Fables d’Ésope (trad. Chambry, 1927)/Le Loup et le Héron (bilingue)

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

List2.svg Pour les autres éditions de ce texte, voir Le Loup et le Héron.

◄◄◄ Fables d’Ésope
Traduction d’Émile Chambry
►►►

224


LE LOUP ET LE HÉRON


Un loup, ayant avalé un os, allait partout cherchant qui le débarrasserait de son mal. Il rencontra un héron, et lui demanda moyennant salaire d’enlever l’os. Alors le héron descendit sa tête dans le gosier du loup, retira l’os, puis réclama le salaire convenu. « Hé ! l’ami, répondit le loup, ne te suffit-il pas d’avoir retiré ta tête saine et sauve de la gueule du loup, et te faut-il encore un salaire ? »

Cette fable montre que le plus grand service qu’on puisse attendre de la reconnaissance des méchants, c’est qu’à l’ingratitude ils n’ajoutent pas l’injustice.

224
Λύκος καὶ ἐρωδιός.

Λύκος καταπιὼν ὀστοῦν περιῄει τὸν ἰασόμενον αὐτὸν ζητῶν. Περιτυχὼν δὲ ἐρωδιῷ, τοῦτον παρεκάλει ἐπὶ μισθῷ τὸ ὀστοῦν ἐκβαλεῖν. Κἀκεῖνος καθεὶς τὴν ἑαυτοῦ κεφαλὴν εἰς τὴν φάρυγγα αὐτοῦ τὸ ὀστοῦν ἐξέσπασε καὶ τὸν ὡμολογημένον μισθὸν ἀπῄτει. Ὁ δὲ ὑποτυχὼν εἶπεν· « Ὦ οὗτος, οὐκ ἀγαπᾷς ἐκ λύκου στόματος σώαν τὴν κεφαλὴν ἐξενεγκών, ἀλλὰ καὶ μισθὸν ἀπαιτεῖς; »

Ὁ λόγος δηλοῖ ὅτι μεγίστη παρὰ τοῖς πονηροῖς εὐεργεσίας ἀμοιβὴ τὸ μὴ προσαδικεῖσθαι ὑπ᾿ αὐτῶν.