Fables d’Ésope (trad. Chambry, 1927)/Avant-Propos

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FablesSociété d’édition « Les Belles Lettres » (p. v-vii).
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AVANT-PROPOS


La présente édition est une réduction de l’édition critique en deux volumes dont la Société Les Belles-Lettres a fait l’impression. On l’a déchargée de l’apparat critique, et l’on s’est borné à une seule rédaction de chaque fable, celle qu’on a jugée être la meilleure. En général, la rédaction d’une fable ésopique varie d’un recueil à l’autre ; mais les variations ne portent guère que sur l’expression et ne sont pas assez caractéristiques pour intéresser le grand public. Il y a bien des exceptions sans doute ; et telle rédaction se distingue de telle autre non seulement par le style, mais encore par les personnages, les incidents, la moralité. Ainsi la fable Le Chêne et le Roseau se présente dans nos manuscrits sous huit formes, avec cinq titres : Le Chêne et le Roseau, Le Chêne et les Roseaux, Les Arbres et les Roseaux, Le Roseau et l’Olivier, Les Roseaux et les Cyprès. Malgré l’intérêt de telles variantes, j’ai dû restreindre mon choix à une seule rédaction, pour ne pas grossir démesurément le volume. Le lecteur que ces différences intéressent pourra les étudier dans l’édition critique. A ce propos, je dois lui signaler qu’il n’y a pas toujours correspondance entre les numéros des deux éditions. La raison en est que je n’ai pas toujours choisi, parmi les rédactions d’une même fable, celle qui est donnée la première dans l’édition critique ; j’en ai pris quelquefois une autre, qui n’avait pas le même titre, et que j’ai dû, pour conserver l’ordre alphabétique, transposer à une autre place. En outre le nombre des fables se trouve ici ramené de 359 à 358, qui est le nombre véritable. L’erreur provient de ce que, dans l’édition critique, les deux versions de la fable Le Cheval et le Sanglier, au lieu d’être réunies sous le même numéro, ont été séparées et placées, l’une au numéro 144, et l’autre au numéro 329. Pour ces deux raisons, le numérotage de la deuxième moitié du livre ne correspond pas à celui de l’édition critique. C’est un léger inconvénient, auquel on remédiera facilement, en consultant la table de la grande édition, où tous les titres sont donnés.

Si cette édition d’Ésope a vu le jour, c’est grâce à des concours que je me plais à reconnaître ici. Je dois d’abord avouer ma dette envers le Ministère de l’Instruction publique, qui m’a honoré de deux missions, l’une en Italie, l’autre en Angleterre, puis envers la Commission des Recherches scientifiques qui m’a donné une subvention de 6 000 francs, enfin envers l’Association Guillaume Budé, qui a admis ce travail dans ses collections, et la Société Les Belles-Lettres qui a pris à sa charge la coûteuse impression de mon édition critique. Il m’est doux d’ajouter que je dois beaucoup à l’éminent secrétaire de l’Association, M. Paul Mazon, dont les conseils et l’amitié m’ont constamment soutenu dans ce long travail. Je dois beaucoup aussi à l’illustre préfet de la Bibliothèque du Vatican, Mgr Mercati, qui m’a aidé de sa vaste science et m’a ouvert les trésors de la Bibliothèque Apostolique avec une obligeance dont je garde le souvenir ému. J’ai eu beaucoup à me féliciter aussi du bon accueil de M. Nardini, préfet de la Riccardiana, de la complaisance de M. Zuretti qui a bien voulu me copier le Triuultianus de Milan, et de l’amabilité de M. de Unamuno qui m’a transcrit tous les titres du Salamanticensis 1. 2. 4. J’adresse aussi le témoignage de ma reconnaissance à M. Cowley et à M. Gambier Parry pour les services qu’ils m’ont rendus à Oxford, et à M. Eric Millar qui s’est mis si obligeamment à ma disposition pour l’étude des manuscrits du British Museum. Enfin je prie mon collègue, M. E. Renauld, d’agréer mes remerciements : il a bien voulu revoir ma traduction et m’a suggéré maintes corrections dont elle a profité.