Fables d’Ésope (trad. Chambry, 1927)/Le Choucas et les Pigeons

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

List2.svg Pour les autres éditions de ce texte, voir Le Choucas et les Pigeons.

Traduction par Émile Chambry.
FablesSociété d’édition « Les Belles Lettres » (p. 72).
163


LE CHOUCAS ET LES PIGEONS


Un choucas, ayant aperçu dans un pigeonnier des pigeons bien nourris, blanchit son plumage et se présenta pour avoir part à leur provende. Tant qu’il resta silencieux, les pigeons, le prenant pour un des leurs, l’admirent parmi eux ; mais à un moment il s’oublia et poussa un cri. Alors, ne connaissant pas sa voix, ils le chassèrent. Et lui, voyant la bonne chère des pigeons lui échapper, revint chez les choucas. Mais les choucas ne le reconnaissant plus à cause de sa couleur, le rejetèrent de leur société, de sorte que pour avoir voulu les deux provendes, il n’eut ni l’une ni l’autre.

Cette fable montre que nous devons nous contenter de nos propres biens, et nous dire que la convoitise non seulement ne sert à rien, mais encore nous fait perdre souvent ce que nous possédons.