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Grand dictionnaire universel du XIXe siècle/Angola ou congo portugais (supplément 2)

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Administration du grand dictionnaire universel (17, part. 1p. 262).

* ANGOLA ou CONGO PORTUGAIS, colonie portugaise de la côte occidentale d’Afrique.

— Bornée au N. par le Congo, bu S. par la rivière de Counène qui la sépare des acquisitions allemandes, a l’O. par l’océan Atlantique, elle s’étend, à l’E., à 500 kilom. dans l’intérieur, sans limites bien définies. Sa superficie est évaluée à 1.200.000 kilom. carrés, et sa population à 8 millions d’habitants ; mais on ne connaît bien exactement ni l’étendue de cette colonie, ni le chiffre de ses habitants. Le pays se trouve partagé naturellement en trois parties bien distinctes : le littoral, la région des montagnes et les plateaux. Le littoral, de l’embouchure du Congo jusqu’au cap Frio, présente une côte de 1.350 kilom, de développement, de formation calcaire, aride, sablonneuse, insalubre, surtout aux abords des nombreux cours d’eau et des lagunes. Cette région stérile s’étend de 100 à 150 kilom. dans l’intérieur. Même dans les rares parties fertiles, la culture est difficile,

caries indigènes, que l’on peut seuls employer au travail des champs, ne sont pas exempts des fièvres endémiques. Sur les bords des fleuves, on ne voit que des palétuviers et de vastes espaces sans autre verdure que le carnpin, herbe trop sèche pour servir à l’alimentation du bétail. Sur la côte, le ressac a l mètre de hauteur ; pendant les mauvais temps, il atteint jusqu’à 4 mètres. Le rivage est coupé de nombreuses rivières, au cours rapide, et presque toujours navigables dans la partie inférieure. Les plus importantes sont : le Loundo, l’Ambrizette, le Loge, le Dandé, le Bengo, le Coanza, le Longo, te Couvo, l’Egypta, le Catumbela et le Counène. La plus grande, le Coanza, a sa source à 1.700 mètres d’altitude, sur le plateau de Bihé ; elle est navigable pendant 210 kilom. et son bassin a 303.000 kilom. de superficie. Son cours est obstrué par de nombreuses chutes et cascades, dont les plus importantes sont celle de l’Impératrice Augusta, puis le grand et le petit Cambambé, près de Dondo, où la navigation cesse. Sur la côte, le temps est relativement beau toute l’année, sauf les mois de mars et d’avril. Au delà de la région du littoral s’étend la partie satubre du pays, occupée par des montagnes, sur une largeur de 60 a 80 kilom., et qui ne parait pas excéder 1.900 mètres d’élévation ; elle est couverte de forêts vierges et de prairies superbes ; sa végétation est luxuriante ; elle possède la flore et la faune la plus riche. Dans cette région, les mois de février, mars et avril sont ceux des grandes pluies. La région des plateaux de l’intérieur commence à 230 kilom. de la côte, et présente une altitude de 1.000 à 1,200 mètres. La climat y est comparable à celui de l’Europe méridionale ; on y cultive avec succès les mêmes produits. Coupé d’innombrables rivières, son sol fertile est couvert de riches pâturages. Les forêts, plus étendues qu’épaisses, renferment les essences les plus variées, tandis que les terres encore incultes produisent naturellement les plantes les plus belles. En général, le climat est à la fois humide et brûlant, malsain surtout à cause des émanations des eaux stagnantes, laissées par les grandes pluies qui tombent de mai en septembre et même en octobre et novembre, dans certaines parties de l’intérieur,

Productions naluret les. Les terres basses et argileuses qui bordent les fleuvfes et les rivières sont d’une grande fertilité, de même que les plateaux élevés de l’intérieur. Dans ces derniers on trouve des gisements encore presque inexplorés de cuivre, de fer, de plomb, d étain, de mercure, de sel, de salpêtre, de soufre, de pétrole, de charbon de terre, et même d’argent et d’or. L’existence d’importantes sources de pétrole vient d’être confirmée sur le territoire de Libou^o et Cahenbé, qui sont d’un accès facile. Le café, la canne à sucre, le coton, le blé, le mais, et surtout le manioc, l’anis, le tabac, le palmier h huile, le coco, le ricin, l’indigo, l’orseille, les arachides, la gomme copal et la cire y viennent en grande abondance. On y trouve des bois de construction et d’ébénisterie durs et fins, des bois de teinture, le baobab, atteignant de grandes dimensions, et beaucoup de racines et d’herbes médicinales, dont le gouvernement a recommandé la culture. Le règne animal a pour représentants principaux parmi les fauves : le lion, le léopard, l’hyène, le chacal ; on y rencontre encore l’hippopotame, le crocodile, ie buffle, le zèbre, plusieurs espèces d’antilopes et beaucoup de singes. Le bétail de toute sorte et les porcs réussissent dans l’intérieur, et il y a dans le Benguéla des moutons et des bœufs d’une grosseur extraordinaire, mais les chevaux sont rares. Parmi les oiseaux, nous citerons : l’autruche, le perroquet, le flamant et le paon ; la volaille vient très bien. Les insectes nuisibles sont les sauterelles, les moustiques et les fourmis blanches, qui rongent et détruisent tous les objets auxqueU elles s’attaquent. Les rivières et les lacs renferment une grande variété de poissons.

Population. La population, comme celle de presque toute l’Afrique équatoriale, appartient à la grande famille des Bantous ; elle se distingue par des traits plats, le nez écrasé et le menton fuyant ; elle diffère des nègres de la haute Guinée par une teinte brun foncé ou olivâtre ; les cheveux Sont crépus, mais tirant sur le roux ; les lèvres sont peu épaisses et la stature petite. La langue des indigènes, le bounda, est très sonore ; les capucins italiens ont fait une grammaire et un vocabulaire bounda. Les nègres d’Angola, particulièrement ceux du littoral, ont ia réputation d’être poltrons, fainéants et médiocrement intelligents. À côté de la population soumise, il est resté, sur le littoral des possessions portugaises, beaucoup de tribus indépendantes, dont les plus féroces sont les peuplades des districts voisins de la côte de Benguéla. Malgré l’activité déployée par les missionnaires, le fonds de la croyance de la plupart de ces indigènes n’est qu’un grossier fétichisme, qui se cache sous le voile de cérémonies empruntées au christianisme. Les peuples de l’intérieur, connus sous le nom de Kimboundas, sont sociables et susceptibles d’être civilisés. Les nègres soumis forment plusieurs centaines de communes gouvernées par autant de chefs ou Soïoj, choisis dans les familles les plus notables ; ces noirs sont

presque tous polygames, et il en est de même de la plupart des métis portugais.

Division administrative. La colonie d’Angola est divisée en deux grandes provinces : l’Angola proprementdit auN., et le Benguéla au S. D’après les décisions de la conférence de Berlin (1885), il faut y ajouter le district du Congo, au N. de la province d’Angola, qui comprend en outre le district d’Ambriz, tandis que celui de Mossamèdes fait partie du Benguéla. La. colonie entière forme un gouvernement général. La province de Loanda

comprend les districts de Alto-Dandé, Arabaca, Ambriz, Barra de Bengo, Barra de Dande, Calumbo, Cazengo, Duque de Bragança, Encogé, Golungo-Alto, Icolo et Bengo, Loanda, Libongo, Malange, Novo-Redondo, Zenza de Golungo, et les présides de Cambambé, Massangano, Muxima et Pungo-Andongo. La province de Benguéla renferme les districts de Bumbo, Catumbella, Dombe-Grande, Égypto, Huéla, Mossamèdes, Quilenguès, et les présides de Benguéla et

Caconda. Les présides se distinguent des autres districts, en ce qu’ils ont un ou plusieurs forts avec une garnison. Le gouverneur et capitaine général de la colonie est le chef suprême de l’administration militaire et civile. La capitale de la colonie est Sâo-Paulo de Loanda. Comme toutes les possessions du Portugal, Angola envoie des députés aux Cortès. Le revenu de la colonie en 1880-1881 était de 2,500.000 francs, tandis que les dépensesdépassaient3.500.000 francs. Les troupes régulières, dites de première ligne, composées, partie de noirs, partie de disciplinaires européens, comptent 2.800 hommes, non compris la milice ; les compagnies de seconde ligne sont recrutées parmi les nègres empacasseiros ou chasseurs de buffles ; ceux-ci étant nourris par leurs femmes, ne coûtent au gouvernement que l’entretien des états-majors.

Les villes et les forts principaux sont : Sâo-Paulo de Loanda, Sâo-Philippe de Benguéla, Mossamèdes, Ambriz, Ambrizette,

Conga, Bembé, Encogé, Dondo, Mouchina, Malange, Kambala, Bailounda, Égypto, Conio, Cabonga, Caconda, Quilenguès, Houita, Pinda, Quihita et Hambé, etc.

Commerce. La traite des noirs expédiés au Brésil formait autrefois à peu près tout le commerce d’Angola ; la suppression de la traite l’avait donc à peu près anéanti. Cependant, depuis une vingtaine d’années il regagne un peu d’importance par suite de l’exportation des produits naturels du sol ; le colon, la canne à sucre, l’indigo, le riz, le café, les graines oléagineuses, la gomme copal, le ricin, le tabac, le blé, les fruits, les peaux, les dents d’éléphants et de rhinocéros, le cuivre, le plomb et l’étain. Angola est un des pays qui possèdent les essences forestières les plus variées. À l’exposition universelle d’Anvers, en 1885, on pouvait voir des échantillons de ses bois : ébène, cocotier, acajou, teck, bois de rose, bois de velours, bois de sang, manpapa, mantambolé et munhanda, essences dures comme le chêne et ne se laissant pas entamer par le suladé, terrible ver rongeur qui, en quelques mois, détruit une habitation ; boia de fer, veludo, paode étéphanté, arbre colossal propre à la fabrication des planchers ; amoreira chappetlata, pour la construction des pirogues ; c«deira, d’où l’on extrait le caoutchouc ; bois de santal, etc. Parmi les nombreuses plantes médicinales, il faut particulièrement citer diverses variétés de chinchona (quinquina) très recherchées dans le commerce.

Les principaux ports sur l’Océan sont : Ambriz, le plus important au point de vue du commerce, Sâo-Paulo de Loanda, Sâo-Philippe de Benguéla et Mossamèdes. Les places commerciales de l’intérieur sont ; sur le plateau, à l’est de Loanda, Bragança, Malange, Ambaca, Pungo-Andongo ; à l’est d’Ambriz, également sur le plateau, Encogé. Malange est le port le plus oriental ; H est commandé par un officier, quoique au point de vue militaire il soit absolument sans importance. La route commerciale la plus fréquentée vers l’intérieur va de Benguéla, par Katombela et les montagnes jusqu’à Bihé. Le chiffre des affaires s’élève à 25 millions de francs, dont 10 millions à l’importation. Six lignes de bateaux à vapeur mettent Loanda en communication avec les autres ports de la côte, avec Banana, sur le Congo, et par cette ville avec Lisbonne. Une ligne de steamers joint Angola aux colonies anglaises de l’Afrique méridionale. Le gouvernement portugais fait de grands efforts pour améliorer ses colonies, et particulièrement Angola, dont il a l’intention de faire une province agricole et commerciale importante eu y introduisant des émigrants de l’Ile de Madère. Il a établi une ligne télégraphique de 344 kiloin. qui relie les huit stations de Loanda, Calumbo, Coungo, Boeeas de Quanza, Barra, Massangano, Dendot et Calcullo.