Fables d’Ésope (trad. Chambry, 1927)/Les Renards au bord du Méandre

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Traduction par Émile Chambry.
FablesSociété d’édition « Les Belles Lettres » (p. 16).
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LES RENARDS AU BORD DU MÉANDRE


Un jour des renards se rassemblèrent sur les bords du Méandre, dans l’intention de s’y désaltérer. Mais, comme l’eau coulait en grondant, ils avaient beau s’exciter les uns les autres, ils n’osaient s’y aventurer. Alors l’un d’eux, prenant la parole pour humilier les autres, se moqua de leur couardise. Quant à lui, se vantant d’être plus brave que les autres, il sauta hardiment dans l’eau. Comme le courant l’entraînait vers le milieu, les autres, postés sur la berge, lui crièrent : « Ne nous abandonne pas, reviens, et montre-nous le passage par où nous pourrons boire sans danger. » Et lui, emporté par le courant, répondit : « J’ai un message pour Milet, et je veux l’y porter ; à mon retour je vous ferai voir le passage. »

Ceci s’applique à ceux qui par fanfaronnade se mettent eux-mêmes en danger.