Georges/23

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Michel Lévy frères (pp. 258-267).


XXIII

UN CŒUR DE PÈRE.


Pendant que les différents événements que nous venons de raconter s’accomplissaient au Port-Louis, Pierre Munier attendait anxieusement à Moka le résultat terrible que lui avait laissé entrevoir son fils : habitué, comme nous l’avons dit, à cette éternelle suprématie des blancs, il avait fini par considérer cette suprématie non-seulement comme un droit acquis, mais comme une supériorité naturelle. Quelle que fût la confiance que lui inspirât son fils, il ne pouvait donc croire que ces obstacles, qu’il regardait comme insurmontables, s’aplaniraient devant lui.

Depuis le moment où, comme nous l’avons vu, Georges avait pris congé de lui, il était donc tombé dans une apathie profonde ; l’excès même des émotions qui se pressaient dans son cœur, et la diversité des pensées qui se heurtaient dans son esprit, l’avaient jeté dans une insensibilité apparente qui ressemblait à de l’idiotisme. Deux ou trois fois il lui vint bien à l’idée d’aller lui-même au Port-Louis et de voir de ses propres yeux ce qui allait s’y passer ; mais il faut pour marcher à l’encontre d’une certitude une force de volonté que n’avait point le pauvre père : s’il ne se fût agi que d’aller au-devant d’un danger, Pierre Munier y aurait couru.

La journée se passa donc dans des angoisses d’autant plus profondes qu’elles furent tout intérieures, et que celui qui les éprouvait n’osait dire à personne, pas même à Télémaque, les causes de cet accablement sur lequel on l’interrogeait ; de temps en temps seulement il se levait de son fauteuil, s’en allait le front courbé vers la fenêtre ouverte, jetait du côté de la ville un long regard comme s’il pouvait voir, écoutait comme s’il pouvait entendre ; puis, ne voyant rien, n’entendant rien, il poussait un soupir et revenait, les lèvres muettes et les yeux atones, s’asseoir dans son fauteuil.

L’heure du dîner arriva. Télémaque, chargé des soins ordinaires de la maison, fit mettre le couvert, fit servir la table, fit apporter le dîner ; mais toutes ces différentes opérations s’accomplirent sans que celui pour lequel elles s’accomplissaient soulevât seulement les yeux ; puis, lorsque tout cela fut prêt, Télémaque laissa passer un quart d’heure, et, voyant que son maître demeurait dans la même apathie, il lui toucha légèrement l’épaule ; Pierre Munier tressaillit, et se levant vivement :

— Eh bien ! sait-on quelque chose ? dit-il.

Télémaque montra à son maître le dîner qui était servi ; mais Pierre Munier sourit tristement, secoua la tête et retomba dans sa rêverie. Le nègre comprit qu’il se passait quelque chose d’extraordinaire, et, sans oser en demander l’explication, roula ses deux gros yeux blancs autour de lui comme pour chercher quelque signe qui pût le mettre sur les traces de cet événement inconnu ; mais chaque chose était à sa place accoutumée, et tout était calme comme à l’ordinaire, seulement il était visible que l’attente de quelque grand malheur était venu s’asseoir le matin au foyer domestique.

La journée s’écoula ainsi. Télémaque, espérant toujours que la faim reprendrait ses droits, laissa le dîner servi ; mais Pierre Munier était trop profondément absorbé pour s’occuper d’autre chose que de sa propre pensée ; seulement il y eut un moment où Télémaque, voyant de grosses gouttes de sueur perlées sur le front de son maître, crut qu’il avait chaud, et lui présenta un verre d’eau et de vin ; mais Pierre Munier écarta doucement le verre de la main en disant :

— Tu n’as rien appris encore ?

Télémaque secoua la tête, regarda tour à tour le plafond et le plancher, comme pour demander alternativement à chacun d’eux s’ils en savaient plus que lui ; puis voyant que chacun d’eux restait muet, il sortit pour demander aux autres nègres s’ils n’étaient pas mieux renseignés que lui sur l’objet inconnu de la secrète inquiétude de son maître.

Mais, à son grand étonnement, il s’aperçut qu’il n’y avait plus un seul nègre à l’habitation. Il courut aussitôt vers la grange où ils avaient l’habitude de se rassembler pour faire la berloque. La grange était déserte : il revint alors par les cases, mais il ne retrouva dans les cases que les femmes et les enfants.

Il les interrogea et il apprit qu’aussitôt la journée finie, les nègres, au lieu de se reposer comme ils avaient l’habitude de le faire, s’étaient armés et étaient partis par groupes séparés, mais s’avançant tous dans la direction de la rivière des Lataniers. Alors il revint à l’habitation.

Au bruit que fit Télémaque en ouvrant la porte, le vieillard se retourna :

— Eh bien ? demanda-t-il.

Alors Télémaque lui raconta l’absence des nègres, et comment tous s’étaient acheminés en armes vers le même point.

— Oui ! oui ! dit Pierre Munier. — Hélas ! oui.

Ainsi il n’y avait plus de doute, et ce renseignement concourait encore à faire croire au pauvre père qu’il en était arrivé en ce moment où tout se décidait pour lui à la ville ; car depuis le retour de Georges, le vieillard, en revoyant son fils si beau et si brave, si confiant en lui-même, si riche du passé, si sûr de l’avenir, avait tellement identifié sa vie à la vie de son enfant, en était arrivé à se convaincre qu’ils vivaient de la même existence, et qu’il ne comprenait pas qu’il pût jamais supporter la perte de son fils, ou même son absence.

Oh ! comme il se reprochait d’avoir laissé partir le matin Georges sans l’interroger, sans avoir pénétré au fond de sa pensée, sans connaître à quels dangers il allait s’exposer ! Comme il se reprochait de ne pas lui avoir demandé à le suivre ! Mais, cette idée, que son fils allait entreprendre une lutte ouverte contre les blancs, l’avait si fort anéanti, que, dans le premier moment, il avait senti toutes ses forces morales l’abandonner. C’était, nous l’avons dit, dans la nature de cette âme naïve, de n’avoir de puissance que devant les dangers physiques.

Cependant la nuit était venue, et les heures s’écoulaient sans apporter aucune nouvelle ni consolante ni terrible. — Dix heures, onze heures, minuit sonnèrent. Quoique l’obscurité qui s’étendait au dehors et que rendaient plus profonde encore les lumières allumées dans l’appartement empêchât de rien distinguer à dix pas de distance, Pierre Munier continuait d’aller, à des intervalles presque réguliers, mais se rapprochant cependant sans cesse l’un de l’autre, de son fauteuil à la fenêtre, et de la fenêtre à son fauteuil. Télémaque, véritablement inquiet, s’était installé dans la même chambre ; mais si dévoué que fût le fidèle domestique, il n’avait pu résister au sommeil, et il dormait sur une chaise, appuyé contre la muraille, où sa silhouette se dessinait comme un dessin au charbon.

À deux heures du matin, un chien de garde qu’on laissait ordinairement errer la nuit autour de l’habitation, mais que ce soir-là une préoccupation générale avait maintenu à la chaîne, fit entendre un hurlement bas et plaintif. Pierre Munier tressaillit et se leva ; mais, au lugubre bruit que la superstition des noirs regarde comme l’annonce certaine d’un malheur prochain, les forces lui manquèrent, et pour ne pas tomber il fut forcé de s’appuyer sur la table. Au bout de cinq minutes, le chien fit entendre un second hurlement plus bruyant, plus triste et plus prolongé que le premier ; puis, à égale distance du second, un troisième plus funèbre et plus lamentable encore que les deux premiers.

Pierre Munier, pâle, sans voix, la sueur au front, resta les yeux fixés sur la porte sans faire un pas vers elle, mais comme un homme qui attend le malheur et qui sait que c’est par là qu’il va entrer.

Au bout d’un instant on entendit le bruit des pas d’un assez grand nombre de personnes ; ces passe rapprochèrent de l’habitation, mais lents et mesurés. Il sembla au pauvre père que ces pas étaient ceux d’hommes qui suivaient un convoi.

Bientôt la première chambre sembla se remplir de monde ; seulement cette foule, quelle qu’elle fût, était muette. Cependant, au milieu du silence, le vieillard crut entendre une plainte, et il lui sembla que dans cette plainte il reconnaissait la voix de son fils.

— Georges ! s’écria-t-il, Georges, au nom du ciel, est-ce toi ? réponds, parle, viens !

— Me voilà, mon père ! dit une voix faible, mais cependant calme, me voilà !

Au même instant la porte s’ouvrit et Georges parut, mais s’appuyant contre la porte, et si pâle que Pierre Munier crut un instant que c’était l’ombre de son fils qu’il avait évoquée et qui lui apparaissait ; de sorte qu’au lieu d’aller à Georges, le vieillard fit un pas en arrière.

— Au nom du ciel, murmura-t-il, qu’as-tu et que t’est-il arrivé ?

— Une blessure grave, mais tranquillisez-vous, mon père, qui n’est pas mortelle, puisque, — vous le voyez, — je marche et me tiens debout ; mais je ne puis pas me tenir debout longtemps. Puis il ajouta tout bas : — À moi, Laïza, les forces me manquent.

Et il se laissa tomber dans les bras du nègre. Pierre Munier s’élança vers son fils, mais Georges était déjà évanoui.

En effet, avec cette force de volonté qui était devenue le signe distinctif du caractère de Georges, il avait voulu, tout faible et presque mourant qu’il était, se montrer debout à son père, et cette fois ce n’était pas par un de ces sentiments d’orgueil qu’on retrouvait si souvent en lui, mais parce que, connaissant l’amour profond que lui portait le vieillard, il tremblait qu’en le voyant couché, le coup qu’il recevrait de cette vue ne lui fût fatal. Malgré les représentations de Laïza, il avait donc abandonné le brancard sur lequel les nègres l’avaient transporté en se relayant à travers les défilés de la montagne du Pouce ; puis, avec un courage surhumain, avec cette volonté puissante qui commandait chez lui même à la faiblesse physique, il s’était dressé, s’était cramponné au mur, et comme il avait décidé que cela devait être, il s’était montré debout à son père.

Et, en effet, comme il l’avait pensé, le coup avait été ainsi moins violent pour le vieillard.

Mais cette volonté de fer avait cependant plié sous la douleur, et, épuisé par l’effort qu’il avait fait, Georges était, comme nous l’avons dit, retombé évanoui dans les bras de Laïza.

Ce fut quelque chose de terrible à voir, même pour des hommes, que la douleur de ce père ; douleur sans plainte, sans sanglots, muette, profonde et morne. On posa Georges sur un canapé. Le vieillard s’agenouilla devant lui, passa son bras sous la tête de son enfant, et attendit les yeux fixés sur ses yeux fermés, la respiration suspendue devant son haleine absente, tenant la main pendante du blessé dans son autre main ; ne demandant rien, ne s’inquiétant d’aucun détail, ne s’informant d’aucun résultat ; tout était dit pour lui, son fils était là blessé, sanglant, évanoui ; qu’avait-il besoin d’apprendre et que lui faisaient les causes devant ce formidable résultat !

Laïza se tenait debout à l’angle d’un buffet, appuyé sur son fusil, et regardant de temps en temps du côté de la fenêtre si le jour ne revenait pas.

Les autres nègres qui s’étaient respectueusement retirés, après avoir déposé Georges sur son canapé, se tenaient dans la chambre voisine et passaient leurs têtes noires par la porte ; d’autres étaient groupés en dehors devant la fenêtre ; beaucoup étaient blessés plus ou moins dangereusement, mais aucun ne semblait se souvenir de sa blessure.

À chaque instant leur nombre s’augmentait, car tous les fugitifs, après s’être d’abord éparpillés pour éviter la poursuite des Anglais, avaient, par différents chemins, regagné l’habitation, comme, les uns après les autres, des moutons dispersés regagnent le parc. À quatre heures du matin, il y avait près de deux cents nègres autour de l’habitation.

Cependant Georges était revenu à lui, et avait, par quelques mots, essayé de rassurer son père, mais cela d’une voix si faible que, quelque bonheur qu’éprouvât le vieillard de l’entendre parler, il lui avait fait signe de se taire ; puis il s’était informé alors de quel genre était la blessure et quel était le médecin qui l’avait pansée ; alors, en souriant et par un faible mouvement de tête, Georges lui avait indiqué Laïza.

On sait que, dans les colonies, certains nègres passent pour d’habiles chirurgiens et que, quelquefois même, les colons blancs les envoient chercher de préférence aux gens de l’art ; c’est tout simple, ces hommes primitifs, semblables à nos bergers qui disputent souvent leurs pratiques aux plus habiles, se trouvant sans cesse en face de la nature, surprennent, comme les animaux, quelques-uns de ces secrets qui restent voilés aux regards des autres hommes. Or, Laïza passait dans toute l’île pour un habile chirurgien, les nègres attribuaient sa science à la force de certaines paroles secrètes ou de certains enchantements magiques ; les blancs, à sa connaissance de certaines herbes et de certaines plantes dont il connaissait seul les noms et la propriété. Pierre Munier fut donc plus tranquille lorsqu’il sut que c’était Laïza qui avait pansé la blessure de son fils.

Cependant le moment où le jour allait paraître approchait, et, à mesure que le temps s’écoulait, Laïza paraissait de plus en plus inquiet. Enfin, il n’y put pas tenir plus longtemps, et, sous prétexte de tâter le pouls du malade, il s’approcha de lui et lui parla tout bas.

— Que demandez-vous, et que voulez-vous, mon ami ? demanda Pierre Munier.

— Ce qu’il veut, mon père, — aussi bien, il faut vous le dire, il veut que je ne tombe pas aux mains des blancs, et il me demande si je me sens assez fort pour être porté dans les grands bois.

— Te transporter dans les grands bois ! s’écria le vieillard, faible comme tu es, c’est impossible.

— Il n’y a cependant pas d’autre parti à prendre, mon père, à moins que vous ne préfériez me voir arrêter sous vos yeux, et…

— Et quoi ! demanda Pierre Munier avec anxiété ; que te veulent-ils et que peuvent-ils te faire ?

— Ce qu’ils me veulent, mon père ? se venger de ce qu’un misérable mulâtre a eu la prétention de lutter contre eux, et est arrivé peut-être à les faire trembler un instant. Ce qu’ils peuvent me faire ? oh ! presque rien ! ajouta Georges en souriant, ils peuvent me trancher la tête à la plaine Verte.

Le vieillard pâlit ; puis on le vit frémir de tout son corps ; il était évident qu’il se livrait en lui un combat terrible. Enfin, il releva le front, secoua la tête, et, regardant le blessé :

— Te prendre, murmura-t-il ; te trancher la tête ! me prendre mon enfant, me le tuer ! tuer mon Georges ! Et tout cela parce qu’il est plus beau qu’eux, plus brave qu’eux, plus instruit qu’eux… Ah ! qu’ils y viennent donc !…

Et le vieillard, avec une énergie, dont cinq minutes auparavant on l’aurait cru incapable, s’élança vers sa carabine suspendue à la muraille, et, saisissant l’arme oisive depuis seize ans :

— Oui ! oui ! qu’ils y viennent ! s’écria-t-il, et nous verrons. Ah ! vous lui avez tout pris, messieurs les blancs, à ce pauvre mulâtre ; vous lui avez pris sa considération, et il n’a rien dit ; vous lui eussiez pris sa vie, qu’il n’eût rien dit encore ; mais vous voulez lui prendre son fils ; vous voulez lui prendre son enfant, pour l’emprisonner, pour le torturer, pour lui trancher la tête ! Oh ! venez, messieurs les blancs, et nous allons voir ! Nous avons cinquante ans de haine entre nous ; venez, venez, il est temps que nous fassions nos comptes !

— Bien, mon père ! bien ! s’écria Georges en se relevant sur son coude et en regardant le vieillard d’un œil fiévreux ; bien ! je vous reconnais.

— Eh bien ! oui ! aux grands bois, dit-il, et nous verrons s’ils osent nous y suivre. Oui, mon fils, oui, viens ; mieux valent les grands bois que les villes. On y est sous l’œil de Dieu ; que Dieu nous voie donc et nous juge. Et vous, enfants, continua le mulâtre en s’adressant aux nègres, m’avez-vous toujours trouvé bon maître ?

— Oh ! oui ! oui, s’écrièrent d’une seule voix tous les nègres.

— M’avez-vous dit cent fois que vous m’étiez dévoués non pas comme des esclaves, mais comme des enfants ?

— Oui, oui !

— Eh bien ! c’est à cette heure qu’il s’agit de me prouver votre dévouement.

— Ordonne, maître, ordonne, dirent tous les nègres.

— Entrez, entrez tous. — La chambre se remplit de noirs. — Tenez, continua le vieillard, voilà mon fils qui a voulu vous sauver, vous faire libres, vous faire hommes ; voilà sa récompense. Et maintenant ce n’est pas le tout, ils veulent venir me le prendre, blessé, sanglant, à l’agonie ; voulez-vous le défendre, voulez-vous le sauver, voulez-vous mourir pour lui et avec lui ?

— Oh ! oui ! oui, crièrent toutes les voix.

— Aux grands bois alors, aux grands bois ! dit le vieillard.

— Aux grands bois ! crièrent tous les nègres.

Alors on rapprocha le brancard de feuillage du canapé où était couché Georges ; on y déposa le blessé, quatre nègres en saisirent les quatre portants. Georges sortit de la maison accompagné de Laïza, et prit la tête du cortège ; puis tous les nègres le suivirent, puis enfin Pierre Munier sortit le dernier, laissant l’habitation ouverte, abandonnée et veuve de toute créature humaine.

Le cortège, qui se composait de deux cents nègres à peu près, suivit quelque temps le chemin qui mène du Port-Louis au Grand-Port ; puis, après une demi-heure de marche à peu près, il prit à droite, s’avançant vers la base du piton du milieu, afin de joindre la source de la rivière des Créoles.

Avant de s’engager derrière la montagne, Pierre Munier, qui avait continué de faire l’arrière-garde, s’arrêta un instant, gravit un monticule et jeta un dernier regard sur cette belle habitation qu’il abandonnait. Il embrassa dans un coup d’œil ces riches plaines de cannes, de manioc, de maïs, ces magnifiques bosquets de pamplemousses, de jamboses et de takamakas, ce splendide horizon de montagnes qui fermait son immense propriété comme une muraille gigantesque. Il pensa qu’il avait fallu trois générations d’hommes honnêtes comme lui, laborieux comme lui, estimés comme lui, pour faire de ce quartier le paradis de l’île, poussa un soupir, essuya une larme ; puis, détournant les yeux et secouant la tête, il regagna, le sourire sur les lèvres, le brancard où l’attendait l’enfant blessé pour lequel il abandonnait tout cela.