Grand dictionnaire universel du XIXe siècle/Atlas historique, généalogique, chronologique et géographique

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Administration du grand dictionnaire universel (1, part. 3p. 865-866).

Atlas historique, généalogique, chronologique et géographique, par A. Le Sage (le comte de Las Cases). Dans le Mémorial de Sainte-Hélène, l’auteur raconte comment la nécessité iuflexible l’obligea, durant son émigration en Angleterre, à composer un ouvrage qui était destiné à devenir classique. Ce travail remonte à la date du 18 brumaire ; il fut publié en 1803-1804, et reçut des améliorations successives dans chacune des éditions plus récentes. Il est évident que l’idée de l’Atlas historique dérive de l’Art de vérifier les dates. La compilation des bénédictins renfermait déjà des tableaux synchroniques ou chronologiques, c’est-à-dire des tables ou des nomenclatures. Las Cases comprit le premier l’avantage et l’utilité, pour l’instruction de la jeunesse ; d’un ensemble méthodique de cartes-tableaux, résumant, suivant l’ordre des temps, les principaux faits de l’histoire et les modifications des territoires, afin que les yeux du corps et les facultés de l’esprit pussent suivre en même temps les vicissitudes des empires, le progrès et la décadence des nations. Depuis, et contre son système, on a exagéré, torturé la méthode ingénieuse qu’il avait heureusement appliquée. C’est encore son ouvrage qui reste en France le meilleur modèle de ce qu’on doit faire en ce genre, en donnant toutefois plus d’espace à la géographie représentative, et moins d’étendue à la généalogie des souverains. Cette dernière, que l’on ne peut exclure entièrement, devrait être considérablement restreinte, pour donner place à l’histoire des doctrines, des découvertes, des inventions, des livres et des écrits qui ont exercé une influence durable ou soudaine sur les évolutions de l’esprit humain. Les idées sont des faits ; ce sont aussi des flambeaux qui éclairent les recherches ou les souvenirs de l’homme d’étude.

L’Atlas historique se compose d’une série de 88 tableaux, non compris un tableau-frontispice intitulé : Fastes Napoléens, et une feuille démonstrative sur la manière d’étudier l’ouvrage.

On y trouve la réunion complète et le tableau judicieux de l’histoire, de la géogriiphie, de la chronologie et de la généalogie ; ces quatre sciences, dont l’objet commun est l’ensemble des faits passés, et dont les rapports sont si intimes, s y trouvent constamment fondues ensemble dans de justes proportions pour l’époque. La précision, l’élégan.-eet le discernement en t’ont un lion livre pour l’homme instruit el iioiM’ce.ui qui veut s’instruire.

i° Les tableaux généraux présentent l’histoire ancienne et moderne, sacrée et profane. Ils sont disposés d’une manière très-habile. Le jugement saisit et la mémoire retient sans effort le commencement d'un peuple, son élévation, ses échecs, sa fin, l’étendue de son territoire.

2° Les tableaux géographiques, bien différents des cartes ordinaires, se composent d'éléments purement géographiques et de faits historiques, de manière que l’on suit la marche de l’histoire sur la carte même.

3° Les tableaux généalogiques présentent — des matériaux complets et clairement disposés pour l’histoire particulière de chaque pays de 1 Europe ; la généalogie s’y apprend par le classement symétrique des personnes, et la chronologie par l’ordre et la distance relative des objets. L histoire n’y est plus qu’une suite de résumés ou d’extraits.

On peut dire que l’Atlas de Le Sage, ou plutôt de Las Cases, est un ouvrage essentiel pour les bibliothèques comme pour les écoles, et qu’à beaucoup d’égards il méritait l’éclatant succès qu’il a tout d’abord obtenu. > La France littéraire, de Quérard, contient, à l’article Las Cases, une note que nous reproduisons, sans en accepter la responsabilité. La voici textuellement :

« Si l’on devait ajouter foi à tous les on dit, le nom de Le Sage, sous lequel.VAlias historique a été publié, ne serait point un pseudonyme du comte de Las Cases, mais le nom d’un prêtre français réfugié en Angleterre, d après les uns, ou d’un prêtre irlandais, d’a Srès les autres, véritable auteur de VAtlas, n prétend que M. de Las Cases eut occasion, pendant son émigration, de faire connaissance avec ce dernier, ijui se trouvait dans une pénurie extrême. L’ecclésiastique proposa au comte de lui céder son travail moyennant une somme de cinquante louis ; le marché se conclut’. L’ecclésiastique mourut peu de temps après, et M. de Las Cases, à sa rentrée en France, put publier VAtlas historique comme son propre travail. C’est une assertion dont nous sommes loin de garantir l’authenticité, mais à laquelle les notices concernant M. de Las Cases, imprimées dans plusieurs biographies modernes, peuvent donner quelque apparence de vérité. »