Harivansa ou histoire de la famille de Hari/Lecture 32

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TRENTE-DEUXIÈME LECTURE.

HISTOIRE DE LA FAMILLE DE COUROU.

Vêsampâyana dit :

Ritchéyou, respectable Râdjarchi, fut distingué par le titre d’Écarât (souverain unique). Il eut pour femme Djwalanâ, fille de Takchaca. Elle donna le jour au saint roi Matinâra, qui fut le père de trois fils, renommés pour leur piétés, Tansou[1], Pratiratha, et le sage Soubâhou, tous savants dans les Vèdes, possédant la science sacrée, et professant la vérité dans leurs discours, tous exercés au métier des armes, courageux et guerriers expérimentés. Matinâra eut aussi une fille nommée Gôrî qui fut la mère de Mândhâtri[2].

Le fils de Pratiratha se nomma Canwa. Il régna, et eut pour fils Médhâtithi, saint Dwidja[3] qui est aussi appelé Cânwa. Ô Djanamédjaya, Médhâtithi donna le jour à une fille habile dans la science de Brahma ; elle se nommait Ilâ. Elle fut l’honneur de son sexe, et devint l’épouse de Tansou.

Tansou eut pour fils Sourodha, roi pieux et illustre, qu’on nomme aussi Dharmanétra[4] (œil de la justice). Celui-ci fut invincible et habile dans la science des saints. Il eut pour épouse Oupadânavî[5], qui le rendit père de quatre fils, Douchmanta[6], Souchmanta[7], Pravîra et Anagha.

Douchmanta donna le jour au vaillant Bharata, qui eut la force de dix mille éléphants[8], et fut surnommé Sarwadamana[9]. C’est à ce grand roi Bharata, fils du magnanime Douchmanta et de Sacountalâ, que tu dois, ô prince, ton surnom de Bhârata[10].

Je t’ai déjà raconté comment[11] les fils du roi Bharata périrent par la jalousie de ses épouses. Ô roi, le grand Mouni Bharadwâdja, fils de Vrihaspati et petit-fils d’Angiras, fut, par la vertu de grands sacrifices et l’invocation aux vents[12], transféré dans la famille de ce prince, et appelé, dit-on, à perpétuer sa race. Ce sage indiqua au roi les cérémonies qu’il avait à remplir dans cette circonstance. C’est ainsi qu’il naquit à ce prince un fils qu’il n’avait pas engendré, et qui reçut en conséquence le nom de Vitatha[13]. Après cette naissance de Vitatha, Bharata alla au ciel : Bharadwâdja donna au nouveau prince le baptême royal, et se retira ensuite dans la forêt.

Ce roi Vitatha eut cinq enfants, Souhotra, Souhotri, Gaya, Garga et le grand Capila.

Souhotra donna le jour à deux fils, le pieux Câsica et Gritsamati.

Gritsamati eut des enfants qui furent Brahmanes, Kchatriyas et Vêsyas[14].

Le fils de Câsica fut Câséya : Câséya fut le père de Dîrghatapas, qui eut lui-même pour fils le sage Dhanwantari. Le fils de Dhanwantari se nomma Kétoumân : celui-ci donna le jour au sage Bhîmaratha ; Bhîmaratha, à Divodâsa, roi de Bârânasî[15], qui extermina les Râkchasas.

En ce temps, un prince Râkchasa, nommé Kchémaca, occupa la ville de Bârânasî, qui devait rester déserte pendant mille ans, par suite d’une malédiction prononcée contre elle par le sage et grand Nicoumbha. Voyant sa capitale sous le coup de cette imprécation, le roi Divodâsa habita, non loin de là, une ville charmante sur les rives de la Gomatî. Bârânasi avait auparavant appartenu à Bhadrasrénya, prince de la famille d’Yadou, qui trouvait son bonheur dans les œuvres de pénitence[16]. Il eut cent fils habiles à tirer de l’arc : le roi Divodâsa les avait tués, et s’était emparé de leur capitale.

Le fils de Divodâsa fut un héros : on l’appela Pratardana. Il eut deux fils, Vatsa et Bharga. Le fils de Vatsa fut Alarca, prince qui sut se faire respecter sur la terre[17].

(Cependant il était resté un fils de Bhadrasrénya, nommé Dourdama, que Divodâsa avait épargné parce qu’il était encore enfant. Maître de tout l’héritage d’Hêhaya, ce prince céda à Divodâsa les domaines de son père. Bhîmaratha avait aussi laissé un autre fils, nommé Achtâratha : généreux Kchatriya, ce souverain jaloux de mettre un terme à toutes les inimitiés, rendit à Dourdama la partie de son héritage qu’il possédait et qui lui avait été enlevée dans son enfance par Divodâsa[18].)

Alarca, roi de Câsi, fut attaché à la loi divine et ami de la vérité. Il régna soixante-six mille ans[19] : son royaume avait une grande étendue. Noble rejeton de la maison de Câsi, il fut beau de sa personne, et conserva toujours sa jeunesse, par un privilège particulier que lui donna Lopâmoudrâ[20]. Il obtint aussi de cette sainte la faveur d’une longue vie. Quand le temps de l’imprécation fut terminé, le vaillant Alarca donna la mort au Râkchasa Kchémaca, et vint habiter la belle ville de Bârânasî.

Le fils d’Alarca fut le prince Sounîtha : Sounîtha donna le jour à l’illustre Kchémya ; Kchémya, à Kétoumân ; Kétoumân, à Varchakétou ; Varchakétou,

à Vibhou ; le roi Vibhou, à Ânartta ; Ânartta, à Soucoumâra ; Soucoumâra, au belliqueux Satyakétou[21].

De ce prince naquit un fils qui, du nom de son aïeul Vatsa, fut appelé Vatsabhoûmi, et du nom de Bharga, Bhargabhoûmi[22]. Vatsabhoûmi fut un roi puissant et juste.

Ces enfants d’Angiras contractèrent des alliances avec la race de Bhrigou, ô fils de Bharata : dans ces familles on trouve des Brahmanes, des Kchatriyas, des Vêsyas et des Soûdras.

Un fils[23] de Souhotra fut Vrihan[24], qui eut trois fils, Adjamîdha, Dwimîdha, et le vaillant Pouroumîdha[25]. Adjamîdha avait trois épouses célèbres pour leur beauté, Nîlinî, Késinî et Dhoûminî. Késinî devint mère de l’illustre Djahnou[26]. Ce prince faisait un jour un grand et magnifique sacrifice. Gangâ se présenta à lui pour être son épouse. Il la refusa : celle-ci, pour se venger, submergea le champ du sacrifice. En voyant ces désastres, Djahnou irrité dit à Gangâ : « Je boirai tes eaux qui arrosent les trois mondes ; voilà la récompense de ton orgueil. » Alors les Maharchis s’apercevant qu’il avait bu Gangâ, décidèrent qu’elle serait sa fille, sous le nom de Djâhnavî.

Djahnou eut pour épouse Câvérî, fille d’Youvanâswa, laquelle, de la moitié de son corps, qui fut doublé par suite d’une imprécation de Gangâ, a formé une rivière[27] de son nom. Le fils bien-aimé de Djahnou fut le vaillant Adjaca ; Adjaca eut pour fils le roi Balâcâswa, prince chasseur ; celui-ci donna le jour à Cousica[28] qui augmenta sa puissance de l’alliance des Pahlavas[29], et se plut à parcourir les forêts.

Cousica fit une pénitence austère pour avoir un fils pareil à Indra. Celui-ci, par crainte, devint son fils, et fut le roi Gâdhi[30] : c’est par cette raison qu’on surnomme Indra Côsica.

Gâdhi donna le jour à Viswâmitra, à Viswaratha, à Viswakrit et à Satyavatî.

Satyavatî épousa Ritchîca et mit au monde Djamadagni.

Viswâmitra eut pour fils Dévarâta et d’autres dont la gloire est répandue dans les trois mondes. Voici leurs noms : Dévasravas ; Cati, qui donna son nom aux Câtyâyanas ; Hiranyakcha, fils de Sâlâvatî ; Rénou, qui fut père de Rénoucâ[31] ; Gâlava, fils de Sâncriti ; et Moudgala.

Voici maintenant les noms des familles dont les membres portèrent le surnom de Côsica : les PâninS, les Babhrous, dévoués à la méditation et à la prière ; et parmi les princes, les Dévarâtas, les Sâlancâyanas, les Sôsravas, les Lohityas, les Yâmadoûtas, les Cârîchis. Parmi les Côsicas, on cite encore les Sêndhavâyanas. Le Richi Viswâmitra eut aussi un grand nombre de gendres qui portèrent ce nom de Côsica. La race de Poûrou et celle du Brahmane-Kchatriya, descendant de Cousica, s’unirent par des liens de parenté.

L’ainé des fils de Viswâmitra eut aussi le nom de Sounah-sépha. Ce Mouni, après avoir appartenu à la famille de Bhrigou, voulut encore paraître dans celle de Cousica.

Ainsi Dévarata et les autres sont les fils de Viswâmitra.

Achtaca fut fils de Viswâmitra et de Drisadwatî.

Lôhi dut le jour à Achtaca : telle fut la postérité de Djahnou[32]. Je te dirai maintenant, ô fils de Bharata, quelle fut d’un autre côté la noble race d’Adjamîdha. Ce monarque eut de Nilinî le prince Sousanti : celui-ci donna le jour à Pouroudjâti, et Pouroudjâti à Vâhyâswa. Vâhyâswa eut cinq fils, semblables à des immortels : Moudgala, le roi Srindjaya, Vrihadichou, Yavînara l’invincible, et Crimilâswa. « Ces cinq princes sont, disait-on, suffisants pour la défense des provinces (pantcha alam). » Telle est l’origine de ce nom de Pântchâla, donné à cinq princes puissants, qu’environnaient de nombreux vassaux.

Le fils de Moudgala fut le glorieux Môdgalya.

Tous ces Kchatriyas furent généreux et pleins de qualités dignes de leur caste. Les enfants de Moudgala, et ceux de Canwa, reçurent aussi le surnom d’Angiras, et s’unirent entre eux par des alliances.

Le fils aîné de Môdgalya[33] fut un illustre Brahmarchi, qui épousa Indrasénâ et donna le jour à Badhryaswa. Badhryaswa eut, dit-on, de Menaca deux enfants jumeaux, le Râdjarchi Divodâsa et la glorieuse Ahalyâ. Ahalyâ fut l’épouse de Saradwân[34], et lui donna pour fils le grand Richi Satânanda. Satânanda fut le père du fameux Satyadhriti, aussi habile à tirer de l’arc qu’à expliquer les Vèdes. Un jour, à la vue d’une Apsarâ, il laissa échapper sa liqueur séminale, qui tomba sur un faisceau de ces roseaux appelés sara : il en naquit deux jumeaux, que le roi Sântanou rencontra à la chasse, et qu’il prit par compassion (cripa) ; de là vient que le garçon fut appelé Cripa, et la jeune fille Cripî ; on la nomme aussi Gôtamî[35]. Ceux qu’on distingue par le surnom de Sâradvatas, sont les mêmes que ceux qu’on appelle Gôtamas.

Je reprends la suite de la famille du Râdjarchi Divodâsa. Son fils fut le Brahmarchi Mitrayou, qui a donné naissance à la branche des Mêtréyas. Kchatriyas distingués, ils se multiplièrent, unis entre eux par des alliances, et connus quelquefois par l’épithète de Bhârgavas ou enfants de Bhrigou.

Le noble Srindjaya[36] eut pour fils Pantchadjana : celui-ci fut le père du roi Somadatta ; Somadatta, de l’illustre Sahadéva ; Sahadéva, du prince Somaca, lequel donna son nom à cette famille, qui portait auparavant celui d’Adjamîdha. De lui naquit Djantou, qui eut cent fils. L’aîné fut Prichata, père de Droupada : Droupada donna le jour à Dhrichtadyoumna, et Dhrichtadyoumna à Dhrichtakétou.

Voilà pour quelle raison les généreux Adjamîdhas furent dès lors appelés Somacas, parce qu’une partie d’entre eux sont les fils de Somaca.

La troisième épouse d’Adjamîdha était Dhoûminî : c’est elle qui fut, ô roi, la mère de tes ancêtres. Elle n’avait point d’enfants, et elle en désirait vivement. Livrée à tous les exercices de la piété, elle se soumit pendant dix mille ans[37] à une pénitence sévère, entretenant le feu du sacrifice selon l’usage, ne mangeant qu’une nourriture légère et purifiée, dormant[38] sur le gazon sacré qui avait servi pour les offrandes. Enfin Adjamîdha, usant avec elle des droits d’époux, engendra Rikcha, Dhoumravarna et Soudarsana. Rikcha fut le père de Samvarana ; Samvarana, de Courou, qui soumit le pays au-dessus de Prayâga, et le nomma Couroukchétra[39], terre sacrée, agréable, et habitée par des hommes vertueux. La postérité de Courou fut nombreuse, et ses descendants s’appelèrent Côravas.

Les fils de ce roi furent au nombre de quatre, Soudhanwan, Soudhanous, le puissant Parîkchit et le vaillant Arimédjaya. Soudhanvan donna le jour au sage Souhotra ; Souhotra, à Tchyavana, prince ami de la justice ; Tchyavana, à Gritayadjna, qui aux soins qu’il prit des sacrifices, joignit la connaissance des lois ; Gritayadjna, à un prince fameux[40], aimé d’Indra, héros s’élevant dans les plaines de l’air et planant au-dessus du pays de Tchédi, d’où lui est venu le surnom de Tchédyouparitchara. Son nom était Vasou ; il eut[41] de Giricâ sept enfants : Vrihadratha, qui fut un roi célèbre de Magadha, habile à conduire le char de bataille ; Pratyagraba ; Cousa[42], appelé aussi Manivâhana ; Sâcala[43], Yadou, Matsya, et Câli.

Le fils de Vrihadratha porta le nom de Cousâgra : il donna le jour au sage et vaillant Richabha ; Richabha, (au pieux Pouchpavân ; Pouchpavân[44]), à l’invincible Satyahita ; Satyahita, à Oûrdja, animé de l’esprit de justice. D’Oûrdja naquit un fils, rempli de valeur, qui se trouva formé de deux parties séparées, unies par Djarâ ; de là lui vint son nom de Djarâsandha[45]. Ce monarque puissant fut le vainqueur de tous les Kchatriyas.

Djarâsandha fut le père de l’illustre Sahadéva ; Sahadéva, de l’auguste et glorieux Oudâpi[46] ; et Oudâpi, du pieux Sroutasarman.

Le fils de Courou, nommé Parikchit ou Parîkchit engendra le juste Djanamédjaya. Celui-ci eut trois fils, habiles à conduire un char, Sroutaséna, Agraséna et Bhîmaséna, tous trois pleins de hautes qualités, de force et de valeur. Sroutaséna[47] donna la naissance à deux fils, Souratha et Matimân ; Souratha, à l’invincible Vidoûratha ; Vidoûratha, à Rikcha, prince habile à diriger un char, et qui fut le second de ce nom. Il y eut dans ta famille deux Rikcha, deux Parîtchit, trois Bhîmaséna, et deux Djanamédjaya.

Bhîmaséna dut le jour à Rikcha ; Pratîpa, à Bhîmaséna ; Sântanou, à Pratîpa. Sântanou eut deux frères, Dévâpi et Bâhlica ; tous trois ils furent fameux dans l’art de conduire un char de guerre. Ô prince, c’est de Sântanou que tu es descendu.

Le royaume de Bâhlica fut Saptabâhlî. Ce prince eut pour fils le célèbre Somadatta, qui fut le père de Bhoûri, de Bhoûrisravas et de Sala.

Dévâpi fut un Mouni, précepteur spirituel des Dévas.

Pour Sântanou, il fut roi et ancêtre des Côravas. Ô prince, je te dirai la généalogie de cette famille qui est la tienne. Sântanou eut de Gangâ un fils nommé Dévavrata, et qui est le même que Bhîchma, aïeul[48] des Côravas Câlî lui donna aussi un autre fils bien-aimé, Vitchitravîrya, monarque ami de la justice et pur de tout péché. L’épouse de Vitchitravîrya conçut de Crichna-Dwêpâyana[49] trois fils, Dhritarâchtra, Pândou et Vidoura.

Dhritarâchtra eut de Gândhârî cent fils, dont l’aîné fut le prince Douryodhana.

De Pândou naquit Ardjouna, surnommé Dhanandjaya : le fils d’Ardjouna fut Abhimanyou, surnommé Sôbhadra, du nom de sa mère Soubhadrâ : le fils d’Abhimanyou fut Parîkchit ton père, ô Djanamédjaya.

Telle est l’histoire de la race de Poûrou, dont tu es sorti[50]. Je vais te parler maintenant des familles de Tourvasou, de Drouhya, d’Anou et d’Yadou.

Tourvasou donna le jour à Vahni ; Vahni, à Gobhânou ; Gobhânou, à l’invincible monarque Trêsânou ; Trêsânou, à Carandhama ; Carandhama, à Maroutta. Je t’ai déjà parlé d’un roi Maroutta, fils d’Avikchita.

Maroutta n’avait point d’enfants : par ses sacrifices et ses présents magnifiques, il obtint une fille, nommée Sammatâ qu’il accorda, comme cadeau de sacrifice[51] au grand Samvartta. Il adopta aussi pour fils un prince de la race de Poûrou, le vertueux Douchmanta[52]. C’est ainsi que par suite d’une imprécation d’Yayâti, la famille de Tourvasou s’éteignit, et fut remplacée par celle de Poûrou.

De Douchmanta naquit le roi Carouthama, et de Carouthama naquit

Âcrîda, qui eut quatre fils, Pândya, Kérala, Gola, et le vaillant Tchola : d’eux est descendue la nombreuse population des Pândyas, des Tcholas et des Kéralas[53].

Drouhya eut pour fils Babhrousétou, qui donna le jour à Angârasétou, comparable pour sa force aux Marouts. Ce vaillant prince périt dans une guerre terrible qu’il soutint contre Yôvanâswa (fils d’Youvanâswa), et qui dura quatorze mois. Angârasétou fut père du prince Gândhâra, qui donna son nom à la grande province de Gândhâra[54], où naissent les meilleurs chevaux.

Anou donna le jour à Gharma ; Gharma, à Ghrita ; Ghrita, à Doudouha ; Doudouha, à Pratchétas ; Pratchétas, à Soutchétas. Voilà les Ânavas ou fils d’Anou.

Je vais actuellement ajouter quelques détails sur la race de l’illustre et grand Yadou. Ecoute les éclaircissements que tu désires.

    du mot Bharata, que le poëte dérive de la racine भृ, porter, laquelle fait au présent भरति. J’ai déjà indiqué que l’â, comme dans Bhârata, marquait la descendance.

    leur grand oncle. Il n’eut point d’enfants, et nous avons déjà dit que les Indiens font une fois par an des libations funéraires en son honneur, afin de remplir envers lui le devoir de fils.

  1. Le manuscrit bengali et celui de M. Tod portent Tansourodha. J'ai pris la leçon du mss. dévanâgari de Paris, parce que plus bas on nomme ce prince simplement Tansou. Sur les tables de Fr. Hamilton, on lit Tansarasa, que ce savant confond avec le prince Soumati.
  2. Ce prince est celui qu’on a surnommé Yôvanâswa, c’est-à-dire fils d’Youvanâswa, et dont il a été question lect. xii, p. 61. Ce passage renferme un synchronisme précieux pour l’histoire des deux races des rois indiens ; synchronisme observé dans les tables de Jones et de Bentley, mais non dans celle de Wilford.
  3. Canwa était Kchatriva : ainsi le mot dwidja ne peut signifier un Brahmane, quoique Médhâtithi soit regardé comme un Mouni. Dans le drame de Sacountalâ, le solitaire, à qui se trouve confiée cette princesse, se nomme aussi Canwa. Mais je ne pense pas que ce puisse être ce personnage, quoique ce fût alors un usage, pour les rois, de se retirer dans les bois, et de s’y livrer aux exercices de la piété.
  4. Ailleurs il est appelé Dharmamitra.
  5. Ce passage prouve que les rois indiens, malgré leur piété, ne se faisaient point un scrupule de s’allier aux familles étrangères qui peut-être professaient d’autres sentiments religieux. Car Oupadânavî, comme nous l’avons vu, iiie lect, était fille du Dânava Vrichaparwan. Fr. Hamilton appelle son époux Soughora au lieu de Sourodha.
  6. Le manuscrit bengali porte Douchmanta, et les autres Douchyanta, qui est, à ce qu’il parait, la leçon la plus usitée ; car, sur ce même manuscrit, par surcharge, on a écrit Douchyanta. Dans le drame de Sacountalâ, on lit Douchmanta.
  7. On peut lire également Souchyanta.
  8. Le texte peut se prêter à un autre sens : « qui eut une armée de dix mille éléphants. » नागायुतवलः nâgâyoutavalah.
  9. Voy. au septième acte du drame de Sacountalâ, la scène où le jeune Sarwadamana joue avec un lion. Je saisis cette occasion pour recommander à mes lecteurs la traduction de ce drame, qu’a donnée quelque temps avant sa mort mon savant maître, M. de Chézy, traduction qu’un de ses confrères à l’Académie a si justement appelée le chant du cygne.
  10. Le manuscrit dévanâgari de Paris contient ici cinq vers empruntés (lect. vi, sl. 107) à l’épisode du Mahâbhârata où est racontée l’histoire de Sacountalâ, épisode qui se trouve à la suite de la belle édition du drame dont je viens de parler. Ces cinq vers donnent l’étymologie
  11. Il est probable que cette histoire est dans le Mahâbhârata. Cependant Ward, qui a donné l’analyse de ce poëme, n’en parle point.
  12. J’aî traduit littéralement le mot मरुटिः. Comme il s’agit ici d’une cérémonie qui doit servir à continuer une famille, peut-être on invoque le vent, parce qu’il « est le souffle vital, la vigueur, l’énergie, la force. » (Bhâgavata, liv. ii.) J’avais cru d’abord que, Bharadwâdja étant un Angiras, et les Marouts se trouvant associés aux Angiras dans la cérémonie du sacre de Djanamédjaya, rapportée dans les Vèdes, et mentionnée par M. Colebrooke (Recherches asiatiques, t. viii), il fallait regarder cette cérémonie comme un sacrifice de famille. Je pense maintenant qu’il faut y voir une adoption par les vents, comme dans la xxxivie lecture il y en a une autre par les eaux. L’enfant ainsi adopté est nommé Critrima par les lois de Manou, lect. ix, sl. 169.
  13. Vitatha signifie faux. On voit par ce passage que ce prince fut un fils adoptif de Bharata. Quelques-uns pensent qu’on doit considérer Vitatha et Bharadwâdja comme la même personne. Le texte indique, cependant, qu’en effet Bharadwâdja fut adopté, mais qu’il ne régna point, et que le trône passa à son propre fils qui reçut le nom de Vitatha, et qui n’était que le petit-fils adoptif de Bharata. Le poëte appelle sancramana संक्रमन​ cet acte de translation, dont Manou ne parle point.
  14. Ce n’est pas la première fois que nous remarquons une pareille circonstance, qui indique la confusion des castes, et par conséquent l’oubli des lois divines. Pour ce passage et pour le nom de Gritsamati, comparez la lecture xxixe.
  15. C’est Bénarès. Ce passage se trouve déjà dans la xxixe lect. : il y a seulement ici quelques vers de plus, qui servent à expliquer plusieurs endroits trop concis de l'autre lecture.
  16. Cette phrase manque sur le man. bengali.
  17. Cette périphrase est la traduction du mot सन्नतिमन् Sannatimân, épithète donnée ici au roi Alarca. Dans la xxixe lecture, le fils de ce prince se nomme Sannati.
  18. J'ai traduit ce passage sans être bien assuré du sens. Il y a confusion dans les phrases, et transposition dans les vers. J'en ai tiré ce que j’ai pu, et j'en avertis le lecteur.
  19. Exagération plus que poétique, que le lecteur réduira peut-être à soixante-six ans.
  20. Lopâmoudrâ était la femme du saint Mouni Agastya.
  21. Il y a ici quelque différence avec les noms cités dans la xxixe lect., et plusieurs omissions.
  22. Le texte porte भार्गवात्. Je traduis comme s’il y avait भर्गवान् ou plutôt भर्गतः. On a vu un peu plus haut que Vatsa et Bharga étaient deux fils du roi Pratardana. Voy. la note 30 de la xxixe lecture.
  23. Voy. lect. xx.
  24. Fr. Hamilton pense que Vrihan est le même que Vrihatkchétra.
  25. Ces trois princes, dans la xxe lect., sont fils de Hastin ; Hastin, de Souhotra ; et Souhotra, de Vrihatkchétra. Voy. la xxixe lect., note 2.
  26. Voy. la xxviie lecture, où cette histoire est déjà racontée. Djahnou s'y trouve indiqué comme fils de Souhotra.
  27. Voyez lect. xxvii, note 6. La Câvérî sort du mont Sahya. L’auteur fait sans doute ici allusion à l'épithète Arddha-Gangâ.
  28. Voy. la xxviie lecture : Cousica y est fils de Cousa, et Adjaca de Sounaha.
  29. Ici le manuscrit de M. Tod porte le nom des Pahlavas. Voy. lect. xxvii, note 7.
  30. Encore une lacune : on passe le roi Gadhî, pour ne citer que son fils Gâdhi. C’est Gadhi qui était Indra incarné. Voy. la xxviie lecture.
  31. Voy. la xxviie lecture ; la femme de Djamadagni s’appelait aussi Rénoucâ, mais ce n’était pas certainement la personne dont il s’agit dans ce passage.
  32. Cette phrase peut vouloir dire aussi : « J’avais plus haut expliqué la généalogie de la famille de Djahnou. »
  33. Les deux manuscrits dévanâgaris disent Moudgala.
  34. Saradwân est sans doute ici un surnom de Gotama, l'époux d'Ahalyâ.
  35. C'est-à-dire, petite-fille de Gotama.
  36. L'auteur a oublié de dire que Srindjaya était fils de Mitrayou, que l'on donne pour Brahmarchi, et qui engendra des Kchatriyas.
  37. Exagération poétique pour exprimer un temps fort long.
  38. J’ai traduit ainsi littéralement le verbe सुष्वप​. Voy., dans le dictionnaire de M. Wilson, le mot स्थणिडलशाणयिन्. Je me suis rappelé à cette occasion les vers de Virgile, Énéid. l. vii
    Cœsarum ovium, sub nocte silenti,
    Pellibas incubuit stratis somnosque petivit.

    Au reste, cette expression se trouve dans l’épisode extrait du Brahmavêvarta-pourâna, dont M. Stenzler a donné une édition. Mais il la traduit par incidit in mœrorem, lect. i, sl. 31.

  39. C’est la contrée qui environne Dehli.
  40. J’ai traduit par une épithète le mot विस्रुत​ Visrouta, que quelques-uns regardent comme le nom de ce prince. Il est dit, lect. xxx, que Vasou reçut un char volant. On conçoit aisément pour quelle raison on a feint que ce monarque avait le privilège de voler dans l’air : occupant les hautes montagnes d’un pays, il semblait avoir des ailes. Ainsi les Sogdiens, en voyant les soldats d’Alexandre maîtres de leurs rochers, pouvaient croire qu’ils y avaient volé. Alexandre disait à leur chef : Se effecturum ut crederet Macedones etiam volarePennas ait habere milites Alexandri, Quint. Curc. l. vii Voyez plus loin la lecture cxv.
  41. Les grammairiens regardent le verbe जन​ comme n’ayant qu’un sens neutre. Je le trouve dans cette phrase avec un sens actif : जज्ञ. M. Wilson, au mot जनि, traduit जन​ par naître ou porter.
  42. Le manuscrit de M. Tod appelle ce prince Cratha.
  43. Le manuscrit bengali, au lieu de Sâcala, porte Mârouta.
  44. Ce vers ne se trouve que sur le manuscrit dévanâgari de Paris.
  45. Djarâ est le nom d’un démon femelle qui réunit les deux parties dont fut formé ce prince. Sandha signifie union, jonction. On raconte, à ce sujet, qu’un saint solitaire ayant partagé une grenade entre deux femmes d’Oûrdja, elles conçurent chacune une moitié d’enfant, et que Djarâ réunit les deux moitiés. De là ce prince est surnommé Dwémâtoura (qui a deux mères).
  46. Les deux manuscrits dévanâgaris portent Oudâyou.
  47. Le texte dit Djanamédjaya : mais c’est une faute, et d’ailleurs le vers aurait une syllabe de trop.
  48. Bhîchma n’était point, comme le dit le texte, l’aïeul (पितामहः) des Côravas, mais
  49. Les uns disent que ces trois princes furent fils de Vitchitravîrya ; les autres, que ce roi étant mort sans enfants, son frère de mère, nommé Vyâsa, autrement Crichna-Dwépâyana, épousa sa veuve dont il eut Dhritarâchtra et Pândou, et, de plus, l’esclave de cette princesse, qui lui donna Vidoura. Chez les Juifs, c’était aussi l’usage que les frères suscitassent de même des enfants à la veuve de leur frère. Cette espèce d’enfant chez les Indiens s’appelait क्षेत्रज​ kchétradja. Voy. lois de Manou, lect ix, sl. 167. Il est permis aussi de ne voir dans cette paternité de Vyâsa qu’une paternité toute spirituelle : il n’a peut-être été que le tuteur de ces jeunes princes et leur gourou.
  50. Le manuscrit de M. Tod termine ici la xxxiie lecture. Ce qui suit forme la xxxiiie ; celle qui porte ici le n° 33 est sur ce manuscrit la xxxive, et ainsi de suite.
  51. A la fin des sacrifices, on fait des cadeaux aux Brahmanes présents : ces cadeaux portent le nom de दक्षिणा dakchinâ.
  52. C’est le Douchmanta que nous avons vu tout à l’heure, le père de Bharata et l’époux de Sacountalâ. Il parait qu’il eut deux fils, Bharata et Carouthama.
  53. Le Pândya est le pays de Maduré ; le Kérâla, le Malabar ; et le Tchola, le Tanjore.
  54. Il paraît que le Gândhâra est le Candahar d’aujourd’hui.