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Henri Cornélis Agrippa/Lettre LXX

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LXX
Agrippa à Érasme.

15 avril 1533.

Illustre Érasme, je vous aurais écrit sur des questions aussi nombreuses qu’intéressantes si je n’avais attendu de vous des documents plus nombreux et plus importants encore que les miens. Dans une lettre précédente vous me promettiez en effet de me donner, quand vous en auriez le temps, une réponse indispensable et détaillée. Je n’ose point venir vous arracher à vos nombreuses occupations, sachant bien que je ne suis pas homme à vous rendre l’équivalent de ce que j’attends de vous. C’est cependant avec le plus impatient désir que je vous demande et que j’attends votre lettre. Ne négligez point cet Agrippa qui vous porte une si vive affection. L’ouvrage que je faisais imprimer à Bâle contre quelques Théologiens m’est revenu sans l’être entièrement, sous prétexte qu’il offense un grand nombre de personnes. Je le ferai imprimer ailleurs. Je vous ai entretenu plus longuement à ce sujet mais j’ai su soit par votre lettre, soit de Catandre lui-même, que vous n’aviez pas reçu la mienne. Je vous en parlerai en temps et lieu. Qu’il vous suffise de savoir à présent que l’illustre Prince-Électeur, Archevêque de Cologne, qui est très amateur de vos écrits, qui vous aime, vous chérit, vous vénère uniquement, aspire à votre amitié, veut vous voir et vous entendre personnellement. Il m’a prié de vous écrire, de vous demander si vous ne pourriez pas venir cet été passer quelques jours auprès de lui, soit à Bonn, soit à Cologne. Il fera tout son possible pour que vous n’ayez pas à vous repentir de ce voyage. Dites-moi ce que vous voulez faire à ce sujet. Je ne sais qu’une chose, c’est que, si vous venez, vous trouverez en lui un Prince d’une âme vraiment chrétienne et à l’aide duquel vous pourrez faire beaucoup pour la prospérité de la république chrétienne et pour la tranquillité publique.

Adieu. Écrit à la hâte.

fin