Du devoir des catholiques dans la question de la liberté d’enseignement/Avant-propos

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Du devoir des catholiques dans la question de la liberté d’enseignement
Au bureau de l’univers (p. 5-6).
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Retenu loin de la France par un devoir impérieux et sacré pendant les discussions récentes qui ont eu lieu sur la liberté d’enseignement, je n’ai pu défendre à la tribune les droits et les intérêts que j’ai coutume d’y représenter. Mais à Dieu ne plaise que je puisse être soupçonné d’avoir abandonné le combat que je m’enorgueillirai toujours d’avoir en quelque sorte inauguré, il y a douze ans, par le procès de l’École libre, devant la Cour des Pairs elle-même. Qu’il me soit donc permis d’élever de nouveau la voix aujourd’hui, bien que de très-loin, et puisque la tribune politique m’est interdite pour un temps, de m’adresser directement aux Catholiques. J’entends sous ce nom, non pas tous ceux qui ont reçu le baptême d’un prêtre catholique, mais ceux qui professent et pratiquent publiquement la religion qu’ils croient la seule vraie. On sait assez qu’ils ne sont représentés dans l’une et l’autre Chambre que par une imperceptible minorité.

Cet écrit n’aspire qu’à un seul mérite, celui d’une sincérité entière ; il aura en outre l’honneur d’être un témoignage d’admiration et de respect pour ceux d’entre les évêques de France qui ont si noblement arraché le masque à l’Université ; un témoignage de reconnaissance et de sympathie pour ces jeunes écrivains qui, au milieu des calomnies et des critiques, ont plaidé avec une si généreuse constance et avec un désintéressement si pur la cause de notre foi et notre avenir.


Île de Madère, octobre 1843.