Fables d’Ésope (trad. Chambry, 1927)/Le Naufragé

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

List2 gray&blue.svgPour les autres utilisations de ce mot ou de ce titre, voir Le Naufragé.

List2.svg Pour les autres éditions de ce texte, voir Le Naufragé (Ésope).

Traduction par Émile Chambry.
FablesSociété d’édition « Les Belles Lettres » (p. 26-27).
53


LE NAUFRAGÉ


Un riche Athénien naviguait avec d’autres passagers. Une tempête violente étant survenue, le vaisseau chavira. Or, tandis que les autres passagers cherchaient à se sauver à la nage, l’Athénien, invoquant à chaque instant Athéna, lui promettait offrandes sur offrandes, s’il parvenait à se sauver. Un des naufragés, qui nageait à côté de lui, lui dit : « Fais appel à Athéna, mais aussi à tes bras »

Nous aussi invoquons les dieux ; mais n’oublions pas de travailler de notre côté pour nous sauver.

Estimons-nous heureux, si en faisant effort nous-mêmes, nous obtenons la protection des dieux ; si nous nous abandonnons, les démons seuls peuvent nous sauver.

Si l’on tombe dans le malheur, il faut prendre soi-même de la peine pour s’en tirer, et seulement alors implorer le secours de la divinité.