Géographie du département de la Savoie/11

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XI. Industrie ; mines ; sources minérales[1].

Les produits minéraux de la Savoie sont extrêmement variés, mais l’exploitation n’en est pas très active. Ses mines, fort riches, de fer spathique (5,576 hect.) constituent l’un des quatre grands groupes de mines d’acier naturel en Europe, qui sont ceux de Styrie et Carinthie, ceux du Tyrol, ceux du pays de Siegen et ceux de Savoie. Les plus importantes mines de fer spathique de la Savoie se trouvent à Saint-Georges-des-Hurtières. La Société Schneider, du Creusot, y a fait exécuter des travaux considérables dans le but d’exploiter le minerai : 250 ouvriers y sont occupés à l’extraction du fer. On trouve aussi du fer spathique à Saint-Alban-des-Hurtières, Montgilbert, Bourget-en-Huile et Arvillard ; à Montgirod, Notre-Dame-du-Pré et Longefoy, en Tarentaise ; et dans la Haute-Maurienne, à Fourneaux, Freney, Orelle, etc.

Il existe des mines de plomb argentifère à la Croix-de-Verdon, communes de Saint-Bon, des Allues et de la Perrière ; au Crozat, communes de Celliers, Bonneval et Doucy ; aux Fosses ; à Gros-Villan, commune de Montgellafrey ; Longeray, commune de Bonvillard ; Montchabert, commune d’Argentine ; au Pelvoz, commune de Termignon ; au Penay, commune de Petit-Cœur ; au Rocheray, commune de Saint-Jean-de-Maurienne ; et aux Sarrazins, commune de Modane. Mais les deux gisements les plus importants sont ceux de Macot et de Peisey. Le premier a de 8 à 26 mètres de puissance. Les gisements de plomb argentifère de Peisey furent découverts en 1714, mais l’exploitation ne commença qu’en 1742. En 1785, les mines donnèrent 4,000 marcs d’argent et 40,000 quintaux de plomb ; mais, depuis cette époque, le filon s’est graduellement appauvri, et, en 1862, les mines ont été abandonnées. Sous le premier Empire, on avait fondé à Peisey une école des mines.

Le cuivre a été exploité à Argentine, près d’Aiguebelle ; à Saint-Georges-d’Hurtières, à Pontet et à Saint-Alban-des-Hurtières (mélangé au plomb dans ces deux dernières communes) ; à Cléry (cuivre ocreux), commune de Lanslebourg ; à Rémond (cuivre gris argentifère), commune de Presles ; à Doucy et à Bonneval, en Tarentaise.

Le départ. de la Savoie possède d’importants gisements d’anthracite. « Le terrain auquel ils appartiennent, dit M. Bonjean, forme un vaste bassin de 15 kil. de longueur, qui part du départ. de l’Isère, dans la vallée de l’Oisans, traverse la Savoie et se continue dans la vallée d’Aoste. Les couches ont en moyenne 2 mètres de puissance et souvent 5, 6 et même 10 mètres. » Les régions où l’anthracite fait l’objet d’une exploitation importante sont la Tarentaise et la Maurienne. En Tarentaise, des gisements, ayant de 7 à 12 mètres d’épaisseur, s’étendent sur les communes de Moûtiers, Bozel, Montagny, la Saulce, des Allues, de la Perrière, Pralognan, Aime, la Côte, Bellentre, Mâcot, Ste-Foy, les Chapelles, et surtout St-Martin-de-Belleville. En Maurienne, où l’anthracite est l’objet d’une douzaine d’exploitations, les gisements les plus abondants et les plus nombreux sont groupés autour de St-Michel, dans les com. de Valmeinier, St-Martin-d’Arc, Valloire, du Thyl, et plus loin aux Fourneaux près de Modane. Les mines exploitées ont produit ensemble, en 1896, 10,152 ton. de combustible.

L’exploitation du lignite est moins importante ; elle est répartie entre les concessions suivantes : l’Avalanche, commune de Bellecombe ; la Croix-Rouge, commune de Chambéry ; Sonnaz, Trécadière, commune de la Motte-Servolex. — La tourbe (136 tonnes en 1896), très répandue dans le pays, se recueille principalement dans les environs de Beaufort, à Valloire, Saint-Martin-de-Belleville, Peisey, à Épagny, au Mont-Cenis. Les tourbières ont une superficie totale de 572 hect., et une épaisseur variant de 20 centimètres à 2m,50. Celles de la Chautagne sont les plus importantes. L’exploitation des carrières, au nombre de 230, occupe 820 ouvriers.

Le sous-sol renferme des marbres de toutes couleurs, dont les plus célèbres sont : le marbre vert de Bessans et de Longefoy, le marbre violet de Villette ou brèche de Tarentaise, le marbre blanc de Tignes, le marbre noir de Grésy-sur-Isère, le marbre noir tacheté de blanc de Bourg-Saint-Maurice, les marbres gris de Saint-Marcel et Saint-Jean-de-la-Porte, les marbres de Villarlurin (rouge veiné de blanc), Pralognan (vert, blanc, rose, noir), Saint-Sulpice (rose et jaune), Beaune (brocatelle rouge), Saint-Martin-de-la-Porte, Saint-Michel, Villarodin, Vimines, Curienne, etc. Des scieries de marbre existent près d’Albertville et au Plan-d’Arc, près de Saint-Michel. — Les habitants emploient diverses espèces de pierres de construction (52 carrières) : la molasse de Chindrieux ; les calcaires de Pralognan, Saint-Jean-de-Couz, de la Praz et de Sollières-Sardières ; les granits d’Épierre et de Saint-Léger, les tufs d’Aigueblanche et de Serrières, etc. Les Échelles et Saint-Baldoph ont aussi des carrières productives. Montagnole possède d’importantes carrières de pierre à ciment, utilisée dans les usines de la Revériaz et de Vimines. — La pierre à chaux vient de Saint-Michel, de l’Esseillon, Saint-Martin-d’Arc. Ces carrières (environ 75 millions et demi de kilogrammes de pierre, donnant 33,000 mètres cubes de chaux) alimentent une trentaine de fabriques, dont les plus importantes sont situées à Saint-Michel (fours à chaux et bluterie de la Compagnie des Mines et usines de Saint-Michel-et-Sordière), Vimines, Chambéry, Chanaz, Chindrieux et Saint-Pierre-d’Albigny. — La Savoie est l’un des pays les plus riches de l’Europe en carrières de plâtre (Bramans, Modane, Saint-Jean-de-Maurienne, Randens, Aiguebelle, Bourg-Saint-Maurice, Salins, Villarlurin, Saint-Thibaud-de-Couz, Saint-Jean-de-Couz, etc.). Elles alimentent 17 fabriques. L’exploitation la plus considérable est à Saint-Jean-de-Maurienne.

Il existe dans la Savoie de très-importantes ardoisières, dont les produits, s’ils ne sont pas supérieurs, peuvent rivaliser avec les ardoises les plus renommées de la France. Les plus belles sont celles de Cevins (800,000 ardoises par an). Celles de Petit-Cœur sont connues des géologues par leurs magnifiques empreintes de fougères et par l’anomalie de l’intercalation, entre les couches à empreintes houillères, d’autres couches à bélemnites, sous l’apparence d’une même formation malgré la diversité des âges. Citons aussi celles de Saint-Julien, Villargondran, Montricher, de la Chambre, du col de la Madeleine, d’Argentine et de Bonvillaret. Les carrières de Châtel, hameau de Bramans, approvisionnent la Haute-Maurienne de lauses ou lozes, ardoises très-grandes et grossières qui servent à couvrir les maisons.

Enfin, on rencontre sur le territoire la plombagine (à Saint-Jean-d’Arves), le jayet (à Vimines), l’amiante (Sainte-Foy), le talc, le mica, l’ocre naturelle, le sulfate de baryte, le zinc, l’antimoine, l’arsenic, le manganèse, la titane, le soufre, etc.

Le département de la Savoie est un des plus riches de la France en eaux minérales. Les sources les plus célèbres (nous suivons, du reste, l’ordre alphabétique) sont celles d’Aix-les-Bains, connues dès l’époque romaine. Les eaux thermales, sulfureuses d’Aix sont fournies par deux sources principales sortant de terre à 100 pas environ l’une de l’autre, à l’est de la ville. L’une, appelée fontaine de Saint-Paul ou eau d’alun (46°5), contient non de l’alun mais du sulfate d’alumine, sel appelé autrefois alun ; l’autre, nommée eau de soufre (45°), s’emploie pour les douches, les bains et la boisson. Le débit total des deux sources est de 4 512 000 litres par 24 heures. Les eaux d’Aix, limpides et incolores, ont une saveur douceâtre, un peu nauséabonde et une odeur hépatique, peu prononcée dans l’eau d’alun. L’eau de soufre dégage une multitude de bulles gazeuses ; l’eau d’alun paraît verdâtre dans les bassins à cause des conferves qui en tapissent les parois ; l’une et l’autre déposent dans les canaux une substance analogue à la glairine. Excitantes du système nerveux et de la circulation, toniques et reconstituantes, les eaux d’Aix, employées dans un bel établissement, agissent principalement sur la peau et sur les muqueuses des appareils digestifs et urinaires.

Le village de Saint-André, près de Modane, possède une source sulfurée sodique. Celui de la Bauche a une source (12° ; 72 hectol. par minute) ferrugineuse, bicarbonatée, qui s’emploie en boisson dans l’anémie et les troubles fonctionnels qui en procèdent. L’eau de la Bauche est utilisée dans un établissement, mais elle est surtout employée à l’exportation. La source ferrugineuse, bicarbonatée de la Boisse est située à 1 kilomètre de Chambéry. — La source de Bonneval (petit établissement), thermale (38°), sulfurée calcique, près de Bourg-Saint-Maurice, débite 700 litres par minute. Dans le voisinage de cette dernière localité, jaillissent aussi les eaux salées froides d’Arbonne, contenant 280 grammes de sel marin par litre d’eau, tandis que la source la plus forte en France n’en contient que 200. — Les eaux minérales de Brides-les-Bains, thermales (36°), sulfatées mixtes, avec forte proportion de chlorure sodique, débitent environ 5,000 hectolitres par 24 heures. Ces eaux, purgatives, réussissent très bien dans les affections du foie, dans l’anémie, le lymphatisme et contre l’obésité.

La source de Challes, dont le débit est de 30 à 40 hectolitres par 24 heures, est sulfurée sodique, iodo-bromurée. La condition pyriteuse et bitumineuse du calcaire d’où sort cette eau, avec la circonstance de la faune marine de la roche, semble donner le secret de sa minéralisation privilégiée en soufre, en brome et en iode. L’eau minérale est reçue dans un bassin creusé dans le roc. La température de l’eau de Challes est de 10°,5 à 10°3. Le haut degré de sulfuration de l’eau de Challes la met au premier rang de toutes les eaux sulfureuses naturelles. Elle contient jusqu’à 559 milligrammes de sulfure de sodium par kilogramme d’eau. La sulfuration d’un litre d’eau de Challes équivaut à celle de 30 litres des Eaux-Bonnes, 22 de Cauterets, 16 de Barèges, 12 de la Bassère, 11 de Luchon et 7 de Cadéac. Cette eau s’emploie surtout en boisson. Quoique possédant à un haut degré le pouvoir d’exciter toutes les fonctions de l’organisme, elle n’en est pas moins hyposthénisante et sédative du système nerveux. Elle agit comme tonique et reconstituante en même temps que comme alcaline, et doit au soufre, à l’iode et au brome qu’elle contient, des propriétés spécifiques.

A 3 kilomètres de Chamousset, se trouve la source ferrugineuse de Ferranche. — Coise possède une source minérale froide (12°), dite Fontaine de la Sauce, jaillissant par trois points d’émergence distants de 100 mètres et dont les eaux se réunissent dans un puits en ciment. Cette eau, bicarbonatée sodique, iodo-bromurée, employée uniquement en boisson, s’utilise comme spécifique contre le goitre. Excitante, tonique et reconstituante, elle modifie activement l’hématose et agit comme résolutif. La source débite 5,760 litres par 24 heures. — A 15 minutes à l’est de Saint-Jean-de-Maurienne jaillissent les sources thermales (40°), sulfatées sodiques et chlorurées de l’Échaillon. Ces eaux (93,600 litres par 24 heures) sont purgatives (buvette).

Au-dessus de Conflans, faubourg d’Albertville, près du hameau de Farette, existent des sources (11°) ferrugineuses arsenicales, appelées la Rossa (la Rouge ; 8 litres par minute). — A 2 kilomètres au nord-ouest d’Albens, le hameau de Futenay possède une source bicarbonatée mixte ferrugineuse. — Près de la cascade de Grésy est une source ferrugineuse dont l’eau s’emploie avec succès dans l’anémie. la leucorrhée, etc. — Dans la commune de Saint-Jeoire (canton de Chambéry), coule la source sulfureuse froide de la Boisserette. — Non loin de Saint-Marcel-en-Tarentaise, à Montfort, sur le ruisseau de Nantieux, existe une source d’eau minérale purgative.

A 20 minutes environ d’Aix, près de la route de Chambéry, au petit hameau de Marlioz, jaillissent trois sources sulfureuses, qui sont un auxiliaire puissant des eaux d’Aix. Ces sources (518 hectol. par 24 heures) portent les noms de source d’Esculape, source Adélaïde et source Bonjean. Leurs eaux (14°) sont sulfurées sodiques. Prises en boisson, elles stimulent les fonctions de l’estomac et celles de l’appareil urinaire. Leur action spécifique sur les voies respiratoires les rapproche, comme leurs éléments chimiques, des Eaux-Bonnes, de celles de Labassère, de la Raillère, de Saint-Honoré, etc. Les eaux de Marlioz se prennent en bains (établissement) et surtout en boisson et en inhalations de gaz. — Non loin de Myans, jaillit la source ferrugineuse bicarbonatée (11°) du Puisard ou du Bois-Plan. — La source sulfureuse froide (14°) du Mont-Charvet, près de Cruet, débite 21,600 litres par 24 heures. — Pontamafrey a une source chlorurée sodique ; Saint-Remy, une source bicarbonatée sodique gazeuse.

Les eaux thermales (35° à 36°), chlorurées sodiques de Salins jaillissent par cinq ouvertures, au pied d’un rocher calcaire, et se réunissent dans deux bassins appelés la Grande et la Petite Source (2 431 litres par minute). Leur minéralisation donne par litre plus de 11 grammes de chlorure sodique. Ces eaux, limpides, inodores, à saveur amère, salée, nauséabonde, dégagent au griffon beaucoup de petites bulles gazeuses, se couvrent, au contact de l’air, d’une pellicule irisée, déposent sur leur parcours un sédiment ocracé, dégagent, lors des changements de temps, et surtout pendant les tremblements de terre, une forte odeur d’iode. Excitantes, toniques et reconstituantes comme leurs congénères de Salins (Jura), de Nauheim et de Kreuznach, elles agissent principalement sur l’hématose, sur le système glandulaire et sur les muqueuses ; en boisson, elles sont facilement supportées par l’estomac et agissent comme purgatives et diurétiques ; mais leur usage à l’intérieur paraît devoir être exceptionnel.

A 2 kilomètres d’Aix, près du hameau de Saint-Simon, se trouve une source bicarbonatée sodique, gazeuse, la source Raphy (19°,8), dont l’eau est principalement employée comme eau de table. Son débit est de 200,000 litres par 24 heures. — Près de Termignon existent les sources minérales des Arcanes, dont les eaux, froides sulfatées calciques, laissent à l’air un dépôt assez considérable de carbonate de chaux et d’oxyde de fer, et jouissent d’une faible action purgative.

La branche d’industrie la plus importante du département de la Savoie est celle de la soie. L’éducation des vers à soie était autrefois très prospère : env. 950 onces de graines produisent 40,000 kilogrammes de cocons. Le filage des cocons (80 bassines), le moulinage des soies (6,200 tavelles et fuseaux) et le tissage des soieries (1,300 métiers dont 100 à bras) occupent plus de 1,100 ouvriers ; la valeur des produits fabriqués chaque année dépasse 9 millions et demi de francs. La filature de cocons de M. Payen, à Betton-Bettonet, est en chômage. Le moulinage d’Hermillon (60 ouvrières ; 3,000 kilogrammes de soies moulinées) et le dévidage de Saint-Michel sont alimentés de matières premières par les villes de Lyon et de Marseille, et par la Chine. Chambéry fabrique des gazes dont la réputation est européenne. Ces gazes sortent de la fabrique de la Calamine, établissement où sont exécutées toutes les opérations nécessaires pour convertir le coton en étoffe prête à être vendue. Le nombre des ouvrières varie de 160 à 250. La fabrication annuelle comprend 65,000 mètres de gaze, 3,000 mètres de velours et 12,000 mètres de foulard. La fabrique de taffetas de la Boisse (40 métiers) produit par an 60,000 mètres de tissus. D’autres fabriques de soieries existent à Cognin (250 métiers mécaniques ; 120 à 130 ouvriers ; 300,000 mètres d’étoffe par an), Fréterive (36,000 mètres), à Saint-Pierre-d’Albigny (200,000 mètres par an) et Pont-de-Beauvoisin. Enfin plus de 100 métiers (120,000 mètres d’étoffes de soie par an) sont disséminés dans les cantons d’Yenne, de St-Genix et des Échelles.

Les toiles se fabriquent surtout dans le canton de Pont-de-Beauvoisin (400 métiers) et dans la Haute-Maurienne, notamment à Lanslebourg. — Il existe dans le département 7 filatures de laine (1,400 broches), occupant une quarantaine d’ouvriers. Cognin possède une fabrique d’ouate ; la Motte-Servolex, une fabrique de laine renaissance, provenant de vieux chiffons et destinée à la confection de draps grossiers (40 ouvriers, 100,000 kilogrammes de laines par an) ; Cognin, deux fabriques de couvertures ; le hameau de Mérande (près de Chambéry), Séez, Sonnaz, des fabriques de draps. De plus, un grand nombre d’habitants des campagnes apprêtent et filent eux-mêmes la laine de leurs moutons, la livrent ensuite à des métiers ordinaires de tisserands, puis à des foulons spéciaux, répartis, au nombre d’une quarantaine environ, dans la Tarentaise et dans la Maurienne. Il se fabrique annuellement en Savoie environ 115,000 mètres de ces grosses étoffes. Tignes confectionne des dentelles. L’industrie métallurgique est représentée par les hauts fourneaux d’Aiguebelle ; les fonderies de deuxième fusion et les trois fonderies de cuivre de Chambéry ; les forges d’Arvillard, de la Rochette, Argentine, Bozel, Randens, Aiguebelle, Doussard, Tours, la Bâthie ; les fabriques de clouterie d’Aillon, du Noyer et de Saint-François, et par 100 martinets. Ces usines ont produit, en 1893, seulement 39 tonnes de fers marchands et 109 d’aciers.

Le département possède 20 tanneries occupant une centaine d’ouvriers, et 5 chamoiseries ou mégisseries (45 ouvriers). Les principales tanneries sont celles de Cognin, de la Revériaz (près de Chambéry ; 50,000 peaux par an), où se trouve aussi une importante chamoiserie ; de Moûtiers, de Mâché (faubourg de Chambéry), de la Trousse (commune de la Ravoire).

Il existe des papeteries à Leysse (60 ouvriers ; 250,000 kilog. de papiers par an), à la Roche-Saint-Alban (20,000 kilog. de papiers d’emballage), à la Serraz, à Bourdeau. De plus, on trouve des fabriques de pâtes à papier à Saint-Étienne-de-Cuines, Saint-Remy et à la Rochette.

Enfin nous citerons, parmi les autres établissements industriels de la Savoie : des imprimeries typographiques et lithographiques, les brasseries de Chambéry et de Moûtiers ; les fabriques d’acide gallique d’Aiguebelle, de la Bridoire, Saint-Genix, la Rochette ; des fabriques de blanc minéral impalpable (poudre alabastrite, plâtre crû, substance unique employée dans les fabriques de carton glacé et de papier), aux carrières et usines de Bramans et de Modane et à Saint-Jean-de-Maurienne (belles usines de la Combe des Moulins) ; les fabriques de gants, de vinaigre et de liqueurs de Chambéry ; la fabrique de bandages et d’instruments de chirurgie de Saint-Genix ; la fabrique de chapeaux de feutre de Cognin ; 17 fabriques de pâtes alimentaires (Albens, Saint-Michel, etc.) ; 240 scieries, dont les plus importantes sont celles de Randens, la Rochette, Yenne, Chambéry et la Trousse ; 3 poteries, notamment à Saint-Christophe et aux Échelles ; 20 briqueteries (la plus importante est celle de Saint-Christophe) ou tuileries ; environ 80 huileries et plus de 800 moulins à farine. Plusieurs communes des Beauges ont l’art de faire avec du platane ou d’autre bois, de la vaisselle de cuisine et des ustensiles que les mauvais plaisants appellent argenterie des Beauges.

En résumé le département de la Savoie possède 100 établissements pourvus de machines à vapeur, de la force totale de 560 chevaux-vapeur ; le nombre des habitants occupés par l’industrie est de 24,000.

  1. M. Victor Barbier, directeur des douanes, a publié sur les deux départements de la Savoie, un ouvrage très consciencieux, la Savoie industrielle, auquel nous avons emprunté d’utiles renseignements.