En famille/Chapitre XXXIX

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Flammarion (p. 485-498).

Malot - En famille, 1893 p491.jpg

XXXIX

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Il y avait treize mois jour pour jour, qu’un dimanche par un temps radieux Perrine était arrivée à Maraucourt, misérable et désespérée, se demandant ce qui allait advenir d’elle.

Le temps était aussi radieux, mais Perrine et le village ne ressemblaient en rien à ce qu’ils étaient l’année précédente.

À la place où elle avait passé la fin de sa journée, assise tristement à la lisière du petit bois qui couronne la colline, tâchant de se rendre compte de ce qu’étaient le village et les usines étalés au-dessous d’elle dans la vallée, se trouvent maintenant des bâtiments en construction ; un hôpital en bon air, en belle vue, qui dominera tout le pays et recevra les ouvriers des usines de M. Vulfran, qu’ils habitent ou n’habitent pas Maraucourt.

C’est de là qu’on peut le mieux suivre les transformations de la contrée, et elles sont extraordinaires, eu égard surtout au peu de temps qui s’est écoulé.

Aux usines elles-mêmes il n’a pas été apporté de changements bien sensibles : ce qu’elles étaient, elles le sont toujours, comme si, arrivées à leur complet développement, elles n’avaient qu’à continuer la marche régulière de tout ce qui est rigoureusement réglé.

Mais à une courte distance de leur entrée principale, là où autrefois s’effondraient de pauvres bicoques occupées par deux garderies d’enfants du genre de celle de la Tiburce brûlée quelques mois auparavant, se montrent le toit flambant rouge et la façade mi-partie rose, mi-partie bleue de la crèche que M. Vulfran a fait construire en achetant pour les raser ces vieilles masures croulantes.

Sa façon de procéder avec leurs propriétaires a été aussi nette que franche : il les a fait venir et leur a expliqué que comme il ne pouvait pas tolérer plus longtemps que les enfants de ses ouvriers et de ses ouvrières fussent exposés à être brûlés ou tués par toutes sortes de maladies résultant des mauvais soins qu’ils trouvaient chez celles qui les gardaient, il allait faire construire une crèche dans laquelle ces enfants seraient reçus, nourris, élevés gratuitement jusqu’à l’âge de trois ans. Entre sa crèche et leurs garderies il n’y avait pas de lutte possible. S’ils voulaient vendre leurs maisons, il les achèterait moyennant une somme fixe et une rente viagère. S’ils ne voulaient pas, ils n’avaient qu’à les garder ; le terrain ne lui manquerait pas. Ils avaient jusqu’au lendemain matin onze heures pour se décider ; à midi il serait trop tard.

Au centre du village se dressent d’autres toits rouges beaucoup plus hauts, plus longs, plus imposants : ce sont ceux d’un groupe de bâtiments à peine achevés dans lesquels sont établis des logements séparés, des réfectoires, des restaurants, des cantines, des magasins d’approvisionnement pour les ouvriers célibataires, hommes et femmes ; et pour ces bâtiments M. Vulfran a employé le même procédé d’expropriation que pour la crèche.

Précédemment se trouvaient là plusieurs vieilles maisons appropriées tant bien que mal, en réalité aussi mal que possible, au logement en chambrées des ouvriers et en cabinets. Il a fait appeler les propriétaires de ces maisons, et leur a tenu un langage à peu près analogue à celui dont il s’est déjà servi :

« Depuis longtemps on se plaint violemment des chambrées dans lesquelles vous couchez mes ouvriers, et c’est aux mauvaises conditions dans lesquelles sont établis ces logements qu’on attribue les maladies de poitrine et la fièvre typhoïde qui tuent tant de monde. Je ne peux pas tolérer cela plus longtemps. J’ai donc résolu de faire construire deux hôtels dans lesquels j’offrirai aux ouvriers célibataires, hommes et femmes, une chambre séparée et exclusive pour trois francs par mois. En même temps j’aménagerai les rez-de-chaussée en réfectoires et en restaurants où je donnerai un dîner composé de soupe, de ragoût ou de rôti, de pain et de cidre pour soixante-dix centimes. Si vous voulez me vendre vos maisons, j’élèverai mes hôtels sur leur emplacement. Si vous ne voulez pas, gardez-les. Ma combinaison est dans votre intérêt, car j’ai ailleurs des terrains où mes constructions me coûteront beaucoup moins cher. Vous avez jusqu’à onze heures demain pour réfléchir ; à midi il serait trop tard. »

Sur ces terrains éparpillés un peu partout, on aperçoit d’autres toits en tuiles neuves, tout petits ceux-là, et qui par leur propreté et leur éclat rouge contrastent avec les anciennes toitures couvertes de mousses et de sedum : ce sont ceux des maisons ouvrières dont la construction est commencée depuis peu, et qui toutes sont ou seront isolées au milieu d’un jardinet, dans lequel pourront se récolter les légumes nécessaires à l’alimentation de la famille qui, pour cent francs par an de loyer, aura le bien-être matériel et la dignité du chez soi.

Mais la transformation qui à coup sûr eût frappé le plus vivement, surpris et même stupéfié celui qui serait resté un an absent de Maraucourt, était celle qui avait bouleversé le parc même de M. Vulfran, dans des pelouses qui, en le prolongeant, descendaient jusqu’aux entailles avec lesquelles elles se confondaient. Cette partie basse restée jusque-là presque à l’état naturel, avait été retranchée du parc par un saut de loup, et maintenant s’élevait à son centre un grand chalet en bois, flanqué d’autres cottages ou de kiosques construits à la légère, qui donnaient à l’ensemble une apparence de jardin public que précisaient encore toutes sortes de jeux, des manèges de chevaux de bois, des balançoires, des appareils de gymnastique, des jeux de boules, de quilles, des tirs à l’arc, à l’arbalète, à la carabine et au fusil de guerre, des mâts de cocagne, des terrains pour la paume, des pistes pour vélocipèdes, un théâtre de marionnettes, une estrade pour des musiciens.

C’est qu’en réalité c’était bien un jardin public, celui qui servait aux jeux des ouvriers de toutes les usines ; car si pour chacun des autres villages : Hercheux, Saint-Pipoy, Bacourt, Flexelles, M. Vulfran avait décidé de faire les mêmes constructions qu’à Maraucourt, il avait voulu qu’il n’y eût pour tous qu’un seul lieu de réunion et de récréation où pourraient s’établir des relations générales, qui deviendraient un lien entre eux. Et la simple bibliothèque qu’il avait eu tout d’abord l’intention d’établir, s’était transformée, sans qu’il sût trop sous quelle influence, en ce vaste jardin où autour des salles de lecture et de conférence qui occupent le grand chalet central, se sont groupés ces jeux divers, dont le développement a exigé une partie même de son parc, de sorte que maintenant le cercle ouvrier protège le château et le fait pardonner.

Si rapidement que ces changements eussent été conçus et réalisés, ils n’ont pas été sans produire un vif émoi dans la contrée et même une sorte d’agitation.

Les plus hostiles ont été les logeurs, les cabaretiers, les boutiquiers qui ont crié à la ruine et à l’oppression : n’était-ce pas une injustice, un crime social qu’on vînt leur faire concurrence et les empêcher de continuer leur commerce dans les mêmes conditions qu’ils l’avaient toujours pratiqué, au mieux de leurs intérêts, comme il convient à des hommes libres ? Et de même que lors de la création des usines, les fermiers s’étaient insurgés contre ces fabriques qui leur prenaient les ouvriers de la terre, ou les obligeaient à hausser les salaires, les petits commerçants avaient joint leurs plaintes à celles des cultivateurs ; et c’était tout juste si quand M. Vulfran passait par les rues des villages en compagnie de Perrine, on ne les poursuivait pas de huées comme des malfaiteurs : il n’était donc pas encore assez riche, le vieil aveugle, qu’il voulait ruiner le pauvre monde ! la mort de son fils ne lui avait donc pas mis un peu de bonté, un peu de pitié au cœur ! les ouvriers étaient donc imbéciles de ne pas comprendre que tout cela n’avait d’autre but que de les enchaîner plus étroitement encore, et de leur reprendre d’une main ce qu’on semblait leur donner de l’autre. Des réunions s’étaient tenues où l’on avait discuté ce qu’il y avait à faire, et dans lesquelles plus d’un ouvrier avait prouvé qu’il n’était pas un imbécile comme tant d’autres de ses camarades.

Dans l’intimité même de M. Vulfran, ou plutôt dans sa famille, ces réformes avaient provoqué autant d’inquiétudes que de critiques. Devenait-il fou ? Allait-il se ruiner, c’est-à-dire les ruiner ? Ne serait-il pas prudent de le faire interdire ? Évidemment sa faiblesse pour cette petite fille, qui faisait de lui ce qu’elle voulait, était une preuve de démence sénile, que les tribunaux ne pourraient pas ne pas peser. Et toutes les inimitiés s’étaient concentrées sur cette dangereuse gamine qui ne savait pas ce qu’elle faisait : qu’importait à cette fille l’argent follement gaspillé, ce n’était pas le sien.

Heureusement pour la fille elle se sentait soutenue contre cette colère, dont elle recevait des coups directs ou indirects à chaque instant, par des amitiés qui l’encourageaient et la réconfortaient.

Comme toujours Talouel, courtisan du succès, s’était rangé de son côté : elle réussissait ce qu’elle entreprenait, elle faisait faire à M. Vulfran tout ce qu’elle voulait, elle était en butte à l’hostilité des neveux, c’était plus qu’il n’en fallait pour qu’il se montrât ouvertement son ami ; au fond, que lui importait que M. Vulfran dépensât des sommes considérables qui en réalité augmentaient la fortune des établissements ; cet argent ce n’était pas à lui Talouel qu’on le prenait, tandis que bien vraisemblablement les établissements seraient à lui un jour ou l’autre ; aussi quand il avait pu deviner qu’une amélioration nouvelle était à l’étude, n’avait-il pas raté les occasions de « supposer » avec M. Vulfran que le moment était propice pour la réaliser.

Mais d’autres amitiés qui plus que celle-là plaisaient à Perrine, c’était celles du docteur Ruchon, de Mlle Belhomme, de Fabry et des ouvriers que M. Vulfran avait fait élire pour composer le conseil de surveillance de ses différentes fondations.

En voyant comment « la gamine » avait rendu à M. Vulfran l’énergie morale et intellectuelle, le médecin avait changé de manières à son égard, et maintenant c’était avec une affection paternelle qu’il la traitait, presque avec déférence, en tout cas comme une personne qui compte : « Cette petite a plus fait que la médecine, disait-il, sans elle je ne sais vraiment pas ce que M. Vulfran serait devenu. »

Mlle Belhomme n’avait pas eu à changer de manières, mais elle était fière d’elle, et chaque jour dans sa leçon, il y avait quelques minutes où franchement elle laissait paraître ses vrais sentiments, bien qu’elle s’avouât que leur expression n’en fût peut-être pas très correcte, « de maîtresse à élève ».

Quant à Fabry, il était associé de trop près à tout ce qui se faisait, pour n’être pas en accord avec cette jeune fille, à laquelle il n’avait pas tout d’abord prêté attention, mais qui bien vite avait pris une si grande importance dans la maison, qu’il n’était plus qu’un instrument entre ses mains.

« Monsieur Fabry, vous allez aller à Noisiel étudier les maisons ouvrières.

— Monsieur Fabry, vous allez aller en Angleterre étudier le Working men’s club Union.

— Monsieur Fabry, vous allez aller en Belgique étudier les cercles ouvriers. »

Et Fabry partait, étudiait ce qu’on lui avait indiqué tout en ne négligeant rien de ce qu’il trouvait intéressant, puis au retour, après de longues discussions avec M. Vulfran, étaient arrêtés les plans qu’exécutaient sous sa direction l’architecte et les conducteurs de travaux, adjoints à son bureau, devenu depuis peu le plus important de la maison. Jamais elle ne prenait part à ces discussions, jamais elle n’y mêlait son mot, mais elle y assistait, et il eût fallu une stupidité réelle pour ne pas comprendre qu’elle les préparait, les inspirait, et qu’en somme c’était la semence qu’elle avait jetée dans l’esprit ou dans le cœur du maître, qui germait et portait ses fruits.

Pas plus que Fabry, les ouvriers élus par leurs camarades ne méconnaissaient le rôle de Perrine, et bien que dans leurs conseils, elle ne se fût jamais permis ni un mot, ni un signe, ils savaient très justement peser l’influence qu’elle exerçait, et ce n’était pas pour eux un mince sujet de confiance et de fierté qu’elle fût des leurs :

« Vous savez, elle a travaillé aux cannetières.

— Est-ce que si elle ne sortait pas du travail, elle serait ce qu’elle est ? »

Il n’eût pas fait bon que devant ceux-là, on parlât de la huer quand elle traversait les rues des villages ; les huées commencées auraient été vivement et violemment refoulées dans les gosiers.

Ce dimanche-là, justement Fabry, parti depuis plusieurs jours pour une enquête dont M. Vulfran n’avait pas parlé à Perrine, et qu’il avait même paru vouloir tenir secrète, était attendu ; le matin il avait envoyé de Paris une dépêche ne contenant que ces quelques mots :

« Renseignements complets, pièces officielles, arriverai midi ».

Il était midi et demi, et il n’arrivait pas, ce qui contrairement à l’habitude avait provoqué l’impatience de M. Vulfran d’ordinaire plus calme.

Son déjeuner achevé plus promptement que de coutume, il était rentré dans son cabinet avec Perrine, et à chaque instant il allait à la fenêtre ouverte sur les jardins pour écouter.

« Il est étrange que Fabry n’arrive pas.

— Le train aura eu du retard. »

Mais il ne se rendait pas à cette raison et restait à la fenêtre d’où elle eût voulu l’arracher, car il se passait dans les jardins et dans le parc des choses dont elle ne voulait pas qu’il eût connaissance ; avec une activité plus qu’ordinaire les jardiniers achevaient d’entourer de treillages les corbeilles de fleurs, tandis que d’autres emportaient les plantes rares disséminées sur les pelouses ; les grilles d’entrée étaient grandes ouvertes et au delà du saut de loup, le Cercle des ouvriers était pavoisé de drapeaux et d’oriflammes, qui claquaient dans la brise de mer.

Tout à coup il pressa le bouton d’appel pour son valet de chambre, et quand celui-ci parut, il lui dit que si quelqu’un venait, il ne recevrait personne.

Cet ordre surprit d’autant plus Perrine que le dimanche habituellement il recevait tous ceux qui voulaient l’entretenir, petits ou grands car très avare en semaine de paroles qui font perdre un temps appréciable en argent, il était au contraire volontiers bavard le dimanche, quand son temps et celui des autres n’avaient plus la même valeur.

Enfin un roulement de voiture se fit entendre dans le chemin des entailles, c’est-à-dire celui qui vient de Picquigny :

« Voilà Fabry, » dit-il d’une voix qui parut altérée, anxieuse et heureuse à la fois.

En effet, c’était bien Fabry, qui entra vivement dans le cabinet : lui aussi paraissait être dans un état extraordinaire, et le regard qu’il jeta tout d’abord à Perrine, la troubla sans qu’elle sût pourquoi :

« Un accident de machine est cause de mon retard, dit-il.

— Vous arrivez, c’est l’essentiel.

— Ma dépêche vous a prévenu.

— Votre dépêche trop courte et trop vague, m’a donné des espérances ; ce sont des certitudes qu’il me faut.

— Elles sont aussi complètes que vous pouvez les désirer.

— Alors parlez, parlez vite.

— Le dois-je devant mademoiselle ?

— Oui, si elles sont ce que vous dites. »

C’était la première fois que Fabry, rendant compte d’une mission, demandait s’il pouvait parler devant Perrine ; et dans l’état de trouble où elle se trouvait déjà, cette précaution ne pouvait que rendre plus violent encore l’émoi que les

« ME DIRAS-TU POURQUOI ELLE NE VIENT PAS DANS MES BRAS OUVERTS ? ».


paroles de M. Vulfran, et de Fabry, leur agitation à l’un et à l’autre, le frémissement de leurs voix avaient provoqué en elle.

— Comme l’avait bien prévu l’agent que vous aviez chargé de faire des recherches, dit Fabry qui parlait sans regarder Perrine, la personne dont il avait perdu la trace plusieurs fois était venue à Paris ; là, en compulsant les actes de décès, on a trouvé au mois de juin de l’année dernière un acte au nom de Marie Doressany, veuve de Edmond Vulfran Paindavoine. Voici une expédition de l’acte.

Il la remit entre les mains tremblantes de M. Vulfran.

« Voulez-vous que je vous la lise ?

— Avez-vous vérifié les noms ?

— Assurément.

— Alors ne lisez pas ; nous verrons plus tard, continuez.

— Je ne m’en suis pas tenu à cet acte, poursuivit Fabry, j’ai voulu interroger le propriétaire de la maison dans laquelle elle est morte, qui se nomme Grain de Sel, j’ai vu aussi ceux qui ont assisté à la mort de la pauvre jeune femme, une chanteuse des rues appelée la Marquise, et la Carpe, un vieux cordonnier ; c’est à la fatigue, à l’épuisement, à la misère qu’elle a succombé ; de même j’ai vu le médecin qui l’a soignée, le docteur Cendrier qui demeure à Charonne, rue Riblette ; il avait voulu l’envoyer à l’hôpital, mais elle a refusé de se séparer de sa fille. Enfin pour compléter mon enquête ils m’ont envoyé rue du Château-des-Rentiers chez une marchande de chiffons appelée La Rouquerie, que j’ai rencontrée hier seulement au moment où elle rentrait de la campagne. »

Fabry fit une pause, et, pour la première fois, se tournant vers Perrine qu’il salua respectueusement :

« J’ai vu Palikare, mademoiselle, il va bien. »

Depuis un moment déjà Perrine s’était levée, et elle regardait, elle écoutait éperdue, un flot de larmes jaillit de ses yeux.

Fabry continua :

« Fixé sur l’identité de la mère, il me restait à savoir ce qu’était devenue la fille, c’est ce que m’a appris La Rouquerie en me racontant la rencontre qu’elle avait faite dans les bois de Chantilly d’une pauvre enfant mourant de faim, retrouvée par son âne.

« Et toi, s’écria M. Vulfran se tournant vers Perrine qui tremblait de la tête aux pieds, ne me diras-tu pas pourquoi cette enfant ne s’est pas fait connaître, ne me l’expliqueras-tu pas toi qui peux descendre dans le cœur d’une jeune fille… ? »

Elle fit quelques pas vers lui.

Il continua :

« Pourquoi elle ne vient pas dans mes bras ouverts… ?

— Mon Dieu !

— Ceux de son grand’père. »

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