Fables d’Ésope (trad. Chambry, 1927)/Le Mari et la Femme acariâtre

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Traduction par Émile Chambry.
FablesSociété d’édition « Les Belles Lettres » (p. 24-25).
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LE MARI ET LA FEMME ACARIÂTRE


Un homme avait une femme qui était rude à l’excès envers tous les gens de la maison. Il voulut savoir si elle avait la même humeur envers les domestiques de son père, et il l’envoya chez lui sous un prétexte spécieux. Quand, après quelques jours, elle fut de retour, il lui demanda comment les gens de sa maison l’avaient reçue. « Les bouviers, répondit-elle, et les bergers me regardaient de travers. — Eh bien ! femme, reprit-il, si tu étais mal vue de ceux qui sortent les troupeaux au point du jour et ne rentrent que le soir, que devait-ce être de ceux avec qui tu passais tout le jour ? »

C’est ainsi que souvent les petites choses font connaître les grandes, et les choses visibles, les choses cachées.