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Hamilton - En Corée (traduit par Bazalgette), 1904/Chapitre I

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Traduction par Léon Bazalgette.
Félix Juven (p. 33-46).


CHAPITRE PREMIER


AUTOUR DE LA CÔTE. — MANQUE DE CONNAISSANCES TOPOGRAPHIQUES. — FLORE DES ÎLES. — VOYAGEURS OUBLIÉS. — SUPERSTITIONS ET CROYANCES. — CROQUIS D’HISTOIRE.


FÉTICHES, PRÈS DE SÉOUL

Malgré le travail hydrographique exécuté dans le passé par les Japonais sur les côtes de Corée, on connaît mal encore les nombreuses îles et archipels, les bancs et les récifs qui font de ses bords la terreur de tous les marins. Jusqu’au voyage de l’Alceste et de la Lyre en 1861, la position de ces groupes détachés d’îlots rocheux n’était marquée sur aucune des cartes japonaises ou chinoises de l’époque. Dans la carte de l’empire préparée par les jésuites à Pékin, au dix-septième siècle, l’espace à présent occupé par l’archipel coréen était couvert par un éléphant dessiné — signe conventionnel d’ignorance usité par les cartographes d’alors. Dans les vieilles cartes du pays, la terre ferme comprenait des groupes d’îles, car la plus médiocre connaissance de la configuration physique de leurs côtes régnait parmi les Coréens. À une date tout à fait récente, le gouvernement coréen a toutefois reconnu ce fait, et au commencement de l’année 1903 il a demandé au gouvernement japonais de lever le plan complet du Royaume Ermite. Ce travail est maintenant en cours d’exécution, et le tracé des côtes est déjà achevé.

CARTE DE L’EMPIRE DE CORÉE.

La côte de Corée est remarquable par le nombre de ports spacieux qu’elle offre. À l’ouest et au sud, des vestiges de la période volcanique, que le pays a en partie traversée, se montrent à la fréquence des groupes d’iles. Rien que d’un pic situé sur l’une des petites îles en face de la côte sud-ouest, on peut compter jusqu’à cent trente-cinq îlots, s’étendant au nord et au sud, et servant de rendez-vous aux oiseaux de mer ; îlots désolés et presque inhabités. Nombre d’îles parmi les plus importantes sont cultivées et fournissent un abri et un solitaire séjour à de petits groupes de pêcheurs.

La navigation dans ces parages est particulièrement dangereuse. Beaucoup de ces îles sont submergées par les grandes marées, et la violence de la mer fait qu’on ne peut reconnaître la direction des chenaux. En l’absence de cartes marines et terrestres, ces rivages bordés d’îles ont été le théâtre de nombreux naufrages ; les navires hollandais, américains, français et anglais se suivant dans une lugubre et silencieuse procession vers un but commun : la captivité à terre ou la mort dans les flots.

Certains de ces infortunés marins ont survécu à leurs épreuves, laissant, à la façon de Hendrik Hamel, le subrécargue de la frégate hollandaise Sparwehr, qui échoua à la hauteur de Quelpart en 1653, des souvenirs et des récits de leurs aventures à la postérité incrédule. La plupart des îles qui bordent la côte sont boisées. Comme elles sont très belles d’aspect et très dangereuses d’approche, on les considère avec un sentiment mêlé de respect et de crainte superstitieuse, différant peu, dans son expression, de la crainte qu’éprouvaient les anciens à l’égard de Charybde et de Scylla. De plus, leur isolement en fait le centre d’un grand commerce de contrebande entre la Chine et la Corée ; par leur situation sans défense elles sont une proie facile pour tout pirate qui a l’envie de les ravager.

Les îles qui bordent la côte sud-ouest sont le refuge de nombreux animaux. Les phoques jouent et folâtrent à l’aise parmi les rochers. Les cimes boisées sont riches en gibier : sarcelles, grues, courlis, cailles, s’y reproduisent. La côte est un lâche terrain de chasse pour les naturalistes, et on trouve dans tout l’archipel une grande variété de poissons. On peut recueillir un grand nombre d’éponges très diverses, et les bancs de corail avec leurs couleurs vives et leurs tons délicats, composent un jardin de mer d’une splendeur et d’une richesse de teintes sans égale. La flore de ces îles présente un aspect non moins caractéristique du paysage d’été. Les lis ronges, éclatants et gigantesques, les marguerites, les asters, de nombreuses variétés de cactus poussent à côté de curieuses fougères, de palmiers et de plantes grimpantes, presque tropicaux dans leur caractère et leur profusion, et qui supportent cependant la froide température de l’automne et de l’hiver, pour renaître au printemps avec une beauté nouvelle. L’air vibre du chant et du bourdonnement des insectes, le jour limpide se pare de l’éclat des papillons. Des hérons d’une blancheur de neige se tiennent sur les écueils. Des cormorans, des oiseaux plongeurs et des canards peuplent les récifs et s’élèvent en troupes avec un grand vacarme lorsqu’on envahit leurs retraites. Dans les eaux profondes, les poissons pullulent ; en passant d’un groupe d’îles à un autre, le long de la côte, on voit des troupes de baleines, lançant en l’air des colonnes d’eau ou bien dormant à la surface.

La côte de Corée est parsemée de noms de navigateurs étrangers, qui, dans les siècles passés, tentèrent de visiter la terre de la Splendeur du Matin. Sauf de rares exceptions, ces visiteurs furent chassés. Quelques-uns furent faits prisonniers et torturés ; beaucoup reçurent l’ordre de partir immédiatement ; peu furent admis. Pas un ne fut invité à faire un séjour quelconque sur cette terre nouvelle, ou ne reçut la permission de visiter ses merveilles et ses curiosités. En dehors des Japonais, ceux qui parvinrent à franchir la muraille d’isolement, si soigneusement élevée autour du pays et si rigoureusement maintenue, furent généralement escortés à l’intérieur comme prisonniers, victimes inconscientes de quelque heureux stratagème. La façon dont ils furent traités est révélée par les noms curieux dont ces pionniers de la navigation ont étiqueté les caps et les promontoires, les îles et les récifs qu’ils eurent la chance de relever ou dont ils furent assez heureux pour éviter les dangers. Beaucoup de ces noms ont cessé d’exister. Le temps écoulé les a fait effacer par les hydrographes européens des cartes représentant les terres et les mers où leurs auteurs avaient couru de tels risques. En beaucoup d’endroits de la côte, pourtant, spécialement à l’ouest, le long des rivages de la province de Chyung-chyong, ces noms d’origine se sont conservés. Ils constituent aujourd’hui un hommage rendu à l’ardeur et à l’intrépidité de ces premiers explorateurs. Cette reconnaissance n’est que juste et elle ne doit pas être refusée à leur indéniable courage et à leur audace.

Il est permis de croire qu’un destin éminemment capricieux s’attacha à leurs pas, les excitant à laisser ainsi, pour guider les générations futures, quelque aperçu de leurs propres erreurs de calcul. Si on en peut juger d’après les courts récits que ces navigateurs nous ont laissés, le résultat de l’œuvre accompli sur ces rivages inhospitaliers surpassa tout ce qu’ils avaient prévu. La visite de ces hommes hardis éveilla la curiosité des Coréens et leur donna leurs premières notions de ce monde du dehors qu’ils repoussaient avec mépris depuis des siècles. En dépit des occasions précieuses qui s’offrent maintenant à eux, ils continuèrent néanmoins à le négliger. Le souvenir des vaisseaux noirs et des hommes à barbe rousse (les Hollandais), — comme ils baptisaient les étranges embarcations et les diables plus étranges encore, qui ne faisaient qu’apparaître à distance du rivage pour faire naufrage, — a longtemps hanté leurs esprits. Bien qu’ils aient traité ces étrangers avec une générosité relative, ils prirent soin de maintenir inviolés les secrets et la sainteté de leur terre. Ils repoussaient avec obstination les ouvertures amicales de ces étrangers qui venaient dans des vaisseaux monstres, et qui, ma foi, ne laissaient derrière eux qu’un nom. Il n’est donc guère étonnant que de nombreux points sur la côte de Corée portent des noms assez peu flatteurs. La baie de la Déception, l’île de l’Insulte, et la rivière Fausse dénotent certains désagréments subis qui, trop grands pour être supportés en silence, laissèrent une impression ineffaçable sur leurs souvenirs de l’endroit.

Si les marins hollandais de 1627 furent parmi les premiers qui atteignirent les rivages interdits de ce royaume, l’activité des voyageurs anglais fut extrêmement remarquable pendant le siècle suivant. L’œuvre du capitaine W.-R. Broughton, de la corvette anglaise de 16 canons Providence, nous est décrite par les baies et les ports où il pénétra, par les caps et les détroits que ce vaillant homme baptisa, à l’honneur de l’île lointaine et du royaume d’où il partit. Broughton en 1797, Maxwell de l’Alceste, avec Basil Hall, commandant la corvette anglaise Lyra, en 1816, méritent la gloire qui leur est assurée par les eaux et les caps qui ont reçu d’eux leurs noms, qui figurent sur les cotes ouest, est et sud comme des jalons. Tandis que Maxwell et Hall préféraient consacrer leur attention à la découverte et à l’examen de l’archipel coréen, — qu’il semble impossible, bien que Broughton ne le mentionne pas, que le découvreur du détroit de Broughton ait pu ignorer, — Broughton levait en gros la carte marine et le plan des côtes de l’ouest, et faisait une halte temporaire à la baie de Broughton, à 950 kilomètres au nord. Hall donna son nom à la baie de Basil, où Gutzlaff débarqua en 1832 pour planter des pommes dé terre et pour laisser des graines et des livres. Une génération plus tard, en 1866, l’archipel au nord-ouest fut nommé d’après le prince impérial, qui devait trouver la mort au Zoulouland en 1878. En 1867, le golfe du prince Jérôme, un bras de mer situé auprès de la côte de la province de Chyung-chong, devait être la scène de la fameuse tentative d’Oppert pour enlever de grandes quantités de trésors ensevelis et de reliques vénérées d’une tombe impériale. Ces noms sur les côtes est et ouest ne suggèrent rien du roman qui en vérité les entoure. C’est au plus s’ils évoquent les ombres des personnages redoutables, auxquels ils ont appartenu naguère, et au souvenir desquels maints voyages de découverte dans des mers sont inséparablement attachés.

VUE GÉNÉRALE DU PORT DE CHEMULPO

Les Anglais ne furent pas les seuls navigateurs qui furent attirés par l’inconnu du pays et les rares dangers de la mer, autour de l’île de Quelpart, là où la mer du Japon se mêle, en un tumultueux chaos, à la mer Jaune. Les navigateurs russes et français se frayèrent également un chemin à travers les dangereux hauts-fonds et les sables mouvants, le long des rivières tortueuses et limoneuses, dans les ports et les détroits resserrés qui séparent ces îles de la terre ferme. Les rivages abondent en noms distingués d’hommes de science ou de fils de la pleine mer. En suivant les ondulations et les tortuosités de la côte, une foule de noms du passé surgissent, dernier témoignage d’hommes morts et oubliés. Il est infiniment pathétique que ce dernier et unique lieu de repos soit refusé à leurs mémoires. Lazarely, qui participe à la découverte de la baie de Broughton ; Unkoffsky, qui sombra dans les eaux de la baie qui est désignée par son nom ; le malheureux La Pérouse, qui, en juin 1787, découvrit dans la mer du Japon une île qui à présent porte le nom de l’astronome Dagelet ; Durock, Pellissier, Schwartz et les autres — quel écho reste-t-il d’eux, de leur destin, et de leur carrière postérieure ? Leurs noms tout au moins ne devraient-ils pas témoigner de leurs souffrances et de leurs efforts, des difficultés qu’ils affrontèrent, de la joie mince de quelque chose de tenté, de quelque chose d’accompli, qui fut leur unique consolation pendant maintes heures de veilles tristes et vaines ?

La Corée est une terre d’exceptionnelle beauté. Les usages, la littérature, et la nomenclature géographique du royaume prouvent que la superbe et inspiratrice nature de la péninsule est pleinement appréciée par la population. De même que les côtes coréennes témoignent de l’esprit aventureux de maints marins d’Occident, ainsi les noms donnés aux montagnes et aux rivières du pays par les habitants eux-mêmes reflètent la simplicité, la crudité et la nature superstitieuse de leurs idées et de leurs croyances. En Corée, toutes les montagnes sont assimilées à des personnes. Dans la croyance populaire, des dragons y sont ordinairement associés. Chaque village offre des sacrifices aux esprits de la montagne. Des autels sont élevés au bord de la route et dans les passes de la montagne, afin que les voyageurs puissent déposer leurs offrandes aux esprits et s’assurer leur bienveillance. Les Coréens croient que les montagnes exercent d’une certaine manière une influence bienfaisante et protectrice. La capitale de la Corée possède sa montagne gardienne. Chaque ville se fie à quelque puissance protectrice pour assurer son existence. Les tombes doivent avoir également leurs cimes gardiennes, ou bien la famille ne prospérera pas, et le sentiment prévaut que les gens naissent en rapport avec la conformation des collines où sont situées les tombes de leurs ancêtres. Les contours rudes et âpres produisent des guerriers et des hommes combatifs. Les surfaces plates et les pentes douces procréent des savants ; les pics d’une position et d’un charme particuliers sont associés à la beauté des femmes. De même que les chaînes de montagnes, les lacs et les étangs, les rivières et les cours d’eau exercent des pouvoirs géomantiques, et ils servent d’habitations à des esprits tutélaires, bienveillants ou malfaisants. Dans les lacs se cachent des dragons et d’autres monstres. Dans les lacs de montagnes toutefois, nul esprit n’habite, à moins que quelqu’un ne se soit noyé dans ses eaux. Lorsque cette fatalité arrive, le fantôme du mort hante le lac jusqu’à ce qu’il soit délivré par le fantôme de la personne suivante qui subira la même infortune. Le serpent est presque le synonyme du dragon. Certains poissons deviennent à des moments dragons-poissons ; les serpents sont élevés à la dignité de dragons et revêtus de leur férocité lorsqu’ils ont passé mille ans de captivité dans les montagnes, et mille ans dans l’eau. Tous ces esprits peuvent être rendus propices par des sacrifices et des prières.

Dans la province de Kang-won, que traverse la chaîne des Monts de Diamant, il y a divers pics symboliques de cette croyance à l’existence de monstres surnaturels. Une cime vertigineuse se nomme le Dragon Jaune, une deuxième le Phénix Volant, et une troisième, le Dragon Caché, a rapport à un démon qui ne s’est pas encore levé de terre pour s’élever vers les nuages. Les noms que les Coréens donnent à leurs rivières, à leurs lacs et à leurs villages, de même qu’à leurs montagnes, prouvent leur désir d’associer les beautés naturelles de leur terre à ses traits les plus caractéristiques. Toutefois cette particularité semble être surtout accentuée dans le cas des montagnes. La Montagne faisant face à la Lune, la Montagne confrontant le Soleil, la Mer Tranquille, la Vallée de l’Ombre Fraîche et la Colline des Nuages Blancs sont des exemples de ce désir. De plus, dans la province de Ham-kyong, la plus septentrionale de l’empire, les sommets les plus remarquables reçoivent des désignations telles que le Pic de la Vertu Permanente, le Pic des Mille Bouddhas, la Paix Durable, la Montagne de l’Épée, le Pic qui atteint le Ciel, le Toucheur de Nuages. Il est donc évident que leur façon d’apprécier la nature, non moins que le respect pour le surnaturel, est à la base du système qui leur fait trouver des noms aux points caractéristiques de leur pays. Les particularités du pays offrent un champ vaste à une telle pratique, et l’on doit admettre qu’ils donnent libre carrière à cette tendance particulière de leur imagination.

La Corée est aujourd’hui un empire indépendant. Depuis des temps très reculés jusqu’à 1895, le roi de Corée était vassal de la Chine, mais le complet renoncement à l’autorité de l’empereur de Chine fut proclamé en janvier 1895, par décret impérial. Ce fut là le fruit de la guerre sino-japonaise, et cette disposition fut ratifiée par la Chine sous le sceau du traité de paix signé à Shimonosaki, en mai de la même année. La monarchie est héréditaire et la dynastie actuelle a occupé le trône de Corée d’une façon ininterrompue depuis 1392. Habitée par une population dont les traditions et l’histoire s’étendent sur une période de cinq mille ans, soumise à de kaléidoscopiques changements, par suite desquels les petites tribus furent absorbées par les grandes, et les faibles gouvernements renversés par les forts, la Corée a peu à peu formé un royaume qui, embrassant toutes les petites unités dans sa protection, a offert au monde, à travers les siècles, une autorité plus ou moins complexe et stable. Il n’y a pas à douter que le royaume naguère vassal de la Chine, à l’occasion duquel la Chine et le Japon furent en guerre, a fait de beaucoup plus grandes enjambées sur la route du progrès que son ancienne voisine et suzeraine. Il est incontestable que les conditions de vie qui règnent à Séoul parmi les Coréens sont supérieures à celles qui règnent à Pékin, chacune de ces deux villes étant considérée comme la capitale du pays — le centre représentatif où tout ce qu’il y a de meilleur et de plus brillant est rassemblé.

Ce fut en 1876 que la Corée conclut son premier traité moderne. Ce ne fut que trois ans après, qu’un échange de représentants diplomatiques eut lieu entre elle et les parties contractantes. En dépit du traité, la Corée ne montra aucune disposition à profiter de ses nouvelles relations, jusqu’à ce que l’ouverture de Chemulpo au commerce, à la fin de 1883, lui ait prouvé de quels avantages commerciaux elle était à présent en mesure de jouir. Pendant tout ce temps la Chine avait été en relation avec les étrangers. Des légations avaient été installées dans sa capitale ; des consuls avaient la charge des ports ouverts ; des traités de commerce avaient été conclus. Elle était déjà vieille et malavisée dans la sagesse qui lui vint de ses rapports avec les peuples occidentaux. Mais dans un esprit d’intraitable obstination sans parallèle dans l’histoire constitutionnelle, la Chine se resserra en elle-même à un tel degré que le Japon, dans l’espace d’une génération, s’est élevé à la situation d’une grande puissance, et que même la Corée est devenue en vingt ans supérieure à son ancienne suzeraine. En moins de dix ans, la Corée a propagé des œuvres d’un caractère industriel et humanitaire auxquelles la Chine actuellement se montre résolument et fatalement hostile. Il est vrai que les tendances libérales de la Corée ont été stimulées par ses rapports avec les Japonais. Si cette nation énergique ne l’avait guidée par la main, la situation dont elle jouirait aujourd’hui serait infiniment problématique. Le contact a été à son entier bénéfice. Et le maintien de ce contact est la plus ferme garantie du développement éventuel des ressources du pays.