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Espagne. Mouvement des sciences et de l’industrie/01

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ESPAGNE.




MOUVEMENT DES SCIENCES ET DE L’INDUSTRIE.


On nous transmet les renseignemens suivans sur l’état des sciences et de l’industrie en Espagne. Nous ferons observer qu’il ne s’agit ici que de l’année 1828, et pour quelques villes seulement. Les années antérieures n’entrent presque point dans cet exposé.

On publie, à Barcelone, un ouvrage périodique fort utile, intitulé : Annales des nouvelles Découvertes ; il est spécialement consacré à l’économie rurale et domestique.

La junte de commerce de Madrid imprime tous les ans un Guide commercial, qui renferme des documens fort importans pour la prospérité générale.

Le gouvernement a déjà fait paraître la Balance du commerce de la nation espagnole pendant l’année 1826, et il prépare un tableau semblable pour 1827 et 1828.

On vient de fonder à Pampelune des chaires de mathématiques, de chirurgie et d’anatomie ; à Murcie, une chaire de mécanique appliquée aux arts, et, à Madrid, don Jose Luis Casaceca professe avec distinction la chimie, également appliquée aux arts.

Une collection complète des ouvrages dramatiques des meilleurs poètes espagnols, tant anciens que modernes, enrichie de notes, se publie dans ce moment ; et le Romancero, ou recueil de romances moresques et espagnoles, a été imprimé avec le plus grand soin, sur l’édition de 1614.

Les travaux de l’Académie royale d’histoire, présidée par le savant don Martin Fernandez de Navarrette, ont été si multipliés et si importans, pendant la dernière année, qu’il serait trop long d’en donner ici un détail circonstancié. Nous dirons seulement que l’impression des Chroniques du roi Ferdinand IV, de l’Histoire générale des Indes par Gonzalo Fernandez Oviedo, du Code royal d’Alphonse X, et du Miroir des Lois, est déjà fort avancée.

Bermudez a écrit la vie du célèbre Jean de Herrera, et traduit en espagnol l’Art de juger dans les Arts du Dessin.

Le professeur Frias a donné les Mémoires de Luis de Léon.

M. Lista à composé un mémoire fort lumineux sur le caractère de la Féodalité en Espagne, et une dissertation sur l’Histoire de la Littérature nationale.

Le Code de procédure criminelle, et les réglemens concernant les corrégidors et les geoliers, ou l’on remarquera plusieurs améliorations, ne tardera pas a paraître.

Le Musée de Madrid, que le Roi a enrichi de plusieurs objets d’art qui décoraient son palais, est ouvert deux fois la semaine aux Espagnols, et tous les jours aux voyageurs. Ce précieux dépôt offre déjà une des plus belles collections de tableaux qu’il y ait en Europe. Les salles, qui contiennent les chefs-d’œuvre des écoles espagnole, italienne, allemande et française, sont livrées au public, et l’on en prépare deux autres pour la réception des ouvrages des écoles flamande et hollandaise. Les bustes en marbre des architectes, des sculpteurs et des peintres espagnols les plus célèbres doivent orner la façade extérieure du Musée. Le roi a accordé la croix de Charles III aux peintres D. Vicente Lopez et Madrazo. Le premier a exécuté avec un rare talent les fresques du plafond de la grande salle du palais royal, et M. Madrazo dirige, avec non moins de succès, un bel établissement de lithographie. Les gravures sorties des ateliers de ce dernier, ne le cèdent pas pour la beauté de l’exécution, aux meilleurs ouvrages de ce genre, dessinés par les premiers artistes de France et d’Angleterre.

Le gouvernement a aboli la dîme des agneaux, qui sont destinés à l’amélioration des races ; il ne prélève plus de droits d’accise ou autres sur la vente des chevaux, mais il a cru devoir rétablir la taxe sur celle des mulets, et il a réduit les contributions des artisans du Nava del Rey, de la Seca, Rueda et de Rodolana dans la Vieille Castille.

Dans la Sierra Morena, on vient de former des colonies sur les propriétés d’un riche particulier, et la moderne ville de San Calixto est destinée à en devenir le chef-lieu.

Le gouvernement accorde des primes considérables pour encourager la salaison du poisson, et a chargé le consul espagnol, à Londres, d’acheter des moutons à laine longue, pour les distribuer gratis aux propriétaires de troupeaux, afin d’améliorer les races indigènes.

Tous les objets dont l’exportation en Amérique était naguère prohibée, sont aujourd’hui livrés au commerce.

On a établi depuis peu de nouvelles diligences à Barcelone, où il en existait déjà qui faisaient le service avec Valence, Sarragosse, Ignalada, Vich, Tarragone, Gerone, et Perpignan. Il y en a d’autres qui vont directement de Séville à Bayonne.

Une machine à draguer, mue par la vapeur, est actuellement en pleine activité dans le port de Barcelone.

À Séville, on va ouvrir un asile pour le soulagement des pauvres.

On a établi depuis peu à Murcie, une verrerie où l’on fabrique divers objets de goût et à bas prix, et des bouteilles d’une aussi bonne qualité que celles importées de l’étranger. À Lictor, il y a une manufacture de poterie de terre et de pierre.

Enfin on vient de réunir des fonds pour la construction d’une route de Burgos à Villarcayo, qui doit communiquer avec celle de Castro-de-Urdiales, et aboutir à la ville de Laredo. La grande route qui conduit de Gijon, dans les Asturies, à Léon, est entièrement achevée, et le transport des marchandises, entre ces villes, coûte actuellement moitié moins qu’auparavant. À Lugo, dans la Galice, on travaille avec activité à plusieurs ponts et routes de péages. On s’occupe aussi de terminer le canal de Compas. Un officier du Génie étudie en ce moment le cours du Douro, pour aviser au moyen de le rendre navigable, et une commission d’hommes intelligens et actifs a entrepris d’améliorer la navigation du Tage, etc.