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Fables d’Ésope (trad. Chambry, 1927)/L’Avare (bilingue)

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Traduction d’Émile Chambry
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L’AVARE


Un avare convertit en or toute sa fortune, en fit un lingot et l’enfouit en un certain endroit, où il enfouit du même coup son cœur et son esprit. Tous les jours il venait voir son trésor. Or un ouvrier l’observa, devina ce qu’il en était, et, déterrant le lingot, l’emporta. Quelque temps après, l’avare vint aussi, et, trouvant la place vide, il se mit à gémir et à s’arracher les cheveux. Un quidam l’ayant vu se lamenter ainsi, et s’étant informé du motif, lui dit : « Ne te désespère pas ainsi, l’ami ; car, tout en ayant de l’or, tu n’en avais pas. Prends donc une pierre, mets-la à la place de l’or, et figure-toi que c’est ton or ; il remplira pour toi le même office ; car à ce que je vois, même au temps où l’or était là, tu ne faisais pas usage de ton bien. »

Cette fable montre que la possession n’est rien, si la jouissance ne s’y joint.

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Φιλάργυρος.

Φιλάργυρός τις, ἅπασαν αὐτοῦ τὴν οὐσίαν ἐξαργυρισάμενος καὶ χρυσοῦν βῶλον ποιήσας, ἔν τινι τόπῳ κατώρυξε συγκατορύξας ἐκεῖ καὶ τὴν ψυχὴν ἑαυτοῦ καὶ τὸν νοῦν, καὶ καθ’ ἡμέραν ἐρχόμενος αὐτὸν ἔϐλεπε. Τῶν δὲ ἐργατῶν τις αὐτὸν παρατηρήσας καὶ τὸ γεγονὸς συννοήσας, ἀνορύξας τὸν βῶλον ἀνείλετο. Μετὰ δὲ ταῦτα κἀκεῖνος ἐλθὼν καὶ κενὸν τὸν τόπον ἰδὼν θρηνεῖν ἤρξατο καὶ τίλλειν τὰς τρίχας. Τοῦτον δέ τις ὀλοφυρόμενον οὕτως ἰδὼν καὶ τὴν αἰτίαν πυθόμενος· « Μὴ οὕτως, εἶπεν, ὦ οὗτος, ἀθύμει· οὐδὲ γὰρ ἔχων τὸν χρυσὸν εἶχες. Λίθον οὖν ἀντὶ χρυσοῦ λαϐὼν θὲς καὶ νόμιζέ σοι τὸν χρυσὸν εἶναι· τὴν αὐτὴν γάρ σοι πληρώσει χρείαν· ὡς ὁρῶ γάρ, οὐδ’, ὅτε ὁ χρυσὸς ἦν, ἐν χρήσει ἦσθα τοῦ κτήματος. »

Ὁ μῦθος δηλοῖ ὅτι οὐδὲν ἡ κτῆσις, ἐὰν μὴ ἡ χρῆσις προσῇ.