Herminie (O. C. Élisa Mercœur)

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Œuvres complètes d’Élisa MercœurMadame Veuve Mercœur2 (p. 3-23).


Mon cher petit mari,


Je n’aurais jamais osé te dédier mes faibles essais littéraires, si je n’étais persuadée d’avance que tu t’arrêteras moins aux défauts dont fourmille cette petite histoire qu’au sentiment qui me l’a fait écrire.

J’ai voulu peindre deux personnes dont les tendres soins resteront à jamais gravés au fond de mon cœur, et je me flatte que le pinceau de vérité dont je me suis servie te fera reconnaître sans peine, dans madame Angello, ma chère maman, et dans M. de Guiani, M. Danguy, mon bon mari.

Les qualités que j’ai données à Herminie n’ont été que pour la rendre plus intéressante, car je suis loin de lui ressembler ; mais je ne pouvais la faire sortir imparfaite des mains de deux si sages instituteurs.

Si je n’ai point commencé par réclamer ton indulgence, mon cher mari, c’est qu’encouragée par tes bontés continuelles j’ai cru que la lecture de mon Herminie t’offrirait quelque intérêt, et que pour excuser les fautes sans nombre que tu y rencontreras à chaque ligne, tu te dirais : Élisa n’avait que onze ans lorsqu’elle composa ce petit ouvrage, qui fut celui de son cœur et non de son esprit.

Ta petite femme,
Élisa Mercœur.

À ÉLISA MERCŒUR.


C’est avec le plus grand plaisir, ma chère Élisa, que je reçois la dédicace de ton petit ouvrage. Il annonce dans son auteur les plus heureuses dispositions ; mais ce qui surtout est préférable selon moi, c’est qu’à travers le voile de ton ingénieuse allégorie, on découvre aisément toute la reconnaissance et la bonté de ton cœur. Continue, ma chère amie, de t’appliquer à tes devoirs. L’étude t’offrira des biens solides et durables ; ceux de la fortune, au contraire, sont inconstant et périssables comme l’aveugle déesse qui les donne. Ne regrette donc pas ses faveurs et poursuis sans relâche la noble carrière des lettres. Que les écueils dont elle est semée ne te rebutent point. La prérogative du génie est de cueillir sans peine des fleurs où les autres ne trouvent que des épines.

Livre-toi avec confiance à ta destinée, et, si elle te place au rang des aimables écrivains de ton sexe, imite leur esprit sans pédanterie et atteins à leur célébrité sans orgueil. La timide modestie ajoute encore à l’éclat du talent, c’est à mes yeux sa plus belle parure.

Voilà, mon Élisa, les vœux que je forme pour ton bonheur. Sois persuadée qu’ils sont sincères, et que, pour être exprimés, ils n’auront jamais besoin du renouvellement de chaque année.

Ton petit mari,
Danguy.

HERMINIE,
OU
LES AVANTAGES D’UNE BONNE ÉDUCATION ;


Il y avait dans les environs de Naples, un gentilhomme de bonne maison ; il se maria à la fille d’un des amis de son père, qui était aussi bonne que belle. Tous deux vivaient dans une parfaite union. Ils n’eurent qu’une fille, qui fut appelée Herminie. Quelque temps après sa naissance, M. d’Albano (c’était le nom de ce gentilhomme) fut obligé de faire un voyage sur mer. Il profita d’un vent favorable pour s’embarquer ; mais, après quelques jours d’une heureuse traversée il s’éleva une tempête si horrible que le vaisseau fut heurté et se brisa contre un de ces écueils qui sont auprès de Messine et que l’on nommait autrefois Carybde et Scylla. M. d’Albano périt ainsi que tout l’équipage. La nouvelle de sa mort se répandit bientôt dans Naples, et ne vint pas plutôt frapper les oreilles de son épouse, qu’elle tomba dangereusement malade et ne survécut que de quelques jours à la perte d’un si bon mari. Sentant sa fin approcher, elle fit appeler son frère, M. de Guiani, lui recommanda sa fille, le nomma son tuteur et mourut peu de temps après, regrettée de son frère qui l’avait toujours véritablement aimée. Aussi transmit-il à Herminie toute la tendresse qu’il avait eue pour sa mère.

Dès qu’elle put parler, il la retira de nourrice et la mit entre les mains d’une dame de ses parentes, qui était supérieure d’un couvent et dont il connaissait le mérite. Madame Angello (c’était le nom de cette aimable religieuse) promit à M. de Guiani de regarder Herminie comme sa fille, et, dès cet instant, lui voua toute la tendresse d’une bonne mère, désirant que cette chère enfant lui en donnât le nom. Pour l’attacher à elle davantage, elle ne voulut pas que d’autres qu’elle prissent soin de cette petite orpheline, et pour cet effet elle la coucha dans sa chambre, afin d’être attentive à ses moindres besoins. M. de Guiani remercia sa parente de l’affection qu’elle témoignait à sa nièce, et, avant de prendre congé de cette femme estimable, il concerta avec elle le plan d’éducation qui convenait à Herminie. Ils décidèrent donc que sa maman lui montrerait à lire et à écrire, et que, dès qu’elle le saurait, son oncle, qui avait fait de très bonnes études, lui enseignerait sa langue maternelle, préférant pour elle les leçons de l’amitié à celles de l’intérêt. Tout étant ainsi arrêté, M. de Guiani et madame Angello se séparèrent fort satisfaits l’un de l’autre ; lui, de laisser sa nièce sous la direction d’une si sage institutrice, elle, de prouver â son parent qu’il n’avait pas mal placé sa confiance, lorsqu’il l’avait jugée capable de l’élever.

Madame Angello s’occupa d’abord à étudier le caractère d’Herminie, qui lui parut sensible et facile à gouverner ; aussi vit-elle avec plaisir se graver dans le cœur de son élève les bons exemples qu’elle lui mettait constamment sous les yeux. Herminie, dès le berceau, se familiarisa si bien avec la vertu, qu’elle n’eut jamais que de légers reproches à se faire. Dès qu’elle avait fait fâcher sa maman, elle se jetait à ses genoux et la suppliait de si bon cœur de lui pardonner sa faute, que celle-ci le faisait toujours sans beaucoup se faire prier, profitant néanmoins de l’émotion de l’enfant pour lui faire connaître ses torts envers Dieu. Herminie, touchée jusqu’aux larmes de l’indulgence de sa maman, se précipitait dans ses bras et n’en sortait jamais sans avoir reçu le baiser de réconciliation. Oh ! combien de fois les caresses innocentes de cette pauvre petite ne firent-elles pas regretter à madame Angello de n’être pas sa véritable mère ! elle s’en consolait en pensant qu’elle lui en servait. Deux années se passèrent de la sorte, sans qu’il arrivât rien de remarquable. Mais madame Angello pensant qu’il était temps que sa fille apprit à lire, distribua les heures de la journée de cette manière : le matin elle lui faisait élever son cœur à Dieu et la menait à la messe avec elle ; à la sortie de l’église, elles allaient faire un tour de jardin, afin d’avoir meilleur appétit au déjeuner qu’elles faisaient avec toutes les religieuses, qui voyaient sans jalousie les attentions de leur supérieure pour cette enfant. Cette communauté n’était pas de celles dont la mésintelligence fait la réputation ; jamais la moindre querelle ne troublait l’union qui y régnait. Toutes regardaient madame Angello comme leur mère, et demandaient sans cesse à Dieu qu’il la leur conservât. Herminie ne pouvait manquer d’être heureuse dans cette maison, aussi l’était-elle. Mais revenons au déjeûner. Dès qu’il était fini, tout le monde allait ensemble au jardin y jouer chacun selon son goût. Après la récréation, les religieuses retournaient à leurs occupations ordinaires, et Herminie prenait sa Croix-de-Dieu, que sa bonne maman lui faisait lire. Quinze jours lui suffirent pour connaître ses lettres ; elle fit des progrès si rapides, qu’au bout de six mois, elle lisait si bien, que sa maman jugea quelle pouvait apprendre à écrire, ce qu’elle fit avec le même succès. Entre ses leçons, elle s’amusait avec ses poupées, goût qu’elle conserva long-temps. Cela ne l’empêchait pas d’aimer beaucoup à lire ; aussi faisait-elle souvent des lectures à madame Angello, qui ne manquait jamais de faire remarquer à Herminie ce qu’il y avait de bon. Elle avait eu soin, dans le choix des livres qu’elle avait mis entre les mains de sa pupille, de ne lui en donner que de propres à former son cœur et son jugement. Herminie apprit aussi à travailler ; tantôt elle tricotait, ou brodait, ou faisait du linge. Jamais elle ne manquait d’offrir ses actions à Dieu. Ce fut dans ces occupations qu’elle atteignit l’âge où M. de Guiani, qui n’avait jamais cessé de l’aller voir au couvent, devait lui montrer l’italien. Il convint avec la supérieure du jour et de l’heure qu’il lui donnerait, ce qui fut remis au lendemain.

Voilà donc Herminie devenue l’écolière de son oncle, qui ne pouvait s’empêcher d’admirer avec quelle facilité elle saisissait les difficultés de sa langue. Quelle satisfaction pour la bonne madame Angello, qui assistait toujours aux leçons de sa fille, de voir le développement rapide de son esprit et de son jugement !

M. de Guiani lui fit faire en même temps un cours de géographie et d’histoire ; la fable ne fut point oubliée, et tout cela était plutôt un amusement pour elle qu’un travail fatigant, car ses leçons lui paraissaient toujours trop courtes. M. de Guiani, qui découvrait chaque jour dans sa nièce les plus heureuses dispositions pour les sciences, lui proposa de lui donner des leçons de langue française, qu’il avait apprise par les meilleurs maîtres, pendant les six années qu’il avait passées en France. Elle accepta la proposition avec joie, se promettant bien, par son application, de prouver à son oncle combien elle était reconnaissante de ce qu’il faisait pour elle. Au bout d’un an, Herminie écrivait et parlait si bien le français qu’on l’aurait prise facilement pour être de cette nation. Elle aurait bien désiré apprendre l’anglais, mais son oncle ne le savait pas ; et comment trouver un maître aussi complaisant que ce bon oncle ? Il se trouva pourtant, et ce fut M. de Guiani qui l’amena à sa nièce. C’était un Irlandais, que des malheurs avaient forcé de quitter son pays. Son instruction, jointe à la pureté de ses mœurs, lui attira bientôt la considération des habitons de Naples. Il eut en peu de temps une classe des jeunes gens les plus distingués delà ville, qui tous se félicitaient que cet homme estimable se fût fixé chez eux.

Ce fut lui qui donna des leçons d’anglais à Herminie, qui avait environ dix ans à cette époque. Quoique averti d’avance par M. de Guiani des heureuses dispositions de celle qui allait devenir son écolière, il ne pouvait se persuader qu’une enfant de cet âge fût en effet telle qu’on la lui avait dépeinte ; l’examen qu’il en fit lui prouva que le portrait n’était pas flatté. Effectivement, elle n’avait pas un an de leçons, qu’elle parlait et écrivait si correctement l’anglais, qu’elle étonnait tous ceux qui la voyaient et particulièrement son maître, qui redoublait d’attention pour elle. Aussi Herminie en conserva-t-elle toujours une reconnaissance que rien ne fut capable d’effacer.

La bonne madame Angello qui, comme je l’ai dit plus haut, était toujours présente aux leçons de sa fille adoptive, suivait pas à pas les progrès qu’elle faisait dans les sciences.

Elle ne pouvait retenir ses larmes, lorsqu’elle pensait que, dans quelques années, cette enfant, qui faisait toute sa joie, la quitterait pour toujours. Après l’étude des langues, Herminie se livra aux talens d’agrément ; elle apprit la musique, la danse, et le dessin ; elle s’occupa de la sorte, jusqu’à l’âge de seize ans, qui était celui que M. de Guiani avait fixé pour la retirer du couvent. Il savait bien qu’Herminie ne se séparerait point de sa maman sans répandre un torrent de larmes, ce qui arriva comme il l’avait prévu. Pour la consoler, il lui promit qu’elle visiterait souvent celle qui lui avait servi de mère. Madame Angello fut d’avis que, pour habituer Herminie à cette séparation, M. de Guiani la mènerait quelquefois chez lui avant sa sortie du couvent. Un jour, qu’il la conduisait à une fête chez une de ses parentes, une vieille femme, qui se tenait toujours à la porte du couvent, et à qui Herminie avait souvent donné l’aumône, la tira par sa robe à l’instant qu’elle montait en voiture. Herminie, qui avait toujours été susceptible sur la propreté, et qui craignait que les mains noires de la bonne femme ne gâtassent ses habits, la repoussa durement sans lui donner. M. de Guiani, à qui ce petit mouvement d’humeur n’avait point échappé, ne lui en fit point de reproches et attendit à être de retour au couvent pour lui faire connaître ses torts devant madame Angello. Herminie en convint et ne voulut point attendre davantage pour les réparer. Elle pria sa maman de faire entrer cette bonne vieille au parloir. Madame Angello l’envoya chercher ; elle désirait être témoin des excuses d’Herminie. Dès que cette bonne femme parut, Herminie courut à elle et l’embrassa en lui disant : Daignez, ma bonne mère, me pardonner la manière brusque dont je vous ai repoussée ce matin ; et, pour me prouver que vous n’êtes pas insensible à ma prière, acceptez, je vous prie, ce qu’il y a dans cette bourse, pour vous acheter un habillement complet ; et chaque fois que vous le porterez, ditesvous : Si celle qui me le donna fut un seul jour injuste envers les malheureux, Dieu lui fit la grâce, par son prompt repentir, d’effacer du cœur de celle qu’elle avait offensée le souvenir d’une faute qu’elle eût bien voulu ne pas avoir à se reprocher. M. de Guiani et madame Angello, qui étaient restés muets pendant toute cette scène attendrissante, ne purent s’empêcher de la féliciter de ce qu’elle venait de faire. Mais rien ne peut rendre la touchante reconnaissance de cette pauvre vieille, qui aurait bien voulu sauter au cou d’Herminie, qui la prévint en lui donnant le baiser qu’elle n’aurait jamais osé lui demander. Cette jeune personne sentit aussitôt son cœur soulagé ; la bonne femme la quitta en lui donnant mille bénédictions ; et Herminie courut aussitôt chercher sa récompense, dans les bras de sa maman et de son oncle, qui ne pouvaient assez admirer les heureux résultats de la bonne éducation que madame Angello avait donnée à sa nièce.

C’était le lendemain qu’Herminie devait sortir du couvent. Sa maman jugea que, d’après l’action qu’elle venait de faire, les conseils lui devenaient inutiles ; et qu’elle trouverait dans sa vertu de quoi la préserver des écueils que l’on rencontre à chaque pas dans le monde, où elle allait entrer. Elle ne lui dit donc rien concernant la conduite qu’elle devait tenir dans la société ; elle lui laissa faire ses adieux à toutes les religieuses qui fondaient en larmes. Elle leur fit a chacune un petit présent, pour leur rappeler leur petite amie. Les domestiques ne furent point oubliés ; pour madame Angello, rien ne pouvait la consoler d’être privée d’Herminie qui, en la quittant, lui promit de la venir voir souvent. M. de Guiani eut toutes les peines du monde pour les arracher des bras l’une de l’autre. Il laissa, pendant quelque temps, un libre cours aux pleurs d’Herminie, qu’il regardait comme un juste tribut dû aux soins généreux de sa bonne maman, qu’elle allait visiter tous les matins.

Au bout de quinze jours, M. de Guiani proposa à sa nièce d’aller passer l’été à la campagne, ce qu’elle aurait accepté avec plus de joie, si madame Angello avait pu les y suivre ; mais elle se promit bien de lui écrire tout ce qu’elle ferait. Elle n’oublia pas d’emporter scs livres et sa musique. Ce fut là, que chaque jour M. de Guiani découvrit de nouvelles qualités dans Herminie. Elle allait elle-même porter des secours aux malheureux, et prenait soin d’instruire leurs enfans ; elle ne manquait jamais d’écrire à sa maman ce qu’elle avait fait la veille.

L’hiver ramena à la ville Herminie et son oncle ; dès que cette première fut de retour, elle courut embrasser sa chère institutrice, qui était si aise de la revoir, qu’elle ne pouvait se lasser de la regarder. Herminie lui raconta ce qu’elle avait fait depuis leur séparation, et madame Angello donna des louanges à sa conduite.

M. de Guiani, qui jouissait d’une grande considération dans Naples, ne pouvait manquer de procurer de l’agrément à sa pupille ; il recut plusieurs invitations de différentes personnes, chez lesquelles il mena sa nièce, qui remplissait d’admiration tous ceux qui la voyaient. Elle conserva toujours au milieu de la société, cette modeste contenance qui lui gagnait tous les cœurs. Son oncle reçut pour elle plusieurs propositions de mariage ; mais, lorsqu’il lui en faisait part, elle le suppliait de ne pas la presser de changer de condition, disant, qu’elle désirait passer sa vie avec un si bon oncle. M. de Guiani était bien décidé à ne jamais contraindre l’inclination d’Herminie ; mais il aurait souhaité qu’elle eût fait un choix digne d’elle, car il savait bien qu’elle ferait le bonheur de l’homme qu’elle épouserait. Un jour, qu’il la pressait de faire un choix, elle lui répondit que s’il pouvait lui trouver un mari qui ressemblât à M. de Guiani, elle l’épouserait sur-le-champ. M. de Guiani voyant bien qu’il ne viendrait point à bout de la persuader, pria madame Angello de sonder les dispositions de sa nièce sur le mariage, elle n’obtint d’elle que la même réponse. Ce qui lui fit naître l’idée d’engager M. de Guiani à demander la main d’Herminie ; jamais cet homme vertueux n’eût osé y prétendre, il trouvait trop de disproportion de son âge à celui d’Herminie, quoiqu’il n’eût alors que quarante-huit ans. Madame Angello eut beaucoup de peine à lever ses scrupules à cet égard. Il craignait, disait-il, qu’elle n’eût par la suite du regret de l’avoir épousé ; mais cette bonne parente le rassura, en lui disant qu’elle était trop habituée à lire dans le cœur de son enfant, pour n’y avoir pas découvert l’inclination qu’elle avait pour lui. Il se laissa persuader, et pria madame Angello de vouloir bien assurer son bonheur, en étant auprès d’Herminie l’interprète de ses sentimens. Ce que celle-ci fit dès le même jour ; elle eut la satisfaction de trouver sa fille adoptive telle qu’elle la désirait, c’est-à-dire moins sensible au rapprochement des âges qu’aux qualités du cœur. Elle accepta donc sans balancer la proposition de son oncle, qu’elle épousa dans la chapelle du couvent de celle qui lui avait toujours tenu lieu de la meilleure des mères. Cette union, formée sous de si fortunés auspices, ne fut jamais altérée, parce qu’elle était fondée sur la vertu.