Histoire du Privilége de Saint Romain/Liste des prisonniers/Quinzième siècle

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QUINZIÈME SIÈCLE.


1401. Jehan Hodièvre, de la paroisse de Saint-Vigor-le-Grand, près Bayeux.
    Pour avoir tué Raoul Libore.


1402. Robert Le Roy, de la paroisse Saint-Sauveur de Rouen.
    Pour plusieurs larcins et autres crimes commis à Rouen et ailleurs.


1403. Raoul Heusé, de la paroisse de Saint-Jacques-sur-Darnétal, près Rouen.
    Pour avoir tué un nommé Roger.


1405. Jehan Martin, de Péquigny, diocèse d’Amiens.

Pour avoir tué Jehan Balleroy.


1406. Colin Gueroult, du Val-de-la-Haie, près l’hôpital Sainte-Vaubourg, diocèse de Rouen.
    Pour homicide de Jehan Delacroix, dit le Bastard de Frédun.
    Colin Gueroult et Jehan Delacroix étaient, l’un et l’autre, assistés de leurs amis, lorsque ce meurtre fut commis.


1408. Raoul Moysson, de la paroisse d’Estampuis, près Saint-Victor-en-Caux, diocèse de Rouen.
    Pour homicide commis sur Jehan De Varenne, demeurant à Tôtes.


1409. Pierre Bourdet, de Neufchâtel-en-Bray.
    Coupable d’homicide et de plusieurs larcins.


1410. Robert Du Bosc, d’Anneville, demeurant au Mesnil, près Jumiéges.
    Pour avoir tué Robert Fauquart, prêtre.


1411. Jehan D’Aunay, de la paroisse de Bourville-la-Baingnart.
    Pour homicide commis sur Jehan Chastelain, écuyer.


1412. Robert Gaillart, de la paroisse de Saint-Ouen-de-Touberville, diocèse de Rouen.
    Pour avoir tué Michel Borel, de la même paroisse.


1413. Jehan Le Vigneron, de la paroisse d’Aisier, diocèse de Rouen.
    Pour avoir tué Marquet Le Frilleux.
    Jehan et Guillaume Germain, frères, de la paroisse de Trouville, au-dessus de Pont-Audemer, étaient ses complices.


1414. Jehan Fourré, de la paroisse de Bourgachard, diocèse de Rouen.
    Pour homicide sur Robert-le-Testu.


1416. Robert Le Cauchoys, de la paroisse de Saint-Sever-lez-Rouen.
    Pour avoir tué Geoffroy Pauche de Quièvre, garde de la forêt de Rouvray.


1417. Roger Le Breton, de la paroisse de Saint-Vivien de Rouen.
    Pour avoir tué Pierre Poche, serviteur de Jacques De Sales. Ce meurtre avait été commis a Renfeugères, non loin de Pavilly, diocèse de Rouen.


1418. Raoul Delaplace, de la paroisse de Saint-Ouen-de-Touberville.
    Pour avoir homicide Richard Tuebeuf.


1419. Jehan Anquetil, de la paroisse de Saint-Gervais-lez-Rouen.
    Pour viol sur la personne de Guillemette Auber, du Mont-aux-Malades.
    Guillaume Le Sueur, son complice, fut délivré, le 3 janvier suivant, par l’ordre de Henri V, roi de France et d’Angleterre.


1420. Pierre Lamequin, de la paroisse de Vize, en Angleterre, diocèse de Salisbéry.
    Il avait tué un marchand à Montfort-l’Amaury.
    Jehan Gouyn, son complice.


1421. Pierre Jolis, de la paroisse de Canteleu, diocèse de Rouen.
    Pour un meurtre commis par lui dans la forêt de Roumare. Il avait eu cinq complices : deux étaient morts ; le troisième, né à Jumiéges, était un vagabond ; les deux autres vivaient : l’un s’appelait Motin Briquet ; l’autre Antoine De La Houlle ; ils étaient tous deux de Montigny, près de Canteleu.


1422. Jehan Delamare, de la paroisse de Saint-Maclou de Rouen.
    Pour avoir tué Jehan Cony, bourgeois de Paris.


1423. Denis Letélier, de la paroisse de Noyon-sur-Andelle.
    Pour un meurtre commis près de Marcouville.


1424. Eugremere Pasques, de la paroisse de Saint-Jacques de Neufchâtel, diocèse de Rouen.
    Pour meurtre commis, dans ladite paroisse, sur Guillaume Faë, dit Mouton.


1425. Geoffroy Coudebeuf, de la paroisse de Saint-Aubin-sur-Mer.
    Pour meurtre d’un Anglais qu’il avait tué à Saint-Aubin-sur-Mer.


1426. Robert De Flemnare, de la paroisse de Houppeville, diocèse de Rouen.
    Pour un meurtre commis à Houppeville, sur un homme avec qui il eut une querelle.


1427. Jehan Ryaut ou Ryant, de la paroisse de Grand-court, diocèse de Rouen.
    Pour un meurtre commis par lui, dans la ville de Rouen, la veille de la dernière fête des Rois.


1428. Estiennote Presart, de la paroisse de Sierville, diocèse de Rouen.
    Pour avoir volé une tasse d’argent chez Me. Raoul Vérète, prêtre de Saint-Sauveur de Rouen.


1429. Thomas Grandon, anglais, de la paroisse de Hanniquem, diocèse d’York.
    Pour avoir tué, à Chambroix (diocèse de Lisieux), avec une épée, Jean Borllesse et Robert Lescosseys.


1430. Martinet Canyvet.

Adam Canyvet.

Jehan Le Mougnier.

Mahdet Cuignart.

Jaquet Follie.

Jehan Pellet.

Colin Du Mesnil.

    Bourgeois de la ville de Dieppe, où ilz estoient bien enlignaglés.
    Dans une batterie qui eut lieu en février 1429, entre eux et les sieurs Colin De Grèges et Jehan De Grèges son fils, Colin De Grèges avait été tué.


1431. Exupère ou Souplis Lemire, d’Yvetot, diocèse de Coutances.
    Pour viol commis sur la personne de Jehanne Corvière, de la paroisse de Néhou (même diocèse).


1432. Jehan Baudry, clerc, marié, de la paroisse de Saint-Remy de Dieppe, sa mère et sa femme.
    Pour avoir tué Phlipote, femme (enceinte) d’un pauvre mendiant de la même paroisse.


1433. Pierre Levasseur, de la paroisse de Tiergeville, diocèse de Rouen.
    Pour avoir tué Raoul Le Sesne.


1434. Guillaume Banc, anglais, de la paroisse de Saint-Bin, diocèse de Carlisle.
    Pour avoir tué un nommé Sandres.

Guillaume Pitre, complice de Guillaume Banc.


1435. Raoul Le Prévost, de la paroisse du Bosc-Normand, diocèse de Rouen.

Henri Lecerf

Pierre Busquet.

    Pour avoir, de complicité, tué Jehan Barbier, de la paroisse de Neuville près Harcourt.


1436. Guillaume Duhagnier, laïque, marié, de la paroisse de Bacqueville.
    Pour avoir tué Jehan Philippe, de ladite paroisse : Complices : Laurent Vassal et Jehan Halley.


1437. Jehan Hotot, laïque, de la paroisse de Sainte-Marie de Helnyngan, diocèse de Norfolck.
    Pour avoir tué, près de Torcy-le-Petit, deux Anglais, Roger Guissebourt et Symon Collechon.


1438. Jennequin Benc ou Bent, anglais, de la paroisse de Bosc-Châtel, diocèse d’Héréford, dans le pays de Galles.
    Pour homicide commis dans le village de Thury sur la personne de Pierre Burigt, Anglais.


1439. Denis Le Chartier, clerc…
    Pour homicide commis par cas fortuit sur la personne d’une femme nommée Adèle, en tirant de l’arbalète.
    Le chapitre ayant renoncé à cette élection, choisit ensuite JEHAN HELYS, anglais, de la paroisse de Hest-Monceaulz, diocèse de Cantorbéry, détenu pour larcins commis à Rouen. — Lui et ses complices, parmi lesquels étaient : Jehan Jouensan et Thomas Kuect.


1440. Isabelle de Guenores, de la paroisse de Guenores.
    Pour vol d’or et argent monnayé ayant cours, commis dans
la maison de Jehan Gosselin, demeurant dans la paroisse de Saint-Nicolas-le-Painteur, à Rouen.
    Collete la Comtesse, servante dans ladite maison, était complice du vol.


1441. Jehan De Lieusant, de la paroisse de Saint-Maclou de Rouen.

Nicolas De La Mouette.

Jehan Patin.

    Ouvriers employés à la construction du Palais-Royal que Henri VI, roi d’Angleterre et de France, faisait bâtir alors à Rouen (et qui depuis s’appela le Vieux-Palais), ils avaient reçu de leurs chefs d’atelier l’ordre de faire prendre un bain dans la Seine à trois hommes qui troublaient et empêchaient les travaux.
    Ayant jeté ces trois hommes dans la Seine, Jehan Langlois, un des trois, fut noyé, plutôt par la maladresse de Jehan De Lieusant, que par un dessein formé.


1442. Jehan Edouart, d’une paroisse voisine de Pont-Audemer.
    Il avait surpris plusieurs fois Marie, sa femme, en adultère avec le chevalier de la Fortemaison. Enfin, un jour l’ayant trouvée commettant ce crime avec un ecclésiastique son compère, il la tua.


1443. Jehan Legetay, du diocèse de Coutances.
    Qui avait tué sa femme, par cas fortuit.


1444. Guillaume Mesnier, de la paroisse Sainte-Marie-du-Bois, diocèse d’Evreux.
    Pour avoir tué Simon Mesnier, son parent.


1445. Pierre Michel, de la paroisse de Normanville.
    Les registres n’indiquent point son crime.


1446. Nicolas Hébert, de Surville, diocèse de Lisieux.
    Pour avoir dérobé quatre tasses d’argent, deux ceintures ferrées d’argent, douze cuillers d’argent, dix en or, douze bretons (monnaie d’alors), chez son maître le sieur Vauquelin, avocat en cour laie, à Falaise, qu’il servait depuis neuf années, et qui refusait de lui payer ses gages.


1447. Jehan Houcton, anglais, de la paroisse de Langthon, en Clindal, diocèse de Dublin.
    Il avait volé une tasse d’argent, du poids de six onces, dans une taverne près du pont, et l’avait donnée à cacher, à un matelot de la Bouille.
    Précédemment, ayant trouvé le cheval du capitaine de Domfront, paissant dans un herbage, il s’en était emparé ; les soldats de la garnison du Mont-Saint-Michel l’arrêtèrent et le tinrent prisonnier pendant quatorze mois ; arrêté depuis par le capitaine dont il avait volé le cheval, et mis en prison, il composa avec lui moyennant 36 saluts (monnaie du tems) et 20 sous tournois.
    Il avoua, de plus « avoir volé des vivres, par le pays, ainsi que le faisoient d’ordinaire les soldats. »


1448. Jean Du Teil, dit Frerot.

Lussier, de Sainte-Trinité-de-Touberville.

Jean Cordorien.

Jean Joli.

Robert Carie.

Robert Mare.

Thomas Grouvel : tous cinq de Saint-Ouen-de-Touberville.

Martin Pouchin, du Bosc-Gouët.

Colin Guilbert.

Geoffroy Boulon.

Jehan Guédon.

Rorert Le Bourc.

Jehan Voleren.

Richard Farel.

Cuy Boulenc.

Burel Pouchin.

Pierre Grouvel.

Cardot Morieult.

    De complicité, ils avaient tué, dans le village de Sainte-Trinité-de-Touberville, quatre Anglais qui, le même jour, avaient violé deux femmes et tué le mari de l’une d’elles. Ils étaient allés ensuite jeter les corps dans une caverne d’un bois voisin. Long-tems ignorés, les auteurs de ce meurtre furent dénoncés par un de leurs complices qui passa aux Anglais.


1449. Pierre De Longuemare, de la paroisse de la Feuillie.
    Il avait volé trois chevaux, en trois fois, par misère, à ce qu’il disait : le premier à Routot ; le second au Neufbourg ; le troisième à Rouen, près de la Vieille-Tour.


1450. Jehan De Baugy, de la paroisse de Saint-Barthelemi, à Paris.
    Il avait tué deux hommes, près de Courtray en Flandre.
    De complicité avec Pierre Le Gras, de Dijon, Guillaume Messier, Arnould Farinel, Jehan Farinel, il avait tué et volé Jehan D’Espaigne, dans la paroisse d’Aubervilliers, et avait violé une femme qui était avec l’homicidé. Il avait eu 50 saluts ou écus pour sa part dans le vol.


1451. Raoul Renyer, de Pibeuf, dans le diocèse de Rouen.
    Il avait tué, d’un coup de bâton, Guillaume-Simon De La Pommeraie, qui le frappait violemment sur les bras et sur les reins.


1452. Robert Cauchée, charpentier, de la paroisse de la Vieux-Rue, diocèse de Rouen.
    Il avait tué, de deux coups de dague, Jehan Alain, dit Le Courtois, qui venait de lui donner un coup de poing sur l’œil. Cela s’était passé à Queuvron ; c’est-à-dire, sans doute, à Crevon.


1453. Guillaume Le Bouvier, charpentier, de Cerisy près Saint-Lô, diocèse de Coutances.
    Étant à Calleville, près Bernay, chez le sieur Savary, il voulut, à la prière de ce dernier, tuer, à coups de flèche, une poule qui s’était juchée très-haut dans un arbre. La flèche alla frapper sur une branche, puis sur une pierre, rebondit encore, et blessa le fils du sieur Savary, qui mourut de sa blessure, six jours après.


1454. Michel Manant, de la paroisse de Pommereux, diocèse de Beauvais.
    Sa femme lui faisait de fréquentes infidélités. Souvent il lui avait adressé des remontrances et des menaces ; elle ne se corrigeait point. Une nuit, qu’elle s’était levée secrètement de son lit, pour rejoindre un de ses amans, lorsqu’elle revint, après une assez longue absence, Manant lui donna des coups de bâton ; un des coups l’atteignit à la tête, et la tua.


1455. Jehan Hellebout, de la paroisse de Bourneville, diocèse de Rouen.
    Criminel de lèze-majesté.
    Il avait acheté à Aix-la-Chapelle, près de Liége, et à Utrecht, 1600 livres pesant de faux deniers et de fausses oboles, à raison de quatre livres pour un écu d’or, et était venu mettre cette fausse monnaie en circulation dans le diocèse de Rouen.


1456. Jehan Bourrelain, du diocèse de Poitiers.

André Bourrelain, son frère.

Jehanne, femme d’André.

    De complicité, ils avaient volé une chaudière d’airain, du linge, un couvrechef, et autres objets, chez Jehanne Lafleur, lépreuse à Yonville, près de Rouen.
    Se rendant dans le Poitou, ils avaient volé, dans diverses hôtelleries, du bois, des écuelles, des salières, de la toile. A Beauvais, ils avaient volé un livre, qu’ils vendirent au prieur des Jacobins de Rouen.


1457. Marguerin Costentin, de la paroisse de Sideville, dans la Hague en Cotentin.
    S’amusant à tirer de l’arc, avec Jean son frère, et d’autres, à Pavilly, sa flèche rebondit sur la tête de son frère et le tua.


1458. Les registres ne l’indiquent point. Il y a une lacune, du 4 février au 15 juin.


1459. Jehan De Boys Bazire, de Cormeilles, diocèse de Lisieux.
    Pour avoir accusé faussement quelques personnes d’avoir enlevé Guillemine, sa fille naturelle, qui avait quitté la maison paternelle.


1460. Jehan Chrestien, du diocèse de Bayeux.
    Étant à Gonneville, et déracinant un saule, cet arbre tomba sur un passant et le tua.


1461. Le registre du chapitre n’indique point le prisonnier qui fut élu.


1462. Nicolas Nicole.
    Pour avoir tué Guillaume Honnel, de Louviers.


1463. Pierre Aubert, de la paroisse de Montfort.
    Pour avoir tué, involontairement, un jeune homme de la même paroisse, nommé Haquin Coippel.


1464. Le registre est en blanc.


1465. Guillaume Vaugouge, de la paroisse de Boos, diocèse de Rouen.
    Pour avoir tué, d’un coup de caillou, Cardin Le Franchois, qui le frappait avec son arc.


1466. Catherine, femme de Raoul Leseigneur, de la paroisse de Bretteville-en-Caux.
    Pour avoir tué Marie, mère de son mari, qui avait voulu la frapper, comme elle était couchée dans son lit. Elle se leva tout émue, et la tua avec une pierre qu’elle trouva sous sa main.


1467. Guillaume Jehan, de la paroisse de Saint-Sauveur de Montivilliers.
    Il avait tué, avec un chenet, Jehan Le Bouteiller, du diocèse de Beauvais.
    Il était aussi complice de l’homicide d’un matelot, tué au Pont-de-l’Arche, par un nommé Guillaume Balattre.
    En outre, il avait commis plusieurs larcins.


1468. Nicolas Lecarpentier, de la paroisse de Saint-Vivien de Rouen.
    En se défendant, il avait tué, d’un coup de dague, Pierre Breffer, sergent royal. Ce meurtre avait été commis à Rouen, près de la Crosse.


1469. Robert Delacroix, dit Hurert, de la paroisse de Mauquenchy, diocèse de Rouen.
    Il avait tué, d’un coup de caillou, Cardin Montés, qui venait de frapper et de blesser grièvement Guillaume Delacroix, son père.


1470. Jacques Colombel, de la paroisse de Gouey, diocèse de Coutances.
    Un individu, du pays de Bretagne, l’ayant frappé à la tête avec une dague, et l’ayant grièvement blessé, il se saisit d’une épée, qu’il trouva à terre, en donna deux ou trois coups à ce Breton, et le tua.


1471. Jehan Vauquelin, de la paroisse de Saint-Martin de Harfleur.
    Il tua, d’un coup de pierre, Lucas Le Febvre, qui lui avait donné un coup de fourche de fer, pendant qu’il labourait la terre.


1472. Jean Carité, de la paroisse d’Anneville ou Yville-sur-Seine, originaire de la paroisse de Saint-Remy de Drave, diocèse de Paris.
    Il avait tué Michel d’Yainville, de la même paroisse, en se battant avec lui.
    Il avait pour complices :

Jehan Le Page père.

Jehan Le Page fils.

Robert Guiot.

Thomas Guiot.

Jehan Asselin.

Laurent Plante.

Guieffine, mère desdits Guiot.


1473. Étienne De Baudribosc, clerc, de la paroisse de Saint-Pierre-le-Portier, à Rouen.
    Il avait eu une dispute avec deux bermans ou courtiers de Rouen, et avait tué d’un coup d’épée l’un d’eux qui l’accablait d’injures.


1474. Jehan Baqueler, de Frenlleville, du côté d’Eu, âgé de 22 ans.
    Peu de tems après Noël, dans un jeu qui consistait à lancer de loin un bâton pour atteindre une oie attachée à un poteau, son bâton, en bois de houx, gros comme le bras, mal lancé par la faute d’un individu qui était derrière lui, se détourna, et alla frapper à la tempe un nommé Bardin Lavalloys, qui mourut de ce coup, trois jours après.


1475. Guillaume Morin, clerc, de la paroisse de Plasnes, diocèse de Lisieux, demeurant à Honfleur.
    Le jour du Carême-prenant[1], étant à table, à Honfleur, avec quelques voisins, il lança dans la rue un os de bœuf, très-gros. Cet os alla frapper sa fille, âgée de onze ans, qui revenait de chercher du vin dans une taverne, et la tua.
    De plus, il avait volé deux chevaux, au hameau du Chouquet.


1476. Girard Le Grant, de la paroisse de Saint-Denis-le-Thiboult, diocèse de Rouen.

Et Pierre Rogart, son oncle.

    Ils avaient assisté à une noce, dans la paroisse de Vaudrimare ; et, pendant le repas, Pierre Rogart avait répandu, par maladresse, un moutardier sur l’habit d’un nommé Gossent, ce qui causa une altercation entre eux. En se retirant
le soir, la querelle recommença ; les autres convives prirent parti, les uns pour Rogart, les autres pour Gossent. On se battit ; dans la mêlée, un des combattans s’enferra avec l’épée de Girard Le Grant, et en mourut à l’heure même. Pierre Rogart gaigna franchise dans l’esglize de Saint-Denys-le-Thiboult.


1477. Guillaume Bézet, de la paroisse de Cherville, près de Châlons-sur-Marne.
    Fabricant de fil de fer, ayant femme et enfant, demeurant à Rouen, paroisse de Saint-Maclou. Étant soldat, et se trouvant près de Béthune, en Artois, il fit un pari avec ses camarades, à qui pointerait le mieux une couleuvrine chargée à poudre et à pierre, et atteindrait le premier une porte qui fut le but convenu entre eux. Par la faute d’un de ses camarades, Bézet, au lieu de bien diriger son coup vers la porte, l’adressa vers une haie, en sorte que la pierre lancée par la couleuvrine tua un homme assis au pied de cette haie.


1478. Jehan Levanier, tanneur, de la paroisse du Héron, près de Rouen.
    Il avait violé la femme Marie Ausoult.


1479. Guillaume Lebel.
    Le registre n’indique point son crime.


1480. Robert Sorel.
    Le registre n’indique point son crime.


1481. Le registre n’indique même pas le nom du prisonnier élu.


1482. Mathieu Delamare.
    Le registre n’indique point son crime.


1483. Thomas Le Mésenguier, de la paroisse de Saint-Éloi de Rouen.
    Un prêtre nommé Robert Clérot, déguisé, et cachant une épée sous ses vêtemens, étant venu rôder souvent, le soir, autour d’une maison de la paroisse de Saint-Eloi, où était une couturière sur laquelle ce prêtre avait des desseins, Le Mésenguier, qui aimait aussi cette couturière, attaqua, un soir, l’abbé Clérot, qui se défendit avec son épée et le blessa. Le Mésenguier, qui était accompagné de deux amis, vint facilement à bout de cet ecclésiastique, et le tua de plusieurs coups de dague.


1484. Denise De Gouy, couturière, du Bourg-de-Saâne.
    Étant au service chez Godin Lorget, bourgeois de Rouen, elle avait, à la persuasion d’un homme qui l’entretenait, volé, chez son maître, du linge à usage d’homme et de femme. Elle s’était servie de fausses clés, que lui avait fournies Lefèvre, son amant. Ce dernier avait été pendu, tout récemment à Rouen. Elle avait été condamnée à mort comme lui, mais son exécution avait été ajournée, à cause de son état de grossesse.
    Antérieurement, demeurant à Vernon, un jour qu’elle descendait un escalier, portant un bois de lit, le pied lui glissa, le bois de lit alla frapper son enfant qui était au bas de l’escalier, et le tua.


1485. Jehan De Rouen, dit Cornelay, de Bonnevillesur-le-Bec, âgé de 27 ans, demeurant à Saint-Gervais-lez-Rouen.
    Il avait tué un palefrenier de l’amiral de France, qui le tourmentait à l’excès et l’insultait. Voir l’histoire.


1486. Gautier Cavelier, de Bourville-en-Caux.
    Il y avait, à Bourneville, des gens d’armes dont les valets commettaient mille insolences. Au mois de septembre 1485,
deux palefreniers attachés à leur service, qui avaient insulté des habitans de la paroisse, ayant été mis à la raison, dès le lendemain, on vit arriver huit ou dix gendarmes, les uns à pied, les autres à cheval, qui venaient dans l’intention de venger leurs valets. En apercevant quelques villageois réunis pour se concerter sur les moyens de se défendre, ils s’écrièrent : « Sus, véez les cy, les ribaux, tues, tues, à mort. » Quelques uns des paysans s’enfuirent ; mais Gautier Cavelier et un nommé Lombart tinrent bon. Cavelier avait un arc bandé et cinq ou six flèches ; il cria aux gendarmes que s’ils s’approchaient, il tirerait sur eux. Louis De Gressières, l’un d’eux, neveu du sieur François De la Saulvagière, continuant, malgré cette menace, de s’approcher l’épée à la main, Cavelier lui décocha une flèche qui l’atteignit au côté et le tua. Les autres gendarmes tuèrent un villageois, et donnèrent à Cavelier douze coups d’épée, dont il ne mourut pas, mais qui le rendirent impotent pour la vie.


1487. Robert Thorel, cirier, de la paroisse de Lyons-la-Forêt, demeurant à Etrépagny.
    De complicité avec Jehan Thorel, son frère, et Simon Delarue, prêtres tous les deux, il avait tué, à coups de pierre, le sieur Jehan De Lymoges, De Noyon-le-Sec, qui, fort injustement, injuriait Robert Thorel et le frappait de son épée. Robert Thorel gagna franchise dans l’église abbatiale de Mortemer.


1488. Madeleine Hubert, de la paroisse de Saint-Lubin-du-Pers, diocèse de Bayeux, âgée de 20 ans.
    Servante d’un sieur Langlois, à Limésy, un domestique la séduisit sous promesse de mariage ; et, lorsqu’il la vit grosse, quitta la maison, et alla servir le seigneur Louis De Dreux, frère du sieur D’Esneval. Peu de jours après, elle accoucha ; et, se voyant ainsi abandonnée et exposée au mépris, elle étouffa
son enfant, après l’avoir ondoyé, et le jeta dans une mare où le cadavre fut trouvé peu de jours après.


1489. Jehanne Dantot, de la paroisse de Ouville-l’Abbaye, diocèse de Rouen, âgée de 21 ans.
    Un jeune homme l’avait prise de force dans un bois dépendant de Ouville. Son père le sut, et la maltraita, ce qui la contraignit d’aller demeurer à Auzebosc. Puis, étant allée à Blainville, comme servante d’auberge, elle devint grosse des œuvres d’un homme-d’armes de la compagnie du sieur De Torchy. Elle était enceinte depuis six semaines ; un sieur De Biennaiz, qui demeurait de ce côté, la prit chez lui et en fit sa concubine. Il l’entretenait depuis sept mois et demi, lorsqu’elle accoucha chez lui, en lui avouant que c’était du fait d’un homme-d’armes de Jehan D’Estouteville, seigneur de Torcy et de Blainville. Le sieur De Biennaiz, furieux de ce qu’elle était venue vivre avec lui étant enceinte, la chassa elle et son enfant. Deux femmes la recueillirent chez elles ; elle y vécut trois semaines, nourrissant son enfant, et vivant d’aumônes. Le sieur De Biennaiz ne faisait rien pour elle, et allait souvent l’injurier, lui disant qu’il voudrait qu’elle eût tué son enfant et qu’elle fût brûlée vive, comme l’avait été tout récemment, à Rouen, une femme convaincue d’infanticide. Jehanne Dantot avait envoyé son enfant au père, qui avait refusé de le prendre ; elle était désespérée ; chaque jour, le sieur De Biennaiz lui répétait : « Qu’en penses-tu faire, que je ne le voie plus ? » Une des femmes qui lui avaient donné asile lui disait sans cesse : « plust à Dieu qu’il fust en paradis et vous aussy. » Sur ce qu’elle disait qu’elle porterait elle-même l’enfant à son père, on lui répondait qu’il le refuserait encore et couperait bras et jambes à la mère. Enfin, un jour, hors d’elle-même, elle noya son enfant dans un seau d’eau ; puis, en proie au remords, l’en tira et le réchauffa devant le feu ; mais il mourut la nuit suivante. Arrêtée à raison de ce crime,
et menée aux prisons de Rouen, elle s’y laissa engrosser par un prisonnier. Dans cet état, elle sollicita et obtint la fierte.


1490. Jehan Brocheron, de Nogent-le-Roi, âgé de 30 ans.
    Il avait tué, dans un mauvais lieu de Nogent-le-Roi, la maîtresse de la maison, qui l’insultait. Après quoi il s’était mis en franchise dans l’église de Saint-Sulpice de Nogent. Il avait été appliqué, cinq fois différentes, à la question, à raison de ce meurtre. Les deux années dernières, afin de l’empêcher d’être élu pour lever la fierte, on l’avait transporté une fois à Elbeuf, l’autre aux prisons de Saint-Gervais-lez-Rouen, où alors les députés du chapitre n’avaient pas le droit d’aller. Enfin, cette année, les chanoines l’ayant trouvé à la maison de pierre (prison du bailliage), reçurent sa confession, et le chapitre lui donna la fierte.


1491. Jehan De Beauvais, de la paroisse de Ménerval-en-Bray, diocèse de Rouen.
    Poursuivi à outrance par Gieffin Le Normant, qui prétendait avoir été surtaxé par lui, lors de l’assiette de la taille à Ménerval, il se défendit et le tua d’un coup de dague ; puis se réfugia dans l’abbaye de Beaubec, où il fut cinq semaines en franchise.
    Voyant Le Normant étendu mort à ses pieds, Beauvais lui avait pris sa bourse, qui contenait une forte somme d’argent.


1492. Marie, épouse de Jacques Mansel, de la paroisse de Honguemare, diocèse de Rouen, demeurant dans le Clos-Saint-Marc, à Rouen.
    Ayant une dispute avec une couturière, qu’elle accusait d’avoir mal raccommodé son corset, elle donna un coup de poing à cette femme, qui mourut de ce coup huit jours après.


1493. Simonet Emery, de Saint-Ouen-en-Bray, âge de 28 ans.
    Son père et un nommé Jehan Le Blanc étaient depuis longtems en procès, relativement à la propriété d’une assez grande pièce de terre sise à la Hallotière. Ayant su que Le Blanc allait faire enlever la récolte, il dit à cet homme, qu’il rencontra : « Jehan Le Blanc, nous feréz-vous tousiours ceste paine ? yvus ne cesserés jamais tant qu’il y ait meschief. » Le Blanc lui répondit : « Je te feray bien petit varlet de quoy tu cuides estre grant maistre. » Sur cela, on se battit, et Emery tua Le Blanc de plusieurs coups de son braquemart.


1494. Guillemine, femme de Jehan Andrieu, de la paroisse de Yébleron, doyenné de Fauville.
    Son mari était attaché à la personne du sire de Bourbon. Pendant qu’il était à l’armée avec ce prince, elle fut obsédée par un sieur Le Masurier, de Auzouville-Auberbosc, qui voulait la séduire. Ses refus lui attirèrent de mauvais traitemens de cet homme emporté. Son mari étant de retour, un jour qu’ils allaient à la messe, ils rencontrèrent Le Masurier. Son mari qu’elle pria de la venger, se précipita sur Le Masurier, sa dague à la main ; elle-même le prit par les cheveux et aida ainsi son mari à le tuer ; puis ils gagnèrent franchise dans l’église de Yébleron, où ils restèrent cinq semaines. Enfin, ils y furent arrêtés et amenés à Rouen ; et le mari fut condamné aux galères. La femme leva la fierte le jour de l’Ascension ; puis elle accoucha la nuit suivante chez le maître de la confrérie de Saint-Romain, en sorte qu’elle ne put venir, le lendemain, suivant l’usage, remercier le chapitre et prêter le serment accoutumé. Ce jour-là, Pierre Daré, lieutenant du bailli de Bouen, maître de la confrérie de Saint-Romain, vint à la cathédrale, avec les autres frères de la confrérie de Saint-Bomain ; il remercia le chapitre au nom de l’accouchée, et demanda que des députés fussent envoyés pour recevoir son serment. Le chapitre décida qu’elle viendrait
elle-même, après ses relevailles, accompagnée des membres de la confrérie. On écrivit aussi-tôt au maître des galères, pour qu’il eût à mettre Andrieu en liberté. Un sergent fut envoyé à Honfleur, et obtint, du commandant des galères, la mise en liberté d’Andrieu.
    Le 29 mai suivant, Andrieu et sa femme, qui était relevée de couches, vinrent ensemble remercier le chapitre et prêter les sermens d’usage.


1495. Gaultier Potemain.
    Pour homicide commis de complicité avec plusieurs autres individus. Les registres n’en disent pas davantage.


1496. Jehan Mygraine, de la paroisse de Saint-Ouen, diocèse de Rouen.
    Pour meurtre.


1497. Henriette De Noyon, de la paroisse de Notre-Dame de Caudebec-lez-Elbeuf, diocèse d’Evreux, âgée de 30 ans.
    Pour avoir tué, de deux coups de bâton, un nommé Vauldrée. Le fait avait eu lieu à Caudebec.


1498. Pierre Aubert, de la paroisse du Bec-Hellouin.
    De complicité avec les nommés Anquetil, Étienne Bazire, Jehan Goulle, maréchal au Houlme, il avait fabriqué de la fausse monnaie, dans son jardin situé à Rouen, près du Vieux-Palais.
    Précédemment, il avait commis un meurtre au Bec-Hellouin.


1499. Marie Canu, de Pavilly, âgée de 22 ans.
    Pour deux infanticides commis par elle, l’un à Pavilly, l’autre à Rouen, près de la Rougemare.


1500. Robert Lemoytte, âgé de 60 ans, né sur la paroisse Saint-Jean de Rouen.
    Un jour, s’entretenant avec un des ses amis, dans la rue Pinchedoz, à Rouen, il vit un homme qui fuyait et accourait vers eux, poursuivi par un sergent royal qui criait : « Tuéz, tuéz le ribault » ) et comme son ami faisait mine de vouloir arrêter le fuyard, ce dernier le menaça de sa dague. Lemoytte, touché du péril de son ami, tira sa dague du fourreau, et en porta un coup mortel à cet homme, qui alla mourir dans l’église de Saint-Godard, où il s’était traîné pour gagner franchise.
    Précédemment, étant commissaire aux acquits des vins, sur le quai de Rouen, il avait eu une dispute avec le nommé Desquetot, l’un de ses confrères ; et ce dernier l’ayant frappé sur le nez avec ses tablettes d’ivoire, il lui donna un coup de couteau qui le tua.

  1. On appelait ainsi le Mardi-Gras et le premier dimanche de carême.