Fables d’Ésope (trad. Chambry, 1927)/Le Cheval et le Soldat

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

List2.svg Pour les autres éditions de ce texte, voir Le Cheval et le Soldat.

Traduction par Émile Chambry.
FablesSociété d’édition « Les Belles Lettres » (p. 64).
142


LE CHEVAL ET LE SOLDAT


Un soldat, pendant toute la durée de la guerre, avait nourri d’orge son cheval, compagnon de ses travaux et de ses dangers. Mais, la guerre finie, le cheval fut employé à des besognes serviles et au transport de lourds fardeaux, et il ne fut plus nourri que de paille. Cependant une autre guerre fut annoncée, et à l’appel de la trompette le maître brida son cheval, s’arma lui-même et l’enfourcha. Mais le cheval sans force tombait à chaque pas. Il dit à son maître : « Va maintenant te ranger parmi les fantassins ; car de cheval tu m’as changé en âne. Comment veux-tu d’un âne refaire un cheval ? »

Dans les temps de sécurité et de relâche, il ne faut pas oublier les temps de malheur.