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Grand dictionnaire universel du XIXe siècle/Yvon (adolphe)

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Administration du grand dictionnaire universel (15, part. 4p. 1437).

YVON (Adolphe), peintre français, né à Eschwiller (Moselle) en 1817. Après avoir achevé ses études littéraires, il vint k Paris vers 1835 et entra dans l’atelier de P. Delaroche ; il y devint un des plus habiles praticiens de l’école contemporaine. Ses débuts remontent k l’unnée 1842 ; il exposa nu Salon un Portrait de J/m Ancelot, et c’est k ce genre du portrait qu’il parut s’adonner d’abord. En 1844, i ! exposa ceux du Général Netimaijer et de M. A. D..., lieutenant devaisseau ; on vit ensuite de lui une grande peinture biblique, le Christ chassant les marchands du temple (Salon de tS45), puis le Supplice de Judas Iscariote aux enfers (1840) ; divers Portraits (1847) ; les Hélais deposte en Russie, curieusu étude qu’il avait été faire sur les lieux mêmes l’année précédente, et une suite de dessins d’un grand style ; la Colère et la Luxure, d’après les beaux vers de Dante (Enfer, chants VII et V) ; Elégie, Pastorale, Danse de paysannes russes, Tortures de Lubianka faisant le thé (Salon de 1848). Au Salon suivant, il n’exposa encore que des dessins : VAvarice et la Gourmandise, d’après Dante (Enfer, chants VI et VII) ; Melpomène, Catliope, Thalie, Terpsichore, Euterpe, Erato, Clio, Polymnie, Uranie ; mais k celui de 1850, outre la suite de ses dessins d’après Dante, l’Orgueil, l’Envie et la Paresse, un tableau de bataille, la Hataille de Koulikoro (1378), manifesta les aptitudes qui devaient lui valoir une prompte renommée, attira sur lui l’attention du monde officiel et lui valut des commandes. Après avoir exposé un dernier tableau biblique, l’Ange déchu, et une petite scène de genre, la Partie de dames, nessin au pastel (Salon de 1852), il exécuta le Premier consul descendant le mont Saint-Bernard (Salon de 1853), qui lui avait été commandé pour la galerie du château do Corapiègne, puis le Maréchal Ney à la retraite de Russie et le Télêgue russe (1855). À la suite de cette Exposition, il fut fait chevalier de la Légion d’honneur. Il reçut, en outre, la mission de rejoindre l’armée française en Crimée, pour reproduire les principaux épisodes de la guerre, et se rendit immédiatement à son poste. II rapporta de ce voyage trois grandes toiles, qui furent exposées aux Salons de 1857 et 1859, et auxquelles nous avons consacré un article spécial : la Prise de Malakoff, la Gorge de Malakoff et la Courtine de Malakoff (v, Malakoff) ; elles sont toutes les trois au musée do Versailles. Bien accueillies par le public, qui y voyait surtout un sujet peignant d’actualité, ces peintures, de dimensions inusitées, furent très-discutées par la critique ; tout en leur accordant de rares qualités de composition et de mise en scène, on leur reprocha surtout d’accentuer la trivialité d’Horace Veruet et d’avoir plus d’emphase que d’expression. Elles n’en valurent pas moins à l’artiste la grande médaille d’honneur du Salon..

Depuis, M. Adolphe Yvon a encore exposé : la Bataille de Solferino, le Portrait du prince impérial (Salon de 1861) ; divers Portraits (1864) ; les États-Unis d’Amérique (Salon de 1S70), immense toile commandée par le président Stewart et qui représentait les trente-quatre Etais de l’Union groupés autour de la figure symbolique de la République américaine ; une Rue à Constautinople, les Secrets d’État (1873) ; la Comtesse de Cuen, portrait destiné au musée fondé par cette dame ; César, la Charge des cuirassiers de Reischshoffen (1875) ; le Portrait du général Vinoy, le Portrait de Ronnehée, de l’Opéra (187G).