E. D. – Le marbre animé/2

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Aux dépens de la compagnie (Bruxelles) (p. 20-24).

CHAPITRE II


LA LEVRETTE





Dix heures sonnaient, quand j’entrai le lendemain dans la chambre de la princesse. Elle m’attendait dans la même attitude que la veille, et elle me salua du même sourire énigmatique. Dès que je fus déshabillé, je reprends ma place auprès d’elle, et pendant une heure, du bout des doigts et du bout des lèvres, je tente d’animer ce beau marbre, et de faire passer dans ses veines un peu du feu qui embrase mon sang. Je parcours d’une langue agile tout ce beau corps nu, de la tête aux pieds, les plaines, les monts, les rondeurs, visitant pieusement les recoins les plus chers ; puis, retournant la belle, je reprends ma promenade de baisers sur un dos merveilleux du plus blanc satin, descendant vers les formes opulentes qui, sous les hanches en saillie, étalent les plus admirables reliefs. Je mange de baisers ces deux hémisphères rebondis, que j’écarte pour venir larder le petit trou dans son îlot, l’embrassant, le léchant, y enfonçant la pointe d’une langue quêteuse, lui faisant mille politesses qu’il mérite certes, sachant bien d’ailleurs par expérience, que la chaleur qu’on met en ces lieux, se communique au bijou voisin. Puis, sur ma prière, la belle s’agenouille, le visage tourné vers le bas, me présentant les charmants contreforts de sa splendide croupe. Je m’agenouille à mon tour, m’approchant tout près de ces grosses fesses, dont le contact délicieux me fait déjà frissonner d’aise. Mon priape furieux tape contre les chairs, avec un bruit de claques qui tombent sur la peau. Quand je suis bien en place, d’une main passée sous le ventre, j’aide l’instrument à gagner l’huis qu’il cherche. Peu à peu, je l’y pousse, et l’enfonce jusqu’au bout. Je commence alors un va-et-vient délicieux ; à chaque poussée, mon ventre, venant frapper contre les demi-globes élastiques, me cause un plaisir indicible, tandis que de mes deux mains, libres maintenant, je m’accroche aux deux pommes d’amour d’une gorge dure et bombée qui repousse les mains qui l’emprisonnent, et je fouille le vagin avec fureur, espérant que ma savante manœuvre va enfin provoquer l’heureuse crise, dont je poursuis sans trêve la réalisation. La belle se prête à merveille à l’opération ; elle élève ses fesses, de façon à recevoir tout entière la verge dans le gouffre, à chaque coup de reins. Mais déjà je me pâme, et j’inonde la chère prison d’une liqueur brûlante, qui pénètre la belle jusqu’au cœur.

Quand je reprends mes sens, je retourne la mignonne, que je regarde dans les yeux. Ses yeux, toujours clairs et purs, reflètent la plus complète indifférence, et je ne peux pas savoir si elle est restée en chemin. Mais je veux battre le fer, tant qu’il est chaud, et je reprends, sans un temps d’arrêt, le joli jeu. Retournant donc la belle, je remets de nouveau son derrière en amont ; la seule vue de la superbe mappemonde a tôt réveillé mon priape, qui, sans se faire désirer, regagne promptement le gîte, qui s’offre à lui, et recommence l’escarmouche.

Six fois, jusqu’au matin, je nageai dans un océan de délices, mais je dus partir, sans savoir de ma princesse, devenue muette, ce que son clitoris avait éprouvé, durant cette seconde nuit d’épreuves.