Grand dictionnaire universel du XIXe siècle/Abd-ur-rahman ou abd-ar-rhaman-khan (supplément 2)

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Administration du grand dictionnaire universel (17, part. 1p. 11-12).

ABD-UR-RAHMAN ou ABD-AR-RHAMAN-KHAN (Serviteur du Dieu miséricordieux), émir actuel d’Afghanistan, né en 1830. Ce prince est le fils de Mohammed-Afaoul-Khan, fils aîné de Dost Mohammed. Il avait, pendant sa jeunesse, conspiré et pris les armes, avec son père Afzoul et son oncle Azim, contre l’émir Schir-Ali. La lutte dura cinq ans, avec des alternatives de succès et de défaites pour les révoltés. Un instant, Abdur-Rahraan put se croire victorieux ; en effet, au mois de mars 1866, il s’empara de Kaboul, renversa Schir-Ali, et fit proclamer émir son père d’abord, puis, après la mort de celui-ci, son oncle Azim. Mais, en 1868, Schir-Ali recommença la lutte, et.puissammentsecondé par son fils Yako’ub-Khan, il l’emporta définitivement sur Azim et sur Abd-ur-Rahman.

Ce dernier se réfugia alors sur le territoire russe. C’est au milieu de l’été de 1869 qu’il fit son entrée à Tashkend, accompagné de trois cents Afghans. Les Russes lui allouèrent une pension annuelle de 25.000 roubles, et préparèrent à Samarkand, pour le recevoir, une maison très vaste, où M. Strouvé, employé de la chancellerie du gouverneur, alla lui rendre visite avec un interprète. Celui-ci a laissé de l’entretien qu’il eut avec Abd-ur-Rahman un récit intéressant qu’a publié la «Novoïé Vrémiat en 1885. « Quand nous entrâmes, dit-il, nous vltnes un homme d’une taille élevée, d’un léger embonpoint, avec une belle barbe noire et des mèches de cheveux qui sortaient de dessous son turban. Il avait un air de santé et de fraîcheur, de

frands yeux noirs, un net droit, des lèvres ten dessinées, qui parlaient en faveur d’une origine aryenne. Les autres Afghans, par leurs traits irréguliers, faisaient songer au typa sémite. Abd-ur-Rahman se leva et nous salua en portant la main au cœur et la tête, ce qui signifiait qu’il nous aimait avec le cœur et nous honorait avec l’esprit. Il portait par-dessus ses vêtements une magnifique pelisse perse doublée de fourrure. • Après les com


pliments d’usage au nom du gouverneur général, M. Strouvé annonça au khan que le général Kaufmann avait ordonné de lui remettre pour les premières dépenses de son séjour mille demi-impériaux. « Et rien de plus ? demanda Abd-ur-Rahman. — Mais que désirez-vous ? — Des armes, de la poudre,

des canons, et au moins un régiment de soldats pour me mettre en campagne contre mon oncle. > Nous répondîmes que ces questions ne nous regardaient pas, qu’il pourrait en parler dans sa première entrevue avec le gouverneur général, lequel ne pourrait pas probablement lui donner de réponse positive avant d’avoir communiqué avec Saint-Pétersbourg. «Oh 1er mais c’est une longue chanson. Je supposais que les choses se passaient autrement chez vous, que le (arim-Padischah (vice-roi, comme on appelle dans l’Asie le gouverneur général du Turkestan) avait des pleins pouvoirs plus étendus. Je vois que je me suis trompé. » En prenant congé, M.Strouvé proposa au khan de lui envoyer des tailleurs, des cordonniers et des marchands de drap. Celui-ci accepta cette offre avec empressement. Quelques jours après, le général Kaufmann rendit visite à Abd-ur-Rahman et le pria à dîner. Ainsi commencèrent entre le khan et le gouverneur russe du Turkestan des relations qui ne cessèrent jamais d’être cordiales et même affectueuses. Un jour, le général fit dire à Abd-ur-Rahman qu’il désirait s’entretenir sérieusement avec lui. « Je voudrais, dit le Moscovite, connaître les intentions du khan. On a fait pour lui presque tout ce qu’on pouvait faire. On lui a accordé des subsides, et il peut vivre tranquillement, soit k Samarkand, soit à Tashkend. Nos relations avec l’Afghanistan sont satisfaisantes jusqu’à présent. Nous sommes en bons termes avec Schir-Ali. Nous souhaitons y persévérer, i — Le khan se troubla. « Je ne croyais pas que le gouverneur général envisagerait ainsi la situation. Je supposais qu’il regardait Schir-Ali comme un usurpateur, qu’il me donnerait les moyens de faire valoir mes droits comme héritier du trône de Mir-Afzoul-Khan, et qu’il m’y aiderait par son influence, comme représentant d’un puissant empire, ainsi que par un secours matériel en armes et en argent. Je ne sais maintenant par quoi commencer.—Commençons par mon influence. Je suppose que le prestige du nom russe n’a pu pénétrer dans l’Afghanistan. Mon influence n’aurait pas de prise sur les Afghans, et même, si je voulais 1 essayer, comment devrais-je m’y prendre î — Très simplement. Nous n’avons qu’a envoyer des proclamations dans le Turkestan afghan, vous de votre côté, moi du mien. Je suis persuadé que le pays se lèverait tout entier pour moi. Mais que signifie un soulèvement sans troupes ni armes ? — Qu’Abdur-Ruhman m’expose en détail ses prétentions.

— Je désirerais que le tsar blanc reconnût mes droits au trôna de mon père et me donnât les moyens matériels de les faire valoir par les armes, de la poudre et des troupes. — Combien de troupes vous faut-il ?- Un seul régiment. — Mais c’est presque 4.000 hommes, et cela serait une immixtion directe dans les affaires de l’Afghanistan. L’Angleterre, la première, s’y opposerait.

— Dieu est haut et l’Angleterre est loin, fit en souriant Abd-ur-Rahman. Quant au Pendjab, il sera tout entier pour moi après mon premier succès et la nouvelle que la Russie est avec moi. Un clairon russe n’a qu’à donner le signal sur les monts Himalaya et toute l’Inde se soulèvera.—Quant aux soldats, je les refuse au khan. Il n’a qu’à recruter tant qu’il veut des Kirghis. En ce qui touche les armes, je puis lui prêter des canons et des fusils pris chez les Bokbariens. De la poudre, tant qu’il voudra, mais pas un sou pour conduire l’affaire. C’est mon dernier mot. » Le visage du khan se rembrunit. Il se fit un long silence. • Les circonstances peuvent changer, reprit le général d’un ton radouci, et si un veut plus favorable souffle pour Abdur-Rahman, tout ce que je lui refuse maintenant lui sera donné au centuple. Il ne faut pas se décourager. En politique, il faut savoir attendre le moment favorable. •

L’heure si impatiemment espérée par le prince sonna en 1879. Sir Louis Cavagnari venait d’être massacré à Kaboul avec presque tous l«s membres de la légation britannique. Les troupes anglaises partirent aussitôt de l’Inde pour tirer vengeance de ces assassinats. Le Î4 décembre, Kaboul était

pris, l’Afghanistan investi, et l’émir Yakoub-Khan fait prisonnier. Deux de ses fils prétendirent alors à sa succession : Mousa-Khan, le plus jeune, et Ayoub-Khan, né en 1851. Un des généraux de Yakoub, Mohammed-Djan, ayant réussi à provoquer une insurrection, fut assez heureux pour s’emparer à son tour de Kaboul, chassa les Anglais et fit proclamer Mousa. Mais l’armée anglo-indienne ne tarda pas à reprendre le dessus et rentra victorieuse dans la capitale : c’est à ce moment qu’Abd-ur-Rahman apparut pour faire valoir ses droits. Trois compétiteurs se trouvaient donc en présence ; Mousa, Ayoub, Abd-ur-Rahman ; st il était évident que celui-là triompherait qui aurait la protection de l’Angleterre. Elle accorda la préférence au prétendant qui revenait d’exil, à l’ami du général Kaufmann ; par ce choix ira Êrévu, elle sa proposait d’atteindre un, doubla ut ; détacher des Russeâ un homme qui paraissait leur être dévoué et rester maltresse du paya, par l’intermédiaire d’an prince dont elle serait le principal appui. Le caractère de l’émir et l’organisation même de l’Afghanistan n’ont pas permis ijue ce plan si profond portât tous ses fruits, ou du moins il serait téméraire de préjuger ce qu’il donnera dans l’avenir. Abd-ur-Rahman mouta sur le trône le îi juillet 1880. C’est un prince intelligent, brave et courtois, mais par-dessus tout énergique. Depuis son élévation au pouvoir, il n’a cessé de faire les plus vigoureux efforts pour donner à son royaume l’unité et l’indépendance, pour établir sa domination sur les tribus éparses et turbulentes qui constituent la nation afghane : tâche presque impossible à réaliser. Il s’est emparé, à vrai dire, de la forteresse d’Hérat, cette clef de l’Afghanistan septentrional, brisant ainsi la puissance en apparence formidable de son cousin et rival Ayoub ; mais son autorité dans la province n est pas absolue ; on ne saurait dire si, dans les complications de l’avenir, elle lui demeurera fidèle, ni si elle maintiendra son alliance politique avec l’Afghanistan du Sud. Déjà, pendant l’automne de 1881, Abd-ul-Kudus-Khan, gouverneur d’Hérat a tenté

de s’arroger un pouvoir sans contrôle ; Abdur-Rahman a rapidement rétabli sa suzeraineié d’émir ; mais en ne destituant pas l’ambitieux général, il a mécontenté Isa-Khan, autre chef influent, qui convoitait Hérat pour son frère Mohsin. Les deux grandes divisions de l’Afghanistan du Nord se trouvent ainsi gouvernées par deux hommes qu’un orgueil froissé et une ambition déçue ont rendus prêts

'i la trahison. L’influence grandissante de la

Russie trouve là un champ tout préparé.

Dans l’Afghanistan du Sud, l’émir n’a pas réalisé des progrès beaucoup plus considérables. Sans doute il règne à Kaboul et il tient Kandabar d’une main assez ferme ; mais autre chose est de maintenir l’ordre dans des villes occupées par de fortes garnisons, autre chose est de conquérir et de grouper sous son pouvoir le peuple afghan tout entier. C’est moins une cation, en effet, qu’une réunion dedans ne connaissant d’autre organisation sociale que celle de la tribu ; ils ne consentiront à s unir sous l’autorité d’un seul chef que le jour où il s’agira de repousser une invasion étrangère. En 1883, la tribu des Shinwarris s’est révoltée ; Abd-ur-Rahman a soumis les rebelles, mais il s’est aliéné à cette occasion l’affection des deux tribus voisines, les Afridis et les Momounds.

À ce moment, les Anglais voyant l’autorité de l’émir très compromise au nord et menacée au Sud, spéculant sur l’épuisement du trésor dont ils l’avaient doté trois ans auparavant, pensèrent que Je moment était

venu de lui lier les mains ; ils lui votèrent un subside annuel de 120.000 livres sterling (3 millions de francs), et en 1885 cette pension a été portée à 250.000 liv. sterl., soit 6.250.000 francs, quand, «près l’engagement du 30 mars entre les Russes et les Afghans, l’émir se rendit dans l’Inde auprès du viceroi. À cette même occasion on lui conféra le grand cordon de l’Étoile des Indes. L’or a toujours été entre les mains des Anglais une arme redoutable ; cependant, soit mauvais vouloir, soit impuissance, Abd-ur-Rahman n’a pas mis, comme ils l’espéraient, l’Afghanistan sous la dépendance de leur patrie. Cette entrevue solennelle de Rawulpindi eutre lui et le vice-roi (avril 1885), n’a pas donné les résultats qu’on eu attendait. L’émir, il est vrai, a dit, en recevant uneépée d’honneur, qu’avec ce fer il espérait frapper tout ennemi de l’Angleterre ; mais d’un autre côté nous relevons dans un livre de M. Arminius Vambéry, Thecoming struggle for India[har.- dou, Casseland C°, 1885), cette question judicieuse : • À quoi bon donner chaque année tant d’argent & 1 émir, si, même maintenant, il refuse de recevoir un officier anglais comme représentant du vice-rot ? ■ Eutre la Russie qui touche aux portes de l’Inde, et l’Angleterre qui s’efforce de lui barrer le passage, l’Afghanistan forme ce qu’on a appelé un ■ État tampon ■ ; se boruera-t-il toujours à ce rôle passif ? s’il en sort, de quel côté se rangera-t-il 7 Autant de questions que l’avenir seul peut résoudre. Ce qu’il y a de certain, c’est qu’Abd-ur-Rahman augmente chaque jour ses forces et discipline davantage son armée. Il est aimé de ta plupart de ses sujets, qu’il séduit par sa valeur personnelle, et l’habileté dont il fait preuve dans le gouvernement de son pays vient peut-être de sa profonds connaissance de l’histoire d’Orient. Il ne se montre impitoyable qu’envers ses ennemis, et il est d’un abord facile pour tous ceux qui veulent l’approcher.

A’BECKETT (sir William), magistrat et écrivain anglais, né en 1806. — Il est mort le VI juin 1869.

A’BECKETT (Arthur-William), littérateur anglais, né à flammersmith, près Londres, le 25 octobre 1844. Lorsqu’il eut terminé ses études, il entra comme employé au ministère de la guerre (1861), qu’il quitta au bout de trois ans pour s’adonner au journalisme. Il fonda un journal humoristique, le Ver luisant, puis dirigea ■ le Tomahawk ».

Pendant la guerre franco-allemande, A’Beckett remplit les fonctions de correspondant miUtairedu ■Stunuardi etdu«Globe». Ses lettres, bien que moins animées et moins


entraînantes, peut-être, que celles du correspondant du« Daily-News », furent néanmoins très remarquées par leur tournure martiale et l’exactitude des faits qu’elles contenaient. À son retour à Londres, après la guerre, A’Beckett devint secrétaire du duc de Norfolk ; mais deux ans plus tard, il renonçait à cette situation pour s’adonner entièrement à des travaux littéraires. On lui doit, entre autres romans : Tombé parmi les voleurs (1870) ; Nos vacances dans les montagnes d’Écosse (1874) ; les Modernes Mille et une Nuits (1876), ouvrage finement illustré par Linley Sambourne ; le Spectre de GreystoneGrange (1877), et le Mystère du château de Mostyn (1878). A’Beckett a publié deux autres romans en collaboration avec Francis Burmand : la Ruine de Saint-Queree (1875) et l’Ombre comme témoin (1876). A’Beckett a écrit aussi plusieurs pièces de théâtre qui ont eu du succès. Sa comédie Près de la ville, (1873) a eu cent cinquante représentations ; les deux autres pièces, En grève (1873) et les Fleurs fanées (187S), ont eu également une grande vogue, et elles sont jouées encore très souvent. A’Beckett est un des principaux rédacteurs du « Punch ».

ABÊCHER, ville du Sahara oriental, capitale du. Ouadai, à l’O. du Darfour ; par 140 de lat. N. et 18° 40' de long. E. Elle est située dans une plaine qui est limitée à l’O. et au N. par les monts Kondongo, à l’E. par les monts Kelingen, Grand trafic avec l’Égypte et la Tripolitaine, par le Darfour et par l’oasis de Djalo. Le voyageur Nachtigal est le premier qui ait mentionné cette ville (1873).

AB-ED-DINE ou ABEDDYN-PACHA, homme d’Eiat turc, né à Prévésa (Albanie) en 1838. Il fit ses études au gymnase grec de sa ville natale et apprit avec le grec la langue turque et le français. Après avoir rempli divers emplois k Smyrne et à Varna, il entra dans la garde du sultan Abd-ul-Aziz, puis devint commissaire a la Bourse de Galata. En 1878, api’ès l’avènement d’Abd-ul-Hamid, il fit partie du conseil réuni à Constantinople par Midhat-Pacha et contribua à

faire rejeter les décisions adoptées par la conférence des plénipotentiaires des puissances, ce qui précipita la guerre avec la Russie. Après la guerre, il alla rétablir la paix parmi les tribus révoltées du Diarbekir (1878). En 1879, Ab-ed-Dine-Pacha devint gouverneur général de la province de Salonique et, le 9 juin 1880, il fut nommé ministre des affaires étrangères dans le cabinet présidé par Kadri-Pacha. Le sultan l’avait appelé à ce poste, afin qu’il défendît l’intégrité de l’Albanie contre les Grecs et qu’il usât de son influence sur les Albanais pour les dissuader de chercher l’appui de l’étranger. En ce moment la situation était des plus tendues. Par une note collective, les puissances demandaient à la Porte d’accepter la ligne de frontières établie par la conférence de Berlin, en ce qui concernait la Grèce et le Monténégro. Après une réponse dilatoire qui équivalait a un refus, Ab-ed-Dine-Pacha se montra disposé à donner satisfaction touchant le Monténégro, et il envoya Riza-Pacha à Dulcigno, afin de prévenir la démonstration navale annoncée par les puissances, dans le cas où la Porte refuserait de céder cette ville aux Monténégrins. C’est en ce moment même, le lj septembre 1880, que Ab-ed-Dine-Pacha dut

quitter le ministère, où il fut remplacé par Assim-Pacha.

** ABEILLE s. f. — Encycl. Apic. Accouplement. Les renseignements les plus précis ont été fournis, il y a quelques années, par les observateurs américains, qui ont mis hors de doute les circonstances de l’accouplement. Langstroth a vu un groupe

de mâles ou faux bourdons suivant une reine, et Carrey a été témoin de l’acte copulateur : le mâle vole vers la femelle et la saisit rapidement entre ses pattes ; la copulation dure peu de temps. Au moment de la séparation, on entend une petite explosion distincte, puis le mâle tombe sur le sol, où il ne tarde pas à périr, tandis que la femelle fécondée retourne à la ruche, emportant avec elle le pénis du mâle, adhérant a son abdomen et dont les ouvrières la débarrassent. L’explosion est produite par le

trop-plein des ampoules aériennes de 1 abdomen du mâle ; au moment où elles éclatent, l’air comprimé détermine l’expulsion du pénis. L’accouplement ne dure que quelques minutes, le temps pour le mâle de faire pénétrer dans le vagin le spermatophore ; il a toujours lieu en l’air, parfois à une petite distance du sol. • L’expulsion des parties génitales du mâle restées dans le vagin et l’introduction des spermatozoïdes dans la sperroatbèque a lieu à l’aide de muscles particuliers, dont l’action est encore fort obscure. « (Girard.)

Arrénotoque (femelle). La reine ou femelle fécondée peut pondre, à sa volonté, des œufs de femelles, d’ouvrières ou de mâles, selon qu’elle retient ou laisse sortir sur eux les spermatozoïdes contenus dans la spermatbèque. Les reines à ailes atrophiées, qui n’ont pu sortir de la ruche, ni, par conséquent, être fécondées, ne produisent jamaisque des œufs mâles et sont dites arrénotoques ou vulgairement reines bourdonneuses. Ce sont, suivant Girard, tantôt des reines vierges produisant


des œufs par parthénogenèse, ou de vieilles reines épuisées, ou enfin d’autres qui ont été blessées à l’abdomen. Le même auteur ajoute que le phénomène de l’arrénotokie est dû à la disparition des filaments séminaux de la spermatbèque ou à la paralysie des muscles du col de celle-ci, ou encore à l’atrophie de la sperrnathèque (Berlepsch), ou au manque de spermatozoïdes dans celle-ci (Leuckart). • Chez les reines arrénotoques la vésicule copulative est toujours vide. > (M.)-L’arrénotokie peut être produite artificiellement par la compression traumatique du dernier segment abdominal. • (Donhof.) Dans l’arrénotokie des ouvrières fertiles, la sperrnathèque reste aussi rudimentaire que chez les neutres ordinaires ; dans les croisements des deux races (abeille italienne et abeille ordinaire), les mères italiennes donnent toujours des mâles italiens purs. «On voit donc, dit Girard, que le père ne fournit jamais rien, dans ces croisements, à la progéniture mâle ; elle reste véritablement sans père, provenant de la femelle seule. » D’autre part, Pérez dit que « l’influence fécondante du père se produit aussi sur les œufs devant donner des mâles •, Siebold a observé que les œufs des mâles ne présentent jamais de spermatozoïdes près des micropyles, alors qu’on en trouve autour de ceux des œufs femelles. En règle générale, il semble établi que les ouvrières fertiles sont toujours arrénotoques.

Parthénogenèse. La reproduction sans fécondation par des femelles vierges a lieu souvent chez les abeilles ; mais, à l’inverse de ce qui se produit chez les autres insectes présentant ce phénomène, les abeilles femelles ou ouvrières parthénogénésiques ne produisent que des mâles. On pense généralement que toutes les ouvrières ou neutres, qui pondent des œufs féconds, le font sans fécondation préalable ; « les ouvrières fertiles sont toujours bourdonneuses ■ (Girard), c’est-à-dire ne produisent que des mâles. En nourrissant des neutres ordinaires avec du miel et de l’albumen, Dœnhof a vu les tubes ovariques se développer comme chez les neutres fertiles sans que, cependant, les germes soient arrivés à maturité, ce qui confirme que le développement des organes génitaux féconds

est produit par une nourriture plus substantielle des larves.

Empoisonnement. Les miellats des arbousiers et des eucalyptus enivrent les abeilles et les font souvent mourir dans des convulsions (Laboulbène et Girard) ; on a observé les mêmes phénomènes produits par les fleurs de sarrasin ; ces accidents paraissent ne se produire que pendant les fortes chaleurs. Feuillebois a observé l’effet toxique des fleurs de l’eucalyptus redgum sur les abeilles et les guêpes, en Kabylie.

Maladies. Parmi les plus répandues il faut citer &dysenterie, due surtout au renouvellement imparfait de l’air dans les ruches pendant les températures humides, mais se présentant aussi à la suite d’un hivernage prolongé, et pouvant être causée par un miel composé principalement de mellose incristallisable. • Les abeilles nourries principalement au sucre incristallisable sont plus exposées à la dysenterie. » (Girard.) Les remèdes sont une bonne aération et un rationnement judicieux du miel pendant l’hivernage, ou son remplacement par du sirop de saccharose de bonne qualité. La loque est une maladie plus redoutable et on n’en connaît pas les moyens curatifs ; cette affection, qui amène la pourriture du couvain (ou larves), est éminemment contagieuse ; aussi doit-on détruire toute ruche qui en est atteinte ; les abeilles d’ailleurs quittent généralement avec leur reine les ruches infectées : on a employé contre la loque de l’acide salicylique dissous dans de l’alcool à 80. (Hiiberl.)

Parasites. En dehors des nombreux ennemis qui vivent dans les ruches aux dépens du miel ou de la cire, ou qui dévorent les larves (teignes des ruches, clairons, etc.), ou encore de ceux qui vivent en parasites sur les abeilles mêmes (poux d’abeilles, braulaesca), il faut citer les larves de coléoptères hèlètromères vésicants, les meloi, voisins des cantharides. Ces petites larves ou triongulins, blotties au milieu des rieurs, se cramponnent après les abeilles qui viennent butiner et s’insinuent entre les anneaux de l’abdomen ou les articulations de la tête ou du corselet, et irritent les abeilles au point de les faire mourir dans de violentes convulsions. V. cxntharidibns, dans ce volume.

— Astron. Petite constellation de l’hémisphère austral, à peu de distance du pôle. Elle s’étend du 62» au 78" parallèle en déclinaison et de 12 heures sidérales & 14 heures en ascension droite, se trouvant ainsi placée au S. du Centaure et de la Croix, entre le Caméléon et Apous ou l’Oiseau de Paradis. Elle figure pour la première fois dans l’atlas de Bayer (1603). Elle ne renferme pa3 d’étoile très brillante ; elle en compte deux de troisième grandeur et trois de quatrième. Elle ne s’élève pas au-dessus de l’horizon de Paris.

ABEKEN (Christian-Guillaume-Louis d'), homme d’État saxon, neveu de Bernard-Rudolphe Abeken, né à Dresde le 2 ! novembre 1S26. Il fit son droit de 1845 a 1848 a Leipzig et à Heidelberg, et entra dans la magistrature, Il devint conseiller de tribunal


d’arrondissement en 1858, conseiller à la cour d’appel de Dresde en 1863, et, en 1866, conseiller secret au ministère de la justice et membre de la commission d’examen.

Lors du renouvellement partiel du ministère saxon, en 1871, il obtint le portefeuille de la justice (9 octobre) et fut doté de la noblesse héréditaire. De février 1873 à novembre 1878, il a été député de la Saxe à la première assemblée de l’empire allemand.

** ABEL (Charles), écrivain et archéologue français. — Après avoir fait son droit à Paris et pris le grade de docteur en droit en 1847. il plaida k Paris d'»bord, puis à Metz, où il soutint avec succès plusieurs procès de presse, notamment pour le «Républicain de la Moselle» et pour le ■ Courrier de la Moselle > en remplacement de Me Grévy, empêché. Endécembre 1851, il osa défendre plusieurs bourgeois de Metz qui, revêtus de l’uniforme de garde national, avaient couru en armes à l’hôtel de ville pour lutter contre le coup d’Eiat. La procureur général, après l’avoir menacé d’expulsion, le fit traduire devant le conseil de l’ordre qui lui infligea un avertissement. Curieux retour des choses d’ici-bas, ce même magistrat (M. de Gérando), expulsé par la police parisienne en novembre 1870, se réclama de M. Abel, qui avait un certain ascendant sur tes vainqueurs, comme ancien chef d’état-major de la garde nationale de Motz pendant le siège. À dater de 1852, M. Abel ne plaida plus que des affaires civiles ou commerciales. Il collabora à la « Revue de Nice » en 1862, époque a laquelle une affection du larynx le força de renoncer au barreau, puis a la « Revue d’Austrasie • et à « l’Union des arts du pays messin » ; il fonda avec M. Poulet un nouveau Recueil des arréts de la cour de Metz, et avec M. de Bouteiller la Société d’histoire et d’archéologie de la Moselle, dont il est resté le président, pour résister aux envahissements de la Verein fur Erdkunde, Il devint, en 1858, membre de l’Académie de Metz, puis secrétaire en 1871 et président en 1S75. M. Abel a continué a habiter Metz malgré l’annexion de 1871. Il a été nommé, en 1874 et en 1877, député au Reichstag d’Allemagne, par les arrondissements de Thionville et se Boulay, et, en 1874 et en 1880, député de Metz au Landesauschutz d’Alsace-Lorraine.

Outre un grand nombre d’articles publiés dans des recueils d’archéologie et d’histoire, notamment dans la • Revue historique du droit français et étranger », on doit à M. Abel une soixantaine d’études, de dissertations, d’ouvrages historiques, archéologiques et autres sur la Moselle, la Lorraine, etc. Les principaux sont : les Anciens Sceaux de la commune de Metz, gravures (1852, petit in-fol.) ; Anciens Usages du pays messin (1853, in-8°) ; les Russes dans la vallée de la Moselle (1856, in-8°) ; Bu passé, du présent et de l’avenir de la législation militaire en France {1857, in-S°) ; les Voies romaines dans le département de la Moselle (1859) ; les Anciennes Institutions communales dans le département de la Moselle, 6 fascicules (1859 à 1876, in-8°) ; le Mystère de Saint-Clément, d’après un manuscrit inédit du xve siècle, avec frontispice gravé (1861, in-4°) ; Un chapitre inédit de VBistoire de la comtesse Mal/tilde (Metz, 1861, in-8") ; Histoire des rues de Nice (Nice, 1862, in-8o) ; César dans le nord-est des Gaules (1863, in-8°) ; Louis XI et les bourgeois de Metz (Paris, 1864, in-S») ; Du monnayage des Gaulois, lith. (Metz, 1865, in-8») ; Séjour de Charles IX à Metz (Paris, 1866, in-8") ; les Premiers Essais de navigation à la vapeur dans l’est de la France (Paris, 1866, in-8») ; la Forteresse de Rodemack, % grav. ^Metz, 1867, in-8°) ; avec E. de Bouteiller, la Chronique de Jean Beaucket (1551-1651), avec préface et nombreuses notes (.Metz, 1868, in-8°) ; Louis IXet le Luxembourg (Paris, 1869, m-8°) ; Rabelais, médecin stipendié de la cité de Mets (1870, in-8°) ; la Bulle d’or à Mets (étude sur le droit public d’Allemagne au moyen âfîe (Metz, 1872, in-so) ; les Nouveaux tribunaux d’écheuins en Zomii>ie(Tbïons-ille, 1874, in-so) : De la mission remplie par l’académie de Metz (1876, in-8°) ; l’Église et le château de Colombey, grav. d’après L. Simon (Nancy, 1876, in-8°) ; Origines de la commune de Briey et sa charte d’affranchissement (Metz, 1876, in-so) ; Explication historique des antiquités trouvées à Merten, 9 lith. (Metz, in-4<>) ; Études archéologiques sur la Cathédrale de Saint-Étienne de Mets (Metz, 1885, in-8»} ; Cri d’alarme poussé par un alambiqué lorrain (1886, in-8°) ; Mammouth fossile déterré près de Thionville [1886) ; Monographie des anciens vitraux de la cathédrale de Metz, 30 photogr. et chromolithographies (1886) ; Sigillographie des villes libres impériales parlant français, grav., lith. (Metz, 1886).

ABEL (Charles), philologue allemand, né à Berlin en 1839. Il suivit les cours des universités deTubingue, de Munich et enfin de Berlin, où il s’estfixé. Il n’avait que quinze ans lorsqu’il publia en anglais un Essai sur la langue copte, dont il avait puisé les éléments dans les « Actes de la société syro-égyptienne •. M. Abel a écrit un assez grand nombre d’ouvrages et de mémoires estimés. Nous citerons de lui : Sur la langue, comme expression du mode de penser d’une nation (Berlin, 1869) ; Sur la position des mois en latin (1870) ; Let-