Fables d’Ésope (trad. Chambry, 1927)/Zeus et la Pudeur

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

List2.svg Pour les autres éditions de ce texte, voir Zeus et la Pudeur.

Traduction par Émile Chambry.
FablesSociété d’édition « Les Belles Lettres » (p. 54).
118


ZEUS ET LA PUDEUR


Zeus, ayant façonné l’homme, mit aussitôt en lui les diverses inclinations ; mais il oublia d’y mettre la pudeur. Aussi ne sachant par où l’introduire, il lui ordonna d’entrer par le fondement. Elle regimba tout d’abord contre cet ordre qui l’indignait ; enfin sur les instances pressantes de Zeus, elle dit : « Eh bien ! j’entre, mais à condition qu’Éros n’entrera pas par là ; s’il y entre, moi, j’en sortirai aussitôt. » De là vient que depuis lors tous les débauchés sont sans pudeur.

Cette fable montre que ceux qui sont la proie de l’amour en perdent toute pudeur.