, dans ces parages, un centre populeux, un prieuré important, une seigneurie de premier ordre et qui a fourni tout au moins une illustration littéraire : Pons de Chapteuil, le doux troubadour, le chantre d’Azalaïs de Mercœur et de la première croisade. Nous avons essayé, dans notre humble sphère, de ressusciter un peu l’antique maison priorale de Saint-Julien[3], mais notre moisson est bien maigre : la seule figure qui s’est révélée à nos recherches est celle de l’abbé de Morgues, le célèbre adversaire du cardinal de Richelieu. Du reste, notre titre lui-même explique l’indigence des annales de Saint-Julien-Chapteuil. Vers 1282, la race primitive des barons s’est éteinte, et le fief, à partir de 1240, est tombé sous la dépendance complète de l’évêque du Puy.

L’ombre est-elle complètement descendue sur les premiers maîtres de Chapteuil et doit-on vouer à l’oubli les origines de cette antique maison ? D’abord, il nous est affirmé qu’un dossier très important sur les Chapteuil du XIIe siècle se cache dans les cartons des Archives nationales et, de plus, les ouvrages imprimés peuvent encore fournir d’utiles renseignements sur une famille trop délaissée par nos annales. C’est ainsi que Baluze, dans son Histoire de la maison d’Auvergne, t. I, p. 71 ; t. II, pp. 73 et 78, raconte des événements ou se trouvent mêlés, d’une façon assez triste, il faut bien le dire, un Pons de Chapteuil et sa femme Jarentone.

Robert, fils puîné de Robert IV, comte d’Auvergne, fut élu évêque de Clermont en l’année 1195, et peut-être sur la fin de l’année 1194. Au mois de février 1195, Pons de Chapteuil et sa femme Jarentone, en présence du doyen et du prévôt du chapitre de Clermont, des deux archidiacres Bertrand de Murols et Guillaume du Cros et de Pons, abbé de Saint-Genés, reconnurent devoir l’hommage à Robert, évêque élu, pour leur château de Vertaizon (aujourd’hui ch.-l. cant., arr. de Clermont-Ferrand)[4].

Bientôt après cet acte, l’évêque se brouille avec son frère, Guy, comte d’Auvergne, et ce conflit amena une guerre terrible, que signala le cortège habituel des luttes féodales : meurtres, pillages, incendies et excès de tout genre. Au cours de la querelle, l’évêque Robert fut attiré au château de Vertaizon où se tenaient apostés ses ennemis les plus dangereux. Pons de Chapteuil et sa femme livrèrent leur hôte et seigneur, qui fut fait prisonnier et dont les gens subirent les plus cruels outrages. L’Église prit fait et cause pour la victime du guet-apens ourdi par Pons de Chapteuil. Sous les auspices de Guillaume de Sully, archevêque de Bourges, un traité de paix fut conclu en juillet 1199 entre l’évêque et son frère. Aux termes de ce diplôme que Baluze nous a transmis dans son second volume, p. 78, d’après le Trésor des Chartes de Turenne, le prélat, tout en protestant contre la félonie de Pons de Chapteuil et de sa femme, promit de ne rien faire contre ses vassaux pendant cinq ans à partir du jour de la Madeleine, mais il se réserva tous ses droits à l’expiration de ce délai. Aussi, dès l’année 1204, demanda-t-il vengeance et justice à la cour du roi. Philippe-Auguste, qui se mêlait volontiers des affaires d’Auvergne, et venait de lutter avec ardeur contre le roi d’Angleterre, Richard Cœur-de-Lion, pour la conquête de cette province, fit citer et cita lui-même de sa propre bouche Pons et Jarentone, à comparaître en sa présence pour se laver de l’accusation infamante portée contre eux par l’évêque. Au troisième appel, les inculpés firent répondre qu’ils ne voulaient se défendre que devant le roi d’Aragon. C’est alors qu’à Paris, en janvier 1204, le roi, de l’avis des barons de son conseil, rendit un arrêt par lequel le château de Vertaizon était adjugé à l’évêque et à son église, à charge de foi et hommage à la Couronne[5].

Jarentone ou Gérentonne avait apporté en dot à son mari, Pons de Chapteuil, le fief de Vertaizon : les deux époux ne se laissèrent point expulser de leur demeure sans regimber vivement. Philippe-Auguste, suzerain de fraîche date, n’avait en Auvergne et en Velay qu’une autorité précaire et il s’en remit à l’évêque de Clermont du soin d’évincer de leur manoir Pons de Chapteuil et sa femme. Pons de Chapteuil, de son côté, se mit en révolte ouverte contre la Couronne. Ce qui le prouve, c’est le diplôme si connu de 1213[6], par lequel Philippe-Auguste donna à l’évêque du Puy, Robert de Mehun, les châteaux de Chalencon, de Rochebaron, de Glavenas et de Chapteuil, mais à charge par l’évêque de s’en rendre maître comme il le pourrait… sicut ea de jure poterit acquirere… Cette munificence de Philippe-Auguste n’avait encore reçu aucune explication précise : nous en possédons maintenant la clé. Le sire de Chapteuil, qui avait répondu si lestement aux sommations royales avant l’arrêt de 1204, ne se montra point après cet arrêt de meilleure composition. Il se raidit contre l’évêque Robert et lui disputa ses domaines d’Auvergne. Cette résistance, que Pons de Chapteuil dut faire suivre d’autres actes de mutinerie en Velay, fut châtiée par la confiscation de son château patrimonial, prononcée par le roi en 1213. Pour les autres seigneurs, ceux de Rochebaron, de Chalencon et de Glavenas, également atteints par cette sentence de 1213, il est permis de croire qu’ils avaient épousé la querelle de Pons de Chapteuil, tandis que l’évêque du Puy, Robert de Mehun, avait au contraire prêté main-forte aux ordres du roi et aux représailles de son confrère de Clermont.

Pons de Chapteuil succomba dans sa lutte contre Robert d’Auvergne. Il y a preuve, dit Baluze[7], que les évêques de Clermont jouissaient paisiblement dès 1257 du château de Vertaizon. Pons de Chapteuil ne réussit pas davantage contre l’évêque du Puy ; il se soumit même très promptement à ce prélat, puisqu’il lui rendit hommage en 1213 pour les fiefs de Chapteuil, Montvert, Montusclat, Mézères, Beaulieu, Artias et Lardeyrol[8]. C’est cet hommage de 1213, qui, d’après toute apparence, servit de point de départ au droit de suzeraineté que l’évêque Frédol en 1285 prétendait sur la baronnie de Chapteuil.

Ces démêlés et ces tracas n’avaient point avancé les affaires de Pons et de Jarentone : au mois de mai 1218 ils étaient contraints de vendre sous pacte de réméré, moyennant la somme de dix livres, monnaie du Puy, aux chanoines de l’Église de Saint-Agrève, des héritages qu’ils possédaient dans le territoire de cette collégiale. L’instrument de cette aliénation, inséré par M. l’abbé Payrard dans les Tablettes, VII, 357 et 358, est précieux en ce sens qu’il révèle l’état de la famille des Chapteuil en 1218. Dans l’acte comparurent la femme de Pons, Jarentone et ses trois fils : Guilhaume Jordas (?), Pierre de Fay et Pons de Chapteuil. Nous ignorons le sort de Pons et de Guillaume, mais quant à Pierre de Fay, il est certain qu’il succéda à son père dans le gouvernement de la terre de Chapteuil.

Les généalogistes et à leur suite M. Bouillet dans son Nobiliaire d’Auvergne, t. III, p. 18, assurent que la famille des seigneurs de Chapteuil n’était autre que cette vieille et illustre race des Fay, dont on vit deux membres accompagner Adhémar de Monteil à la première croisade. Nous n’avons point à contredire cette assertion, sauf à la vérifier plus tard, mais nous ne saurions laisser passer le dire de M. Bouillet, quand il affirme que les Fay de Latour-Maubourg sortent des Fay, propriétaires de Chapteuil en 1213. La tige véritable des Latour-Maubourg nous paraît être ces Malet, que nous rencontrons si fréquemment au XIIIe siècle. D’autre part, il est acquis que les Chapteuil s’éteignirent en 1282 ou 1284.

Pierre de Fay ne devint maître de Chapteuil qu’après 1220, puisqu’au mois d’août de cette année son père rendit hommage à l’évêque du Puy, Étienne de Chalencon[9]. La destinée de Pierre de Fay fut des plus malheureuses. Il perdit la raison et laissa le gouvernement de ses domaines à sa femme, Agnès. C’est cette dame qui eut la plus grande part à la tragique aventure dont nous allons faire le récit.

Oddo de Gissey rapporte d’une manière très inexacte l’événement que nous allons restituer sous son vrai jour : « Tost après, dit notre hagiographe, que Frédol fut évesque, Ponce Comptor de Chateul s’acheminant outre mer en la terre saincte, institua son héritier l’évesque du Puy, en cas qu’il y mourust, comme il fit. C’est pourquoy Frédol s’investit et saisit de ce comptorat l’an 1288[10]. » Les choses ne se passèrent point de la sorte, et notre titre démontre une fois de plus combien il est utile, en matière de recherches, de se défier même de l’honnête et consciencieux jésuite et de recourir, quand on le peut, aux sources.

Oddo de Gissey raconte la légende. Voici la vérité.

Vers l’année 1240, la démence de Pierre de Fay en était venue à ce point que sa famille avait dû le faire enfermer d’abord dans son château, puis dans un lieu dit du Monteil (paroisse de Saint-Julien-Chapteuil), et enfin dans le couvent de Saint-Chaffre. La baronnie était gouvernée par la femme de l’insensé, cette dame du nom d’Agnès, qui semble avoir porté à son comble la violence des mœurs féodales. Le fils d’Agnès et de Pierre de Fay était encore bien jeune, puisqu’il portait encore en 1253 le titre de damoiseau. À cette même époque, Bernard de Montaigu, sorti d’une grande maison d’Auvergne, occupait le siège du Puy. C’était un prélat de haute piété, mais du plus ferme caractère. Les instincts de sa race et les devoirs de sa souveraineté temporelle faisaient de lui l’ennemi implacable de toutes les tyrannies de clocher dont le diocèse du Puy avait tant à souffrir. Il donna un grand exemple de son esprit de justice dans les circonstances suivantes.

L’événement qui est le sujet de notre récit s’accomplit-il en 1240 ? Nous ne pouvons l’affirmer avec certitude, mais les témoins du drame, vivant encore en 1285, vinrent dire que l’affaire se passa, il y avait quarante ans et plus suivant les uns, il y avait environ quarante-cinq ans, affirmaient les autres, et l’un d’eux précisa davantage en fixant la date de quarante-quatre ans. On peut donc adopter l’année 1240, et l’on ne se trouvera guère en deçà ou au delà de la vérité.

Donc, vers l’année 1240, dame Agnès, sous le nom de son fils, administrait le manoir et les vastes domaines de la baronnie. Un homme et une femme de Chapteuil, victimes sans doute de quelque avanie trop forte de la part de dame Agnès ou de ses officiers, quittèrent furtivement leur demeure et vinrent se cacher au Puy. Le jeune Pons et sa mère firent leurs plaintes à l’évêque et exigèrent que les fugitifs leur fussent livrés, car, selon les règles du droit féodal, les serfs ou vassaux ne pouvaient quitter le fief dont ils relevaient sans l’aveu du seigneur. Bernard de Montaigu se raidit contre cette exigence et ne voulut point ravir au malheureux ménage l’asile qu’il avait trouvé dans nos murs. Pons de Chapteuil et sa nièce résolurent de se venger. Ils se rendirent au Puy avec leur suite : l’homme et la femme furent assassinés dans la rue des Grazes ; la foule put voir leurs cadavres étendus dans un lit et percés de coups devant les portes de la cathédrale. Il semble même que là ne se bornèrent point les représailles des maîtres de Chapteuil et que leurs gens commirent d’autres excès. Vivement ému de ces odieuses violences, l’évêque prépara de suite une répression énergique. Il réunit une troupe nombreuse et alla mettre le siège devant le château de Chapteuil. Parmi ceux qui prirent part à cette campagne se trouvaient un gentilhomme d’Auvergne, Drogon d’Aubusson, Guillaume, sire de Bonas, et son fils Bonassos de Lapte, Pons André, écuyer de l’évêque, Robert de Mauprat et Jean Guers, officiers aussi de l’évêque, Pons Auzile, Dalmace Albert, Guillaume Pictavini, Pierre Métima, ce dernier bourgeois du Puy. L’expédition se mit en marche un beau jour d’été, à l’entrée des moissons, dit plus tard un témoin oculaire et, suivant une autre version, entre la Saint-Michel et la Toussaint. La forteresse fut emportée d’assaut ; l’évêque fit planter sa bannière sur les tours et logea garnison dans le manoir sous le commandement de Drogon d’Aubusson, avec Pons Auzile, Guillaume Pictavini, Pons André, Dalmace Albert, Guillaume de Bonas et son fils Bonassos de Lapte pour auxiliaires. Pons de Chapteuil, fait prisonnier dans la bagarre, retourna au Puy sous bonne escorte et fut mis au cachot pendant deux ou trois jours. Il fut ensuite reçu à merci par le prélat, mais retenu en chartre privée, parmi les pages et écuyers du palais épiscopal. Cette détention dura une dizaine d’années et, pendant cette période, le château demeura sous la garde du chevalier Drogon. Pons essaya plusieurs fois et en vain d’obtenir sa liberté ; enfin ses amis intervinrent et un jour Bernard de Montaigu se tenait dans la chambre basse de sa demeure, chambre où se trouvait un fourneau, avec Guillaume de Bonas, Bonassos de Lapte, Pons, sire de Beauzac, Robert et Pierre de Vielprat, Adalbert de Polignac, chevalier, Pons André, Guy d’Auvergne, Durand de Ceyssac, Guillaume de Borne, Pons de Glavenas, ces quatre derniers chanoines de Notre-Dame, et d’autres familiers tels que maître Arnaud, plus tard dominicain, Bravet, huissier, Jean Guers et Étienne de Giergues, lorsque le damoiseau de Chapteuil vint, les mains jointes, se jeter aux pieds du prélat et le requit instamment de lui rendre ses biens. L’évêque refusa d’abord : il ne pouvait, dit-il, accorder cette demande, puisque le château et ses domaines avaient été remis à l’église du Puy après les méfaits dont s’étaient rendus coupables le jeune homme et sa mère. Pons insista et finit par dire : « Seigneur, restituez-moi ma terre et je ferai avec vous le pacte que, si je viens à mourir sans héritier mâle, le château avec toutes ses dépendances deviendra la propriété de votre église ; si je ne laisse qu’une fille, l’église sera tenue de la marier. » L’évêque se laissa fléchir : il releva le damoiseau, l’embrassa et dit en présence des assistants : « Pons, nous te rendons tes domaines, mais aux conditions que tu viens de prescrire. »

Le lendemain une longue chevauchée partit pour Chapteuil : en tête cheminaient Bernard de Montaigu et Pons de Chapteuil, puis venaient Adalbert de Polignac ; Guy, seigneur de Glavenas ; Hugues, seigneur de Saussac ; Guillaume de Bonas et son fils Bonassos de Lapte ; Maurice de Saint-Bonnet, prévôt de la Cathédrale ; Pons, seigneur de Beauzac ; B. de Rochebaron ; les cinq chanoines : Guy d’Auvergne, Bertrand Aspais, Durand de Ceyssac, Pons de Glavenas, Guillaume de Borne ; puis Jean Guers, Robert et Pierre de Mauprat et d’autres personnages. Le cortège arriva devant la première porte du château : là se tenaient Drogon d’Aubusson, Pons Auzile, Pons André et un grand nombre d’habitants de Chapteuil ou des mandements voisins, entre autres Pons Champclause, qui devint plus tard bailli de Montvert. Bernard de Montaigu prit alors la parole : « Messeigneurs, dit-il, Pons de Chapteuil et ses amis nous ont tant supplié de rendre à ce jeune homme son château et ses biens que nous n’avons pu résister à leurs instances, mais nous ne faisons cette remise qu’à cette condition : si Pons vient à mourir sans héritier mâle, le château avec tout ce qui en dépend reviendra à l’église du Puy. » Pons répondit : « Messeigneurs, oyez ceci : le révérend évêque vient de me restituer mon château et mes domaines, mais à cette condition expresse que si je meurs sans héritier mâle, le tout retournera à l’église du Puy ; si je ne laisse qu’une fille, elle sera mariée par cette église. » L’évêque tendit alors les clefs du manoir au jeune homme en réitérant la teneur de la convention et Pons reprit : « Seigneur, je vous rétrocède ces clefs en signe de la propriété irrévocable de votre église au cas où je viendrais à mourir sans héritier mâle. » Puis l’évêque et Pons s’embrassèrent. Toute l’assistance se rendit ensuite dans le cloître de l’église de Saint-Julien et là se répétèrent les mêmes cérémonies et les mêmes formules. Pons proclama de nouveau en présence des seigneurs, hommes d’armes et autres assistants, que la remise de ses terres ne lui était faite qu’aux clauses stipulées. Pour sceller définitivement l’accord, l’évêque enjoignit à Drogon, à Dalmace Albert, chevaliers, et à tous ceux qui tenaient le manoir en séquestre de vider la place et de la livrer aux gens de Pons de Chapteuil.

La veille l’évêque avait eu soin de faire dresser par Me Arnaud un contrat, dont l’instrument fut présenté par Hugues Pentecôte à divers barons du Velay. Au dire de Pons Champclause, l’évêque, Pons de Chapteuil, le vicomte de Polignac, les seigneurs de Chalencon, de Solignac, de Goudet et autres apposèrent, au nombre de treize ou quatorze, leurs sceaux sur cet instrument (carta). Dans tout ce qui vient d’être raconté, on ne voit apparaître ni le père ni la mère du seigneur de Chapteuil. Agnès devait être morte à cette époque, mais Pierre de Fay vivait encore. Il se trouvait toujours en démence et gardé à vue dans l’abbaye de Saint-Chaffre où Sylvinot, habitant de Chapteuil, lui apportait du linge et des vêtements. D’autres témoins en 1285 vinrent affirmer qu’à l’époque de la réintégration de Pons son père était mort, mais ces témoins parlaient par ouï-dires, tandis que Sylvinot déposa de faits personnels et certains. Nous ne revoyons Pons de Chapteuil qu’en 1253 et c’est une charte insérée dans le protocole de Jean de Peyre qui nous révèle un acte important de sa vie. Le 16 juillet 1253, au Puy, et en présence de l’évêque Bernard de Ventadour, Pons de Chapteuil, damoiseau, reconnut qu’il n’avait ni droit de bans, host, chevauchées, garde, guet, clôture, etc., ni droit de justice ni aucune servitude et redevance sur les propriétés et les hommes que possédait Gérenton de Tournon dans les château, bourg et mandement de Chapteuil. Cet aveu fut fait à une double condition ; le sire de Tournon devait d’abord faire clore l’emplacement où s’élevait jadis la demeure de ses ancêtres ; de plus, si les hommes du sire de Tournon commettaient des excès ou attentats dans la terre de Chapteuil, c’était au seigneur de Tournon[11] ou à ses successeurs, et non à la maison de Chapteuil, qu’incombait le soin de redresser et de punir l’injure. Comme l’acte dressé au Puy et contresigné par l’évêque et le chapitre de Notre-Dame est remarquable à tous égards, nous en donnons la teneur littérale :


Noverint universi quod ego, Poncius, dominus de Chaptolio, domicellus, confiteor et in veritate recognosco, in presentia domini B. Aniciensis episcopi, tibi Jarentoni de Torno, domicello, presenti et recipienti et me super hoc interroganti, quod ego nec alii domini de Chaptolio qui pro tempore fuerunt vel fuerint, non habemus nec unquam habuimus nec habere vel requirere possumus vel debemus, modo vel in posterum banna, exercitus vel chavalgadas, gaytas, excubias, clausuras, edificia, manobras, fimancias, maveschancias, escogossatges, neque clamores aliquos seu punitiones civiles vel criminales, sive exigant penam sanguinis sive non, neque alia aliqua usatica, exactiones vel servitutes, in terris illis nec hominibus, quos et quas habes modo et tenes vel in futurum habiturus es tu dictus Jerento de Torno et successores tui vel heredes in castro seu burgo de Chaptolio et mandamento ejusdem castri, ymmo omnia quecumque habes et habiturus es in dictis castro et burgo et mandamento, quantum ad me et meos sunt immunia et libera ab omnibus servitutibus et exactionibus, usaticis et consuetudinibus superius nominatis et non nominatis quamvis contingeret, quod illa que habes in predictis locis essent in posterum cum modo non sint de feude nostro et dominio ; hoc tamen excepto quod tu supradictus Jerentes debes facere claudi hominibus tuis locum illum in quo erant olim domus tue in castro de Chaptolio supradicto, et hoc similiter excepto quod si contingeret quod aliqui homines correguessunt (sic) vel facerent insultum cum armis in terra de Chaptolio, homines tui, quos habes et habiturus es in memorata terra de Chaptoil, debent sequi (h)ansam seu tumultum cum aliis hominibus dicte terre ; quod si non facerent non per me vel successores meos, sed per te et successores tuos propter hoc puniri deberent. Promittens nichilominus ego dictus Poncius de Captoil tibi supradicto Jarentoni, et

jurans ad sancta Dei evangelia, quod omnes predictas immunitates et libertates tibi et heredibus et hominibus tuis et terre predictis in perpetuum bona fide teneam et observem, et quod contra predictam concessionem et alia suscripta nunquam veniam, per me vel per alium aliquo jure, ratione vel consuetudine. Renuncians exceptioni doli et in factum et sine causa et omni alii juri et consuetudini per quod possem venire contra predicta vel aliquid de predictis. Et est sciendum quod carta seu carte super premissis confecte debent renovari et sigillari sigillis fide dignis, ad mutationem cujuslibet domini de Captolio et ad mutationem cujuslibet domini illarum rerum quas tu sepefatus Jarento habes in sepedicto castro de Captolio et mandamento. Actum Anicii in domo sacristie XVII kalendas Augusti anno Domini M CC LIII presentibus dominis Mauritio de Sancto Bonito (et) Poncio de Chaumont, canonicis Aniciensibus, Austorgio de Castro novo, monaco, Amico, magistro Hospitalis, W. de Rocha, magistro Bernardo, clerico Aniciensi, Jaucerando Arnaudi, milite. In cujus rei testimonium et firmitatem nos B. miseratione divina Aniciensis episcopus, qui omnibus predictis affuimus, et Poncius de Chaptoil et Jarento de Torno predicti et Poncius de Glavenas, thesaurarius Aniciensis, quo mediante et tractante omnia supradicta facta sunt, fecimus presentes literas sigillorum nostrorum munimine roborari. Fuit preterea presens carta, in testimonium et firmitatem omnium predictorum, sigillo Aniciensis capituli sigillata et roborata.


En 1213, Pons de Chapteuil était, depuis plusieurs années, redevenu maître de sa personne et de sa seigneurie puisque Bernard de Montaigu, qui l’avait si rudement bridé, décéda au plus tard dans les premiers mois de l’année 1248. D’autre part, comme nous savons qu’après la prise du château de Chapteuil Pons resta en captivité pendant un espace de sept à dix années, il devient très probable que la date de 1240, assignée plus haut à l’attentat commis en notre ville par dame Agnès et son fils, est approximativement exacte.

Pons de Chapteuil se maria avec Marquèze, de la maison de Goudet, et il n’en eut point d’enfants, ou, s’il en eut, il les perdit. Il menait l’existence des châtelains de l’époque et eut avec divers barons des querelles, où, suivant l’usage, intervinrent à main armée ses vassaux et tenanciers. Pons soutint notamment une guerre dite d’Eynac et lutta aussi contre Adhémar, baron de Fay, contre les seigneurs Armand d’Allègre, Bertrand de Chalencon, Béraud de Solignac et Pons de Brion. La mouvance du château de Chapteuil était considérable et s’étendait jusqu’aux limites des possessions de Bonas, de Fay et du monastère de Mazan. Le fief de Lardeyrol et les forteresses de Montusclat et de Montvert relevaient aussi du château de Chapteuil. Les hommes de ses mandements venaient, en temps de guerre, monter la garde et s’exercer à la manœuvre dans le château. Ils y venaient encore tenir les assises, faire ou recevoir le droit… ibi faciebant jus et recipiebant… ce qui veut dire qu’à Chapteuil la justice se rendait au moyen d’un véritable jury.

Parvenu à l’âge mûr, Pons gardait un souvenir amer de l’acte souscrit par lui en faveur de Bernard de Montaigu, et les hommages qu’il avait été contraint de rendre aux trois successeurs de Bernard : Armand de Polignac, Guy Falcodi[sic] et Guillaume de La Roue, envenimaient cette blessure. Il profita de ses relations avec le corps aristocratique des chanoines de Notre-Dame pour supprimer l’instrument, la Carta, preuve vivante des humiliations de sa jeunesse. Il gagna, paraît-il, le chanoine Pons de Glavenas, l’un des témoins de sa réintégration. Ce Pons de Glavenas devint abbé de Saint-Pierre-Latour en 1267 et mourut en 1269[12]. Ce fut vers cette époque de la promotion de Pons de Glavenas à son abbaye que la rumeur publique accuse le chanoine d’avoir soustrait le titre et de l’avoir livré au seigneur de Chapteuil. De graves propos échappés à ce dernier confirmèrent plus tard ces soupçons. Guillaume Médici dit un jour à Pons de Chapteuil : « Seigneur, vous êtes vieux et il serait convenable de pourvoir à vos affaires, mais je doute que vous en ayez la licence à cause de cet acte que vous avez consenti à l’évêque et à l’église du Puy. » Alors Pons de Chapteuil prit la main de Guillaume et lui dit : « Pour la confiance que j’ai en toi, je puis t’affirmer que jamais plus ils ne reverront cet écrit. Si les gens de l’église du Puy ont des amis, nous aussi nous avons des amis dans cette église. » En 1281 ou 1282, Pons de Chapteuil, se trouvant au château de Montvert, avoua au bailli de cette résidence, Pons Champclause, qu’il avait brûlé l’acte dont l’abbé de Saint-Pierre-Latour lui avait fait remise.

Ce qui est certain, c’est qu’avant de mourir entre 1282 et 1284, au mépris des conventions solennelles jurées dans le palais de Bernard de Montaigu et réitérées lors de la restitution du château, Pons de Chapteuil avait institué pour son héritier universel le neveu de sa femme : Pons de Goudet, chevalier, seigneur de Saint-Pierre-Eynac. La veuve de Pons de Chapteuil, Marquèze, rendit hommage à l’évêque au mois d’avril 1284[13], mais Pons de Goudet voulut faire valoir son testament et c’est alors que commença le procès dont la pièce la plus intéressante, l’enquête de 1285, est parvenue jusqu’à nous.

Frédol de Saint-Bonnet, que nous espérons faire bientôt connaître en entier à nos lecteurs, appartenait, non pas, comme on l’a souvent dit, à la famille de Saint-Bonnet en Forez, mais à une branche, dite de Saint-Bonnet ou de Roche-Savine, de l’illustre maison de Montboissier en Auvergne. C’est assez dire que ce prélat de haute qualite n’était, pas plus que Bernard de Montaigu, d’humeur à laisser dépérir en ses mains les prérogatives de son église et qu’il avait de qui tenir pour faire tête aux prétentions du neveu de Marquèze de Goudet. Frédol se trouvait encore à Oviédo en Espagne, dont il était évêque, le 10 août 1284, mais il n’était plus dans cette ville le 17 octobre suivant[14], et, d’autre part, nous venons de dire qu’en cette même année 1284 la veuve de Pons de Chapteuil avait rendu hommage au prélat. Le procès entre Frédol et le seigneur de Saint-Pierre-Eynac prit donc naissance aussitôt après la translation de Frédol sur le siège du Puy et fut porté devant le Sénéchal de Beaucaire, Guérin d’Amplepuis, lequel délégua pour instruire ce différend Pierre Cilve, juge de Nîmes et de Calvisson.

Le 17 juin 1285 Guérin d’Amplepuis prescrivit à discret homme, Pierre Cilve, d’ouvrir l’enquête. Le mercredi avant la fête de saint Jean-Baptiste, Pierre Cilve adressa de Nîmes à Raymond Planiol, notaire royal en Velay, une ordonnance lui enjoignant d’assigner à comparaître au Puy, pour le jeudi après la Nativité de saint Jean-Baptiste, tous ceux qui, directement ou indirectement, étaient intéressés à la procédure.

Guillaume Lambert, sergent royal, signifia l’ordonnance de Pierre Cilve et la cédule du notaire Planiol à tous les ayant-droit à la baronnie de Chapteuil, c’est-à-dire Pons de Goudet, Pons, seigneur de Brion, l’un et l’autre chevaliers ; Guigon, seigneur de Goudet, sire P. Falcon, sires Godefroid et Bertrand Ytier, sire Jausserand Malet, les deux frères Guillaume et Étienne de Chalencon, Armand de Bouzols, abbé de Saint-Pierre-Latour, et dame Almueys de Coubon.

Le jeudi après l’octave de la Saint-Jean et devant Me Pierre Cilve comparut en personne l’évêque Frédol, qui donna lecture des dix-huit griefs de son articulation de faits. Cette articulation contenait le récit qu’on a lu plus haut. De plus, l’évêque prétendait que, de temps immémorial, les prédécesseurs de Pons avaient tenu leur terre à fief et hommage de l’église du Puy[15]. Bertrand de Sereys, chanoine de Notre-Dame, produisit alors la procuration à lui faite le 6 avril précédent par Pons de Brion, et Guillaume et Étienne de Chalencon, ainsi que Jausserand Malet firent réserve de tous leurs droits dans l’instance. Pons de Goudet exigea copie de la commission donnée par le Sénéchal de Beaucaire à Pierre Cilve et de l’articulation du prélat, ce qui lui fut immédiatement octroyé. En même temps le juge ajourna au samedi prochain pour ouïr les parties et statuer sur leurs nouveaux dires.

Le samedi venu, Guillaume Arnaud, damoiseau, se présenta au nom de Frédol, en vertu d’une procuration que lui avait faite l’évêque pendant l’octave de la fête des saints Pierre et Paul, et de suite il requit l’audition des témoins. Pons de Goudet fit opposition à cette requête, mais il fut passé outre. Après un nouveau sursis et divers incidents de procédure, le mandataire de l’évêque donna la liste de ses témoins. C’étaient : Pons de Beauzac, chevalier ; Pierre César, homme de loi ; les frères Robert et Pierre de Mauprat ; Pons André ; Jean dit Loguers ; Adalbert de Polignac, chevalier ; Bonassos et Bessonet, de Lapte ; frère Arnaud Boyer ou Bouvier, de l’ordre des Dominicains ; Guillaume Porchas, chevalier ; Pierre Charreyre, prêtre ; Guillaume Médici ; Guillaume du Mazel ; Pons Duprat ; Guillaume et Pons Pictavini ; Guillaume de Furnon ; Guillaume Imbert ; Pierre Métima ; Guillaume de Barjac, prieur de Chamalières ; Durand Coiron, prieur de Saint-Pierre-le-Monastier ; Pons de Glavenas, prieur de Mariac en Vivarais ; Gérenton de Saint-Germain, chevalier de l’Hôpital de Saint-Jean-de-Jérusalem ; Pierre, chevalier et seigneur de Glavenas ; Guillaume de Satilhet ou de Satilhanne, chevalier ; François Héles, chevalier ; Guillaume de Montrevel, prévôt du chapitre cathédral ; Armand de Bouzols, abbé de Saint-Pierre-Latour ; Gaston de Tournon, Jean Cardinal, Pierre Tinet, Falcon d’Espaly, tous les quatre chanoines de Notre-Dame du Puy ; Jacques Julien, jurisconsulte ; Raymond de Saint-Flour, chanoine de Saint-Vosy ; Raymond Ferta, Jean d’Aiguilhe, Bertrand de Bès, tous les trois prêtres ; Hugues de Bouange, succenteur du chapitre Notre-Dame ; Pons Champclause, Guillaume Bélaud, laïques ; Sylvinot, de Chapteuil ; Jean Terrasson, prêtre, Gimbert d’Espaly, chevalier, et Pierre Genestet, prêtre.

Tous ces témoins déposèrent en l’absence de Pons de Goudet, qui fit défaut. C’est la série de ces témoignages qui nous a permis de reconstituer d’une manière à peu près complète l’épisode qui précède. Nous ne possédons pas l’entier procès-verbal d’information, mais il nous en reste assez pour garantir l’exactitude de notre récit.

Au dos du titre se lisent les mentions suivantes d’une vieille écriture : « Examinatio testium ad perpetuam rei memoriam super successione Chaptolii… — 1285, procédure faitte par le juge de Nismes député par le sénéchal de Beaucaire à la requête de Me Fredolo, évesque du Puy, pour la conservation de ses droits sur le château de Chapteuil, bourg, mandement et forteresse de Montuscla, de Montvert avec ses bourgs, fiefs de Lardeyrol et autres. Contenant neuf peaux fol. 135 LL. »

Ce magnifique parchemin, qu’on peut consulter aux Archives départementales de la Haute-Loire, est dans un état de conservation parfaite. Il n’a que six peaux sur neuf et il mesure 62 centimètres de largeur sur quatre mètres 60 centimètres de longueur. La copie a été faite par l’un de nos plus habiles et dévoués paléographes, M. l’abbé Arsac, professeur à la Chartreuse, sur la prière de M. Émile Mauras, président de notre Comice agricole et maire de Saint-Julien-Chapteuil.


Anno Dominicæ Incarnationis millesimo ducentesimo octuagesimo quinto et tercio Nonas Julii, Domino Philippo Francorum rege regnante, que dies extiterat assignata domino Poncio de Guodeto et domino Poncio de Brione militibus et Guigoni de Guodeto et quibusdam aliis ad videndum jurare testes, quos venerabilis in Christo Pater dominus F… Dei gracia Aniciensis episcopus seu ejus procurator in formam publicacionis producere volebat per discretum virum dominum Petrum Cilvii judicem Nemausi, cui nobilis vir dominus Girinus de Ample Putheo, miles, Domini Regis senescallus Bellicadri et Nemausi receptionem dictorum testium comiserat, ut de dicta comissione constat par literam patentem dicti domini senescalli sigillatam ejus sigillo in tergo dicte litere, cujus litere tenor talis est :


Lettres de Guérin d’Amplepuis.

Girinus de Amplo Putheo, miles, Domini Regis senescallus Bellicadri et Nemausi, discreto viro domino Petro Cilve judici Nemausi salutem et dilectionem sinceram.

Cum ex parte domini episcopi Aniciensis nobis fuerit supplicatum ut testes quos ipse episcopus seu procurator ejusdem producere intendit in modum et formam publicationis ad eternam rei memoriam, et ne in futurum fides veritatis et probacio valeat deperire super jure ad ipsum nomine Aniciensis ecclesie spectante dominio seu proprietate in castris de Chaptolio, de Monte usto et de Monte viridi atque mandamentis et pertinenciis ipsorum castrorum, ex donatione facta ut dicitur de locis predictis ecclesie Aniciensi et conventione habita super eis per dominum Poncium de Chaptolio condam cum domino Bernardo bone memorie condam episcopo Aniciensi, apud Anicium recipi faceremus sive in aliquo alio loco dyocesis Aniciensis in quo possint testes sine magna difficultate pro ferendo suo testimonio personaliter interesse ; cum ad nostram presenciam propter senectutem et debilitatem ipsi testes venire non possint comode et quod plurimum sunt remoti, discretioni vestre mandamus quatinus ad civitatem Aniciensem accedentes seu alia loca dyocesis Aniciensis de quibus vobis videbitur expedire, vocatis primo qui fuerint evocandi et auditis rationibus eorumdem, testes senes et valitudinarios et alios quos recipiendos de jure noveritis, qui ex parte dicti episcopi forma predicta producentur, recipiatis in modum videlicet antedictum prout justum fuerit et etiam racionis, et tam in dicta receptione quam attestationum publicacione faciatis rationabiliter quod incumbet. Nos enim super predictis et pertinentibus ad predicta vobis comitimus vices nostras. Datum Bellicadri quinto decimo kalendas Julii anno Domini millesimo ducentesimo octuagesimo quinto.

Et de dicta diei assignatione constat par literam patentem dicti domini Petri Cilvii sigillamm in terguo ejus sigillo, cujus litere tenor talis est :


Lettres de Pierre Cilve.

Petrus Cilvii, judex Nemausi et Calvicionis, judex datus a domino Girino de Amplo Putheo, milite, Domini Regis senescallo Bellicadri et Nemausi, dilecto suo magistro Raimundo de Planiolo, notario Domini Regis, salutem quam sibi. Noveritis nos recepisse literas dicti domini senescalli quas vobis precipimus exhiberi, quarum auctoritate vobis precipiendo mandamus quatinus citetis ex parte nostra et peremptorie dominum Poncium de Guodeto et dominum Poncium de Brione milites et Guigonem dominum de Guodeto et omnes alios quos presens negocium tangere poterit, ut die Jovis post octabas Nativitatis Beati Johannis Baptiste apud Anicium compareant coram nobis, visuri jurare testes quos dominos Aniciensis episcopus vel ejus procurator, in modum et formam publicacionis ad eternam rei memoriam et ne in futurum fides veritatis valeat deperire, producere intendit super jure quod ad ipsum dominum episcopum nomine Aniciensis ecclesie asserit pertinere in castris de Chaptolio, de Monte usto et de Monte viridi atque mandamentis et pertinenciis eorumdem, dicturi et facturi quod fuerit rationis, cominantes eisdem et denunciantes quod nisi venerint, eorum absencia nonobstante in dicto negocio procedemus prout justitia suadebit. Datum Nemausi die Mercurii ante festum Beati Johannis Baptiste anno Domini M. CC. LXXX. quinto. Reddite literas sigillatas sigillo vestro in signum citationis facte.


Assignation de Raymond de Planiol à Pons de Goudet, etc.

Consequenter constat de citatione facta per literas magistri Raimundi Planioli notarii patentes sigillatas sigillo ejusdem in terguo dictarum literarum et per dictum Guillermi Lamberti servientis Domini Regis, qui juratus retulit se omnes contentes in litera infrascripta dicti magistri Raimundi Planioli citasse personaliter, exceptis domina Almueis de Cobo, quam non citavit sed dixit Ponceto ejus filio ut dictam diei assignationem dicte domine matri sue notificaret, et domino Poncio de Brione en domino Petro Falchonis et domino Guodafrido militibus quos personaliter non invenit sed eos ad domos quas inhabitant citavit ut dixit, querum literarum tenores dicti magistri Raimundi inferius continentur :

Viris nobilibus domino Poncio de Guodeto et domino Poncio domino de Brione militibus, Guigoni domino de Guodeto et aliis ad quos presentes litere pervenerint, Raimundus Planioli notarius Domini Regis salutem et honorem. Noveritis nos literas discreti viri domini Petri Cilvii judicis Nemausi et Calvicionis et judicis dati a domino senescallo recepisse in hec verba : Petrus Cilvii judex Nemausi et Calvicionis et judex datus a domino Girino de Amplo Putheo, milite, Domini Regis senescallo Bellicadri et Nemausi, dilecto suo magistro Raimundo Planioli notario Domini Regis salutem quam sibi. Noveritis nos recepisse literas dicti domini senescalli quas vobis precipimus exhiberi, quarum auctoritate vobis precipiendo mandamus quatenus citetis ex parte nostra et peremptorie dominum Poncium de Guodeto et dominum Poncium de Brione milites et Guigonem dominum de Guodeto et omnes alios quos presens negocium tangere poterit, ut die Jovis post octabas Nativitatis Beati Johannis Baptiste apud Anicium compareant coram nobis, visuri jurare testes quos dominus Aniciensis episcopus vel ejus procurator in modum et formam publicationis, nd eternum rei memoriam et ne in futurum fides veritatis valeat deperire, producere intendit super jure quod ad ipsum dominum episcopum nomine Aniciensis ecclesie asserit pertinere in castris de Chaptolio, de Monte usto et de Monte viridi atque mandamentis et pertinenciis eorumdem, et dicturi et facturi quod fuerit rationis ; cominantes eisdem et denunciantes quod nisi venerint, eorum absencia non obstante in dicto negocio procedemus prout justitia suadebit. Datum Nemausi die Mercurii ante festum Beati Johannis Baptiste anno Domini millesimo ducentesimo octoagesimo quinto. Reddite literas sigillatas sigillo vestro in signum citationis facte.

Aucttoritate[sic] quarum vos predictos superius nominatos et alios quibus presentes litere fuerint presentate per ipsas presentes literas peremptorie citamus, ut dicta die Jovis apud Anicium compareatis et compareant coram dicto domino P. Cilvii, super predictis dicturi et facturi et visuri jurare dictos testes quod fuerit racionis, denunciantes quod si non veneritis seu venerint non obstante vestra seu eorum absencia dictus dominos P. Cilvii in dicto negocio procedet prout justitia suadebit, dantes per presentes literas in mandatis Guillermo Lamberti servienti Domini Regis, presentium exhibitori, quod vos et alios citet peremptorie vice nostra et aucttoritate[sic] domini Petri Cilvii supradicti ad dictam diem et locum super predictis modo et forma supradicta. Datum apud Anicium in crastinum Nativitatis Beati Johannis Baptiste anno Domini M. CC. LXXX. quinto. Reddite literas portitori. Viro provido domino Petro Cilvii judici Nemausi et Calvicionis pro Domino Rege. Raimundus Planioli notarius ejusdem Domini Regis suus in omnibus se ipsum et se promptum ad ejus beneplacita et mandata.

Noveritis quod ego juxta formam vestrarum literarum citari feci per quandam literam meam, prout in ipsa litera videbitis contineri, quam detulit Guillermus Lamberti, serviens juratus Domini Regis, scilicet dominum Poncium de Guodeto, Guigonem dominum de Guodeto, dominum Poncium de Brione, dominum P. Falcho, dominum Guodifredum, dominum Bertrandum Ytier, dominum Jausserandum Maleti, dominum Guillermum et dominum Stephanum de Chalenconio fratres, dominum abbatem Sancti Petri de Turre, et dominam Almueys de Cobo et peremptorie, ut die Jovis post octabas Nativitatis Sancti Johannis apud Anicium compareant coram vobis, visuri jurare testes quos dominus Aniciensis episcopus vel ejus procurator in modum et formam publicationis ad eternam rei memoriam super jure quod ad ipsum dominum episcopum nomine Aniciensis ecclesie asserit pertinere in castris de Chaptolio, de Monte usto et de Monte viridi et in mandamentis et pertinenciis eorumdem, et dicturi et facturi quod fuerit racionis ; quam literam meam dicte citationis dictus serviens juratus asseruit suo juramento predictis supranotatis presentasse et eos citasse ad dictam diem ut in eadem litera plenissime continetur. Datum apud Anicium die Martis post octabas Nativitatis Sancti Johannis anno Domini millesimo ducentesimo octuagesimo quinto.

Ad quam diem accessit dictus dominus P. Cilvii, judex, una cum magistro Raimundo Bossigonis notario Domini Regis in senescallia Bellicadri et Nemausi apud civitatem Aniciensem.


Comparution de Frédol, évêque du Puy.

Qua die comparuit Venerabilis Pater dominus F. Dei gracia Aniciensis episcopus coram predicto domino judice, suplicans procedi per dictum dominum judicem in presenti negoclo juxta traditam sibi formam, videlicet ad receptionem testium ipsius domini episcopi, quos producere intendit idem dominus episcopus coram dicto domino judice, ad eternam rei memoriam, ne ipsi domino episcopo et ecclesie Aniciensi in posterum probationis copia super jure quod habet in castro de Chaptolio et pertinenciis dicti castri et in fortaliciis de Monte usto et de Monte viridi et pertinenciis eorumdem et generaliter in rebus quas olim obtinebat dominus Poncius de Chaptolio nuper defunctus condam miles, ab aqua Dorba et a Cruce de Monroy Aniciensis dyocesis usque ad castra et versus castra d’Aynac et de Servissas seu mandamenta ipsorum castrorum, valeat deperire ; petens recipi et examinari testes predictos super predictis et super contentis in articulis infrascriptis, et ipsis testibus receptis et examinatis eosdem testes et eorum attestationes publicari et in formam publicam reddigi ad eternam rei memoriam, ne dicta probationis copia sibi valeat deperire in futurum, et predicta supplicat fieri dominus episcopus, cum idem dominus Aniciensis episcopus teneat res predictas et non sit in ejus potestate quando sibi de predictis questio seu controversia moveatur. Tenor vero dictorum articulorum talis est :

1o Intendit probare idem dominus episcopus quod, dum olim occasione excessuum quorumdam comissorum in terra seu juridictione episcopi Aniciensis tam per familiam et gentem domini Poncii de Chaptolio nuper defuncti quam per ipsum dominum Poncium et dominam Agnetem matrem ipsius Poncii, dominus Bernardus condam Aniciensis episcopus predecessor dicti domini episcopi sazivisset, ut dominus et superior, castrum de Chaptolio cum districtu pertinenciis et mandamento suo et totam terram de Chaptolio et teneret racione excessuum illorum, tandem inter dictum dominum B. nomine Ecclesie Aniciensis et dictum dominum Poncium convencio hec facta fuit, ut scilicet dictus dominus episcopus dicto domino Poncio dictum castrum cum pertinenciis et tenemento et terram predictam redderet, ita scilicet quod dictus dominus Poncius dictum castrum, pertinencias et mandamentum et terram predictam in vita sua in feudum teneret ab ecclesia Aniciensi, post mortem vero dicti Poncii, si decederet absque herede masculo ex suo corpore procreato, ipsi domino episcopo et ecclesie dictum castrum cum suis pertinenciis et terra predicta in perpetuum remaneret et esset dictum castrum cum pertinenciis, districtu et terra predicta, ecclesie antedicte.

2o Item quod, ea convencione habita inter eos, dictus dominus B. reddidit tunc verbo dicto domino Pontio presenti castrum et terram predictam, eo pacto quod dictum castrum et terra predicta post mortem dicti Poncii episcopo et ecclesie Aniciensi remaneret et dicte ecclesie in perpetuum esset, si dictus dominus Poncius heredem ex suo corpore procreatum non haberet.

3o Item quod, quando dictus dominus B. sazitionem fecit predictam, dictum castrum et terra tenebatur in feudum ab ecclesia Aniciensi, et tam dictus dominus Poncius quam sui predecessores dictum castrum e terram cum omni suo jure et jurisdictione tenuerant in feudum a dicta ecclesia longissimo tempore, et homines justiciabiles fuerant pro dicto castro et terra atque districtibiles ecclesie antedicte.

4o Item quod dictus dominus B. sazitionem fecerat supradictam, pro puniendis excessibus supradictis a dicta domina Agnete et dicto domino Poncio atque sua familia et gente comissis in jurisdictione seu terra dicti domini episcopi.

5o Item quod, quando dicta conventio facta extitit inter dictum dominum Bernardum et dominum Poncium, dictus dominos B. nomine ecclesie Aniciensis tenebat dictum castrum et terram cum pertinenciis et juribus ut sibi et ecclesie Aniciensi commissum et commissam seu en corregut (?) pro excessibus antedictis.

6o Item quod pro servanda illibata conventione predicta osculum interfuerit inter dictum dominum Bernardum et dominum Poncium predictum.

7o Item quod, facta convencione predicta et reddicione, que verbo facta fuit sub pacto predicto, dictus dominus Bernardus et dictus dominus Poncius accesserunt ad castrum de Chaptolio, et ibi in presencia multorum confessus fuit dictus Poncius dicto domino episcopo presenti et recipienti conventionem predictam forma supra contenta fuisse factam inter ipsum Pontium et dominum Bernardum predictos.

8o Item quod tunc etiam dictus dominus Poncius iterato voluit et convenit cum dicto domino Bernardo presente et nomine ecclesie Aniciensis recipiente, quod post mortem ipsius Poncii perpetuo esset dictum castrum et terra cum pertinenciis districtu et mandamento ecclesie Aniciensis, si dictus dominus Poncius non haberet heredem ex sue corpore procreatum.

9o Item quod tunc ex causa predicta dictus dominus Bernardus ipso facto reddidit dicte Poncio dictum castrum et terram, et incontinenti dictus dominus Poncius posuit in possessione dicti castri et terre dictum dominum B. traddendo sibi claves dicti castri et dicendo quod dictum dominum Bernardum pro ecclesia Aniciense mitebat in possessionem castri et terre predicte, ut scilicet penes ecclesiam remaneret et dicte ecclesie esset si ipse Poncius decederet absque herede de suo corpore procreato.

10o Item quod postea dictus dominus Poncius confessus fuit tam dicto domino Bernardo quam etiam aliis quibusdam, se fecisse cum dicto domino B. convencionem predictam, et quod terra sua de Chaptolio remanebat post mortem suam ecclesie Aniciensi, si ipse Poncius non haberet heredem ex suo corpore procreatum.

11o Item quod de predicta convencione confecta fuit litera quedam seu carta.

12o Item quod dicta litera seu carta multis sigillis exstitit sigillata.

13o item quod fama et vox comunis est et fuit de convencione predicta primo facta, redditione, que verbo sub pacto predicto extitit facta.

14o Item quod fama est et vox comunis et fuit de confessione et convencione reddicione atque in possessionem missione predictis apud castrum de Chaptolio factis.

15o Item quod fama et vox comunis est et fuit quod carta illa seu litera, que de convencione predicta fuit confecta, postmodum extitit subrepta.

16o Item quod dictus dominus Poncius de Chaptolio quoque dixit post predicta : si illi de ecclesia Aniciensi habent amicos similiter nos habemus amicos quibus jam recuperavimus cartam.

17o Item quod appellacione terre de Chaptolio continentur et olim continebantur castrum de Chaptolio cum burgo et mandamento suo et fortalicia de Monte usto et de Monte viridi, cum burgis suis, et feudum de Lardayrol et generaliter quidquid olim dictus Poncius obtinebat a Cruce vocata de Monte Roy et ab aqua Dorba Aniciensis dyocesis usque ad castra d’Aynac et de Servissas seu mandamenta ipsorum castrorum.

18o Item quod de predictis est vox et fama publica in dictis locis et in circum vicinis, protestans quod non astringit se ad omnia predicta probanda sed ad ea que sibi sufficient de premissis.


Procuration de Pons de Brion à Bertrand de Sereys.

Comparuit etiam dominus Bertrandus de Sererio, canonicus Aniciensis, procurator domini Poncii de Brione, militis, nomine procuratorio ejusdem et ad faciendum fidem sue procurationis produxit quoddam publicum instrumentum confectum manu Petri de Sancto Floro notarii cujus tenor talis est :

In nomine Domini, Amen. Anno Incarnacionis ejusdem millesimo ducentesimo octuagesimo quinto videlicet octavo Idus mensis aprilis, pontificatus Sanctissimi Patris Domini Honorii Papæ quarti anno primo, notum sit universis quod in presencia mei infrascripti notarii et testium subscriptorum, nobilis vir dominus Poncius de Brione, miles, fecit, constituit et ordinavit suum verum et legitimum procuratorem certum et indubitatum dominum Bertrandum de Sereys, canonicum Aniciensem, presentem et mandatum in se suscipientem, ad petendum, exigendum, requirendum et recipiendum a quibuscumque personis ecclesiasticis seu secularibus, quacumque aucttoritate seu dignitate fungantur, videlicet terram, hereditatem et bona, que fuerunt condam domini Poncii de Chaptolio militis nuper defuncti, sibi ut dicebat legitime pertinencia, coram reverendo patre domino… Aniciensi episcopo et curia seu curialibus suis et coram quibuscumque aliis judicibus ecclesiasticis seu secularibus, et ad prosequendum pro dicto domino Poncio de Brione et nomine ipsius quandam supplicationem seu postulacionem et ea tangentia per ipsum super predictis… domino episcopo predicto tradditam et factam, dans et concedens dicte procuratori suo presenti plenam et liberam potestatem et speciale mandatum agendi, deffendendi, excipiendi, proponendi, protestandi, repplicandi, tripplicandi, litem seu lites contestandi, de calumpnia seu de veritate dicenda jurandi et subeundi, cujuslibet alterius generis juramentum sententiam seu sententias aut inter locutorias audiendi, semel et pluries et appellandi et appellationem seu appellationes prosequendi, beneficium restitutionis in integrum petendi, judicis officium implorandi, expensas petendi et recipiendi et super eis jurandi testes et instrumenta producendi et partis alterius reprobandi, compromitendi, transigendi, pasciscendi et componendi super predictis quittationem et remissionem dandi et concedendi sub quacumque forma, et alium vel alios procuratorem vel procuratores loco sui substituendi, ad predicta et eum vel eos revocandi ante litem contestatam, et post quamcumque et quoscienscumque eidem domino Bertrando visum fuerit faciendum et demum omnia alia et singula faciendi, explicandi et exercendi in predictis que causarum merita exigunt et requirunt, et que veri et legitimi procuratores facere possunt et debent, et que dictus constituens facere et dicere posset si in predictis presens esset, promittens se ratum et firmum habere perpetuo quicquid per dictum procuratorem suum vel per substitutum seu substitutos ab eo in premissis et premissorum quolibet actum fuerit sive gestum, et volens dictum procuratorem suum et substitutum seu substitutos ab eo ab omni facte dationis honere cujuslibet relevare, et relevatos esse promisit pro ipsis et eorum quolibet michi infrascripto notario ut publice persone recipienti et stipulanti ad opus et nomine quorum interest et interesse poteat, sub ypotheca rerum suarum et bonorum omnium de rato et judicato solvi, si necesse fuerit cum suis clausulis universis. Actum in Chesia apud Anicium, anno et idibus predictis, presentibus domino Petro de Raphaello, milite, Bernardo Pellicerii et Matheo Ginhos, clericis, testibus ad hec vocatis et rogatis, et me Petro de Sancto Floro clerico Aniciensi sacrosancte Romane ecclesie ac imperiali etiam publico aucttoritate notario, qui predictis presens interfui rogatus ea scripsi, et in presentem publicam formam reddegi, signoque meo signavi rogatus, protestans nomine quo supra jus fore salvum super predictis omnibus predicto domino Poncio de Brione, et predicta protestatione premissa dixit nomine quo supra nolle alia proponere in presenti, petens inde sibi per me notarium infrascriptum fieri publicum instrumentum. Acta fuerunt hec apud civitatem Aniciensem in domo Johannis Guasabaut, presentibus testibus discretis viris domino Petro Bernardi, canonico Aniciensi, domino Raimundo de Poiolario, judice Aniciensi, domino Raimundo Savarici, jurisperito.


Opposition de Guillaume de Chalencon, etc.

Comparuerunt etiam dominus Guillermus et dominus Stephanus de Chalanconio fratres, dominus Jaucerandus Maleti, canonici Anicienses, protestantes quod jus quod ipsi habent in castris predictis et eorum mandamentis remaneat eis salvum in posterum, non obstante publicatione testium, que petitur fieri per dominum episcopum Aniciensem coram vobis domino Petro Cilvii judice supradicto, et salva protestatione premissa non intendunt se opponere contra publicationem predictam.


Pons de Goudet demande copie de l’articulation de l’évêque et de la commission du juge.

Comparuit ex adverso dominus Poncius de Guodeto, miles, heres ut dicebat domini Poncii de Chaptolio condam, petens instanter sibi copiam fieri comissionis facte dicto domino Petro Cilvii per dominum senescallum predictum et copiam articulorum redditorum per dictum dominum Aniciensem episcopum, et habita copia predictorum et deliberatione habita diligenti paratus est dicere seu proponere causas et raciones, quare receptio testium fieri non debet a domino episcopo postulata nec publicacio antedicta, si sibi videlicet videbitur expedire. Si autem sibi expediens minime videatur, saltem reddet interrogatorium super dictis articulis super quo testes interrogentur si receptio fuerit facienda.

Et dictus dominus episcopus postulavit a dicto domino judice quod procedat ad receptionem suorum testium juxta mandatum sibi injunctum a dicto domino senescallo et juxta supplicationem supra factam per eumdem et super articulis ante dictis, et nominavit in testes dominum Manfredum preceptorem domus hospitalis sancti Johannis Iherosolymitani Aniciensis, fratrem Arnaldum de ordine Predicatorum, dominum Poncium de Bausaco, militem, dominum Aldebertum de Podomniaco, militem, dominum Petrum de Monbusa, presbyterum, dominum Petrum Cezari, jurisperitum, Poncium Andream, Petrum et Robertum de Malo Prato fratres, Johannem Guersi, Bonassorium, Poncium Chamclausa, Pictavium de Vilari, Alamandum de Boucio, Guillermum de Monasterio, Guilhelmum Belaudi, Petrum Metima, Poncium Johannis, protestans se habere alios quos producere intendit. Dicto domino Poncio de Guodeto petente ut supra, dicens et proponens petita ab eodem fieri debere, cum superius postulata per dictum dominum episcopum Aniciensem ipsum tangant seu tangere videantur, utpote heredem universalem ut dicebat institutum a dicto domino Poncio de Chaptolio condam in testamento facto ab eodem domino Poncio de Chaptolio, racione cujus institutionis est heres et esse vult. Et per consequens dicit se habere jus in predictis castris et fortaliciis de Chaptolio et de Monte viridi et de Monte usto et mandamentis et pertinenciis eorumdem. Quare se vult opponere et se opponit superius a dicto domino episcopo postulatis, et ad faciendam fidem dicte institutionis produxit quoddam instrumentum pro vero et publico confectum manu magistri Bosii de Bonicis publici Alesii notarii et toscius senescallie, quod incipit in secunda linea : Quia nemo et in tercia Me cum petens instanter se admiti ad predicta ab eodem petita.

Et predictus dominus episcopus postulavit ut supra.

Et dictus dominus judex concessit dicto domino Poncio de Guodeto, militi, copiam dicte comissionis et articulorum tradditorum a dicto domino episcopo, et assignavit sibi diem ad dicendum quicquid dicere voluerit et ad reddendum interrogatoria sua, si sibi visum fuerit, sabbati mane.


Procuration de Frédol à Guillaume Arnaud.

Quo sabbati mane comparuit Guillermus Arnaldi, domicellus, procurator venerabilis patris domini episcopi Aniciensis et nomine procuratorio ejusdem, et ad faciendum fidem sue procuracionis produxit quandam literam patentem sigillo pendenti dicti domini episcopi sigillatam cujus litere tenor talis est :

Nos Fredolus, Dei gracia Aniciensis episcopus, notum facimus universis quod nos facimus, constituimus et ordinamus procuratorem nostrum certum Guillermum Arnaldi, domicellum, ad producendum testes quos producere intendimus in formam publicacionis, ad eternam rei memoriam, super jure quod nobis, nomine episcopatus nostri seu ecclesie Aniciensis, competit in castro et in tota terra de Chaptolio cum suis pertinenciis, ne nobis seu successoribus nostris, qui pro tempore episcopi in Aniciensi ecclesia fuerint in posterum, probationis copia super hoc valeat deperire, et ad faciendum omnia que tangunt ipsam produccionem et ad petendum publicacionem dictorum testium et atestationum eorumdem et generaliter ad faciendum omnia que in predictis et circa predicta fuerint facienda. Ratum et firmum perpetuo habituri quicquid per dictum procuratorem nostrum in predictis et circa predicta fuerit actum sive gestum. Actum Anicii in Chesia anno Domini M. CC. LXXX. quinto in octaba Apostolorum Petri et Pauli, presentibus testibus domino Johanne de Barre, canonico Uticensi, domino Jacobo de Planiolo et domino Ugone Castanee, canonicis Ovetensibus. In cujus rei testimonium presentem literam sigillo nostro duximus sigillandam.


Protestation de Pons de Goudet.

Comparuit eciam dominus Poncius de Guodeto, miles, et dictus procurator dicti domini episcopi supplicavit et peciit fieri, ut idem dominus episcopus supra supplicaverat et pecierat, offerens se habere testes paratos supra nominatos et obtulit eosdem, petens cum instancia eos recipi et examinari.

Et predictus dominus Poncius de Guodeto, miles, reddidit cedulam infrascriptam, cujus cedule tenor talis est :

Dicit et proponit excipiendo dictus dominus Poncius de Guodeto receptionem testium et publicationem dictorum ipsorum a dicto domino episcopo Aniciensi superius postulatas fieri non debere, litera non contestata, cum super castris et rebus contentis in articulis redditis a dicto domino episcopo, lis mota fuerit in curia dicti domini episcopi seu coram judice Aniciense per dictum dominum Poncium, cum ipse Poncius petitionem suam traddiderit in curia prelibata super dictis castris de Chaptolio et de Monte viridi et de Monte usclato et eorum mandamentis et pertinenciis et allis rebus predictis, et in petitione predicta asseratur dominum episcopum possidere predicta. Quamquam lis mota non videretur, tamen negari non potest quin ex veris similibus causis moveri timeatur in presenti per ea qua actitata sunt racione peticionis predicte in curia prelibata, et sic cum lis mota sit super predictis vel moveri timeatur in presenti, dicit dictam receptionem testium dictorum non esse faciendam in formam a dicto domino episcopo petitam potissime cum circa inevidenti cesset. Quare jura concedunt hujusmodi receptionem faciendam, lite non contestata, scilicet quia non est in potestate rei quando conveniatur. Cum ergo lis moveatur vel moveri timeatur, in presenti ut dictum est, cessat dicta causa ; quare per consequens locum receptio non habebit.

Item et alia ratione dicit dictam receptionem dictorum testium non esse faciendam, cum jura dicant quia admiti non debet quis ad probandum quod probatum non prodest. Nam quanquam probaretur per dictum dominum episcopum convencionem in articulis suis contentam factam fuisse, quod tam verum non est, non prodest ei, nec jus attribueret ei aliquod, cum talis convencio nullum robur de jure obtineat firmitatis ; ymo certissime nulla est ipso jure cum de sua hereditate nullus pascisci possit, potissime cum eo tempore, quo dicta convencio proponitur esse facta, pater dicti domini Poncii de Chaptolio condam viveret, ad quem jus et proprietas dictorum castrorum et rerum aliarum in articulis contentarum tunc temporis pertinebat. Nec proponitur in articulis consensum dicti patris in convencione predicta intervenisse, et sic ex predictis concluditur quod convencio predicta, quamquam probaretur esse facta, quod verum non est, nullam efficaciam de jure haberet et sic intentionem dicti domini episcopi non juvaret. Offerens se paratum probare illa que sibi sufficient de premissis in quantum in facto persistunt, petens se admitti instanter, petens sibi fieri super contentis in dicta cedula quod justitia suadebit.

Et dictus procurator dixit sufficienter esse responsum et hostenssum de jure, quare non obstantibus per predictum dominum Poncium propositis et redditis, est procedendum ad suplicata et petita supra per predictum dominum episcopum.

Et dictus dominus judex assignavit horam partibus predictis hodie in nonis ad procedendum super predictis prout fuerit racionis, volens interim super predictis deliberare.

Qua hora comparuit dictus Guillermus Arnaldi nomine quo supra.

Comparuit etiam predictus dominus Poncius de Guodeto, miles, et dictus dominus judex, non obstantibus propositis supra per predictum dominum Poncium, processit ad receptionem testium per partem dicti domini episcopi nominatorum.


Serment des témoins.

Et dictus procurator nomine quo supra produxit in testes :

D. Poncium de Bausaco, militem, et D. Petrum. Cesari, jurisperitum,

Rotbertum et Petrum de Malo prato fratres,

Poncium Andree,

Johannem dictum Loguers,

D. Aldebertum de Podomniaco, militem,

Bonassoret de Lapte,

Bessonet de Lapte,

Fratrem Arnaldum Boiieri de ordine Predicatorum, qui juraverunt in presencia dicti domini Poncii dicere veritatem.

Et fuit assignata dies dicto procuratori ad producendos plures testes, si voluerit, et dicto domino Poncio ad videndum jurare testes, videlice dies lune proxima in nonis.

Qua die et hora comparuit dictus Guillermus Arnaldi procurator nomine quo supra.

Comparuit eciam dominus Poncius de Guodeto miles, et dictus Guillermus Arnaldi procurator nomine quo supra produxit in testes :

D. Guillermum Porchas, militem,

D. Petrum Carrerie, presbyterum,

Guillermum Medici,

Guillermum de Macello,

Poncium de Prato,

Guillermum Pictavini

Poncium Pictavini,

Guillermum de Furno,

Guillermum Imberti,

Petrum Metima, qui juraverunt in presencia dicti domini Poncii dicere veritatem.

Consequenter dictus procurator postulavit sibi dari terciam dilacionem ad probandum, et fuit assignata dies dicto procuratori pro tercia dilacione ad producendum testes quos producere voluerit et dicto dormino Poncio ad videndum jurare dictos testes, scilicet dies Jovis in nonis.

Qua die et hora comparuit dictas Guillermus Arnaldi procurator nomine quo supra, dicto domino Poncio de Guodeto minime per se vel per alium comparente licet expectato usque post completorium, et produxit in testes :

D. Gaucelmum de Bariaco, priorem Camaleriarum Aniciensis dyocesis et D. Durantum Coiro, priorem Sancti Petri de Monasterio Aniciensi,

D. Poncium de Glavenacio, priorem de Mariaco Vivariensis dyocesis,

D. Gerentonem de Sancto Germano, militem, fratrem domus hospitalis Sancti Johannis Iherosolymitani,

D. Petrum dominum de Glavenacio, militem,

D. Guillermum de Sathiliano, militem,

D. Franconem Heles, militem,

D. Guillermum Revelli, prepositum Aniciensem,

D. Armandum de Bosol, abbatem Sancti Petri de Turre,

D. Chastonem de Torno,

D. Johannem Cardinal,

D. Petrum Tineti,

D. Falchonem d’Espaleto, canonicos Anicienses,

Jacobum Juliani, jurisperitum,

Raymundum de Sancto Floro, canonicum Sancti Evodii,

D. Raymunduni Festa, presbyterum,

D. Johannem de Agulle, presbyterum,

D. Bertrandum del Bes, presbyterum,

Petrum Taulamessa, clericum,

Ugonem de Buangiis, succentorem Aniciensem,

Poncium Chamclausa, laycum,

Guillermum Belaudi, laycum,

Silvonetum de Chaptolio,

D. Johannem Terrisso, presbyterum,

D. Girbertum de Espaleto, militem,

D. Petrum Genestos, presbyterum ;

Et juraverunt et recepti fuerunt dicto domino Poncio absente, quem dictus dominus Judex contumacem reputavit, quare ad receptionem dictorum testium processit non obstante absencia dicti domini Poncii.


Déposition de Pons de Beauzac.

Dominus Poncius de Bausaco, miles, testis juratus de veritate dicenda requisitus : super prima intencione dixit quod bene sunt XL anni elapsi et plus quod ipse audivit dici : quod cum quidam homo de Captolio cum uxore sua mutassent domicilium suum de Captolio ad civitatem Aniciensem et dominus Poncius de Chaptolio, qui tunc scutifer erat, cum domina Agnete matre sua requisivissent tam dictum hominem, cujus nomen ignorat, quam dominum epicopum Aniciensem scilicet dominum B. ut dictum hominem reddire faceret apud Captolium et hoc facere nollet, venerunt quadam nocte, ut audivit dici, tam dictus dominus Poncius quam domina Agnes mater sua, cum quibusdam aliis ad civitatem Aniciensem et dictum hominem et uxorem suam interfecerunt, ut audivit dici ; quo facto dictus dominus episcopus cum magno exercitu ivit apud Captolium, in quo exercitu ipse tunc qui loquitur fuit presens, et ibat cum patre suo qui cum armis ibi erat, et vidit tunc temporis quod dictus dominus episcopus cepit dictum castrum et eum munivit de gentibus suis et dictum Poncium de Captolio captum adduxit, ut ipse qui loquitur vidit, apud Anicium, et tenuit eum captum duobus vel tribus diebus ut sibi videtur, et postea eum liberavit a carcere et tenuit eum ad raubas suas bene per decem annos, ut sibi videtur, et per dictum tempus decem annorum dictum castrum cum pertinenciis suis.

Item dixit quod postea elapssis dictis decem annis vel circa, cum dictus dominus Poncius cum amicis suis pluries requisivisset dictum dominum episcopum ut sibi redderet dictum castrum cum pertinenciis, ipso qui loquitur presente et vidente, tandem dictus dominus episcopus dixit quod non redderet sibi dictum castrum quia comissum erat dicte Aniciensi ecclesie racione excessuum predictorum, et tunc temporis ipso qui loquitur vidit una die de qua non recordatur quod dictus dominus Poncius dixit dicto domino episcopo in hospicio dicti domini episcopi apud Anicium in illa camera ubi est fornellus : Domine, reddatis michi terram meam et ego faciam vobis pactum, quod si decedam absque herede masculo ex meo corpore procreato quod castrum de Captolio cum pertinenciis suis et tota terra, que ad dictum castrum pertinebat, esset dicte ecclesie Aniciensis et si filiam haberem quod ecclesia eam maritaret.

Et tunc temporis ipse tunc vidit et audivit, ut dixit, quod dictus dominus episcopus tunc reddidit in dicto loco verbo dicto domino Poncio dictum castrum cum pertinenciis suis sub dicta condicione, et in crastinum dictus dominus episcopus, ut ipse qui loquitur vidit et audivit ut dixit, ivit ad castrum de Captolio una cum dicto domino Poncio de Captolio et iverunt secum dominus Poncius et dominus Guigo de Glavenas, dominus B. de Rochabaro et dominus Ugo de Salssac, dominus Maurinus de Sancto Bonito prepositus tunc Aniciensis, et ipse qui loquitur et plures alii de quorum omnium nominibus dixit se non recordari, et tunc ipse qui loquitur vidi et audivit ut dixit quod dictus dominus episcopus reddidit dicto Poncio claves dicti castri de Captolio et castrum cum pertinenciis suis.

Item dixit quod tunc ipse vidit et audivit quod dictus dominus Poncius dixit dicto domino episcopo : Domine, vos reddidistis michi castrum meum et totam terram meam ; ecce hic sum vester pro isto castro et alia terra mea, et castrum de Captolio cum pertinenciis suis et terram ei inherentem dono vobis recipienti nomine ecclesie vestre Aniciensis tunc et in perpetuum, si contingat me mori absque heredo masculo ex meo corpore procreato, ita tamen quod si contingeret me mori superstite michi filia, quod vos et ecclesia Aniciensis eam maritetis et maritare teneamini et teneatur, et in signum donacionis predicte retraddidit tunc dicto domino episcopo claves castri de Captolio.

Requisitus qualiter scit predicta, dixit quod quia vidit et audivit et presens fuit ut supra testificatus fuit.

Requisitus si dictus dominus Poncius fuit condempnatus pro dicta excessu, dixit quod non aliter quod ipse sciat.

Requisitus in quo loco fuit facta dicta donacio a dicto domino Poncio dicto domino episcopo, dixit quod in castro de Captolio juxta portas castri de Captolio a parte exteriori.

Requisitus quo tempore fuit facta dicta donacio, dixit quod bene sunt XXX vel XXXV anni, et erat ut sibi videtur in tempore estivali.

Requisitus quis tenebat dictum castrum cum fuit sazitum, dixit quod quidam miles de Alvernia, qui vocabatur dominus Droguo, et quidam qui vocabatur Poncius Auzile.

Requisitus qualiter scit, dixit quod quia vidit et audivit quando dictus dominus episcopus dixit eis quod custodirent dictum castrum et etiam tunc temporis ipse vidit, ut dixit, ponere banneriam dicti domini episcopi in castro.

Requisitus si tunc temporis dictus dominus Poncius de Captolio habebat patrem, dixit quod non quia mortuus erat.

Requisitus qualiter scit quod esset mortuus, dixit quod quia tunc publice dicebatur.

Super secunda intencione requisitus, dixit quod in prima et nichil plus.

Super tercia intencione requisitus, dixit quod in prima dixerat et nichil plus dixit.

Item super sexta intencione requisitus, dixit ita verum esse ut in ea continetur.

Requisitus qualiter scit, dixit quod quia ipse vidit et audivit quod dictus dominus Poncius obsculatus fuit dictum dominum episcopum bis, semel in civitate Aniciensi primo cum fuit facta prima reddicio verbo, et alia in dicto castro de Captolio cum fuit facta reddicio in dicto castro reipsa et eciam donacio predicta.

Requisitus de tempore et presentibus, dixit ut supra in prima intencione.

Super septima intencione requisitus, dixit quod ipse vidit et audivit quod cum dictus dominus episcopus venisset ad dictum castrum de Captolio una cum dicto domino Poncio, dictus dominus Poncius dixit ibi in presencia plurimorum : Domini, sciatis quod dominus episcopus, qui hic est, reddit michi castrum de Captolio cum pertinenciis suis, sub hac conditione et convencione quod hoc castrum de Captolio cum pertinenciis suis sit et esse debeat ecclesie Aniciensi, si contingat me mori sine herede masculo ex meo corpore procreato, ita tamen quod si filiam habebam quod ecclesia teneater eam maritare.

Requisitus si dictus dominus episcopus erat ibi presens quando predicta confessio facta fuit per dictum dominum Poncium, dixit quod sic.

Requisitus ubi fuit facta confessio dicta, dixit quod in castro de Captolio juxta portam castri.

Requisitus de tempore, dixit quod bene sunt XXX anni vel XXXV ut sibi videtur.

Super octava intencione requisitus, dixit ut in prima dixerat et nichil plus.

Super nona intencione requisitus, dixit ut in prima dixerat et nichil plus.

Super undecima requisitus, dixit quod ipse audivit dici pluries quod de dicta convencione et donacione fuit facta quedam litera sigillata sex sigillis.

Requisitus de quo vellet quod haberet dictum castrum et dictam terram, dixit quod si dominus Poncius de Guodeto miles haberet jus in dicto castro et terra quod bene vellet quod ipse haberet dictum castrum et terram.

Requisitus si prece vel precio, gracia, hodio vel timore vel instructus fert suum testimonium, dixit quod non.

Super aliis intencionibus non fuit requisitus quia nec productus.


Déposition de Bonassos de Lapte.

Bonassos de Lapte, testis juratus, requisitus super prima intencione, dixit : quod bene sunt quadraginta anni et plus quod ipse audivit dici quod dominus Poncius de Captolio interfecit quendam hominem, quem non cognovit, nec ejus nomen scit, in civitate Aniciensi, et propter illud maleficium quod a dicto domino Poncio fuerat comissum, ut audivit dici, ipse qui loquitur, vidit quod dominus Bernardus tunc episcopus Aniciensis, cum quo ipse qui loquitur tunc morabatur, ivit cum magno exercitu ad castrum de Captolio, et dictum castrum expugnavit et cepit et eciam dictum dominum Poncium domicellum tunc captum adduxit ad civitatem Aniciensem.

Item dixit quod tunc temporis ipse vidit quod dictus dominus episcopus dimisit pro custodia in dicto castro Guillermum de Bonas, patrem ipsius qui loquitur, qui dictum castrum pro dicto domino episcopo tenuit et custodivit, ipso qui loquitur presente, vidente et audiente et etiam comorante infra dictum castrum cum dicto patre suo.

Item dixit quod postea, elapssis bene decem annis, dictus dominus Poncius de Captolio rogavit instanter dictum dominum episcopum ut sibi redderet dictum castrum de Captolio cum pertinenciis suis, dicens eidem domino episcopo quod ipse faceret sibi pactum, quod si ipse decederet absque herede masculo ex suo corpore procreato, quod castrum de Captolio cum suis pertinenciis esset per in perpetuum ecclesie Aniciensi.

Item dixit se vidisse et audivisse tunc temporis quod dictus dominus episcopus verbo reddidit dictum castrum cum pertinenciis suis dicto domino Poncio, sub illa condicione, quod si dictus dominus Poncius decederet absque herede masculo ex suo corpore procreato, quod castrum predictum de Captolio cum omnibus suis pertinenciis et tota terra sua esset ecclesie Aniciensis, et sub illa conditione dictus dominus Poncius recepit dictam restitutionem.

Item dixit se audivisse dici quod in crastinum illius diei dictus dominus episcopus una cum dicto domino Poncio et pluribus aliis ivit ad castrum de Captolio, et restituit dicto domino Poncio presenti et recipienti dictum castrum cum omnibus suis pertinenciis et tota terra reipsa, ut audivit dici. Ipse tamen qui loquitur presens non fuit tunc ut dixit.

Requisitus ubi facta fuit dicta reddicio verbo et convencio predicta, dixit quod in civitate Aniciensi in camera dicti domini episcopi, in qua est fornellus, existente in chesia.

Item requisitus qui erant presentes tempore quo facta fuit dicta reddicio et convencio, dixit quod dominus Poncius de Glavenas, canonicus Aniciensis et magister Guido de Alvernia et plures alii, de quorum omnium nominibus dixit se non recordari.

Requisitus qualiter scit predicta, dixit quod quia ita vidit et audivit secundum quod supra deposuit.

Requisitus si dictus dominus Poncius habebat tunc temporis patrem, dixit quod sic et ipse qui loquitur vidit eum captum apud monasterium sancti Theofridi post convencionem predictam.

Requisitus quare detinebatur captus, dixit quod quia erat mente captus ut dicebatur.

Requisitus quo nomine vocabatur pater dicti domini Poncii, dixit se nescire.

Item super secunda intencione requisitus, dixit idem ut in prima et nichil plus.

Item super tercia intencione requisitus, dixit ita verum esse ut in ea continetur.

Requisitus qualiter scit, dixit quod quia audivit dici.

Super septima intencione requisitus, dixit se nichil scire.

Requisitus si prece vel precio, gracia, vel hodia vel timore vel instructus fert suum testimonium, dixit quod non.

Requisitus quam partem vellet obtinere, dixit quod jus habentem. Super aliis capitulis non fuit requisitus quia non fuit productus.


Déposition de Bessonet de Lapte.

Bessonet de Lapte, testis juratus de veritate dicenda, requisitus super prima intencione, dixit se vidisse et audivisse, bene sunt quadraginta anni et plus ut sibi videtur, quadam die de qua non recordatur, dixit tamen quod inter festum sancti Michaelis et festum Omnium Sanctorum fuit, quod dominus Poncius de Captolio, qui tunc domicellus erat, requisivit dominum B., tunc episcopum Aniciensem, ut sibi redderet terram de Captolio quam ad manum suam dictus dominus episcopus posuerat, ut audivit dici pro quibusdam excessibus a dicto domino Poncio perpetratis.

Item dixit se vidisse et audivisse quod tunc temporis dictus dominus episcopus reddidit dicto domino Poncio terram de Captolio verbo, sub hoc pacto quod si idem dominus Poncius decederet absque herede masculo ex suo corpore procreato, quod dicta terra de Captolio esset ecclesie Aniciensi per in perpetuum, et in dicta reddicione vidit quod dictus dominus episcopus obsculatus fuit dictum dominum Poncium.

Requisitus ubi fuit facta dicta reddicio, dixit quod in civitate Aniciensi a la chieza in camera domini episcopi Aniciensis ubi est fornellus.

Requisitus qui orant presentes quando fuit facta dicta reddicio et convencio, dixit quod dominus Poncius de Glavenas, canonicus Aniciensis, et dominus Poncius de Bauzac, miles, et Poncius Andreas et plures alii, de quorum omnium nominibus dixit se non recordari.

Requisitus qualiter scit predicta, dixit quod quia vidit et audivit et presens fuit.

Item dixit se audivisse dici quod in crastinum illius diei quo facta fuit dicta reddicio et convencio, dictus dominus episcopus una cum dicto domino Poncio ivit ad castrum de Captolio et reddidit dicto Poncio dictum castrum de Captolio et terram reipsa, ipse tamen qui loquitur presens non fuit ut dixit.

Super secundo capitulo requisitus, dixit ut in primo dixerat et nichil plus.

Item super tercio capitulo requisitus, dixit se ita audivisse dici ut in eo continetur, aliter dixit se nichil scire.

Item super septimo capitulo requisitus, dixit se ita audivisse dici ut in eo continetur, aliter dixit se nichil scire.

Super aliis generalibus requisicionibus requisitus, dixit ut supra testis proximus dixit super hiis requisitus.

Super aliis articulis non fuit requisitus quia nec fuit productus.


Déposition de Jean Guers.

Johannes Guers, testis juratus, requisitus super primo capitulo, dixit quod bene sunt quadraginta et quatuor anni, ut sibi videtur, quod ipse audivit dici quod dominus Poncius de Captolio, qui tunc domicellus erat et domina Agnes mater sua interfecerant in civitate Anicii quendam hominem et quandam mulierem ; ipse tamen qui loquitur non vidit predictum delictum comitti ut dixit.

Item dixit se vidisse et audivisse tunc temporis quod occasione dicti excessus, qui dicebatur esse factus per predictos matrem et filium, dominus B., tunc Aniciensis episcopus, cum magno exercitu ivit ad castrum de Captolio et cepit dictum castrum et eciam dictum dominum Poncium adduci fecit ad civitatem Anicii, ipso qui loquitur presente et vidente, qui tunc erat de familia dicti domini episcopi.

Item dixit quod tunc dictus dominus episcopus dimisit castrum de Captolio in custodia Poncii Andree et Poncii Auzile et quorumdam aliorum de quorum nominibus dixit se non recordari.

Item dixit se vidisse et audivisse quod dictus dominus episcopus tenuit dictum Poncium de Captolio per decem vel duodecim annos induendo eum cum scutiferis suis.

Requisitus qualiter scit, dixit quod quia stetit cum dicto domino episcopo per totum dictum tempus et vidit dictum Poncium de Captolio morari cum dicto domino episcopo per totum tempus predictum.

Item dixit se vidisse et audivisse lapssis decem vel duodecim annis predictis, quod dictus dominus Poncius de Captolio cum amicis suis instanter requisivit dictum dominum episcopum ut sibi redderet castrum de Captolio cum pertinenciis suis, et cum dictus dominus episcopus diceret se non posse reddere dictum castrum et quia Capitulum Anicensis ecclesie nolebat, tunc dictus dominus Pondus dixit ei : Domine, ymo reddetis sub tali pacto et convencione, quod si contingat me mon absque herede masculo ex meo corpore procreato, castrum de Captolio cum omnibus pertinenciis suis et tota terra eidem inherenti esset ecclesie Aniciensis ; si tamen contingeret me filiam habere quod ecclesia Aniciensis teneatur eam maritare.

Item dixit se vidisse et audivisse quod tunc temporis dictus dominus episcopus dictum castrum cum pertinenciis suis omnibus reddidit verbo dicto domino Poncio sub pacto et convencione predicta.

Requisitus ubi fuit facta dicta convencio et reddicio, dixit quod in civitata Aniciensi in chesia in camera domini episcopi ubi est fornellus.

Requisitus qui erant presentes ibi cum fuit facta dicta convencio et reddicio, dixit quod dominus Aldebertus de Podomniaco, miles, et dominus Poncius de Bausaco, miles, et Rotbertus et Petrus de Veteri Prato et plures alii.

Item dixit se vidisse et audivisse quod in crastinum illius diei, quo fuit facta convencio et reddicio verbo, dictus dominus episcopus una cum dicto domino Poncio de Captolio et pluribus aliis ivit ad castrum de Captolio et reddidit dicto domino Poncio dictum castrum cum suis pertinenciis et eciam claves dicti castri de manu sua, sed antequam redderet vidit et audivit, ut dixit, quod dictus dominus Poncius dixit in presencia omnium qui ibi erant : Domini, dominus episcopus reddidit michi hoc castrum cum suis pertinenciis sub hoc pacto et hac convencione quod, si contingat me mori absque herede masculo ex meo corpore procreato, quod castrum de Captolio cum pertinenciis suis et terra ei inherenti sit ecclesie Aniciensis, et si haberem filiam quod ecclesia eam maritare teneatur ; quibus dictis per dictum dominum Poncium dictus dominus episcopus reddidit dicto domino Poncio de Captolio dictum castrum et claves dicti castri sub pacto et convencione predictis.

Requisitus qualiter scit, dixit quod quia sic vidit et audivit et presens fuit ; nam tunc morabatur cum dicto domino episcopo ut dixit.

Requisitus ubi fuerunt prolata dicta verba per dictum dominum episcopum et ubi facta dicta reddicio, dixit quod ante portam primam dicti castri de Captolio.

Requisitus de presentibus, dixit quod Poncius Andree et Poncius Auzile, et magister Guido de Alvernia, canonicus Aniciensis, et dominus Bertrandus Aspais, canonicus ecclesie Aniciensis, et dominus Poncius de Bausac et plures alii de quorum omnium nominibus dixit se non recordari.

Requisitus si tunc temporis vivebat pater dicti domini Poncii, dixit se nescire.

Super secundo capitulo requisitus, dixit ut primo dixerat et nichil plus.

Item super tercio capitulo requisitus, dixit se nichil scire nisi quod sic dicebatur comuniter per gentes ut in eo continetur.

Item super sexto capitulo requisitus, dixit ita verum esse ut in eo continetur.

Requisitus qualiter scit, dixit quia ipse vidit quod dictus dominus episcopus obsculatus fuit dictum dominum Poncium incontinenti facta dicta convencione et reddicione et hoc in duobus locis scilicet in civitate Anicii, in chesia, in camera inferiori ubi est fornellus semel, et alia vice ante portam castri de Captolio, cum dictus dominus episcopus reddidit dictum castrum cum suis pertinenciis dicto domino Poncio reipsa.

Item super septimo capitulo requisitus, dixit quod in primo capitulo dixerat et nichil plus.

Item super octavo capitulo requisitus, dixit idem ut in primo dixerat et nichil plus.

Super nono capitulo requisitus, dixit ita verum esse ut in eo continetur capitulo.

Requisitus qualiter scit, dixit quod quia sic vidit et audivit.

Requisitus quid vidit et audivit, dixit se vidisse et audivisse quod cum dictus dominus episcopus reddidisset claves dicti castri de Captolio dicto domino Poncio, dictus dominus Poncius dixit dicto domino episcopo : Domine, et ego retrado vobis claves predicti castri mitendo vos in possessionem castri predicti cum omnibus pertinenciis suis nomine ecclesie Aniciensis, si contingeret me mori absque herede masculo ex meo corpore procreato.

Requisitus ubi predicta dicta et facta fuerunt, dixit quod ante portam dicti castri de Captolio.

Requisitus quam partem vellet obtinere, dixit quod jus habentem.

Requisitus si instructus prece, precio vel hodio vel amore vel doctus fert suum testimonium, dixit quod non.


Déposition d’Aldebert de Polignac.

Dominus Aldebertus de Podomiaco, miles, testis juratus, requisitus super primo capitulo, dixit se audivisse dici quod dominus B., tunc episcopus Aniciensis, acceperat ad manum ecclesie Aniciensis castrum de Captolio cum pertinenciis suis propter quosdam excessus qui dicebantur comissi per dominum Poncium de Captolio tunc domicellum in civitate Anicii : ipse tamen qui loquitur non vidit dictos excessus comiti nec dictum castrum capi.

Item dixit se vidisse et audivisse quod, quadam die de qua dixit se non recordari, bene sunt quadraginta anni elapssi et plus, quod dominus Poncius de Captolio cum amicis suis, de quorum nominibus dixit se non recordari, rogavit instanter dictum dominum episcopum ut sibi dictum castrum redderet, qui dictus dominus episcopus dixit quod non faceret quia dictum castrum et tota terra erant sibi et ecclesie Aniciensi comissum et comissa propter excessus qui dicebantur comissi in civitate Anicii per ipsum dominum Poncium. Tandem vidit et audivit quod tractatum fuit, quod dictus dominus episcopus redderet dictum castrum cum omnibus suis pertinenciis dicto domino Poncio sub hoc pacto, quod si dictus dominus Poncius decederet absque herede masculo ex suo corpore procreato, quod dictum castrum cum omnibus suis pertinenciis et tota terra ei inherenti esset et perpetuo remaneret ecclesie Aniciensi.

Item dixit se vidisse et audivisse, quod tunc temporis dictus dominus episcopus reddidit dicto domino Poncio de Captolio verbo dictum castrum cum omnibus suis pertinenciis sub dicto pacto et convencione.

Requisitus qui erant illi qui predicta tractaverunt, dixit se non recordari.

Requisitus ubi predicta fuerunt tractata et facta predicta, dixit quod in civitate Anicii, in chesia, in camera inferiori domini episcopi ubi est fornellus.

Requisitus de presentibus, dixit quod dominus Bertrandus de Saissac et dominus Guillermus de Borna, canonici Anicienses, et dominus Stephanus Mala mosta, miles, et Poncius Audreas et Rotbertus de Prato et plures alii de quorum omnium nominibus dixit se non recordari.

Requisitus si tunc temporis vivebat pater dicti domini Poncii, dixit quod non.

Requisitus qualiter scit, dixit quod quia sic audivit dici.

Super secundo capitulo requisitus, dixit ut in primo capitulo dixerat et nichil plus.

Super tercio capitulo requisitus, dixit se nichil scire nisi quia ita dicebatur et ita audivit dici a pluribus ut dixit ut in eo continetur.

Item super septimo capitulo requisitus dixit se nichil scire nisi quia dixit se ita audivisse dici ut in eo continetur.

Super aliis articulis non fuit requisitus quia nec productus.

Requisitus quam partem vellet obtinere, dixit quod jus habentem.

Requisitus si prece vel precio, gracia, hodio vel timore instructus vel doctus fert suum testimonium, dixit quod non.


Déposition de Robert de Mauprat.

Rotbertus de Malo Prato, testis juratus, requisitus super primo capitulo, dixit se vidisse et audivisse, bene sunt quadraginta anni et plus, quod dominus B., tunc temporis Aniciensis episcopus cum magno exercitu ivit ad castrum de Captolio et dictum castrum cepit et eciam dominum Poncium de Captolio, qui tunc domicellus erat, et eum apud Anicium captum duxit.

Requisitus qualiter scit, dixit quia ipse qui loquitur presens erat in dicto exercitu et eciam custodiebat trapum dicti domini episcopi.

Requisitus qua de causa cepit dictum castrum dictus dominus episcopus, dixit quod ex eo quia dicebatur quod dictus dominus Poncius et domina Agnes mater ejus cum gentibus suis interfecerant quendam hominem et quandam mulierem in civitate Anicii : ipse tamen non vidit ut dixit quod eos interficerent : tamen vidit illos mortuos in dicta civitate in loco vocato en Las Grazas, qui dicebantur fuisse interfecti per predictos matrem et filium.

Item dixit se vidisse et audivisse postea per decem annos quod dictus dominus Poncius de Captolio requisivit instanter dictum dominum episcopum ut sibi redderet castrum de Captolio cum pertinenciis suis : quod dictus dominus episcopus castrum ei reddere nolebat ; ymo dicebat dictum castrum sibi esse comissum : tandem ipse qui loquitur vidit et audivit, ut dixit, quod tractatum fuit quod dictus dominus episcopus redderet dictum castrum dicto domino Poncio sub condicione et pacto, quod si dictus dominus Poncius decederet absque herede masculo ex suo corpore procreato, quod dictum castrum de Captolio et tota terra ei inherenti esset per in perpetuum ecclesie Aniciensis, et vidit et audivit quod tunc tamporis dictus dominus episcopus reddidit dicto domino Poncio de Captolio verbo dictum castrum de Captolio cum omnibus suis pertinenciis sub pacto et convencione predictis.

Requisitus qualiter scit, dixit quia sic vidit et audivit et presens fuit et tunc morabatur cum dicto domino episcopo.

Requisitus ubi predicta fuerunt facta et dicta, dixit quod in civitate Anicii en la chiesa in camera domini episcopi inferiori ubi est fornellus.

Requisitus qui erant presentes quum predicta facta et dicta fuerunt, dixit quod Poncius Andreas, magister Guido de Alvernia, Stephanus de Girgua, Bravetus, usserius dicti domini episcopi tunc et plures alii de quorum omnium nominibus dixit se non recordari.

Requisitus si tunc vivebat pater dicti domini Poncii, dixit quod non.

Requisitus qualiter scit, dixit quod quia sic audivit dici et quod tunc sic dicebatur comuniter per gentes.

Item super secundo capitulo requisitus, dixit ut in primo dixerat et nichil plus.

Item super tercio capitulo requisitus, dixit ita verum esse ut in eo continetur.

Requisitus qualiter scit, dixit quia tunc temporis ipse audivit dictum dominum Poncium in presentia dicti domini episcopi dicentem et confitentem se tenere dictum castrum de Captolio cum omnibus suis pertinenciis et tota terra ei inherenti ab ecclesia Aniciensi in feudum.

Item super sexto articulo requisitus, dixit ita verum esse ut in eo continetur.

Requisitus qualiter scit, dixit quia ipse vidit et audivit quod dictus dominus episcopus obsculatus fuit dictum dominum Poncium bis, videlicet semel apud Anicium in chesia in camera inferiori, ubi est fornellus, et alia vice in castro de Captolio cum fuit facta reddicio reipsa.

Item super septimo capitulo requisitus, dixit ita verum esse ut in eo continetur.

Requisitus qualiter scit, dixit quod quia ipse vidit et audivit quod in crastinun illius diei, quo facta fuit reddicio verbo dicti castri en la chesia in camera predicta, dictus dominus episcopus una cum dicto domino Poncio et pluribus aliis ivit ad castrum de Captolio, et cum fuerunt ibi prope portam superiorem dicti castri, ipse audivit dictum dominum Poncium dicentem et confitentem in presencia multorum : Domini, sciatis quod dominus episcopus, qui hic est, reddit michi hunc castrum sub hoc pacto et convencione, quod si contingat me mori absque herede masculo ex meo corpore procreato, quod castrum de Captolio cum suis pertinenciis et terra ei inherenti sit ecclesie perpetuo Aniciensis, et in continenti dictus dominus episcopus Aniciensis tunc reddidit dicto domino Poncio presenti et recipienti dictum castrum cum omnibus suis pertinenciis et eciam claves ipsius castri et fecit exire gentem suam de dicto castro, que pro eo et ecclesia Aniciensi custodiebat de mandato ejusdem domini episcopi dictum castrum.

Requisitus qui erant illi qui custodiebant pro dicto domino episcopo et ecclesia Aniciensi dictum castrum, dixit quod dominus Droguo d’Albusso et dominus Dalmacius Alberti, milites, et plures alii de quorum omnium nominibus dixit se non recordari.

Item super octavo capitulo requisitus, dixit ita esse ut in eo continetur.

Requisitus qualiter scit, dixit quia sic vidit et audivit.

Requisitus ubi fuit facta ista iterata convencio, dixit quod apud Sanctum Julianum de Captolio infra claustrum.

Requisitus si fuit facta iterata convencio eadem die qua et alia que facta fuit apud Captolium, dixit quod sic, sed de die non recordatur.

Item super nono capitulo requisitus, dixit quod ipse vidit et audivit, quod facta reddicione dicti castri de Captolio et ejus pertinenciarum per dictum dominum episcopum dicto domino Poncio, dictus dominus Poncius reddidit claves dicti castri dicto domino episcopo, dicendo eidem domino episcopo : Domine, ecce claves hujus castri in signum quod ego teneo a vobis dictum castrum cum pertinenciis suis in feudum, et a vobis recuperavi terram meam et eam a vobis et ecclesia Aniciensi teneo et tenere de presenti confiteor.

Requisitus ubi facta fuit dicta reddicio dictorum clavium dicti castri de Captolio per predictum dominum Poncium prefato domino episcopo, dixit quod apud Sanctum Julianum de Captolio in claustro.

Super undecimo capitulo requisitus, dixit se nichil scire.

Item super ultimo capitulo requisitus, dixit famam publicam esse de hiis que supra deposuit pro veritate dixit eciam famam esse quod de convencione fuit facta quedam litera seu carta et postea fuit subrepta.

Requisitus quid est fama publica, dixit illud esse famam publicam quod communiter dicitur a gentibus.

Requisitus ubi et inter quos est dicta fama, dixit quod in civitate Anicii et in locis circumvicinis et inter gentes dictorum locorum.

Requisitus quam partem vellet obtinere, dixit quam jus habentem.

Requisitus si prece vel precio, gracia vel amore, hodio vel timore, doctus vel instructus, fert suum testimonium, dixit quod non.

Super aliis capitulis non fuit requisitus quia nec productus.


Déposition de Pierre de Mauprat.

Petrus de Malo Prato, testis juratus, requisitus superprimo capitulo, dixit se vidisse et audivisse, bene sunt quadraginta anni et plus, quod dominus Bernardus, tunc temporis Aniciensis episcopus, cum magno exercitu ivit ad castrum de Captolio et ipsum castrum cepit, ut audivit dici, et eciam dominum Poncium de Captolio, qui tunc domicellus erat, captum adduxit ad civitatem Aniciensem ipso tunc vidente et audiente.

Item dixit se vidisse et audivisse postea, processu temporis bene a septem usque ad decem annos, quod dictus dominus Poncius de Captolio venit coram dicto domino episcopo et, flexis genibus et manibus junctis, requisivit dictum dominum episcopum ut castrum de Captolio et terram suam sibi redderet : qui dictus dominus episcopus respondit et dixit ei quod non faceret quia non solum terram suam, sed etiam personam suam, debebat perdere propter ea que fecerat. Tandem dixit se vidisse et audivisse quod dictus dominus Poncius dixit dicto domino episcopo : Reddatis michi castrum de Captolio cum pertinenciis suis et ego faciam vobis pactum, quod si contingat me mon absque herede masculo ex mea corpore procreato, quod castrum de Captolio cum omnibus suis pertinenciis et omni terra ei inhærenti sit perpetuo ecclesie Aniciensis ; et si haberem filiam quod dicta ecclesia debeat et teneatur eam maritare, et tunc dictus dominus episcopus sub dicto pacto et convencione reddidit dicto domino Poncio de Captolio castrum de Captolio cum pertinenciis suis, sic dicendo : Nos reddimus tibi dictum castrum et terram predictam sub dicto pacto et convencione. Requisitus qualiter scit predicta, dixit quod quia vidit et audivit et presens fuit : nam ipse tunc morabatur cum dicto domino episcopo et custodiebat ejus cameram.

Requisitus in quo loco predicta fuerunt facta et dicta, dixit quod apud Anicium in chesia, in camera inferiori, ubi est fornellus.

Requisitus qui erant presentes, dixit quod dominus Durantus de Saissac, canonicus Aniciensis, et dominus Poncius de Glavenas, canonicus Aniciensis, et magister Guido de Alvernia et magister Arnaldus, qui nunc est de ordine Predicatorum, et plures alii de quorum omnium nominibus dixit se non recordari.

Requisitus ex qua causa dictus dominus episcopus ceperat dictum castrum et dictum dominum Poncium, dixit quod ex eo ut audivit dici quia dictus domines Poncius de Captolio et domina Agnes, ejus mater, interfecerant apud Anicium quendam hominem et quandam mulierem.

Requisitus si vidit quando eos interficerent, dixit quod non, sed ita audivit dici ; tamen dixit se vidisse predictos hominem et mulierem interfectos apud Anicium en Las Grazas, qui dicebantur fuisse interfecti a predictis matre et filio.

Requisitus si tunc temporis vivebat pater dicti domini Poncii de Captolio, dixit se nescire.

Item super secundo capitulo requisitus, dixit ut in proximo dixerat et nichil plus.

Item super tercio capitulo requisitus, dixit se nichil scire, nisi quia audivit dici ut dixit quod in eo continetur.

Item super sexto capitulo requisitus, dixit ita verum esse ut in eo continetur.

Requisitus qualiter scit, dixit quod quia ipse audivit et vidit et presens fuit.

Requisitus quid vidit et audivit, dixit se vidisse et audivisse quod dictus dominus episcopus dixit dicto domino Pontio : Ponti, Nos reddimus tibi castrum de Captolio cum omnibus pertinenciis suis sub hoc pacto et sub hac convencione, quod si contingat te mori absque herede masculo ex tuo corpore procreato, quod castrum de Captolio cum omnibus pertinenciis suis debeat esse ecclesie Aniciensi, et tunc in reddicione ipsa dictus dominus episcopus obsculatus fuit dictum dominum Poncium de Captolio et vice verssa ditus dominus Poncius dictum dominum episcopum.

Requisitus ubi fuit datum dictum obsculum, dixit quod apud Anicium in chesia, in camera inferiori, ubi est fornellus.

Item super septimo capitulo requisitus, dixit ita verum esse ut in eo continetur.

Requisitus qualiter scit, dixit quod quia ipse vidit et audivit quod dictus dominus Poncius, postquam dictum castrum fuit sibi redditum per dictum dominum episcopum, dictus dominus Poncius venit cum dicto domino episcopo ad ecclesiam Sancti Juliani de Captolio et ibi dixit in presencia multorum dictus dominus Poncius de Captolio : Domini, sciatis quod dominus episcopus Aniciensis qui ibi est reddidit michi castrum de Captolio cum omnibus suis pertinenciis sub hac tamen condicione, quod si contingat me mori absque herede masculo ex meo corpore procreato, quod predictum castrum de Captolio cum omnibus suis pertinenciis et tota terra ei inherenti sit ecclesie Aniciensi perpetuo.

Item super octavo capitulo requisitus, dixit se nichil aliud scire quam supra dixit.

Item super nono capitulo requisitus, dixit se nichil scire.

Item super undecimo capitulo requisitus, dixit ita verum esse ut in eo continetur.

Requisitus qualiter scit, dixit quod ipse vidit et audivit quod magister Arnaldus, qui nunc est de ordine Predicatorum, fecit ad requisitionem dicti domini episcopi et de consensu dicti domini Poncii notam, et eciam ipse dominus Poncius tunc temporis juravit servare et atendere convencionem predictam et contra non venire.

Requisitus ubi fuit facta dicta nota, dixit quod in chesia in camera inferiori ubi est fornellus.

Super ultimo requisitus, dixit famam esse de omnibus que supra deposuit et eciam quod dicta nota fuit subrepta.

Requisitus quid est fama, dixit illud esse famam quando aliquis subtraxit aliquam rem et dicitur quod subtraxit.

Requisitus quam partem vellet obtinere, dixit quod jus habentem.

Requisitus si prece vel precio, gracia vel hodio, amore vel timore doctus vel instructus, fert suum testimonium, dixit quod non.


Déposition de Pons André.

Poncius Andreas, testis juratus, requisitus super primo capitulo, dixit quod bene sunt quadraginta anni elapsi et plus, ut sibi videtur, quod ipse audivit dici quod dominus Poncius de Captolio et domina Agnes, mater sua, interfecerant seu interfici fecerant quendam hominem et quandam mulierem in civitate Anicii, et tunc temporis ipse vidit et audivit, ut dixit, quod dominus B., tunc episcopus Aniciensis, cum magno exercitu ivit ad castrum de Captolio et cepit dictum castrum et eciam dictum dominum Poncium et eciam eum captum adduxit apud Anicium.

Item dixit se vidisse et audivisse quod, postea lapssis a septem usque ad decem annos, dictus dominus Poncius requisivit dictum dominum episcopum cum amicis suis ut castrum predictum de Captolio cum omnibus suis pertinenciis sibi redderet, et quod tunc vidit et audivit, ut dixit, quod dictus dominus episcopus verbo reddidit dictum castrum de Captolio cum suis pertinenciis dicto domino Poncio, ad instanciam et preces predicti domini Poncii et amicorum suorum, sub hac tamen condicione quod si dictus dominus Poncius decederet absque herede ex suo corpore procreato, quod castrum de Captolis cum suis pertinenciis et terra et inherenti esset perpetuo ecclesie Aniciensi.

Item dixit se vidisse et audivisse qund tunc dictus dominus Poncius dixit dicto domino episcopo : Domine, ex quo reddidistis michi castrum de Captolio, ego regracior vobis et do vobis et ecclesie vestre castrum de Captolio cum pertinenciis suis et terra ei inherenti, si contingat me mori absque herede ex meo corpore procreato.

Requisitus qualiter scit predicta, dixit quod quia vidit et audivit et presens fuit, nam ipse tunc morabatur cum dicto domino episcopo pro scutifero.

Requisitus quis custodiebat dictum castrum de Captolio pro dicto domino episcopo post capcionem factam de ipso castro per dictum dominum episcopum, dixit quod ipse qui loquitur custodivit dictum castrum cum pertinenciis suis bene per terciam partem unius anni de mandato predicti domini episcopi et pro eo.

Requisitus ubi fuit facta dicta donacio et convencio et reddicio, dixit quod in civitate Anicii in chesia, in camera inferiori, ubi est fornellus.

Requisitus qui erant ibi presentes, dixit quod dominus Bertrandus de Saissac et dominus Guillermus de Borna et dominus Poncius de Glavenacio, canonici Anicienses, et plures alii.

Requisitus si tunc temporis dum fuit facta dicta donacio, conventio et reddicio, pater dicti domini Poncii vivebat, dixit quod sic.

Requisitus qualiter scit, dixit quia ipse vidit postea eum frequenter apud monasterium de Sancto Theofrido ubi detinebatur captus, quia erat, ut dixit, mente captus et eum ut dixit bene cognoscebat.

Item super secundo capitulo requisitus, dixit ut in primo dixerat super hiis requisitus et nichil plus.

Item super tercio capitulo requisitus, dixit se nichil scire, nisi quia audivit dici publice tune temporis ut in eodem capitulo continetur.

Item super sexto capitulo requisitus, dixit ita verum esse ut in eo continetur.

Requisitus qualiter scit, dixit quia ipse vidit et audivit et presens fuit.

Requisitus quid vidit et audivit, dixit quod ipse vidit et audivit quod, facta dicta reddicione que fuit facta en la chesia, cum dictus dominus Poncius de Captolio staret flexis genibus coram dicto domino episcopo, dictus dominus episcopus elevavit diciun dominum Poncium et tunc obsculatus fuit eum.

Item super septimo capitulo requisitus, dixit ita verum esse ut in eo continetur.

Requisitus qualiter scit, dixit quod quia ipse vidit et audivit quod in crastinum illius diei quo fuit facta dicta donacio, convencio et reddicio en la chezia, dictus dominus episcopus et dictus dominus Poncius de Captolio et plures alii iverunt ad castrum de Captolio, et cum fuerunt illuc, vidit et audivit quod dictus dominus Poncius, vocatis pluribus hominibus terre de Captolio, dixit in presencia ipsorum : Domini, sciatis quod dominus episcopus, qui hic est, reddit michi castrum de Captolio cum pertinenciis suis universsis sub hac tamen condicione, quod si cortingat me mori absque herede ex meo corpore procreato, quod castrum de Captolio cum pertinenciis suis sit perpetuo ecclesie Aniciensi, et ego sub ea condicione recepi dictum castrum cum pertinenciis suis ab ipso.

Requisitus ubi fuerunt dicta verba prolata, dixit quod infra burgum castri predicti de Captolio extra tamen fortalicia dicti castri.

Requisitus qui erant ibi presentes, dixit quod dominus Bertrandus de Saissac et dominus Guillermus de Borna et dominus Poncius de Glavenacio, canonici ecclesie Aniciensis, et plures alii de quorum omnium nominibus dixit se non recordari.

Item super octavo capitulo requisitus, dixit se nichil scire.

Item super nono capitulo requisitus, dixit quod ipso vidit et audivit quod cum dictus dominus episcopus reddidisset claves dicti castri predicto domino Poncio et eciam fecisset exire gentes suas de castro, dictus dominus Poncius, qui tunc domicellus erat, dixit dicto domino episcopo : Domine, ecce ego trado vobis claves dicti castri de Captolio in signum donacionis a me vobis facte nomine Aniciensis ecclesie mittendo vos nomine Aniciensis ecclesie in possessione ipsius castri et pertinenciarum suarum ; si contingat me mori, ut dictum est, absque herede ex meo corpore procreato.

Requisitus de loco ubi fuit facta dictarum clavium traddicio et de presentibus, dixit ut supra in septimo capitulo.

Item super ultimo capitulo requisitus, dixit esse famam publicam de hiis omnibus et singulis que supra deposuit.

Requisitus quid est fama, dixit illud esse famam publicam quod comuniter dicitur a gentibus.

Requisitus ubi est dicta fama, dixit quod in civitate Anicii et in locis circumvicinis.

Requisitus quam partem vellet obtinere, dixit quod ecclesiam.

Requisitus si prece vel precio, gracia, hodio vel timore, doctus vel instructus, fert suum testimonium, dixit quod non.


Déposition de Guillaume Porchas, chevalier.

Dominus Guillermus Porchas, miles, testis juratus, requisitus super primo, secundo, tercio, quarto et quinto capitulis, dixit famam esse de contentis in dictis capitulis.

Requisitus quid est fama, dixit illud esse famam quod comuniter dicitur a gentibus.

Requisitus ubi et inter quos est dicta fama, dixit per terram de Captolio et inter gentes ipsius terre.

Item super sexto, septimo, octavo, nono, decimo capitulis requisitus, dixit se nichil scire.

Item super undecimo et duodecimo capitulis dixit se nichil scire. Audivit tamen dici, ut dixit, a Guillermo Medici et Ugone Penthecosta quod litera fuit facta de convencionibus supra in prima et secunda intencionibus contentis, et quod ipse Ugo Penthecosta fecit sigillari dictam literam a domino de Sancto Bonito et domino Ugone de Salssac ; dixit eciam se audivisse dici a dicto Ugone Penthecosta quod dicta littera erat sigillata xiii vel xvii sigillis.

Item super tercio decimo capitulo requisitus, dixit ut supra in primo et secundo capitulis dixerat.

Item super xiiii capitulo requisitus, dixit se nichil scire de confessione et in possessionem missione. De conventione tamen et reddione predicti dixit esse famam, ut supra dixit. Item super xvo capitulo requisitus, dixit se nichil scire.

Item super xvio capitulo requisitus, dixit se audivisse dici a Guillermo Medici quod dominus Poncius de Captolio dixit ipsi Guillermo quod ipse habebat plures amicos in ecclesia Aniciensi, quare ipse credebat quia ipse recuperaverat cartam, que facta fuerat inter ipsum dominum Poncium et dominum episcopum predictum super facto terre de Captolio, et quod illi de ecclesia nunquam magis viderent dictam cartam, quia ipse ipsam cartam laniaverat et fregerat.

Requisitus ubi et quando audivit dici predicta a dicto Guillermo Medici, dixit quod bis vel ter diverssis oris e temporibus et etiam in locis diverssis apud castrum de Captolio.

Item super xvii capitulo requisitus, dixit ita verum esse ut in eodem capitulo continetur.

Requisitus qualiter scit, dixit quod vidit sepe predictum dominum Poncium de Captolio tenentem, possidentem et deffendentem dicta castra et tenementa usque ad dictas bolas.

Item dixit se vidisse et audivisse quod homines de Monte-Usto et de Monte-Viridi et de mandamentis et tenementis eorum veniebant ad assizias ad castrum de Captolio et ibi accipiebant jus, et adhuc faciunt.

Super xviiio capitulo requisitus, dixit famam esse de hiis que supra deposuit.

Requisitus quid est fama, dixit ut supra.

Requisitus quam partem vellet obtinere, dixit quod jus habentem.

Requisitus si prece vel precio, gracia, hodio vel timore doctus vel instructus, fert suum testimonium, dixit quod non.


Déposition de Pierre Charreyre, prêtre.

Dominus Petrus Carrerie, presbyter, testis juratus, requisitus super primo capitulo, tercio, quarto et quinto, dixit famam esse de contentis in dictis capitulis.

Requisitus quid est fama, dixit illud esse famam quod comuniter dicitur a gentibus.

Requisitus ubi et inter quos est dicta fama, dixit quod in terra de Captolio et inter gentes ipsius terre : dixit eciam plus quod ipse vidit et audivit quod dominus Drogo d’Albusso tenebat dictum castrum de Captolio cum suis pertinenciis pro domino Bernardo, condam episcopo Aniciensi, bene sunt xl anni, ut sibi videtur.

Requisitus qualiter scit, dixit quod quia dicebatur tunc comuniter a gentibus terre.

Item super sexto et septimo capitulis requisitus, dixit se nichil scire.

Super octavo capitulo requisitus, dixit se nichil aliud scire quam supra dixit in primo et secundo capitulis.

Item super nono capitulo requisitus, dixit se nichil scire.

Item super decimo capitulo requisitus, dixit se nichil scire.

Super undecimo et duodecimo capitulis requisitus, dixit se audivisse dici ab Ugone Penthecosta quod de convencione supra in titulis prioribus contenta fuit facta quedam littera, et quod dicta littera fuit sigillata de xiii vel xiiii sigilis amicorum dicti domini Poncii.

Item super xiiio capitulo requisitus, dixit idem quod in primo et secundo capitulis et nichil plus.

Item super xiiiio capitulo requisitus, dixit de convencione et reddicione ut supra in primo et secundo capitulis dixit, de confessione autem et in possessionem missione dixit se nichil scire.

Item super xvo et xvio capitulis requisitus, dixit se nichil scire.

Item super xviio capitulo requisitus, dixit ita verum esse ut in eo continetur.

Requisitus qualiter scit, dixit quia ipso vidit et audivit pluries quod homines castrorum de Monte-Usto et de Monte-Viridi et mandamentorum et tenementorum dictorum castrorum veniebant ad castrum de Captolio et ibi faciebant et recipiebant jus, et adhuc hodie faciunt.

Item super xviiio capitulo requisitus, dixit famam esse de hiis de quibus supra deposuit.

Requisitus quid est fama, dixit ut supra.

Requisitus quam partem vellet obtinere, dixit quod jus habentem.

Requisitus si prece vel precio, gracia, hodio vel timore, doctus vel instructus, fert suum testimonium, dixit quod non.


Déposition de Guillaume Pictavini.

Guillermus Pictavini, testis juratus, requisitus super primo capitulo, dixit se vidisse et audivisse, quadraginta anni vel xlv sunt, ut sibi videtur, cum dominus B., episcopus tunc Aniciensis, et dominus Poncius de Captolio cum pluribus aliis esset in plathea de Captolio, dictus dominus episcopus dixit dicto domino Pontio : Poncete, Nos reddimus tibi castrum de Captolio et terram tuam sub hoc pacto et sub hac condicione, quod si contingeret te mori absque herede ex tuo corpore procreato, quod castrum de Captolio cum universsis pertinenciis suis sit ecclesie perpetuo Aniciensi, et tunc dictus dominus Poncius recepit dictum castrum sub dicto pacto et convencione, dicens : Domine, et ego sub dicto pacto et convencione recipio dictum castrum cum omnibus suis pertinenciis ; et vidit et audivit, ut dixit, quod dominus episcopus et dictus dominus Poncius predicta verba reddicionis et convencionis dixerunt alia vice infra claustrum Sancti Juliani de Captolio eadem die.

Requisitus si dictus dominus episcopus tenebat tunc dictum castrum sazitum cum suis pertinenciis, dixit quod sic.

Requisitus qualiter scit, dixit quia dominus Drogo d’Albusso, miles, tenebat dictum castrum de Captolio cum suis pertinenciis universsis pro dicto domino episcopo et ipse, qui loquitur, tunc morabatur cum dicto domino Drogo d’Albusso.

Requisitus si tunc temporis dictus dominus episcopus reddidit dictum castrum de Captolio cum suis pertinencis dicto domino Poncio, dixit quod sic.

Requisitus qualiter scit, dixit quia ipse vidit et audivit quod gentes, que erant intus pro dicto domino episcopo in crastinum illius diei, recesserunt et dimiserunt dictum castrum de Captolio dicto domino Poncio.

Requisitus ex qua causa dictus dominus episcopus ceperat dictum castrum de Captolio, dixit quod ex eo, ut audivit dici, quod gentes de Captolio interfecerant in civitate Aniciensi quendam hominem et quandam mulierem.

Requisitus si tunc temporis, cum fuit captum dictum castrum et dictus dominus Poncius, vivebat pater dicti domini Poncii, dixit quod sic.

Requisitus qualiter scit, dixit quia audivit dici quod captus detinebatur apud monasterium Sancti Theofredi, cum esset mente captus.

Item super secundo capitulo requisitus, dixit ut in proximo capitulo et nichil plus.

Item super tercio capitulo requisitus, dixit se nichil scire nisi per auditum quia sic audivit dici, ut dixit, ut in eodem capitulo continetur.

Item super quarto capitulo requisitus, dixit se nichil scire nisi quia audivit dici, ut dixit, ut in eo continetur.

Item super quinto capitulo requisitus, dixit ut in primo et nichil plus.

Item super sexto capitulo requisitus, dixit ita verum esse ut in eo continetur.

Requisitus qualiter scit, dixit se vidisse et audivisse quod, dum dictus dominus episcopus reddidit castrum de Captolio apud Captolium dicto domino Poncio in plathea dicti castri, dictus dominus episcopus obsculatus fuit predictum dominum Poncium.

Item super septimo capitulo requisitus, dixit idem quod in primo capitulo dixerat et nichil plus.

Item super octavo capitulo requisitus, dixit ut in primo dixerat et nichil plus.

Item super nono capitulo requisitus, dixit se nichil aliud scire quam supra in primo capitulo dixerat.

Item super decimo capitulo dixit requisitus, quod ipse audivit dici a dicto domino Poncio bis vel ter in absencia tamen dicti domini episcopi quod terra de Capitolio debebat esse ecclesie Aniciensi, si ipse decederet absque herede ex suo corpore procreato.

Requisitus ubi audivit dictum dominum Poncium dicentem dicta verba, dixit quod apud Captolium et apud villam del Vilar et in aliis locis.

Item super undecimo et duodecimo capitulis requisitus, dixit se nichil scire.

Item super xiiio capitulo requisitus, dixit famam esse in terra de Captolio et inter hommes dicte terre de hiis que continentur in dicto capitulo.

Requisitus quid est fama, dixit illud esse famam quod comuniter dicitur per gentes.

Item super xiiiio capitulo requisitus, dixit famam esse de convencione et reddicione et confessione, sed de missione in possessionem dixit se nichil scire.

Super xvo capitulo requisitus dixit se nichil scire.

item super xvio capitulo requisitus, dixit se nichil scire.

Item super xviio capitulo requisitus, dixit ita verum esse ut in eo continetur.

Requisitus qualiter scit, dixit quia ipso vidit pluries hommes castrorum de Mente-Usto et de Monte-Viridi et tenementorum ipsorum castrorum venire ad assizias castri de Captolio et ibi facere jus et recipere et adhuc faciunt, et vidit dictum dominum Poncium defendentem erbas et paschua infra dictos terminos.

Item super xviiio capitulo requisitus, dixit esse famam de hiis de quibus supra deposuit, de aliis vero dixit se nichil scire. Requisitus quam partem vellet obtinere, dixit quod ecclesiam.

Item requisitus si prece, precio, gracia, amore, timore, doctus vel instructus, fert suum testimonium, dixit quod non.


Déposition de Guillaume Imbert, de Chapteuil.

Guillermus Ymberti de Captolio, testis juratus, requisitus super primo capitulo, dixit se nichil scire nisi quia ita audivit dici, ut in eo continetur, hoc salvo quod vidit et audivit, ut dixit, bene sunt xl anni et plus, dominum B., condam episcopum Aniciensem, ante castrum de Captolio expugnantem dictum castrum ; nescit tamen si cepit dictum castrum, sed audivit dici, ut dixit, quod illud cepit.

Item super secundo capitulo requisitus, dixit se nichil scire.

Item super tercio capitulo requisitus, dixit famam esse de contentis in dicto capitulo, aliter dixit si nescire.

Requisitus quid est fama, dixit quod auzir dire.

Item super quarto capitulo requisitus, dixit se nichil scire nisi quia audivit dici a pluribus ut in eodem capitulo continetur.

Item super quinto capitulo requisitus, dixit se nichil scire nisi quia audivit dici, ut dixit, ut in eo continetur.

Item super sexto capitulo requisitus, dixit se nichil scire.

Item super septimo et octavo et nono et decimo capitulis requisitus, dixit se nichil scire.

Item super xio et xiio capitulis requisitus, dixit se nichil scire, nisi quia ita audivit dici a Guillermo de Prada ut in ipsis capitulis continetur.

Item super xiiio et xiiiio et xvo capitulis requisitus, dixit se nichil aliud scire quam supra dixerat.

Item super xvio capitulo requisitus, dixit se nichil scire.

Item super xviio capitulo requisitus, dixit se ita audivisse dici ut in ipso capitulo continetur : aliter dixit se nescire quia non fuit in dictis finibus.

Super xviiio capitulo requisitus, dixit se nichil aliud scire quam supra deposuit.


Déposition de Pierre César, homme de loi.

Dominus Petrus Cesari, jupisperitus, testis juratus, requisitus super primo capitulo, dixit quod dominus B., bone memorie, condam Aniciensis episcopus, cum magno exercitu et gentibus civitatis Aniciensis ivit ad dictum castrum de Captolio et dictum castrum cepit et habuit, occasione maleficii perpetrati in civitate Aniciensi per gentes domine Agnetis de Captolio et Ponceti tunc ejus filii.

Requisitus qualiter scit, dixit quod ipse vidit quendam et quandam mulierem apud Anicium interfectos gladio seu gladiis jacentes in lectis in Grazia, ante portam ecclesie Aniciensis, qui dicebantur interfecti fuisse per gentes dicte domine Agnetis et Ponceti de Captolio, ejus filii, et tunc occasione illa dictus dominus episcopus ivit cum gentibus suis ad castrum de Captolio et cepit dictum castrum de Captolio, ut audivit dici a gentibus qui inde veniebant.

Item dixit se vidisse et audivisse dictum dominum episcopum euntem verssus dictum castrum de Captolio.

Requisitur de tempore, dixit quod bene sunt quinquaginta anni et plus.

Requisitus de convencione contenta in dicto capitulo, dixit famam esse quod dicta convencio fuit facta inter dictum dominum episcopum et dominum Poncetum de Captolio tempore quo reddidit dictum castrum.

Requisitus quid est fama, dixit illud esse famam quod gentes comuniter dicunt.

Requisitus ubi et inter quos est dicta fama, dixit quod in civitate Anicii et inter multos dicte civitatis.

Requisitus si tunc temporis vivebat pater dicti Ponceti, dixit quod sic, ut audivit dici, et detinebatur apud monasterium de Sancto Theofrido, cum esset mente captus ut dicebatur.

Item super secundo capitulo requisitus, dixit famam esse de contentis in dicto capitulo ; aliter tamen dixit se nescire.

Requisitus quid est fama et ubi et inter quos, dixit ut supra.

Item super tertio capitulo requisitus, dixit famam esse de contentis in dicta capitulo et quod ipse audivit dici frequenter a dicto domino Poncio, quod ipse tenebat dictum castrum de Captolio cum pertinenciis suis in feudum ab ecclesia Aniciensi.

Item super quarto et quinto capitulis requisitus, dixit ut in primo dixit et nichil plus.

Item super sexto capitulo requisitus, dixit famam esse de contentis in dicto capitulo ; aliter tamen dixit se nichil scire.

Item super septimo et octavo et nono et decimo et undecimo et xiio et xiiio et xiiiio et xvo, dixit idem quod in sexto et nichil plus.

Item super xvio capitulo requisitus, dixit se nichil scire.

Item super xviio capitulo requisitus, dixit se nichil scire nisi quod audivit dici a dicto domino Poncio quod fortalicia de Monte Viridi et de Monte Usto et de Vilari erant de pertinenciis dicti castri de Captolio.

Item super ultimo capitulo requisitus, dixit famam esse de hiis que supra deposuit.

Requisitus quam partem vellet obtinere, dixit quod jus habentem.

Requisitus si prece, precio, gracia, hodio vel timore, doctus vel instructus, fert suum testimonium, dixit quod non.


Déposition de frère Arnaud Bonnet, dominicain.

Frater Arnaldus Boneti, de ordine Predicatorum, testis juratus, requisitus super primo capitulo, dixit se nichil scire nisi quia ita audivit dici a quibusdam.

Item super secundo capitulo requisitus, dixit se nichil scire, nisi quia ita audivit dici ut in eo continetur a fratre Guillelmo de Monte Viridi, de ordine Fratrum Minorum, et a quibusdam aliis de quorum omnium nomibus dixit se non recordari.

Item super tercio capitulo requisitus, dixit se nichil scire nisi quia audivit dici a pluribus ut in eo continetur.

Item super quarto capitulo requisitus, dixit se nihil scire nisi per auditum, quia ita audivit dici ut in eo continetur.

Item super quinto capitulo requisitus, dixit esse famam de contentis in dicto capitulo.

Requisitus quid est fama, dixit illud esse famam quod major pars populi dicit.

Item requisitus ubi et inter quos est dicta fama, dixit quod apud Anicium inter laycos et clericos ipsius civitatis Aniciensis.

Item super sexto capitulo et septimo et octavo requisitus, dixit se nichil scire.

Item super nono capitulo requisitus, dixit se audivisse dici quod dictus dominus episcopus dictum castrum reddidit dicto domino Poncio : de aliis in capitulo contentis, dixit se nichil aliud scire.

Item super decimo capitulo requisitus, dixit se nichil scire.

Item super xio et xiio capitulis requisitus, dixit se nichil scire, nisi quia ita audivit dici ut in eis continetur.

Item super xiiio capitulo et xiiiio dixit se nichil aliud scire quam supra dixit.

Item super xvo capitulo requisitus, dixit se nichil scire, nisi quia ita audivit dici ut in eo continetur a morte dicti domini Poncii citati.

Item super xvio capitulo requisitus, dixit se nichil scire.

Item super xviio capitulo requisitus, dixit se nichil scire.

Item super xviiio capitulo requisitus, dixit se nichil scire.

Requisitus quam partem vellet obtinere, dixit quod jus habentem.

Requisitus si prece, vel precio, gracia, hodio vel timore doctus vel instructus, fert suum testimonium, dixit quod non.


Déposition de Guillaume du Mazel.

Guillermus de Macello, testis juratus, requisitus super primo capitulo, dixit quod ipse vidit et audivit quod quidam miles nomine dominus Drogo d’Albusso tenebat castrum de Captolio cum pertinenciis suis, et dicebatur publice per gentes terre de Captolio quod pro domino Aniciensi episcopo dictum castrum tenebat, et quod dictus dominus B., tunc Aniciensis episcopus, dictum castrum de Captolio ceperat tam pro maleficiis factis in Civitate Anicii tam per dominam Agnetam de Captolio, matrem domini Poncii de Captolio condam, quam per ipsum dominum Poncium de Captolio quam gentes suas.

Item dixit famam esse in terra de Captolio quod dictus dominus Poncius de Captolio fecerat pactum cum dicto domino episcopo quod si ipse dominus Poncius decederet ab herede ex suo corpore procreato, quod terra de Captolio cum pertinenciis suis esset in posterum perpetuo ecclesie Aniciensi.

Requisitus quid est fama, dixit illud esse famam quod comuniter dicitur a gentibus.

Requisitus ubi et inter quos est dicta fama, dixit quod in terra de Capitolio et inter gentes ipsius terre.

Item super secundo et tercio capitulis requisitus, dixit famam esse de contentis in dictis capitulis, aliter dixit se nescire.

Item super quarto capitulo et quinto requisitus, dixit ut in primo. Item super sexto capitulo requisitus, dixit se nichil scire.

Item super viio capitulo et viiio et nono et decimo requisitus, dixit se nichil scire.

Item super xio et xiio capitulis requisitus, dixit se nichil scire.

Item super xiiio et xiiiio et xvo et xvio requisitus, dixit se nichil scire.

Item super xviio capitulo requisitus, dixit ita verum esse ut in eo continetur.

Requisitus qualiter scit, dixit quia ipse vidit frequenter dictum dominum Poncium de Captolio deffendentem dicta tenementa ab hominibus extraneis et vidit et audivit pluries, ut dixit, quod homines habitantes infra dictas limitaciones veniebant ad assizias castri de Captolio et ibi accipiebant et faciebant jus et adhuc hodie faciunt.

Item super xviiio capitulo requisitus, dixit se nichil aliud scire quam supra dixit.

Requisitus si tunc temporis, quando dictus dominus episcopus Aniciensis tenebat dictum castrum de Captolio vel dominus Drogo d’Albusso, miles, pro dicto domino episcopo, vivebat pater dicti domini Poncii, dixit quod sic ut sibi videtur ; aliter dixit se nichil scire.

Requisitus quam partem vellet obtinere, dixit quod jus habentem.

Requisitus si prece vel precio, gracia, hodio vel timore doctus vel instructus, fert suum testimonium, dixit quod non.


Déposition de Guillaume de Furnon.

Guillermus de Furno, testis juratus, requisitus super primo capitulo, dixit famam esse de contentis in ipso capitulo.

Requisitus quid est fama, dixit illud esse famam quod tota gens dicit.

Requisitus ubi et inter quos est dicta fama, dixit quod in terra de Captolio et inter homines ipsius terre de Captolio.

Super secundo capitulo requisitus, dixit ut in primo et nichil plus.

Item super tercio capitulo requisitus, dixit famam esse in terra de Captolio et inter gentes ejusdem terre.

Requisitus quid est fama, dixit ut supra.

Item super quarto capitulo et quinto requisitus, dixit ut in primo dixerat et nichil plus.

Item super sexto capitulo requisitus, dixit se nichil scire.

Item super septimo et octavo capitulis et eciam nono et decimo requisitus, dixit ut in primo et nichil plus.

Item super xio et xiio capitulis requisitus, dixit famam esse in terra de Captolio et inter gentes ipsius terre, aliter dixit se nescire.

Item super xiiio et xiiiio capitulis requisitus, dixit se nihil amplius scire quam supra dixerat in primo.

Item super xvo et xvio capitulis requisitus, dixit se nihil scire.

Item super xviio capitulo requisitus, dixit ita verum esse ut in eo continetur.

Requisitus qualiter scit, dixit quod ipse vidit bene sexies quod homines habitantes infra dictas limitaciones veniebant ad castrum de Captolio et ibi faciebant manobras, cum operabatur dictum castrum, et ibi se recolligebant cum erat guerra.

Requisitus in qua guerra vidit recolligere dictos homines infra dictum castrum, dixit quod in guerra d’Aynac quam habebat cum dicto castro de Captolio et eciam in guerra quam faciebat contra dictum castrum de Captolio Ugo de Torno.

Item super xviiio capitulo requisitus, dixit se nihil aliud scire quam supra dixerat.

Requisitus quam partem vellet obtinere, dixit quod jus habentem.

Requisitus si tunc temporis, quando dictus dominus episcopus Aniciensis cepit dictum castrum de Captollo, vivebat pater dicti domini Poncii, dixit se nescire ; videtur tamen sibi quod non.

Requisitus si prece vel precio, gracia, hodio vel timore, doctus vel instructus, fert suum testimonium, dixit quod non.


Déposition de Pons du Prat, de Chapteuil.

Poncius de Prato de Captolio, testis juratus, requisitus super primo capitulo, dixit se vidisse et audivisse, bene sunt xl anni et plus, quod dominus B., condam Aniciensis episcopus, cum magno exercitu venit ad castrum de Captolio et dictum castrum per vim cepit et gentes, que erant infra dictum castrum de Captolio pro domino Poncio de Captolio et domina Agnete, ejus matre, ejessit extra, et quendam militem, qui vocabatur dominus Drogo d’Albusso, posuit in dicto castro ut custodiret dictum castrum pro eo et ecclesia Aniciensi.

Requisitus qualiter scit, dixit quia ipse tunc vidit et audivit, et erat infra dictum castrum cum fuit captum et eciam capto dicto castro de Captolio pluries comedit et bibit cum dicto domino Droguo d’Albusso, milite, qui custodiebat pro dicto domino episcopo dictum castrum.

Requisitus quare dictus dominus episcopus cepit dictum castrum, dixit quod ex eo, ut dicebatur, quia gentes dicti domini Poncii de Captolio et domine Agnetis, ejusdem Poncii matris, interfecerant apud civitatem Aniciensem quendam hominem et quandam mulierem, ut dicebatur.

De convencione autem dixit se nichil aliud scire, nisi quod fama est in terra de Captolio et inter homines dicte terre quod facta fuit convencio inter dictum dominum B., tunc Aniciensem episcopum et dictum dominum Poncium de Captolio, quod si dictus dominus Poncius de Captolio decederet absque herede masculo ex suo corpore procreato, quod tota terra de Captolio cum omnibus suis pertinenciis esset in posterum et perpetuo predicti domini episcopi et ecclesie Aniciensis.

Requisitus quid est fama, dixit illud esse famam quod comuniter dicunt gentes.

Item super secundo capitulo requisitus, nichil plus dixit quam supra in primo dixit.

Item super tercio capitulo requisitus, dixit famam esse de contentas in dicto capitulo ; aliter dixit se nescire.

Requisitus quid est fama, respondit ut supra.

Item super quarto et quinto capitulis requisitus, dixit se nichil amplius scire quam supra dixerat.

Item super sexto capitulo requisitus, dixit famam esse de contentis in dicto capitulo ; aliter dixit se nescire.

Requisitus quid est fama, respondit ut supra.

Item super viio, viiio et ixo et xo capitulis requisitus, dixit se nichil aliud scire quam supra dixerat.

Item super xio et xiio capitulis requisitus, dixit famam esse de contentis in dictis capitulis ; aliter dixit se nescire.

Requisitus quid est fama, respondit ut supra.

Item super xiiio et xiiiio capitulis requisitus, nichil amplius dixit quam supra dixerit.

Item super xvo capitulo requisitus, dixit famam esse de contentis in ipso capitulo ; aliter dixit se nichil scire.

Requisitus quid est fama, respondit ut supra.

Item super xvio capitulo requisitus, dixit se nichil scire.

Item super xviio capitulo requisitus, dixit ita verum esse ut in eo continetur.

Requisitus qualiter scit, dixit quod ipse vidit et audivit dictum dominum Poncium de Captolio tenentem et defendentem dicta mandamenta et tenementa infra dictas bolas.

Item dixit se vidisse quod gentes habitantes infra dictas bolas recolligebant se infra dictum castrum de Captolio pro guerris et ibi veniebant pro assiziis.

Requisitus in qua guerra hoc vidit, dixit quod in guerra quam habebant dominus Bertrandus de Chalancone et dominus Armandus d’Alegre et dominus Beraudus de Solomniaco cum dicto domino Poncio de Captolio.

Item super xviiio capitulo requisitus, dixit ut supra de fama dixit.

Requisitus si tunc temporis, quando fuit captum dictum castrum de Captolio et redditum, vivebat pater dicti domini Poncii, dixit se nescire nisi per auditum, quia audivit dici quod sic et quod apud monasterium de Sancto Theofrido detinebatur captus, ex eo quia, ut dicebatur comuniter, erat mente captus.

Requisitus quam partem vellet obtinere, dixit quod jus habentem.

Requisitus si prece vel precio, gracia, hodia vel timore doctus vel instructus, fert suum testimonium, dixit quod non.


Déposition de Pons Pictavini, de Chapteuil.

Poncius Pictavini, de terra de Captolio, testis juratus, requisitus super primo capitulo, dixit quod bene sunt xl anni, ut sibi videtur, quod ipse tunc vidit, ut dixit, magnum exercitum ante castrum de Captolio et dicebatur quod dominus B., tunc episcopus Aniciensis et gentes sue erant, et audivit dici quod dictum castrum ceperunt.

Item dixit se vidisse et audisse dominum Droguonem d’Albusso, militem, post capcionem tenere dictum castrum, et audivit ipsum dominum Droguonem dicentem quod ipse teneba dictum castrum de Captolio pro dicto domine episcopo et ecclesia Aniciensi.

Requisitus quare ceperunt dictus dominus episcopus et gentes sue dictum castrum, dixit se audivisse dici quod ex eo quod dicebatur quod gentes de domini de Captolio interfecerant quendam hominem et quandam mulierem in civitate Anicii.

De convencione autem requisitus, dixit se nichil scire nisi quod fama est in terra de Captolio inter gentes ejusdem terre, quod dictus dominus Poncius, cum recuperavit dictum castrum, fecit pactum dicto domino episcopo quod si ipse decederet absque herede masculo ex suo corpore procreato, quod castrum de Captolio cum omnibus pertinenciis suis esset perpetuo in posterum dicti domini episcopi et ecclesie Aniciensis.

Requisitus quid est fama, respondit illud esse famam quod tota gens dicit.

Item super secundo capitulo requisitus, dixit ut in primo et nichil.

Item super tercio capitulo requisitus, dixit se nihil scire.

Item super quarto capitulo requisitus, dixit ut in primo et nichil plus.

Item super quinto capitulo requisitus, dixit se nichil scire.

Item super sexto capitulo requisitus, dixit esse famam de contentis in ipso capitulo.

Requisitus quid est fama, respondit ut supra.

Item super septimo capitulo requisitus, dixit ut in primo et nichil plus.

Item super octavo, nono et decimo capitulis requisitus, dixit ut in primo et nichil plus.

Item super xio et xiio capitulis requisitus, dixit se nichul scire.

Item super xiiio et xiiiio capitulis requisitus, dixit ut in primo et nichil plus.

Item super xvo et xvio capitulis requisitus, dixit se nichil scire.

Item super xviio capitulo requisitus, dixit ita verum esse ut continetur in ipso capitulo.

Requisitus qualiter scit, dixit quod quia ipse vidit frequenter quod homines habitantes infra dictas limitaciones veniebant ad castrum de Captolio et ibi faciebant manobras, cum operabatur dictum castrum, et ibi se recolligebant cum erat guerra.

Requisitus in qua guerra vidit recolligere dictos homines infra dictum castrum de Captolio, dixit quod in guerra d’Aynac quam habebat cum dicto castro de Captolio, et in guerra domini Poncii de Brione quam habebat cum domino Poncio de Captolio, domino castri predicti de Captolio.

Item super xviiio capitulo requisitus, dixit se nichil aliud scire quam supra in primo capitulo dixit.

Item requisitus si tunc temporis, quando fuit captum dictum castrum de Captolio et eciam redditum, vivebat pater dicti domini Poncii, dixit se nescire.

Requisitus quam partem vellet obtinere, dixit quod jus habentem.

Requisitus si prece vel precio, gracia, hodio, vel timore doctus vel instructus, fert suum testimonium, dixit quod non.


Déposition de Guillaume Médici.

Guillermus Medici, testis juratus, requisitus super primo capitulo, dixit famam esse quod dominus Poncius de Captolio fecerat pactum cum domino Bernardo, tunc Aniciensi episcopo, eo tempore quo recuperavit terram suam, quod si decederet absque herede ex suo corpore procreato, quod castrum de Captolio cum pertinenciis suis in posterum et perpetuo ecclesie Aniciensis esset.

Requisitus quid est fama, dixit illud esse famam quod gens dicit.

Requisitus ubi et inter quos est dicta fama, dixit quod in terra de Captolio et inter gentes ejusdem terre.

Requisitus a quanto tempore fuit ista fama, dixit quod bene sunt xxx anni quod fuit dicta fama et ab illo tempore citra fuit dicta fama.

Item super secundo capitulo requisitus, dixit idem ut in primo et nichil plus.

Item super tercio capitulo requisitus, dixit esse famam de contentis in dicto capitulo.

Requisitus quid est fama et ubi et inter quos et a quanto tempore citra, dixit et respondit ut supra in primo capitulo.

Item super quarto et quinto, dixit famam esse de contentis in eis.

Requisitus quid est fama et ubi et inter quos et a quanto tempore citra, dixit et respondit ut supra in primo capitulo.

Item super sexto capitulo requisitus, dixit se nichil scire.

Item super viio capitulo requisitus, dixit se nichil scire.

Item super viiio et ixo et xo capitulis requisitus, dixit se nichil scire.

Item super xio et xiio capitulis requisitus, dixit se audivisse dici ab Ugone Penthecosta, cum quo, ipse qui loquitur, morabatur, ut dixit, quod dominus Poncius de Captolio fecerat quandam literam domino B., Aniciensi episcopo, in qua continebatur quod si dictus dominus Poncius de Captolio decederet absque herede ex sue corpore procreato, quod castrum de Captolio eum pertinenciis suis et terra ei inherenti esset in posterum et perpetuo ecclesie Aniciiisis.

Item dixit se audivisse dici a dicto Ugone quod ipse dictam literam fecerat sigillari de xiii sigillis et eam portaverat baronibus Vellaycis ut dictam literam sigillarent.

Item super xiiio et xiiiio capitulis requisitus, dixit se nichil aliud scire quam supra dixerat in primo capitulo.

Item super xvo capitulo requisitus, dixit se nichil scire.

Item super xvio capitulo requisitus, dixit quod ipse, qui loquitur, audivit dictum dominum Poncium de Captolio dicentem quandam die, de qua non recordatur, ut dixit, in castro de Captolio in leschifa, cum ipse, qui loquitur, diceret dicto domino Poncio : Domine, bonum esset quod ordinaretis de rebus vestris quia vetus estis ; sed dubio quod non possitis propter literam quam fecistis episcopo et ecclesie Aniciensibus ; tunc dictus dominus Poncius respondit et dixit ipsi tunc, qui loquitur, accipiendo manum suam et dicendo : in bona fide quam tibi habeo, non dubites de litera, quia nunquam magis videbunt eam illi de ecclesia, quia admissa est ; dicendo ipsi, qui loquitur, ut dixit, hec verba : si illi de ecclesia habent amicos, a simili nos habemus amicos in ecclesia.

Item super xviio capitulo requisitus, dixit ita verum esse ut in eodem capitulo continetur.

Requisitus qualiter scit, dixit quod ipse vidit dictum dominum Poncium de Captolio defendentem dicta tenementa usque ad dictas bolas.

Item dixit se vidisse pluries homines, habitantes infra dictas bolas, venientes ad assizias castri de Captolio apud castrum de Captolio causa ibidem accipiendi et faciendi jus. Vidit eciam quod cum dominus A. de Pict. condam haberet guerram cum dicto domino Poncio de Captolio, quod homines habitantes infra dictas bolas recipiebant se infra dictum castrum, et dixit quod bene sunt xx anni quod dicta guerra fuit.

Item super xviiio capitulo requisitus, dixit se nichil aliud scire quam supra dixerat.

Requisitus si tempore, quo dictum castrum fuit redditum dicto domino Poncio, pater ipsius domini Poncii vivebat, dixit quod sic.

Requisitus qualiter scit, dixit quia ipse vidit dominum Petrum de Fayno patrem dicti domini Poncii de Captolio, apud Montilium, ubi detinebatur captus, quia furiosus erat.

Requisitus quam partem vellet obtinere, dixit quod jus habentem.

Requisitus si prece vel precio, gracia, hodio vel amore dactus vel instructus, fert suum testimonium, dixit quod non.


Déposition de Pierre Métima, bourgeois du Puy.

Petrus Metima, civis Aniciensis, testis juratus, requisitus super primo capitulo, dixit quod ipse vidit et audivit, ut dixit, bene sunt l anni elapsi, quod dominus B., condam episcopus Aniciensis, ivit cum magne exercitu ad castrum de Captolio et dictum castrum per vim cepit, ipse qui loquitur, presente et vidente, qui ipse erat, ut dixit, in dicto exercitu.

Requisitus ex qua causa cepit dictum castrum, dixit quod ex eo, ut dicebatur, quia gentes domini Poncii de Captolio interfecerant quendam hominem et quandam mulierem in civitate Anicii, ut dicebatur.

Super convencione requisitus, dixit se nichil scire nisi per famam ; dixit tamen quod fama publica est in civitate Anicii, quod quando dictus dominus episcopus reddidit dictum castrum dicto domino Poncio, dictus dominus Poncius fecit pactum dicto domino episcopo, quod si ipse decederet absque herede ex suo corpore procreato, quod castrum de Captolio deberet esse domini Aniciensis episcopi, et sub tali pacto dictus dominus episcopus reddidit dictum castrum de Captolio dicto domino Poncio, ut est fama.

Requisitus quid est fama, respondit et dixit illud esse famam quod comuniter dicitur per gentes.

Requisitus ubi et inter quos est dicta fama, dixit quod in civitate Anicii et inter gentes ipsius civitatis.

Requisitus quando habuit originem ista fama, dixit quod bene sunt xl anni et a xl annis citra audivit dictam famam.

Requisitus si tunc temporis vivebat pater dicti domini Poncii, dixit se nescire.

Item super secundo capitulo requisitus, dixit se nichil aliud scire quam supra dixerat in primo.

Item super tercio capitulo requisitus, dixit esse famam de contentis in dicto capitulo, aliter dixit se nescire.

De fama dixit ut supra in primo capitulo.

Item super quarto capitulo requisitus, dixit ut supra in primo capitulo.

Item super quinto capitulo requisitus, dixit ut supra in primo capitulo et nichil plus.

Item super sexto capitulo requisitus, dixit se nichil scire.

Item super septimo, octavo, nono et decimo capitulis requisitus, dixit se nichil aliud scire quam supra dixit in primo capitulo.

Item super xio et xiio capitulis requisitus, dixit esse famam de contentis in eis, aliter dixit se nichil scire.

Requisitus quid est fama, respondit ut supra in primo capitulo.

Item super xiiio et xiiiio capitulis requisitus, dixit ut supra in primo capitulo et nichil plus.

Item super xvo capitulo requisitus, dixit famam esse quod dominus Poncius de Glavenacio, canonicus Aniciensis, abbas tunc Sancti Petri, dictam literam seu cartam subtraxit et eam reddidit dicto domino Poncio de Captolio.

Requisitus de fama, respondit ut supra in primo capitulo.

Requisitus a quo tempore citra dicta fama habuit ortum, dixit quod bene sunt viginti anni et a viginti annis citra habuit ortum dicta fama et fuit fama in civitate Anicii et inter gentes ipsius civitatis.

Item super xvio et xviio capitulis requisitus, dixit se nichil scire.

Item super xviiio capitulo requisitus, dixit se nichil aliud scire quam supra dixerat.

Requisitus quam partem vellet obtinere, dixit quod jus habentem.

Requisitus si prece vel precio, gracia, hodio vel timore, doctus vel instructus, fert suum testimonium, dixit quod non.


Déposition de Pons Champclause, de Montvert.

Poncius Chamclausa, de Monte viridi, testis juratus, requisitus super primo capitulo, dixit quod bene sunt xi anni elapssi et plus, ut sibi videtur, quod ipse vidit et audivit, ut dixit, quod dominus B., condam episcopus Aniciensis, venit ad castrum de Captolio cum magno exercitu, et erat circa introytum messium, de die tamen non recordatur, et cepit per vim castrum de Captolio.

Requisitus qua de causa cepit dictum castrum, dixit quod ex eo, ut dicebatur, quia gentes domini Poncii de Captolio interfecerant apud Anicium, ut dicebatur, quendam hominem, et propter multa alia maleficia que dicebantur comisisse dicte gentes dicti domini Poncii.

Requisitus quanto tempore tenuit dicum castrum dictus dominus episcopus, dixit quod per sex vel septem annos ut sibi videtur.

Requisitus si dictus dominus episcopus tenebat dictum castrum vel alius pro eo, dixit quod quidam miles qui vocabatur dominus Droguo.

Requisitus qualiter scit quod dictus dominus Droguo teneret dictum castrum pro dicto domino episcopo, dixit quod vidit dictum dominum Droguonem infra dictum castrum tenentem et custodientem dictum castrum, et dicentem quod pro dicto domino episcopo tenebat dictum castrum.

Item dixit se vidisse et audivisse, ut dixit, postea elapssis sex vel septem annis, quod dictus dominus episcopus una cum dicto domino Poncio de Captolio et pluribus aliis venerunt quadam die ad castrum de Captolio, et tunc audivit dictum dominum episcopum dicentem, ut dixit : Domini, tantum rogaverunt nos amici Poncii de Captolio et ipse idem Poncius quod opporteret nos ei reddere castrum de Captolio, et nos reddimus ei dictum castrum de Captolio cum pertinenciis suis, sub hoc pacto et sub hac condicione, quod si ipse moriatur absque herede ex suo corpore procreato, quod castrum de Captolio cum omnibus suis pertinenciis reddeat et sit in posterum et perpetuo ecclesie Aniciensi. Et tunc dictus dominus Poncius, qui ibi presens erat, recepit dictum castrum cum pertinenciis suis sub dicto pacto et dicta condicione.

Requisitus qualiter scit, dixit quod sic vidit et audivit et presens erat.

Requisitus in quo loco predicta fuerunt facta et dicta, dixit quod apud castrum de Captolio infra burgum in platea.

Requisitus de presentibus, dixit se non recordari.

Requisitus si tunc temporis vivebat pater dicti domini Poncii de Captolio, dixit quod sic.

Requisitus qualiter scit, dixit et respondit quod vidit eum postea frequenter apud Captolium et apud monasterium de Sancto Theofredo, ubi detinebatur captus, cum esset furiosus.

Item super secundo capitulo requisitus, dixit ut in primo et nichil plus.

Item super tercio capitulo requisitus, dixit famam esse de contentis in dicto capitulo, aliter tamen nescit ut dixit.

Requisitus quid est fama, dixit quod illud quod dicit tota gens.

Requisitus ubi et inter quos est dicta fama, respondit et, dixit quod in terra de Captolio et inter gentes dicte terre.

Requisitus quando habuit ortum dicta fama, dixit quod bene sunt xl anni et a xl annis citra ipse audivit, ut dixit, dictam famam.

Item super quarto et quinto capitulis requisitus, dixit ut in primo et nichil plus.

Item super sexto capitulo requisitus, dixit ita verum esse ut in eo continetur.

Requisitus qualiter scit, dixit quod vidit et audivit et presens fuit, quod dominus episcopus predictus, quum reddidit dictum castrum de Captolio et claves dicti castri dicto domino Poncio de Captolio, obsculatus fuit eundem dominum Poncium.

Requisitus in quo loco fuit datum dictum obsculum, dixit quod in castro de Captolio infra burgum in platea.

Requisitus qui erant ibi presentes, dixit se non recordari.

Item super septimo, octavo, nono et decimo capitulis requisitus, dixit ut supra in primo capitulo et nichil plus.

Item super decimo capitulo requisitus, dixit quod ipse vidit et audivit predictum dominum Poncium de Captolio confitentem et dicentem ipsi tunc, qui loquitur, in absencia tamen dicti domini episcopi, quod ipse fecerat pactum cum dicto domino episcopo, quod si ipse decederet sine herede ex suo corpore procreato, quod castrum de Captolio cum pertinenciis suis debebat reddire ad ecclesiam Aniciensem.

Requisitus ubi audivit ipsum dicentem dicta verba, dixit quod tam apud Captolium quam eciam apud Montem viridi (sic), quia ipse tunc, ut dixit, erat tunc baiulus de Monte viridi pro dicto domino Poncio.

Requisitus quantum tempus est quod audivit dictum dominum Poncium dicentem dicta verba, dixit quod bene sunt tres anni et a tribus annis citra.

Requisitus si aliqui alii erant presentes dum dictus dominus Poncius de Captolio confitebatur et dicebat dicta verba, dixit se non recordari.

Item super xio et xiio capitulis requisitus, dixit ita verum esse ut in eis continetur.

Requisitus qualiter scit, dixit quia ipse tunc vidit et tenuit dictam literam et eciam ivit cum Ugone Penthecosta, qui defferebat dictam literam, ad dominum Guigonem et dominum Artaudum de la Viieu et ad quendam alium dominum de Geres, de cujus nomine dixit se non recordari, et fecerunt dictam literam, in qua erant sex sigilla, sigillari tribus sigillis dictorum trium dominorum.

Requisitus quorum erant dicta sex sigilla quibus erat dicta litera sigillata, dixit quod unum erat dicti domini Poncii de Captolio domini de Captolio, alterum vicecomitis Podomiaci, aliud domini de Chalancono, aliud domini de Solomiaco, aliud domini de Guodeto, aliud domini episcopi predicti.

Requisitus qualiter scit quod dicta sigilla essent predictorum et quid in dicta litera contineretur, dixit quod ipse, cum detulerunt dictam literam dominus Ugo Penthecosta et ipse tunc predictis tribus dominis causa sigillandi, audivit dictam literam legi a quodam clerico, cujus nomen dixit se nescire, quia dicti tres domini voluerunt audire quid continebatur in dicta litera antequam apponerent sua sigilla in eadem litera, et vidit et audivit tunc dictum clericum legentem dictam literam, dicentem quod in dicta litera continebatur, quod dominus Poncius de Captolio, dominus de Captolio, fecerat pactum cum domino B., tunc Aniciensi episcopo, quod si ipse dominus Poncius decederet sine herede ex suo corpore procreato, quod castrum de Captolio cum pertinenciis suis esset ecclesie Aniciensis : vidit et audivit eciam, ut dixit, dictum clericum dicentem quod dicta sigilla erant predictorum de quibus supra dixit.

Requisitus de tempore quo predicta fuerunt, dixit quod bene a xxx usque ad xxxiii annos.

Item super xiiio et xiiiio capitulis requisitus, dixit ut supra dixerat et nichil plus.

Item dixit requisitus super xvo capitulo et xvio se audivisse dici a dicto domino Poncio de Captolio, quod ipse recuperaverat literam factam inter ipsum et dictum dominum episcopum de convencione predicta et eam combuxerat, et audivit eciam ipsum dominum Poncium dicentem quod dominus Poncius de Glavenacio eam sibi reddiderat.

Requisitus quando et ubi audivit predictum dominum Poncium predicta verba dicentem, dixit quod in castro de Monte viridi, quod ipse tunc tenebat ut dixit pro dicto domino Poncio, et sunt bene tres anni elapssi ut dixit.

Requisitus de presentibus, dixit quod nullus erat presens sed ipsi duo tantum.

Item super xviio capitulo requisitus, dixit ita verum esse ut in eo continetur.

Requisitus qualiter scit, dixit quod ipse scit bene dictas bolas, bene sunt l anni, et vidit et audivit dicta mandamenta et tenementa bolari et terminari cum illis de Bonas et cum illis de Fayno et de Manso Ade, et vidit et audivit quod predictus dominus Poncius predicta tenementa et mandamenta deffendebat usque ad dictas bolas.

Item dixit se vidisse et audivisse pluries quod homines, habitantes infra dictas terminaciones et bolas, veniebant apud castrum de Captolio ad assizias ipsius castri et ibi faciebant jus et recipiebant, et quod tempore guerrarum reponebant se infra dictum castrum et faciebant operas et guachas in dicto castro, et hoc vidit de guerra domini Ademarii domini de Fayno et domini Ugonis de Tornono.

Item super xviiio capitulo requisitus, dixit ut supra dixerat et nichil plus.

Requisitus quam partem vellet obtinere, dixit quod jus habentem.

Requisitus si prece vel precio, gracia, hodio vel timore doctus vel instructus, fert suum testimonium, dixit quod non.


Déposition de Guillaume de Montrevel.

Dominus Guillermus de Monte Revello, testis juratus, requisitus, dixit famam esse de contentis in dicto capitulo, aliter tamen dixit se nescire.

Requisitus quid est fama, dixit illud esse famam publicam quod comuniter dicitur a populo vel majore parte populi.

Requisitus ubi et inter quos est dicta fama, dixit quod in civitate Anicii et terra de Captolio et in locis circumvicinis et inter gentes dictorum locorum.

Requisitus quando habuit ortum ista fama, dixit quod bene sunt xxx anni quod ipse audivit istam famam.

Requisitus si tempore, quo dicitur fuisse facta dicta convencio inter dictos dominum episcopum et dictum dominum Poncium de Captolio, vivebat pater dicti domini Poncii, dixit se nescire : audivit tamen dici quod tunc temporis vivebat.

Item super secundo capitulo requisitus, dixit famam esse de contentis in dicto capitulo.

Requisitus quid est fama et ubi et inter quos et a quo tempore citra habuit ortum dicta fama, dixit ut supra.

Item super tercio capitulo requisitus, dixit ita verum esse ut in eodem capitulo continetur.

Requisitus qualiter scit, dixit quod ipso vidit et audivit, quod dictus dominus Poncius de Captolio fecit fidelitatem et homagium pro predictis castris et fortaliciis de Captolio et de Monte usto et de Monte viridi et mandamentis atque tenementis eorum tribus episcopis Aniciensibus, videlicet domino Armando de Podomiaco, domino Guidoni Fulchodii, domino Guillermo de Rota successive ; et ita dixit se vidisse et audivisse legi duas vel tres litteras sigilatas sigillis tam dicti domini Poncii quam predecessorum suorum, in quibus continebatur quod predicta castra et fortalicia et eorum mandamenta et tenementa tenebantur in feudum ab ecclesia Aniciensi.

Requisitus ubi vidit fieri dictam fidelitatem et dictum homagium per predictum dominum Poncium predictis episcopis, dixit quod in capitulo ecclesie Aniciensis, ubi similia fieri consueverunt.

De tempore requisitus, dixit quod de prima fidelitate sunt circa xxx anni et de secunda fidelitate sunt xxvi vel xxvii anni et de ultima sunt xv vel xvi anni.

Item super quarto capitulo requisitus, dixit ut in primo.

Item super quinto, sexto et septimo et octavo, nono, decimo, xio, xiio, xiiio, xiiiio, xvo, xvio, xviio et xviiio capitulis requisitus, dixit famam esse de contentis in eis ; aliter dixit se nichil scire.

Requisitus quid est fama et ubi et inter quos et a quo tempore citra habuit ortum dicta fama, respondit ut supra in primo capitulo.

Requisitus quam partem vellet obtinere, dixit quod jus habentem.

Requisitus si prece vel precio, gracia, hodio vel timore doctus vel instructus, fert suum testimonium, dixit quod non.


Déposition de François Eles.

Dominus Franco Eles, testis juratus, requisitus super primo capitulo, dixit famam esse de contentis in dicto capitulo ; aliter tamen nescit.

Requisitus quid est fama, dixit quod illud quod gens comuniter dicit.

Requisitus ubi et inter quos est dicta fama, dixit quod in terra de Captolio et in civitate Anicii et in locis circumvicinis et inter gentes dictorum locorum.

Requisitus quando audivit primo istam famam, dixit quod bene sunt xx anni.

Item super secundo capitulo requisitus, dixit ut in primo et nichil plus.

Item super tercio et quarto et quinto capitulis requisitus, dixit famam esse de contentis in eisdem capitulis.

Requisitus quid est fama et ubi et inter quos et a quo tempore citra audivit dictam famam, respondit et dixit ut supra in primo capitulo.

Item super sexto capitulo requisitus, dixit se nichil scire.

Item super septimo capitulo requisitus et eciam octavo, dixit famam esse de contentis in dictis capitulis, et requisitus quid est fama et ubi inter quos et a quo tempore citra audivit dictam famam, respondit et dixit ut supra in primo capitulo.

Item super nono et decimo capitulis requisitus, dixit se nichil scire.

Item super xio et xiio capitulis requisitus, dixit famam esse de contentis in eis.

Requisitus quid est fama et ubi et inter quos et a quo tempore citra audivit dictam famam, respondit et dixit ut supra in primo capitulo.

Item super xiiio et xxiiiio capitulis requisitus, dixit, ut supra dixit, et nihil plus.

Item super xvo et xvio et xviio capitulis, dixit requisitus famam esse de contentis in dictis capitulis.

Requisitus quid est fama et ubi et inter quos et a quo tempore citra audivit dictam famam, respondit et dixit ut supra in primo capitulo.

Item super xviiio capitulo requisitus, dixit ut supra et nihil plus.

Requisitus si tempore, quo dicuntur facte fuisse dicte conventiones inter dictum dominum B., condam Aniciensem episcopum et dictum dominum Poncium de Captolio, vivebat pater dicti domini Poncii, dixit se nescire ; dixit tamen quod audivit dici quod sic.

Requisitus quam partem vellet obtinere, dixit quod jus habentem.

Requisitus si prece vel precio, gracia, hodio vel timore doctus vel instructus, fert suum testimonium, dixit quod non.


Déposition de Silvinot, de Chapteuil.

Silviotus de Captolio, testis juratus, requisitus super primo capitulo, dixit famam esse publicam de contentis in dicto capitulo ; aliter dixit se nescire.

Requisitus quid est fama, respondit et dixit illud esse famam publicam quod tota gens dicit.

Requisitus ubi et inter quos st dicta fama, dixit quod in terra de Captolio et locis circumvicinis et inter gentes dicte terre et locorum circumvicinorum.

Requisitus a quo tempore citra audivit dictam famam, dixit quod bene sunt xxx anni et a xxx annis citra.

Requisitus si tempore, quo dicebantur fuisse facte dicte convenciones inter dictum dominum episcopum Aniciensem et dominum Poncium de Captolio, vivebat pater dicti domini Poncii de Captolio, dixit quod sic.

Requisitus qualiter scit, dixit quod postquam dicuntur fuisse facte dicte convenciones inter predictos dominum episcopum Aniciensem et dictum dominum Poncium super terram de Captolio, ipse vidit et audivit, ut dixit, dominum Petrum de Fayno, patrem dicti domini Poncii, apud monasterium de Sancto Theofredo, ubi captus detinebatur quia furiosus erat, et dixit eciam quod ipse tunc portavit frequenter eidem camisias et braguas et quedam alia necessaria[16].


Cætera desunt.




XIV

Accord entre l’évêque Frédol et Pons de Goudet.


(Le Puy, 31 janvier 1289, n. s.)

L’enquête de 1285 donnait raison à l’évêque Frédol sur le point de fait. De nombreux et honorables témoignages avaient surabondamment établi qu’à la suite du meurtre et autres attentats commis en notre ville par dame Agnès et son fils, Bernard de Montaigu, haut suzerain de Chapteuil, s’était rendu maître par les armes du château et de la personne de son vassal et n’avait consenti à rendre la liberté au captif et à lui restituer ses domaines que sous des conditions mutuellement débattues et formellement acceptées. Le contrat souscrit par Pons de Chapteuil était chose avérée, indéniable. Aux termes de ce contrat, revêtu de formalités multiples, la baronnie devait revenir à l’église anicienne si Pons décédait sans héritier mâle. Rien de plus net, de plus topique, Mais, si la question de fait se trouvait hors de conteste, il n’en était point de même pour la question de droit. En laissant de côté les exceptions de compétence et de litispendance proposées par le seigneur d’Eynac dans sa requête au juge Pierre Cilve, il se présentait au fond du débat des doutes très graves contre la validité de l’engagement imposé à Pons de Chapteuil vers l’année 1240. Et d’abord le damoiseau était-il majeur lorsqu’il contracta avec Bernard de Montaigu ? Les pièces du procès laissent ce point obscur. En admettant toutefois l’entière capacité de Pons, était-il permis à ce jeune homme d’aliéner éventuellement ses biens, lorsque son père vivait encore ? Si Pierre de Fay se trouvait alors en état de démence, il n’en restait pas moins le chef nominal et légal de Chapteuil et son fils n’avait pu régulièrement traiter au regard du patrimoine paternel, c’est-à-dire compromettre sur une succession future. D’autre part le consentement de Pons avait-il été libre, n’était-il pas vicié par la crainte et la justice devait-elle consacrer une abdication conditionnelle, obtenue d’un prisonnier impatient de sa délivrance ? Le procès, il est vrai, n’était point soumis aux seules règles de la loi civile. Il fallait compter avec les prescriptions du code féodal. Pons avait commis une forfaiture envers son suzerain, et il pouvait être puni de son crime par la prison et la déchéance de son fief ; mais le châtiment n’était-il pas excessif, lorsqu’il était subi par un adolescent, victime du mauvais exemple maternel, et infligé par une église, intéressée à la ruine du coupable ? En outre, le procès atteignait d’autres personnes que l’héritier de Pons de Chapteuil. La famille de Brion avait des droits sur les domaines en litige, grevés également de redevances, usages, servitudes au profit de Jausserand de Saussac, des Chalencon, des Malet, des Falcon d’Espaly, d’un gentilhomme du nom d’Itier, d’une dame Almueys de Coubon. L’enchevêtrement de la propriété noble et les démembrements successifs qu’elle affectait au moyen âge auraient suffi à donner à l’instance engagée devant la cour du roi une gravité exceptionnelle. Il n’était pas jusqu’à l’assiette elle-même de la baronnie, à sa consistance, à ses limites, qui ne donnassent ouverture à des discussions irritantes. Le périmètre des possessions de Chapteuil s’étendait fort loin, jusqu’aux abords de Queyrières[17] et de Saint-Voy (Bonas)[18], et enfin de nombreux usagers pour les coupes de bois et les dépaissances d’animaux étaient compromis dans la querelle. Tant d’intérêts complexes et entremêlés expliquent les lenteurs d’une procédure, inaugurée en 1285 et restée sans solution jusqu’en 1289. L’instance était donc très épineuse et son résultat incertain : les parties le comprirent et se résignèrent à des sacrifices réciproques. À la suite de divers pourparlers et de grandes conférences, elles en vinrent à composition par l’entremise d’amis communs et sous les auspices de Raymond de Poiolar, juge et magistrat pour le roi au Puy[19].

Voici les articles arrêtés d’un commun accord :

Le château de Chapteuil avec son mandement, ses diverses dépendances, sa justice haute, moyenne et basse, ses taillis, cens et droits de toute sorte, fut attribuée à l’église du Puy. Il en fut de même pour le fief de Lardeyrol et les autres fiefs et arrière-fiefs de cette terre, astreints à la mouvance de Chapteuil. L’évêque promit de payer comme soulte de cette expédition de fonds la somme de 90 livres tournois au seigneur d’Eynac, et Pons de Goudet, à son tour, fit promesse de garantie pour toutes les recherches que pourraient se permettre sur la seigneurie de Chapteuil Hugues de la Tour de Saint-Vidal et son fils, Hugues-le-Vieux, en vertu d’une substitution contenue en leur faveur dans le testament de feu Pons de Chapteuil. Le seigneur d’Eynac s’engagea, en outre, à la même garantie contre toutes réclamations de la part de Guigon de Goudet, de Pierre Falcon et de Pons de Brion.

Les forts du Villard, de Montusclat et de Montvert avec leurs mandements, dépendances et droits de toute sorte, devinrent la propriété du seigneur d’Eynac, mais sous la réserve de foi et hommage envers l’église du Puy, tant pour les forts eux-mêmes et leurs accessoires actuels que pour tous les châteaux pouvant être construits à l’avenir sur le territoire cédé. L’évêque promit son fait et cause et l’assistance de ses successeurs contre toute tentative d’éviction de la part de Bertrand Itier, chevalier.

Les limites du ressort ou district de Montvert furent assignées dans la direction du château de Bonas. Pons de Goudet reçut l’entier domaine et la pleine juridiction des tènements bornés par le cours d’eau dit de Dorba, mais sous la réserve des droits de dépaissance exercés par les hommes de la mouvance de Bonas. Le bois du Meygal, qui se trouvait en parérie entre la maison de Chapteuil et celle de Saussac, continua à appartenir par moitié au seigneur d’Eynac avec réserve d’hommage au profit de l’évêque. Le Mans des Sausses, dans la commune de Saint-Pierre-Eynac, devint également le lot de Pons de Goudet, lequel se soumit à payer toutes les dettes de son oncle, Pons de Chapteuil, et notamment le douaire et les reprises dotales de sa tante Marquèze.

Au cas où les présentes conventions présenteraient quelques ambiguïtés, les parties promirent de s’en remettre entièrement à l’arbitrage de Raymond de Poiolar.

À titre de clause pénale, celle des parties qui manquerait aux conventions, se reconnut de plein droit passible envers l’autre contractant d’une indemnité de mille livres tournois.

Moyennant ces conventions mutuellement acceptées de bonne foi, les parties se promirent paix durable, oubli définitif et rémission générale. Pons de Goudet et Armand de Bouzols, abbé de Saint-Pierre-Latour et procureur de l’évêque, jurèrent sur l’âme dudit évêque[20] de respecter le pacte solennel et firent ensuite les protestations et soumissions d’usage dans les contrats du temps. Enfin tous les droits de Marquèze, la veuve de Pons de Chapteuil, furent réservés sur le fort du Villard.

L’acte fut dressé en plein chapitre de Notre-Dame, devant tous les chanoines réunis en assemblée générale, le lundi avant la fête de la Purification de la Sainte Vierge, le 31 janvier 1289 (n. s.). Étaient présents en personne Pons de Goudet et l’évêque Frédol. Voici les noms des chanoines qui ratifièrent les conventions : Raymond Atger[21], doyen ; Armand de Bouzols, abbé de Saint-Pierre-Latour ; Guillaume de Montrevel[22], prévôt ; Pierre de Montgascon, Geoffroi de Saint-Bonnet, Pierre de Servissac, Guillaume de Borne, Jausserand Malet, Hugues Vigier, Jean Cardinal, Guillaume Godefroi de Saint-Bonnet, Bertrand Mir et Guillaume Radulphe. Ces chanoines jurèrent sur les saints Évangiles de maintenir le contrat auquel ils donnaient leur approbation formelle.

Austorge de Montaigu, abbé de Séguret[23], Falcon d’Espaly et Jourdain de Ceyssac, chanoines, firent le même serment. Ces derniers chanoines semblent être intervenus comme parties jointes au procès.

Au nombre des témoins figurent le doyen Atger et Falcon d’Espaly, susnommés ; Armand de Fay, chanoine de Saint-Agrève ; les clercs ou choriers de l’église du Puy : Hugues du Chier, Bertrand de Solignac, Jean d’Aiguilhe, Hugues de Madriac, Laurent Dantu, Bernard de La Tour, Thomas de Rosières, Pierre de Saint-Flour, Thomas de Baschos, Philippe de Borne, Pierre Chatoyl, Martin de Rochefort, Jacques Peytou ; les chevaliers : Villate de Pradelles, Pierre Falcon, Guillaume Arnaud et Guillaume de Saint-Just ; et les personnages suivants non qualifiés, à l’exception de deux : Pierre de Mercoyres, Jean de Saint-Marcel, Armand de Rochebaron, Pierre de Lastic, de l’ordre des Frères-Mineurs, Pierre de Saint-Germain, Durand d’Anezac, chapelain de Loudes, Aymeric Aspais, etc. Le grand nombre de témoins et l’abondance des solennités qu’on remarque dans l’instrument dressé par Raymond Avril, notaire royal, attestent combien ce grand litige entre l’église du Puy et la succession de Pons de Chapteuil avait provoqué de graves débats et remué l’opinion publique dans le diocèse.

Les auteurs du Gallia christiana ont connu cette transaction, car ils la relatent en ces termes dans les Instrumenta de l’Eccl. Aniciensis, t. II, col. 237 et 238 : Fredolus fecit concordiam cum Poncio de Godeto, milite, II calend. Januarii die lunæ ante Purificationem B. M. m. cclxxxviii præsentibus Raymundo Atgerii, decano, Guillelmo de Monte-Revello præposito, Armando de Bouzols, abbé S. P. de Turre, Austorgio de Monte-acuto, abbate Secureti, et aliis, etc.

Nous acquittons une dette légitime de reconnaissance en déclarant que ce beau diplôme a été transcrit aux Archives départementales sur une copie authentique du xviiie siècle par notre ami, M. l’abbé Payrard, curé de Saint-Julien-d’Ance.

In nomine Domini, amen. Anno Incarnationis ejusdem millesimo ducentesimo octuagesimo octavo, die lune ante festum Purificationis Beate Marie, que dies fuit secunda Kalendas febroarii, illustrissimo domino Philippo Dei gracia Francorum rege regnante, noverint universi presentes pariter et futuri hoc presens publicum instrumentum inspecturi, quod cum questio seu controversia esset et verteretur, esse et verti speraretur inter nobilem virum dominum Poncium de Godeto, militem, dominum castri d’Aynac[24], Aniciensis diocesis, ex parte una ; et reverendum in Christo patrem dominum Fredolum, Dei gracia Aniciensem episcopum, nomine Aniciensis ecclesie, ex parte altera ; super eo videlicet quod dictus dominus Poncius dicebat et asserebat castrum de Captolio, fortalicia de Vilari[25], de Monte usclato[26] et de Monte viridi[27] cum eorum mandamentis et pertinentiis ad se pertinere debere pleno jure tam ex donatione inter vivos sibi facta per nobilem virum dominum Poncium de Chaptolio, avunculum suum, dominum castri et fortaliciorum predictorum, tam ex institutione hereditatis sibi facta in testamento domini Poncii de Chaptolio supradicti, tam ex aliis justis et legitimis causis, prout de predictis dicebat constare per publica instrumenta ; dicto domino episcopo nomine Aniciensis ecclesie in contrarium dicente et asserente castrum et fortalicia predicta cum eorum mandamentis et pertinentiis ad ipsum nomine ecclesie Aniciensis et ad ipsam ecclesiam pertinere debere tam ex conventione facta dudum inter bone memorie dominum B., Aniciensem episcopum, nomine Aniciensis ecclesie, ex parte una ; et dominum Poncium de Chaptolio, ex parte altera ; in qua quidem compositione seu conventione dicebat dictus dominus episcopus contineri quod, si contingeret dictum dominum Poncium de Chaptolio decedere sine herede masculo de suo corpore et de legitimo matrimonio procreato, castrum et fortalicia predicta cum eorum pertinentiis et mandamentis essent ipsius Aniciensis ecclesie et ad ipsam ecclesiam pleno jure post mortem dicti Poncii de Chaptolio devenirent, prout de predicta conventione dicebat dictus dominus episcopus constare per quoddam publicum instrumentum confectum super deposicione testium in forma publicationis in curia domini regis productorum super probanda conventione predicta ; dicente etiam dicto domino episcopo se esse in possessione, nomine Aniciensis ecclesie, castri et fortaliciorum predictorum.

Verum cum super jure et possessione castri et fortaliciorum predictorum fuisset diutius in curia domini Regis litigatum inter partes predictas, tandem post multas altercationes variosque tractatus habitos et habitas supra compositione seu transactione facienda inter dictum dominum Poncium de Godeto et dominum episcopum, nomine Aniciensis ecclesie, ipsi, inquam, dominus Poncius pro se, ex parte una, et dominus Aniciensis episcopus pro se et nomine Aniciensis ecclesie, ex parte altera, cum consensu Aniciensis capituli, interveniente et tractante discreto viro Raimundo de Poiolario, judice et officiali Aniciensi, amico communi ab ipsis electo, transigerunt partes, conventionibus solemnibus vicissim intervenientibus in modum infrascriptum :

In primis quod dictum castrum de Chaptolio cum suo mandamento, prout ipsum mandamentum dictus judex et officialis bolavit, designavit, terminavit et adhuc bolaverit, designaverit et terminaverit, sit et esse debeat ipsius domini Aniciensis episcopi nomine Aniciensis ecclesie et ad ipsum episcopum nomine Aniciensis ecclesie et ad ipsam ecclesiam, quoad merum et mixtum imperium et omnimoda jurisdictio, cum omnibus censibus, redditibus, talliis, usagiis, servitutibus et omnibus aliis juribus universis pertineant pleno jure ;

Et quod castrum de Lardeyrol, cum suo mandamento, et omnia alia feuda seu retrofeuda ad ipsum castrum de Chaptolio pertinentia, et que de feudo domini ipsius castri esse reperirentur, sint et esse debeant dicti domini episcopi et successorum suorum nomine ecclesie Aniciensis predicte et ad ipsam ecclesiam pertineant pleno jure ;

Et quod dictus dominus Poncius de Godeto pro se et univeris successeribus suis cedat et quitet ac remittat predicto domino episcopo recipienti nomine Aniciensis ecclesie omne jus omnesque actiones, quod et que eidem domino Poncio competebant seu competere poterant in dicto castro et ejus mandamento et in feudis et retrofeudis predictis, et quod seu quas habebat seu visus erat habere contra dictum dominum episcopum seu ecclesiam Aniciensem, tam ratione predictorum donationis et institutionis quam ex quacumque alia de causa. Quam quidem quictationem, cessionem, remissionem et pactum de non reale et personale vallatum et sollemni stipulatione vestitum faciet dictus dominus Poncius de Godeto pro se et suis successoribus universis dicto domino episcopo presenti et nomine Aniciensis ecclesie recipienti et sollempniter stipulanti ;

Item convenerunt quod ratione dictarum cessionis, remissionis et quitationis dictus episcopus nomine Aniciensis ecclesie det et solvat, dare et solvere teneatur eidem domino Poncio de Godeto novies centum libras turonenses per terminos et solutiones infrascriptos, videlicet quingentas libras turonenses huic ad quindecim dies proximo venientes et residuas quadringenta libras in instanti festo Omnium Sanctorum proximo veniente ;

Item convenerunt quod si dominus Hugo de Turre[28] seu Hugo vetus, filius suus, ratione substitutionis sibi facte in testamento dicti domini Pontii de Chaptolio seu ex alia quacumque de causa moverent questionem seu litem inferrent contra dictum episcopum seu ecclesiam Aniciensem seu ejus successores, quod dictus dominos Poncius de Godeto et ejus successores teneantur et debeant litem seu questionem in se suscipere et eam usque in finem prosequi propriis sumptibus et expensis, et si aliquid a dicto domino Hugone seu ejus filio predicto ratione dicte substitutionis seu ex alia quacumque de causa evinci contingeret de dicto castro seu ejus mandamento seu de feudis vel retrofeudis predictis dicti castri seu ejus mandamenti, quod dictus dominus Poncius de Godeto et ejus successores totum illud quod esset seu jus estimationi deberent ressarcire, restituere et emendare dicto domino episcopo seu ejus successoribus nomine Aniciensis ecclesie supradicte ;

Et quod eodem modo dictus dominus Poncius de Godeto debeat in se litem seu questionem suscipere et omnia prosequi, si contingeret dominum Guigonem de Godeto movere causam vel questionem dicto domino episcopo ratione castri de Chaptolio supradicti et ejus mandamenti ;

Item convenerunt quod si contingeret dominum Poncium de Brione[29] et dominum Petrum Falconis movere questionem seu litem dicto domino episcopo seu ejus successoribus super dicto castro de Chaptolio et ejus mandamento, feudis et retrofeudis predictis ex quacumque ratione seu causa, quod dictus dominus episcopus et dictus dominus Poncius de Godeto et eorum successores debeant et teneantur communiter inter se litem seu questionem suscipere et omnia usque in finem prosequi communibus sumptibus et expensis, et si aliquid per dictum dominum Poncium de Brione vel ejus successores seu per dictum dominum Petrum Falconem evinci contingeret de dicto castro et mandamento, feudis et retrofeudis predictis, quod dictus dominus Poncius de Godeto medietatem ejus quod esset evictum seu ejus estimationi dicto domino episcopo et suis successoribus nomine Aniciensis ecclesie emendare, ressarcire et restituere teneatur ;

Item convenerunt quod fortalicia de Villari, de Monte usclato et de Monte viridi cum eorum pertinentiis et mandamentis et cum mero et mixto imperio et omnimoda jurisdictione et cum omnibus censibus, redditibus, proventibus, servitutibus suis, usagiis, taliis et omnibus aliis juribus universis, sint et esse debeant ipsius domini Poncii de Godeto et ad ejus successores pertineant et pertinere debeant pleno jure, et quod in predictis fortaliciis seu ejus pertinentiis et mandamentis dictus dominus et ejus successores possint, si voluerint, castrum seu castra edificare, et quod dictus dominus Poncius et ejus successores dicta fortalicia cum eorum mandamentis et pertinentiis et castrum seu castra que in dictis mandamentis seu pertinentiis edificare contingeret, teneant et tenere debeant in feudum ab ecclesia Aniciensi et eidem homagium et fidelitatem pro predictis fortaliciis, mandamentis et eorum pertinentiis dicto domino episcopo, qui nunc est et qui tempore fuerit nomine Aniciensis ecclesie et capituli Anicii, sede vacante, prestare et facere teneantur, et ipsa fortalicia, castrum seu castra, si quod seu que fieri contingeret pro bono domini et senhoria, reddere Aniciensi ecclesie teneantur, prout dictus dominus Poncius de Chaptolio quondam tempore quo vivebat et fortalicia tenebat seu possidebat, facere tenebatur ;

Item convenerunt quod dictus dominus episcopus pro se et suis successoribus nomine Aniciensis ecclesie cedat, quitet et remittat eidem domino Poncio omne jus omniaque, quod et que eidem domino episcopo nomine Aniciensis ecclesie competunt seu competere possunt, et quod seu que idem dominus episcopus nomine dicte ecclesie visus est habere per dictum dominum Poncium de Godeto in predictis fortaliciis, mandamentis et pertinentiis eorumdem, ratione dicte conventionis facte inter dominum Poncium de Chaptolio quondam et dominum B., bone memorie, quondam Aniciensem episcopum, seu ex alia quacumque de causa ; quam quitationem, cessionem et pactum de non petendo dictus dominus episcopus nomine Aniciensis ecclesie pro se et suis successoribus universis, de voluntate capituli Aniciensis presentis et consentientis fecit eidem Poncio de Godeto presenti, recipienti pro se et suis successoribus et solempniter stipulanti ;

Item convenerunt quod si contingeret dominum Bt. Iterii[30], militem, movere questionem seu litem inferre dicto domino episcopo vel successoribus super castro de Chaptolio et fortaliciis predictis seu eorum mandamentis et pertinentiis predictis, quod dictus dominus episcopus et ejus successores nomine Aniciensis ecclesie debeant se et dictum dominum Poncium de Godeto amparare et litem seu questionem in se suscipere et omnia prosequi usque in finem suis propriis sumptibus et expensis ; et si aliquid evinceretur per dictum dominum Bert(randum) seu evinci contingeret de predictis fortaliciis seu eorum pertinentiis et mandamentis, quod dictus dominus Aniciensis episcopus nomine Aniciensis ecclesie et sui successores quidquid evictum esset seu ejus estimationi dicto domino Poncio de Godeto et ejus successoribus emendare, restituere et ressarcire tenerentur ;

Item convenerunt quod mandamentum et districtus fortalicii de Monte viridi protendatur versus castrum de Bonas usque ad aquam vocatam Dorba, et quod usque ad dictam aquam dictus dominus Poncius de Godeto et ejus successores habeant merum et mixtum imperium et omnimodam jurisdictionem, salvo et retento quod homines castri de Bonas et ejus mandamenti possint immittere sua animalia et oves depascere seu depasci facere ultra dictam aquam usque ad locum quem bolaverint et designaverint judex et officiales predicti, ita tamen quod si homines dicti castri de Bonas seu ejus mandamenti, seu aliqui ex eis tenebantur, tempore quo dictus dominus Poncius de Chaptolio quondam dictum fortalicium et ejus mandamentum possidebat, ad aliquod servicium prestandum eidem domino Poncio de Chaptolio ratione commissionis seu depascionis animalium predictorum et sunt, ad dicta servitia prestanda eidem domino Poncio de Godeto teneantur ;

Item convenerunt quod nemus vocatum Maygal, quod pertinet pro medietate pro indiviso domino de Salsac[31] et pertinebat dicte domino de Chaptolio, ratione dicti castri de Chaptolio, tempore quo vivebat, sit et pro medietate dicti domini Poncii de Godeto et successorum suorum et ad ipsum et successores suos pertineat pleno jure ; alia vero medietas dicti nemoris sit et remaneat de feudo Aniciensis ecclesie et de mero et mixto imperio, alta et bassa justicia et jurisdictione castri de Chaptolio supradicti, ita tamen quod quandiu dictum nemus erit pro indiviso commune predicto domino Poncio de Godeto et domino Jausserando de Salsac seu eorum successoribus, merum et mixtum imperium et omnimoda jurisdictio dicti nemoris pro indiviso pertineat ad dictum dominum episcopum nomine dicti castri de Chaptolio et ad dictum dominum Poncium nomine dicti fortalicii de Monte viridi et ad eorum in posterum successores. Si vero dictum nemus divideretur seu dividi contingeret per dominos Poncium de Godeto et Jaucerandum predictos, seu eorum successores, fuit actum quod dictus dominus Poncius de Godeto et ejus successores in parte dicti nemoris, que ratione divisionis ad eum perveniret, habeant merum et mixtum imperium et omnimodam jurisdictionem ratione fortalicii dicti de Monte viridi supradicti, et quod dicta medietas sit et esse debeat de mandamento et pertinentiis fortalicii supradicti, alia vero medietas dicti nemoris, que obveniret dicto domino Jaucerando, ratione divisionis predicte, remaneat de feudo Aniciensis ecclesie et de mandamento castri de Chaptolio et de mero et mixto imperio et omnimoda jurisdictione castri de Chaptolio supradicti ;

Item convenerunt quod mansus vocatus de Las Salsas cum pertinentiis suis, censibus, talliis et aliis juribus universis sit et esse debeat ipsius domini Poncii de Godeto, et in ipso manso et ejus pertinentiis ipse dominus Poncius de Godeto habeat merum et mixtum imperium et omnimodam jurisdictionem, et ad ipsum Poncium de Godeto dictus mansus pertineat pleno jure, ita tamen quod sit in electione dicti domini Poncii an velit dictum mansum cum ejus pertinentiis esse de mandamento castri de Chaptolio predicti ;

Item convenerunt quod dictus dominus Poncius de Godeto debeat et teneatur solvere omnia debita et specialiter dotem domine Marquesie, relicte dicti domini Poncii de Chaptolio quondam, que dictus dominus Poncius de Chaptolio quondam debebat tempore mortis sue, et satisfacere creditoribus dicti domini Poncii supradicti, et clamores dicti domini Poncii de Chaptolio emendare et pacificare, ita quod dictus dominus episcopus seu ejus successores ad solvendum debita et emendandum forefacta dicti domini de Chaptolio minime teneantur, sed a predictis sint penitus liberi et immunes ;

Item convenerunt quod si super predictis vel aliquo predictorum aliqua dubietas seu obscuritas appareret, quod judex et officialis predictus hinc ad annum posset dubia et obscura interpretare, corrigere et in eis addere et minuere ; prout sibi visum fuerit expedire ;

Et cum predictis voluerunt et convenerunt dictus dominus Poncius et dictus dominus episcopus quod inter ipsos et eorum successores sit pax firma et finis perpetuus et remissio generalis, et quod occasione predictorum, salvis et retentis supradictis, unus ab alio non possit aliquid petere in judicio vel extra ;

Et quod omnia et singula supradicta dictus dominus Poncius et dictus dominus episcopus cum consensu capituli Aniciensis pro se et suis successoribus universa teneant, custodiant et observent et contra predicta vel aliquid de predictis non veniant per se vel aliquam personam interpositam, nec alicui contravenire consentiant, se ad invicem sollempnibus stipulationibus, sub obligatione omnium bonorum suorum presentium et futurorum, et sub pena mille librarum turonensium a parte parti promissa sollempniter et stipulata promiserunt ; et ad sancta Dei evangelia dictus dominus Poncius a se corporaliter tacta, et dominus Armandus de Bousols[32], abbas Sancti Petri de Turre Aniciensis, in animam dicti domini episcopi juraverunt, volentes et concedentes quod curia domini Regis et quelibet alia curia competens possit ipsos et eorum successores simpliciter et de plano sine libello et sine aliquo scripto compellere per captionem bonorum suorum ad tenendum, complendum et observandum omnia et singula supradicta, et proinde ac si in judicio communi per sententiam seu judiciale preceptum legitime condempnati, et quod dominus rex seu curator ipsius in Vallavia possit levare et exigere et sibi appropriare et retinere dictam penam mille librarum ab illo seu illis, qui contra supradictam transactionem seu compositionem seu aliquem articulum ejusdem compositionis, transactionis seu conventionis venerint in judicium seu extra, et quod dicta pena totiens possit exigi et levari tam per partem hobedientem a parte inobediente quam per ipsum dominum Regem quotiens contra predicta vel aliquid de predictis ventum seu factum fuerit per aliquam partium predictarum, et quod pena exacta vel soluta semel vel pluries nichilominus omnia et singula supradicta in sua perpetua remaneant firmitate, supponentes se et quoslibet eorum quoad omnia et singula supradicta jurisdictioni et cohertioni curie domini Regis supradicte.

Post predicta dominus Raymundus Atgerii, decanus Anicii, totumque capitulum Aniciense, prout moris est congregatum in capitulo, in quorum omnia et singula suprascripta facta, dicta et recitata sunt, omnia et singula predicta supradicta laudaverunt, approbaverunt, ratificaverunt et omolagaverunt, illi videlicet quorum nomina inferius scripta sunt, et in predictis omnibus eidem domino episcopo prestiterunt suam aucthoritatem et consensum.

Predicta autem omnia facta fuerunt, salvo et retento jure dicte domine Marquesie in fortalicio et pertinentiis de Villari.

Promittentes decanus et capitulum predictum, ut moris est congregatum, eidem domino Poncio presenti et sollempniter stipulanti, quod omnia et singula supradicta tenebunt, servabunt et contra non venient per se vel per aliquam personam interpositam in judicio vel extra.

Nomina vero canonicorum in dicto capitulo congregatorum et qui predictis concesserunt, sunt hec : dominus Raymundus Atgerii, decanus ; dominus Armandus de Bousolio, abbas sancti Petri de Turre ; dominus Guillermus de Monterevello, prepositus ; dominus Petrus de Monte Gascone, dominus Gaufridus de Sancto Bonito, dominus Petrus de Servissas, dominus Guillermus de Borna, dominus Jaucerandus Maleti, dominus Hugo Vigerii, dominus Johannes Cardinal, Guilhermus Gaufredi de Sancto Bonito, Bertrandus Mir et dominus Guilhermus Radulphi, canonici Anicienses ; qui omnes et singuli supradicta omnia et singula promiserunt domino episcopo et domino Poncio de Godeto predictis presentibus et sollempniter stipulantibus, et super sancta Dei evangelia per ipso et quemlibet ipsorum corporaliter tacta juraverunt servare et contra ea non venire de jure vel de facto, et predicta laudaverunt et eisdem consensum suum prestiterunt pariter et assensum.

Post hec dominus Austorgius de Monte acuto, abbas Secureti ; dominus Falco de Spaleto et dominus Jordanus de Sayssac, canonici Anicienses ; consentientes predictis omnibus et singulis, ea omnia et singula laudaverunt, approbaverunt et ad sancta Dei evangelia per ipsos corporaliter tacta juraverunt ea servare et contra in aliquo non venire de jure vel de facto, requirentes et rogantes nos, Fredolus, Dei gratia Aniciensis episcopus, et Poncius de Godeto predicti et quemlibet nostrum ut de predictis omnibus et cuilibet nostrum faciat publicum instrumentum.

Actum Anicii, in capitulo Beate Marie Anicii, anno Domini millesimo ducentesimo octuagesimo octavo, die lune ante festum Purificationis Beate Marie, que dies fuit secunda Kalendas (febroarii), presentibus testibus dominis Raymundo Atgerii, decano et aliis dominis canonicis, qui predicta in capitulo juraverunt ; et domino Falcone de Spaleto, canonico eorumdem, domino Armando de Fayno, canonico Sancti Agrippani ; Hugone Del Cheir, Bertrando de Solempniaco, Joanne de Aculea, Hugone de Madriac, Laurantio Dantu, Bernardo de Turre, Thoma de Roseriis, Petro de Sancto Floro, Thoma de Baschos, Philippo de Borna, Petro Chatoyl, Martino de Rupeforti, Jacobo Peytou, clericis Anicii ; dominis Villata de Pratellis, Petro Falconis, Guillelmo Arnaldi, Guillelmo de Sancto Justo, militibus ; Petro de Mercoyres, Raymundo Petro Remoroscle, Joanne de Sancto Marcello, Pontio del Pont, Stephano Garda, Egidio Nielli, Petro de Gersa, Petro Laytent, Armando Rochabaro, Gaudemaro de Cheys, fratre Petro de Lastic, de ordine Fratrum Minorum, Petro de Sancto Germano, Stephano Vivatensis.

Actum domini abbatis Secureti et domini Falconis Anicii anno et die predictis, presentibus testibus domino Guillelmo Arnaldi, Aymerico Aspasii, Jacobo Juliani, Bernardo Bochardi.

Actum domini Jordani de Seyssac, Anicii in chesia, anno quo supra, die Martis sequenti, presentibus testibus dominis decano, Johanne Cardinalis, canonicis Aniciensibus ; Guillelmo de Sancto Justo et Guillelmo Arnaldi, militibus ; Bertrando de Sollempniaco et Durando d’Anezac, capellano de Lode ; et me Raymundo Aprilis, illustrissimi domini regis Francorum notario publico, qui predictis omnibus et singulis, vocatus per dominum episcopum et dominum Poncium de Godeto, predictis presens interfui et de eisdem ad cujuslibet ipsorum rogatum et requisitionem, et etiam de voluntate expressa illorum dominorum, qui juraverunt, hoc presens publicum instrumentum confeci et manu propria scripsi et in publicam formam redegi, signoque meo presenti « per Raymundum Aprilis notarium publicum domine regis », ista transpositione non obstante, signavi rogatus.




XV

Hommage de Pons de Bonneville à l’évêque Bernard de Castanet.


(Le Puy, 13 février 1309, n. s.)

La tragique aventure de la rue des Grazes venait de recevoir, à cinquante ans de distance, son châtiment irrévocable. Vouée, depuis le guet apens ourdi vers 1196 contre l’évêque Robert d’Auvergne, à l’œuvre néfaste de la félonie et de la violence et réservée à de mystérieuses expiations, la race des Chapteuil s’était éteinte. Le neveu du dernier seigneur n’avait pu recueillir que les débris de l’opulent héritage. L’église anicienne était définitivement maîtresse de la baronnie et de ses principales dépendances. Pons de Goudet et ses successeurs semblent s’être résignés de bonne grâce et avoir subi patiemment la suzeraineté de nos évêques. À partir de 1296, Guillaume Pourchas[33], chevalier, Falcon de Montels, Guillaume de Pouzols, Ebde de La Chalm, Hugon de La Chau, Pons Vigier, Hugon de Lorme, Ode Saunier, Pons Charbonnel, Bertrand de Servissac, François d’Ales[34], Raymond de Saune, Guillaume Plantat et Guillaume Mège firent des actes de reconnaissance à Jean de Cumènis pour tout ce qu’ils possédaient, soit par eux-mêmes, soit dans le château et mandement de Chapteuil ; et les actes de féauté d’un grand nombre de vassaux se succèdent sans interruption dans le Répertoire des hommages de l’Évêché du Puy jusqu’en 1389. En 1314, les habitants du mandement de Chapteuil et des villages du Fraysse, de Chanalies (?), du Bets, du Villaret, de Prades (La Pradette ?), Saint-Julien, Mezeyrac (?), La Coste, Mounedeyres, Bournac, Masfrayt (?), Machabert, Couteaux, Cancoules, Bigorre, reconnurent être hommes-liges, justiciables, exploitables, « comptables à toute volonté de Monseigneur l’évêque »[35].

On trouve dans le même Répertoire des reconnaissances des xvie et xviie siècles, rendus par divers possesseurs de rentes, censives, biens nobles ou roturiers au profit des évêques Antoine de Sénecterre, Just de Serres, Henri de Maupas et Armand de Béthune. Le dernier acte, mentionné par le registre qui nous guide, est une ventilation du 7 septembre 1772 du fief de Mazengon, relevant partie du monastère de Saint-Chaffre et partie de la comté de Chapteuil et du chapitre de Notre-Dame[36].

Parmi les vassaux de Chapteuil, dont la soumission à l’évêché se produisit de suite après l’accord de 1289, on remarque les seigneurs de Bonneville. En 1296, Pons de Bonneville promit sa foi à Jean de Cuménis pour tout ce qu’il possédait à titre patrimonial ainsi que dans le château de Chapteuil. En 1308, ou probablement en 1309, le même fit hommage à Bernard de Castanet « d’un chazal à la tour de Servissas, de tout ce qu’il a et perçoit dans le château et mandement de Chapteuil, au mas des Maris (de Mariac ?), de Saint-Marcel, au mas de la Roche, dans le susdit mandement, et dans la tour de Servissas, par indivis avec le seigneur de Bouzols » [37].

En 1318, hommage prêté par Hugues de Gleyras[38], dit de Bonneville, à l’évêque Guillaume de Brosse, pour les mêmes possessions, notamment pour le mas, appelé cette fois-ci Mas dous Maris-Saint-Martial.

En 1328, l’hommage est prêté par Hugon de Glavenas, dit de Bonneville ; en 1328, par Pons de Bonneville et, en 1383, par Guigon de Bonneville[39].

Autant qu’on peut le conjecturer d’après le Répertoire, très sujet à caution, des Hommages, il y avait dans les appartenances de Chapteuil, au xive siècle, deux maisons, ou peut-être deux branches de la même race, qui portaient l’une et l’autre le titre de Bonneville. Ces deux maisons, en effet, rendent hommage pour des possessions différentes[40]. De plus Hugues de Glavenas porte son nom patronymique et y ajoute seulement, comme surnom, ce titre de Bonneville, tandis que Pons se qualifie de Bonneville tout court. Il est donc probable que le véritable chef de cette maison était Pons de Bonneville, le propriétaire des mas de Bonneville, de Marsilhac et de la Freideyre.

Nous devons à la généreuse obligeance de M. Colomb de Bonneville, docteur en droit, avoué au Puy, et fils du propriétaire actuel du château de Bonneville, le texte original sur parchemin de l’hommage prêté le 13 février 1309 à Bertrand de Castanet, par Pons de Bonneville, à propos des mas de Bonneville, de la Freideyre et de Marsilhac. L’acte eut lieu au Puy, dans l’une des salles supérieures de l’Évêché, en présence de Pierre de Servissac, trésorier du chapitre ; de Raymond de Poiolar, fils ou frère du juge royal de 1289 ; et de Bertrand de Sereys, chanoines[sic] de Notre-Dame ; de Guillaume Guérin et Étienne de Botonet, jurisconsultes ; de Raymond Julien, chanoine d’Alby ; de Durand, chapelain de Loudes[41] ; et de Bertrand d’Hauterive, chevalier.

L’hommage fut prêté par le récipiendaire, la main sur les Évangiles, et l’évêque lui dicta ou rappela, au préalable, les termes de la reconnaissance en langue maternelle, c’est-à-dire romane.

In nomine Domini, amen. Anno Incarnationis ejusdem millesimo trecentesimo octavo videlicet Idus mensis febroarii, illustrissimo principe domino Philipo, Dei gratia rege Francorum regnante, et reverendo in Christo patre domino Bernardo, eadem gratia Aniciensi episcopo existente, notum sit universis et singulis hoc instrumentum publicum inspecturis quod in presencia mei Felicis de Furno, auctoritate regia publici notarii, et magistri Bernardi de Maloere, auctoritate apostolica, et magistri Petri de Croso, auctoritate regia et imperiali, publicorum notariorum et testium subscriptorum in hoc instrumento publico contentorum, constitutus Pontius de Bona villa, domicellus, Aniciensis diocesis, pro se suisque successoribus et heredibus universis et singulis, confessus fuit et in veritate recognovit prefato domino Bernardo de Castaneto, Aniciensi episcopo, presenti et ipsum Pontium super hoc requirenti, se tenere et heredes et successores suos tenere debere et predecessores suos habuisse, tenuisse et recepisse in feudum a domino episcopo et ecclesia Aniciensi et capitulo Aniciensi, quicquid habet et tenet in manso de Bona villa et quicquid habet et tenet in manso de Marcilhac et quicquid habet et tenet in manso de la Freydeira, que omnia sunt in mandamento castri de Captholio Aniciensis dyocesis, et omnia alia que idem Pontius habet in castro et mandamento predictis. Et pro predictis omnibus habitis, receptis et recognitis, dictus Poncius pro se et nomine quo supra fecit homatgium ligium et juravit fidelitatem, ad sancta Dei evangelia manualiter tacta, dicto domino episcopo presenti et recipienti ; nomine suo et dicte Aniciensis eclesie et successorum suorum episcoporum Aniciensium, qui pro tempore fuerint, cum omnibus capitulis fidelitatis materna lingua eidem Pontio expositis et declaratis per dominum episcopum supadictum : protestatione facta per dictum Pontium quod si aliqua alia amplius dicto domino episcopo et ecclesie Aniciensi recognoscere deberet et recognoscere teneretur, quod ea recognosceret cum ad ejus noticiam perveniret ; dictus vero dominus episcopus recognitionem predictam recepit, salvo tamen sibi et successoribus suis et dicte Aniciensi ecclesie in omnibus et per omnia jure suo ac jure alieno, et quod si aliqua alia ea ultra ea que supra sunt recognita, dictus Poncius recognoscere deberet dicto domino episcopo et Aniciensi ecclesie, quod in illis que non essent recognita sit integrum et salvum jus super comissione feudi et aliis prefato domino episcopo et sucessoribus suis et Aniciensi ecclesie supradicte.

Acta sunt predicta publice Anicii, in fornello superiori Chesie anno et Ydus predictis, presentibus testibus discretis viris dominis Petro de Servissas, thesaurario, Raymundo de Poiolario, Bertrando de Sereis, canonicis Aniciensibus ; magistris Hugone del Cher, Guillelmo Garini et Stephano de Botoneto, jurisperitis ; domino Raimundo Juliani canonico Albiensi, domino Durando de Lode, capellano, domino Bertrando de Alta ripa, milite, et magistris B. de Maloere et Petro de Croso, notariis supradictis publicis, et magistro Felice de Furno, notario publico in toto regno Francie, vice cujus et mandato et auctoritate ejus ego Bernardus de Brivata, publicus notarius dicti domini Regis, predicta omnia de notis dicti magistri Felicis fideliter extraxi, nichil adito (sic) vel detracto, ut juratus ejusdem. Et ego Felix de Furno, predictus publicus in regno Francie auctoritate regia notarius, qui in predictis extractis, jussu meo, de cartulario et protocollo meo per dictum Bernardum de Brivata, juratum meum, presens interfui, et hic subscripsi et ad majorem premissorum omnium firmitatem habendam et in eorum testimonium signum meum solitum apposui.

(Signet du notaire)



XVI

Pétition du chapitre du Puy à Saint-Louis en faveur de Guy Falcodi.


(Le Puy, novembre 1257.)

Il est étrange et tout au moins regrettable que parmi tant d’écrivains de nos jours, voués à l’étude du moyen âge, aucun ne se soit laissé séduire par cette belle et haute figure du pape Clément IV. Il se trouve là, pourtant, un riche thème à une monographie des plus attrayantes. Mêlé aux grandes affaires du monde chrétien, avant d’en être le régulateur suprême, jurisconsulte, diplomate, administrateur de premier ordre, intelligence ouverte, cœur généreux et libéral, vertueux et saint pontife, Clément IV honora son siècle, l’Église et l’humanité. Son souvenir doit être particulièrement cher à notre diocèse qu’il gouverna un peu moins de trois ans. Il ne cessa de témoigner sa tendresse à sa première épouse, lui accorda de précieux privilèges et lui donna, dès qu’il fut pape, des règlements qui firent loi jusqu’à la Révolution dans le régime intérieur de notre chapitre et de notre cathédrale. Les deux Clementines forment la base des Statuta Ecclesiæ Aniciensis[42], véritable code de discipline et d’organisation ecclésiastiques, dont la rédaction définitive est fixée par Du Cange à l’année 1410[43].

Guy Foulques ou Fulcodi, surnommé quelquefois le Gros[44] d’un sobriquet de famille, naquit à Saint-Gilles en Provence, suivit d’abord la carrière des armes, puis se livra à l’étude de la jurisprudence civile et canonique. Il devint professeur de droit et acquit la réputation du plus célèbre avocat de son temps. Oracle de toutes les cours de justice, il fut appelé à donner fréquemment son avis dans les procès de la couronne, des princes et des évêques. Après la mort de sa femme, il embrassa la carrière ecclésiastique. Le roi saint Louis, qui l’avait entendu plaider à son conseil, goûta fort sa science et ses mœurs, et le nomma, dit-on, mais sans trop de preuves, juge à Saint-Gilles et peut-être sénéchal de Beaucaire. Ce qui est certain, c’est que le roi admit Guy Fulcodi dans son intimité et lui confia des missions importantes, surtout en Languedoc. Guy Fulcodi voulait se faire chartreux, comme son père, mais le roi le retint dans le siècle, estimant que les lumières d’un tel homme importaient à la cour et au public[45]. On ne sait pas bien à quelle époque l’illustre jurisconsulte devint le clerc, c’est-à-dire le secrétaire d’État de Saint-Louis. Les Archives nationales renferment plusieurs actes datés de Toulouse, 12 mars 1236-37, d’Orange, 9 février 1237-38 et 14 mai 1239. Ces titres de la sénéchaussée de Toulouse portent les sceaux de Jean des Arcis, de Guillaume Béroard, évêque de Carpentras, et de Guy Fulcodi. Si les expéditions de ces actes sont contemporaines des actes eux-mêmes, Guy Fulcodi était clerc du roi dès 1236[46]. Il figure comme témoin dans un hommage rendu par Roger, comte de Foix, à Raymond, comte de Toulouse, le 28 juin 1241. Il fut employé par les comtes de Poitiers et d’Anjou dans l’accord qu’ils firent, en 1251, avec les villes d’Avignon et d’Arles Dans une consultation donnée par plusieurs légistes sur le testament de Raymond, comte de Toulouse, il prend le simple titre de jurisconsulte. Il est qualifié de clerc tout court dans une sentence arbitrale qu’il prononça, le 7 juillet 1251, sur un différend entre l’archevêque et le vicomte de Narbonne, différent où il avait été commis par la reine Blanche. En vertu d’une procuration de saint Louis, il reçut, le 15 avril 1255, avec le sénéchal de Beaucaire, la reconnaissance de Pierre, évêque de Maguelonne, pour la seigneurie de Montpellier, mais dans l’acte d’hommage Guy Fulcodi ne prend aucune qualification, tandis qu’il est nommé le premier et appelé clerc du roi dans une procédure du mois d’août 1256, concernant l’abbaye de la Grasse. Le roi l’avait désigné, avec le sénéchal de Beaucaire, pour l’examen de ce dernier litige[47].

Nous raconterons peut-être un jour la suite de la carrière de Guy Fulcodi, son trop court passage aux sièges du Puy et de Narbonne, son rôle glorieux sur le trône pontifical, son amour éclairé des lettres et des arts, la protection qu’il accorda au savant et infortuné moine Roger Bacon, l’un des précurseurs de la science moderne[48], les témoignages de sa vive sollicitude pour l’église du Puy et beaucoup d’autres traits de sa noble et longue vie. Nous nous contenterons en ce moment de relever une particularité assez curieuse de ses débuts dans les honneurs ecclésiastiques.

Guy Fulcodi était archidiacre du Puy, au dire du Gallia Christiana[49] et de Le Nain de Tillemont. Nous nous défions un peu de ce dire basé uniquement sur la foi du biographe Ciacconius[50]. La dignité d’archiprêtre se rencontre dans notre église au xiiie siècle, mais nous n’avons aucun exemple qui montre celle d’archidiacre à la même époque. Il fallait toutefois que Guy Fulcodi eût quelque lien avec notre chapitre, puisque des chanoines de Notre-Dame l’élurent pour évêque d’une voix unanime. Peut-être Ciacconius s’est-il simplement mépris sur la nature du titre conféré dans l’église anicienne à Guy Fulcodi avant son élévation à l’épiscopat.

Donc les grands chanoines choisirent Guy Fulcodi pour évêque, à la place d’Armand de Polignac, décédé le 16 ou 17 mai 1257[51]. Sur la notification du choix du chapitre, Guy n’accepta ni ne refusa. La grave querelle entre l’église du Puy et la couronne à propos de la Régale, querelle dont nous avons déjà fait le récit[52], dut entrer pour beaucoup dans ces hésitations. Confident, serviteur et presque ministre du roi, Guy Fulcodi avait une situation délicate au regard d’une église qui se trouvait en lutte avec le pouvoir royal. Aussi le nouvel élu déclina-t-il sa propre initiative : il s’en remit, sur sa conduite à tenir dans cette circonstance, à l’arbitrage d’Hugues, cardinal de Sainte-Sabine. Les chanoines envoyèrent une députation extraordinaire… sollempnes nuncios… au pape Urbain IV et le résultat de ces démarches fut que Guy Fulcodi devait gagner sa ville épiscopale. Guy accepta cette décision. C’est pourquoi le chapitre envoya à la cour trois délégués : le doyen Guy de Montlaur, Austorge de Montaigu, abbé de Séguret, et B. Malet, chanoine, pour obtenir du roi la main-levée sur les revenus de l’évêché. Le titre suivant, tiré des Archives nationales, J, 346, Régale, II, no 43, Original scellé, fournit le texte de la pétition du chapitre au roi saint Louis :


Litteræ, quibus Aniciense capitulum a Ludovico, rege Franciæ, petit ut Guidoni Fulcodii, episcopo novissime electe, regalia concedanter.

Excellentissimo domino suo, Ludovico, Dei gracia inclito regi Francorum, Aniciense capitulum sue devotionis obsequium ad regie beneplacitum voluntatis. Per latores presentium, scilicet G(uidonem), decanum nostrum, A(storgium), abbatem Secureti, B. Maleti, canonicum nostrum, vestre notum facimus majestati quod, ecclesia nostra pastoris nuper solacio destituta, discretum virum, dominum G(uidonem) Fulcodii, clericum vestrum[53], solum Deum habentes pro oculis, unanimiter nobis elegimus in pastorem, qui electionem hujusmodi, per majores de nostro corpore sibi presentatam, nec respuens protinus nec acceptans, in manu tandem et libera voluntate patris venerabilis domini H(ugonis), tituli Sancte Sabine presbyteri cardinalis, ascensum posuit et discensum. Sane processu nostro et responsione electi per nostros sollempnes nuncios summo Pontificii patefactis, ipse vicarius Jhesu Christi, de dicto vestro clerico pensatis omnibus circonstanciis, nostre dixit ecclesie piovidendum, et provisioni sic facte consensit ejus vice ac nomine predictus dominus cardinalis, juxta sibi concessam ab eodem electo consensciendi vel renuendi liberam facultatem.

Quocirca serenitati regie supplicamus humiliter et devote quatenus nostre compatientes ecclesie, que tempore jam non modico sue dampna viduitatis sustinuit, dictum electum efficaciter inducatis ut, manu vestre clementie de regalibus investitus, ad eandem accedat ecclesiam, cui jam se per alium obligavit. Valeat vestra serenitas per tempora longiora et semper in melius prosperetur. Datum Anicii, anno Domini m° cc° lvii, mense novembris[54].


Coïncidence digne de remarque : Guy Fulcodi, en passant de notre église à celle de Narbonne, faillit être remplacé, au Puy, par l’un de ses successeurs sur la chaire de saint Pierre. En 1260, nos chanoines se réunirent pour nommer un évêque à la place de Guy Fulcodi. Les voix se partagèrent entre deux candidats : Guillaume de la Roue, prieur de Souvigny, et Simon de Brie ou de Brion, trésorier de Saint-Martin de Tours. Le parti de Simon de Brion avait à sa tête le doyen Guy de Montlaur et le prévôt Guillaume de Montrevel. Un schisme véritable s’ensuivit dans le chapitre, et le diocèse n’eut pas de pasteur pendant trois années. En 1263, la question fut tranchée au profit de Guillaume de la Roue[55], mais déjà le compétiteur de ce dernier avait fait un beau et rapide chemin. Le samedi des Quatre-Temps, 23 novembre 1261, Urbain IV fit une promotion de cardinaux… viros præclaros, vita et scientia insignitos… parmi lequels se trouvaient trois ministres ou anciens ministres de saint Louis : Raoul, ex-garde des sceaux, évêque d’Evreux, depuis 1259 ; Guy Fulcodi, archevêque de Narbonne ; et Simon de Brion, garde des sceaux, depuis la retraite de l’évêque d’Evreux en 1259. Simon de Brion tint une place éminente dans le gouvernement de l’Église et fut élu pape, le 22 février 1281, sous le nom de Martin IV[56].




XVII

Ordonnance du roi Charles VI sur l’octroi du Puy.


(Le Puy, 10 août 1381.)

Une histoire intéressante et à peu près neuve serait celle des finances de l’ancien Velay. De quelles ressources se composait le budget municipal de notre ville ? Quelles étaient les charges de nos populations agricoles et urbaines ? D’où provenaient et en quoi consistaient l’assiette, la répartition et la perception des impôts en notre province ? Si l’on part du principe simple et lumineux, dont nous avons constamment reconnu la valeur au cours de nos études ; si l’on admet que les institutions, les doctrines et les pratiques administratives du monde romain et surtout la fiscalité de l’empire, ont survécu à la conquête germanique, et continué de régir les Gaules et la France carlovingienne et capétienne, l’histoire financière de notre petite patrie est sinon facile, du moins réalisable. Le système d’impôts, établi par les Romains, était, en effet, si bien approprié à la nature des choses que les révolutions et les siècles, loin de le détruire, l’ont à peine entamé. Ce système a eu raison de toutes les vicissitudes et il s’est maintenu jusqu’à nos jours en s’adaptant à chaque régime nouveau[57]. Si l’on compare les contributions mobilières ou immobilières, recueillies par l’ærarium impérial, et les charges de même nature, recouvrées par les collecteurs royaux ou féodaux, on découvre une identité frappante sous la différence des dénominations officielles.

Les principales recettes de la trésorerie romaine étaient les suivantes :

1o L’impôt foncier que l’on appelait cens, tribut ou capitation de la terre. L’hériban de Charlemagne, les tailles réelles et les censives du moyen âge ont été empruntées aux taxes assises sur le sol par le Code Théodosien[58].

2o La capitation humaine, levée sur les prolétaires, les gens sans patrimoine, et qui correspondait à ce que le code féodal appela, plus tard, du nom de taille personnelle. La capitatio de Rome était un impôt plébéien (plebeia). De même, la taille personnelle pesait sur ceux qui n’étaient pas propriétaires.

3o Le Chrysargyre ou Collatio lustralis[59], levé tous les quatre ans sur les commerçants et industriels, et qui représentait à peu près nos patentes modernes. De même, sous nos rois, les aides ordinaires consistaient, soit dans le droit de vingtième ou de sou pour livre, sur la vente en gros des boissons et autres denrées, c’était ce qu’on appelait le droit de gros ; soit dans le quart du prix de la vente en détail des boissons.

4o L’impôt sur les mutations de propriété, à titre de legs, de vente ou de tout autre mode d’aliénation et de donation. Cet impôt était chez les Romains du 5 pour 100 : vicesima hereditatis[60]. C’est le type très reconnaissable des droits de lods, mi-lods, arrière-fiefs que l’on retrouve à chaque pas, dans nos documents vellaves. Ainsi l’abbé de Saint-Pierre-Latour percevait un droit de lod sur la vente des immeubles de notre ancienne rue de Fave-Fraize, plus tard rue des Sept-Épées, aujourd’hui disparue.

5o Le monopole sur le sel[61], d’où provinrent les gabelles si odieuses à nos ancêtres, et l’injure populaire de Gabelous.

6o Les prestations en nature (annonæ)[62]. C’étaient des fournitures de vivres pour l’armée, les fonctionnaires, la poste, etc. Nos dîmes seigneuriales et ecclésiastiques dérivaient du même principe que tout contribuable doit subvenir aux besoins des services publics.

7o Le logement des soldats faisant étape et l’obligation de défrayer l’empereur ou ses ministres et employés dans leurs voyages[63]. Nos chroniques se plaignent fréquemment des exactions commises par les troupes et milices de séjour au Puy. Pour l’hospitium des dignitaires romains, il se retrouve chez nous, dans les Mansionatici de la charte de Lothaire, dans le Droit de gîte perçu par saint Louis en 1254, sur l’évêque, le chapitre et les bourgeois du Puy[64], et dans la Procuratio de nos évêques en tournée pastorale.

8o Les corvées ou services de corps, acquittés sous forme de travail manuel. Les réparations aux murailles du Cloître, qui soulevèrent tant de révoltes de la bourgeoisie anicienne contre la domination épiscopale ; les exigences des seigneurs pour l’entretien de leurs forteresses, ces clausuras, edificia, firmancias du titre de 1253, reproduit ci-dessus, pp. 12 et 13, ne rappellent que trop ces servitudes personnelles de la bureaucratie romaine.

9o L’impôt sur les ventes dans les marchés publics, le péage des ponts et des routes[65]. Notre histoire municipale regorge de procès sur ces taxes, qui donnaient une prise si facile à l’arbitraire des collecteurs. Le Tholoneum de la charte du roi Raoul, les prélèvements sur le débit des denrées, sur les mesures employées pour le négoce de grain et autres objets de consommation, toutes ces entraves à la liberté commerciale que Philippe le Bel dut réprimer par son ordonnance de 1312[66], et dont l’onéreuse contrainte se perpétua jusqu’en 89, dans notre halle, sur nos places et à nos barrières, sous les noms de tonlieu, poids de ville, droit de pied-rond, leydes, constituent l’image fidèle des expédients financiers des publicains impériaux. On sait, en outre, par Médicis et nos autres chroniqueurs, les désordres et les exactions dus aux péages de la vicomté de Polignac[67].

Nous remettons à une autre fois de parler de l’impôt du sang, qui était, chez les Gaulois, fondé sur le principe d’une égalité complète[68]. Dans la Rome républicaine, tout citoyen était soldat. Auguste abolit cette théorie, plus vieille qu’on ne le pense, de la nation armée et fit de la profession militaire un métier spécial. Notre féodalité rétablit le service obligatoire pour tous. Tout vassal ou homme-lige était tenu de suivre l’ost de son seigneur, de chevaucher à sa suite dans ses expéditions, de faire l’exercice et la manœuvre sous ses yeux, de monter la garde sur les créneaux de son manoir. C’est ce que le titre précité de 1213 exprime par ces termes de Chavalgadas, gaytas, excubias, manobras.

Les analogies, ou, pour mieux dire, les similitudes abondent entre le régime financier des Romains et celui de la monarchie française[69]. Les tributs publics, organisés par les empereurs, continuèrent à être perçus par les rois de la première et de la seconde race : ils se transformèrent, quant à leur perception, avec l’établissement de la féodalité et devinrent les produits les plus lucratifs des budgets seigneuriaux. Tous les efforts financiers de la monarchie centralisatrice et administrative tendirent à confisquer au profit de la couronne les recettes du baronage et à reconstituer un revenu public et national.

Si les ressorts financiers du moyen âge se calquent d’une manière à peu près uniforme sur les types fiscaux de l’empire romain, une différence notable sépare toutefois ces deux genres d’organisme gouvernemental. Chez les Romains, l’organisation de l’impôt procédait d’un plan réfléchi, d’une conception synthétique et rationnelle. C’était un système bien conçu dans son esprit, régulièrement coordonné dans sa pratique. Le régime financier, au contraire, du monde féodal, de la monarchie centralisatrice et des municipalités, se fabriqua de pièces et de morceaux, suivant des besoins passagers ou le hasard des circonstances. Ce régime naquit et progressa sans unité, sans vues d’ensemble : étroitement lié aux soubresauts d’un état social, mobile et variable, il suivit les oscillations de la politique, n’eut jamais de règles fixes, et, comme l’a très bien dit un écrivain d’une haute compétence en ces matières, il fut le résultat d’institutions anciennes réunies et confondues, d’âge en âge, sous l’action du temps. De là, dit encore M. Vuitry, la diversité, la complication et l’incohérence des taxes établies, les inégalités et les injustices que présentent leur assiette et leur répartition, les résistances insurmontables que rencontra toute réforme[70].

Un exemple, entre mille, de l’inconsistance des impôts au moyen âge nous est fourni par les lettres patentes de Charles VI, en date du 10 août 1381, sur l’octroi des vins, à leur introduction dans la ville du Puy. L’oncle du roi, Jean de France, comte de Poitou, d’Étampes, d’Auvergne et de Boulogne, duc de Berry, gouverneur de Guyenne et de Languedoc[71] pour son frère Charles V, dès l’année 1360, avait accordé à nos consuls un droit sur les vins amenés à la barrière. Ce droit était de 12 sols tournois, pour chaque muid de Vivarais et de 8 sols pour chaque muid du vin dit de La Val (probablement le vin de pays). Cette redevance était payée par l’acheteur ; le voiturier ou marchand devait, en outre, solder pour chaque muid deux sols tournois. Cet impôt n’avait pas été inspiré par les considérations d’ordre public et d’utilité générale, qui président aux taxes de ce genre, mais pour subvenir, dit le titre, à des besoins transitoires, aux subsides de la couronne, à l’aide de ses guerres et à l’entretien des murs de ville. Aussi les consuls éprouvèrent-ils de grandes difficultés pour le recouvrement de ces droits de barrière, et c’est pour obvier à ces embarras que le roi prescrivit aux juge et bailli de Velay, de tenir la main aux consuls, de traiter avec rigueur les récalcitrants, de faire vendre leurs biens. Ces résistances des contribuables se produisirent maintes fois en Velay. L’Inventaire des titres et privilèges de la maison consulaire de la ville du Puy[72] et divers autres documents de nos Archives relatent les débats perpétuels, les procès sans fin, que provoqua devant tous les tribunaux l’incertitude de la législation sur les pouvoirs de l’édilité anicienne en matière de taxes municipales. Pendant des siècles, ou discuta sur le contentieux administratif, auquel appartenait de connaître des litiges soulevés par l’assiette ou la perception des revenus de la ville. Au moment de la Révolution, la querelle durait encore entre les consuls et les officiers de la cour commune. Une lettre adressée par M. de Bâville, intendant du Languedoc, le 30 octobre 1689, au contrôleur-général des finances, nous apprend qu’au xviie siècle Toulouse et le Puy étaient les seules villes du Languedoc qui possédassent un octroi[73].


Karolus Dei gracia Francorum rex, baillivo et judici nostris Vellavie vel eorum locatenentibus, salutem Dilecti nostri consules de Anicio nobis exposuerunt conquerendo quod, cum dudum carissimus avunculus noster, dux Andegavensis, pro tunc locumtenens Domini quondam genitoris nostri in partibus occitanis, eisdem conquerentibus tam pro solvendis subsidiis et obvencionibus nostris ac sustentatione guerre, reparationibus et fortificationibus ac aliis oneribus dicte ville, per suas litteras concessisset intratam vini, videlicet duodecim solidos turonenses pro quolibet modio Vivariensis et octo solidos turonenses pro modio vini vocati de La Val, quod intraret in villa Anicii, solvendos per illum qui dictum vinum reciperet et duos solidos turonenses pro dicto modio per illum qui dictum vinum portabat ad dictam villam, ipsaque redibencia pro majori parte levata et exacta fuerit per eosdem conquerentes et deducta in subsidiis et juvaminibus nostris ac reparatione, fortificatione et aliis predictis oneribus ville predicte, licet nonnulli ad solvendum predicta contradixerint et adhuc contradicant in juste pluries requisiti in ipsorum conquerentium magnum prejudicium atque dampnum, sicut dicunt, nostrum remedium super hoc implorando ; quocirca vobis et vestrum cuilibet precipimus et mandamus, et quia partes infra bailliviam vestram existunt, committimus, quatenus si vocatis evocandis vobis consisterit ita esse, attenta quod ea que debentur, pro arreragiis de predictis soluta fuerunt in nostris subsidiis et juvaminibus, sic rebelles et contradicentes, ad predicta solvenda dicta conquerentibus, per bonorum suorum captionem, vendicionem et festinam distractionem viriliter et debite compellatis seu compelli faciatis indilate, et in casu oppositionis inter partes, ipsis auditis, ministretis bonum et breve justicie complementum : quoniam sic fieri volumus, et dictis conquerentibus concessimus et concedimus per presentes de gracia speciali, si sit opus, litteris subrepticiis impetratis vel impetrandis nonobstantibus quibuscumque.

Datum Parisius die decima Augusti anno Domini millesimo trecentesimo octogesimo primo et nostri regni primo. — Per consilium Houdoyer.

Au dos : Letra de l’yntrada del vi xii sols per muey de vi de Vivares et vii sols per muey de La Val.

(Original en parchemin. — Le sceau manque. — Archives municipales du Puy.)


(À suivre.) Ch. Rocher.




  1. Voir les Mémoires de notre Société de l’année 1878.
  2. De l’Amour dans le mariage, Revue des Deux-Mondes du 1er mars 1855.
  3. Tablettes, IV, 508 et suiv.
  4. Gall. Christiana, Eccl. Claromontensis, t. II, col. 273.
  5. Baluze, dans ses Preuves, p. 73, donne le texte intégral de l’arrêt. Le Gallia Christiana, Eccl. Claromontensis, t. II, col. 274, et Chabron, Coutumes d’Auvergne, IV, 594 et 798, confirment le récit de Baluze.
  6. Gall. Christiana. Eccl. Aniciensis, t. II, col. 709.
  7. Histoire de la maison d’Auvergne, t. I, p. 71.
  8. Hommages de l’Évêché du Puy, p. 136.
  9. Gall. Christiana, Eccl. Aniciensis, t. II, col. 710.
  10. Discours historiques, édit. de 1644, p. 403.
  11. Nous avons essayé, mais en vain, d’établir la personnalité de ce Gérenton de Tournon. Appartenait-il à la grande famille de Vivarais qui, en 1094, donna un abbé, Pons, à la Chaise-Dieu, lequel Pons devint en 1102 évêque du Puy ? C’est probable, mais les généalogistes de la maison de Tournon et après eux, M. l’abbé Garnodier, auteur d’un excellent livre intitulé : Recherches archéologiques sur Saint-Romain-de-Lerp, Valence, 1860, n’ont pu nous fournir aucun éclaircissement à cet égard.
  12. Gall. christiana, Eccl. Aniciensis, t. II, col. 754.
  13. Gallia christiana, Eccl. Aniciensis, Instrumenta, t. II, col. 237.
  14. España sagrada, Memorias de la santa iglesia exenta de Oviedo, t. XXXVIII, pp. 204 à 213.
  15. Cette prétention de l’évêque Frédol semble justifiée par les indications suivantes, que fournit le Registre des hommages de l’Évêché du Puy, p. 136, publié par M. Lascombe :
    « 1213. — Pons de Chapteuil a hommage à M… (Bertrand de Chalencon ?) évèque les châteaux de Chapteuil, Montvert, Montuscla, Mézères, Beaulieu, Artias et Lardeyroles.
    « 1220. — Noble Pons de Chapteuil fait hommage au seigneur évêque du Puy, de son château de Chapteuil, de tout son mandement, de tout ce qu’il a à Mezères, Beaulieu, Artias, Lardeyroles, et des châteaux de Montvert, Montuscla, avec leurs mandements.
    « 1236. — Hommage rendu par messire Pons de Chapteuil à messire Bernard de Rochefort, évêque du Puy, du château de Chapteuil avec toutes ses appartenances. »
  16. Pour expliquer certaines bizarreries d’orthographe, nous devons dire que nous avons très scrupuleusement respecté le texte de notre diplôme. Nous tenions d’autant plus à reproduire avec une minutieuse exactitude ce beau titre, que nous y avons trouvé un fort curieux spécimen des voies d’instruction pratiquées par les tribunaux du XIIIe siècle. Les hommes de métier pourront se convaincre, à l’aide du procès-verbal ci-dessus transcrit, qu’en fait d’enquêtes, les articles 252 et suivants de notre code de procédure civile ont très peu innové et se sont modelés sur les précédents fournis par les cours de justice du moyen âge.
  17. Les terres de Chapteuil confinaient celles de l’abbaye de Mazan, comme le prouve l’enquête de 1285. L’abbaye de Mazan possédait un prieuré dans les appartenances de Queyrières : celui de la Chaumette, (Tablettes, IV, 531 et 532).
  18. Bonas, nom primitif de Saint-Voy.
  19. Le titre d’officialis donné à Raymond de Poiolar dans la transaction nous semble devoir être traduit par le mot français de magistrat ou fonctionnaire. Raymond de Poiolar n’appartenait pas à l’Église ; il apparaît, dans une autre circonstance (Tablettes, III, 395), avec la qualification de juge pour le roi au Puy.
  20. La même formule de serment se trouve dans l’hommage rendu le 23 avril 1393, pour le comté de Bigorre, au chapitre du Puy, par l’archevêque de Narbonne, Gilles Aycelin de Montaigu, et le célèbre Pierre Flotte, ambassadeurs de la reine Jeanne de Navarre, femme de Philippe le Bel. Jean de la Roche Aymon, chevalier, qui accomplit la cérémonie matérielle de féauté, dans la salle de notre chapitre, jura sur l’âme de la reine, (Tablettes, III, 394 et 395, et IV, 31 et 32).
  21. Le doyen Raymond Atger ou Lagier joua un grand rôle dans le procès historique sur le comté de Bigorre, entre le roi Philippe le Bel et les possesseurs légitimes de cette province : Esquivat de Chabanes et Constance, dame de Bigorre (Tablettes. III, 388 et suiv.).
  22. Le Gall. Christiana, Eccl. Aniciensis, t. II, col. 749, donne un Guillaume de Montrevel, comme prévôt en 1267 et en 1290. Toutefois, vers l’an 1270, on trouve un Maurice, prévôt du Puy, qui est en même temps, seigneur de Saint-Bonnet et de Novacelle. Comment concilier le Montrevel, prévôt en 1267 et en 1290, avec le Montboissier, investi de la même dignité dans l’intervalle de ces deux dates ? Ne faut-il pas admettre deux Montrevel, tous deux prévôts, l’un avant, l’autre après Maurice de Saint-Bonnet ? Cette explication est très vraisemblable ; elle se justifie, du reste, par de nombreux documents et par les habitudes des familles nobles au moyen âge. Dans les races féodales les honneurs ecclésiastiques passaient fréquemment d’oncle à neveu. La similitude des noms et prénoms des deux prévôts de Montrevel autorise notre hypothèse, qui n’est point en contradiction avec le raisonnement proposé par le Gallia lui-même, loc. cit., en ce qui concerne les deux Maurice de Saint-Bonnet.
  23. Austorge de Montaigu, abbé de Séguret dès 1253, vivait encore en 1298 (Gall. Christiana, Eccl. Anciensis, t. II, col. 757, et Tablettes, III, 304).
  24. Pons de Goudet, chevalier, seigneur d’Eynac, fit une fondation dans le couvent des Frères Prêcheurs du Puy, en 1297, pour le repos des âmes de Marquèze de Goudet, sa tante, et de Pons de Chapteuil, son oncle. Un Guigon de Goudet testa en 1300 et nomma dans cet acte de dernière volonté Vierne, sa femme, Vierne, sa fille, et Guigon de Goudet, son oncle. En 1307, Gilbert était seigneur de Goudet.
  25. Le Villard, maison forte de la paroisse de Saint-Germain-Laprade, encore debout et qui appartint longtemps aux La Tour de Saint-Vidal.
  26. Montusclat, chef-lieu de paroisse. Il ne reste aucune trace de ce fort.
  27. Montvert, dans la paroisse de Champclause.
  28. Hugues de La Tour de Saint-Vidal. Suivant acte de Jean Bufferne, notaire au Puy, du 22 avril 1361, Maurice de La Tour, seigneur de Saint-Vidakl, s’engage à payer aux Frères Mineurs du Puy divers legs faits par ses prédécesseurs. Maurice de La Tour nomme dans ce contrat Hugon de La Tour et Aymara, ses grand’père et grand-mère, autre Hugon de La Tour et Germaine, ses père et mère. Ces deux Hugon de La Tour ne sont-ils pas ceux de notre titre ? Maurice de La Tour nomme aussi Randone de Joyeuse, sa femme défunte. Nous savons par un autre acte que Germaine, épouse d’Hugon de La Tour, probablement celui que la transaction de 1289 appelle Le Vieux, testa en 1324.
  29. Vierne de Saint-Vidal, veuve de Bertrand de Brion, testa le 28 septembre 1372. Il serait désirable de savoir à quel titre la famille de Brion était intéressée dans l’hoirie de Pons de Chapteuil.
  30. Bertrand Itier, chevalier.
  31. Saussac, baronnie près Yssingeaux : il n’en reste plus le moindre vestige.
  32. Armand de Bouzols, abbé de Saint-Pierre-Latour au moins dès 1285, (Gall. Christiana, Eccl. Aniciensis, t. II, col. 754).
  33. Probablement l’un des témoins de l’enquête de 1285. (Voir ci-dessus, p. 31).
  34. Le P. Cazalède a dû mal orthographier le nom, suivant sa malheureuse habitude. Il s’agit, d’après toute apparence, de François Héles, témoin dans l’enquête. Hèles semble n’être qu’un surnom. En 1350, Raymond de Sereys, dit Elles, damoiseau, rendait hommage à l’évêque Jean de Chandorat, (Répertoire des hommages de l’Évêché du Puy, p. 153).
  35. Répertoire des Hommages, p. 143.
  36. Ibid., p. 162.
  37. Répertoire des hommages, p. 141.
  38. Probablement Hugues de Glavenas, comme dans l’hommage de 1328.
  39. Répertoire des hommages, pp. 144, 149, 158.
  40. Pons de Bonneville, en 1296 et 1328, et Guigon de Bonneville, en 1283, rendent foi et hommage pour les mas de Bonneville, de Marsilhac et la Freideyre, tandis que les Glavenas, dits de Bonneville, font leurs reconnaissances en 1318 et 1328 pour les mas de la Roche, le mas Dous Maris et la tour de Servissac. Pons de Bonneville cependant fait hommage, en 1308 ou 1309, pour les mas de la Roche et Dous Maris et la tour de Servissac, d’après le Répertoire, p. 141. Peut-être le P. Cazalède a-t-il mal lu ou mal orthographié le nom du Bonneville qui rend cet hommage.
  41. Le même Durand d’Anezac, sans doute, qui figure comme témoin dans la composition de 1289.
  42. Une copie intégrale du dernier siècle de ces Statuta se trouve aux Archives départementales.
  43. Glossarium au mot Matricularii.
  44. Le nom patronymique de Clément IV est diversement orthographié dans les ouvrages imprimés ou manuscrits. On trouve Fulcodi, Fulcodii, Fulchodii, Fulcodius, Fulcaudi en latin ; et en français : Foulques ou Foulcoy. Le nom de Foulques, en français, serait le plus rationnel, mais l’usage a fait prévaloir celui de Fulcodi.
  45. Pour la biographie de Clément IV, consulter, en dehors du Gallia Christiana, Eccl. Aniciensis, t. II. col. 717 et de nos auteurs et chroniqueurs : Gissey, Théodore, Arnaud, Mandet, Médicis ; l’excellente Vie de saint Louis, par Le Nain de Tillemont, édit. de Gaulle, Paris, 1848, passim, et spécialement t. IV, pp. 353 et suiv.
  46. Layettes du Trésor des Chartes, par Teulet, Plon, Paris, 1866, t. II, pp. 335, 371, 376, 406.
  47. Le Nain de Tillemont, t. IV, pp. 355 et suiv.
  48. Roger Bacon, sa vie et ses œuvres, par M. Emile Saisset, dans la Revue des Deux-Mondes, livraison du 15 juillet 1861, pp. 369 et suiv. ; Louis Figuier, Savants du moyen âge, Paris, Hachette, 1870, pp. 185, 186 et suiv.
  49. Gall. Christiana, Eccl. Aniciensis, t. II, col. 717.
  50. Cité par Le Nain de Tillemont, t IV, p. 355. L’ouvrage d’Alphonse Ciacconius est intitulé Vitæ et res gestæ pontificum romanorum et cardinalium ab initio nascentis ecclesiæ ad Clenentem IX, ex recognitione Aug. Oldoini. Romæ, 1677, 4 vol. in-8o. — La première édition est de Rome, 1630, 2 vol. in-fo.
  51. Le Nain de Tillemont, t. IV. p. 357, et Gall. Christiana, Eccl. Aniciensis, t. II, col. 717 et 718.
  52. Tablettes, III, 165 et suiv.
  53. Si Guy Fulcodi avait eu des fonctions dans notre église, il en serait très probablement parlé dans ce titre.
  54. Le titre porte des traces de sceau du Chapitre pendant sur une simple queue. — Le sceau ogival du Chapitre, de 63 millimètres, porte la Vierge assise avec l’enfant Jésus, couronnée, voilée et nimbée, tenant à la main droite un sceptre fleurdelisé, avec la légende circulaire : SIGILLVM S. MARIE ANICIENSIS. Le contre-sceau porte : un Agnus Dei, avec la légende SIGILLVM SECRETI. (Collection des sceaux de Douët-d’Arcq, dans les Inventaires et documents des Archives de l’Empire, Plon, Paris, 1867, no 7285).
  55. Voir sur ces dissensions électorales le Gall. Christiana, Eccl. Aniciensis, t. II, col. 718.
  56. Le Nain de Tillemont, t. IV, pp. 212 et suiv.
  57. Histoire des Institutions politiques de l’Ancienne France, par M. Fustel de Coulanges. Paris, 1877, pp. 187 et suiv.
  58. Code Théodosien, livre XI, titre 1.
  59. Zozime, II, 38 ; Lampride, Alexandre Sévère, 32, Code Théodosien, livres XI, titres 1, 8, et XIII, titre 1.
  60. Dion Cassius, LXXVII, 9 et LXXVIII, 12.
  61. Tite-Live, XXIX, 37 ; Code de Justinien, IV, 61, 11.
  62. Voir, dans les divers codes romains, de Annonis. et Ducange. vo Annonæ.
  63. Ulpien au Digeste, livre IV, 3, §13 et 14, et livre I, 16, 4.
  64. Tablettes, III, 176 et suiv.
  65. Tacite, Annales, I, 78 ; Ulpien an Digeste, L, 16, 17.
  66. Voir le texte de cette ordonnance dans les Mémoires de notre Société, 1re année, pp. 163 et suiv.
  67. Médicis, II, 1 et suiv., 13, 17 et suiv., 22 et suiv.
  68. C’est ce que fait entendre César dans ses Commentaires, quand il dit, VI, 14, que les druides étaient exempts du service militaire : Militiæ vacationem habent.
  69. La ressemblance entre les deux régimes se complète par l’identité des agents de perception. Sous l’empire, il appartenait à chaque cité, à chaque corporation de lever elle-même ses impôts, et les percepteurs étaient de simples citoyens ou curiales, responsables de la quotité ds contributions qui leur était dévolue. De même, aux xviie et xviiie siècles, les consuls de nos campagnes avaient pour unique mandat de recueillir les tailles de leurs mandements et d’en faire compte au receveur du Puy. (Voir, sur ce point, Tablettes, VI, 162 et 163. et dans le même recueil, la Description géographique et historique du Velay, tt. VI et VII).
  70. Études sur le régime financier de la France avant la Révolution, par M. Vuitry, membre de l’Institut, ancien ministre, Paris, 1878, dans l’Avant-propos, pp. 1 et suiv. Consulter les divers auteurs cités par M. Vuitry et surtout les Recherches et considérations sur les Finances de France, de Forbonnais, 2 vol. Bâle, 1758.
  71. Notre titre dit expressément que l’ordonnance fut rendue par le duc de Berry, en sa qualité de lieutenant du roi Charles V en Languedoc. Le duc de Berry obtint cette dignité en 1360 et Charles V mourut le 16 septembre 1380. C’est donc entre ces deux dates, de 1360 et de 1380, que se place l’ordonnance dont s’agit.
  72. Annales de la Société d’agriculture, 1850, t. XV, 2e semestre, pp. 605 et suiv.
  73. Correspondance des contrôleurs généraux des Finances avec les intendants des provinces, par M. de Boislisle. Paris, Imprimerie nationale, 1874, p. 199.