Histoire du chevalier Grandisson/Lettre 65

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LETTRE 65

Miss Byron à Miss Selby.

mardi matin, 28 avril. Que direz-vous de cette étrange Miladi G ? Pour moi, je la trouve extrêmement blâmable. Milord L perd patience avec elle. Miladi est au même point. émilie déclare qu’elle l’aime beaucoup, mais qu’elle n’aime point ses caprices. Milord G parle de m’apporter ses plaintes. Le sujet de la querelle ne paroît pas fort grave, comme je l’apprends d’émilie : mais les bagatelles ont quelquefois des suites sérieuses, lorsqu’on a l’extravagance d’y insister. Quoi qu’il en soit, l’affaire est entre eux, et ni l’un ni l’autre ne se pressent d’en parler. Cependant Milord et Miladi L désaprouvent hautement l’air de raillerie qu’elle affecte. Leur mésintelligence commença hier au soir. Nous avions soupé chez eux, Madame Reves et moi, avec Milord et Miladi L et les deux dames italiennes. Je ne me trouvai point de goût pour le jeu. Nous nous retirâmes de bonne heure, et la Signora Olivia partit en même tems avec sa tante. On se mit à jouer. Milord et Miladi L émilie et le docteur Barlet tombèrent ensemble. Au milieu de leur partie, Miladi G qui étoit montée à son appartement, descendit l’escalier avec précipitation, en fredonnant quelques notes. Milord G qui étoit monté après elle, la suivit d’un air fort troublé. Madame, commença-t-il, il faut vous dire… il faut, interrompit-elle, non, milord il ne faut rien. Elle s’assit derrière émilie. Ne prenez pas garde à moi, lui dit-elle. Qui gagne ? Qui perd ? Son mari se promena dans la chambre à grands pas. Milord et Miladi L auroient voulu feindre de ne rien remarquer, dans l’espérance que l’orage s’appaiseroit de lui-même ; car il étoit échappé à leur sœur quelques petites vivacités pendant le dîner, quoiqu’à souper tout eût été fort tranquille. Le docteur Barlet lui offrit ses cartes. Elle les refusa. Non, docteur, lui dit-elle ; j’ai mes propres cartes, avec lesquelles je veux jouer, et mon jeu n’est pas aisé. Mais, Lucie, vous confondriez les rôles, si je ne marquois le nom de chaque acteur. Milord G. de la manière dont vous vous y prenez, je le crois bien, madame. Miladi G. ne vous exposez pas, milord : nous sommes en compagnie. Ma sœur, je crois que vous avez spadille à gages. Milord G. permettez, madame, que je vous dise un mot ou deux. Miladi G. toujours prête à l’obéissance, milord. Elle se leva. Il voulut prendre sa main : elle la mit derrière elle. Milord G. vous me refusez votre main, madame ? Miladi G. elle m’est nécessaire. Il s’éloigna d’elle, et, sans ajouter un mot, il sortit de la chambre. Miladi G. (se tournant vers la compagnie d’un air gai et tranquille.) quelles étranges créatures que ces hommes ! Miladi L. Charlotte, vous m’étonnez. Miladi G. j’en suis charmée, ma sœur. Miladi L. mais, ma sœur, je n’y comprends rien. Miladi G. nous autres femmes, nous aimons l’étonnant, l’incompréhensible. Milord L. en vérité, madame, je ne crois pas la raison pour vous. Miladi G. j’en suis charmée, milord. Milord L. charmée ! De quoi ? Miladi G. de ce que la raison est toujours pour ma sœur. Milord L. réellement, madame, si j’étois à la place de Milord G la patience m’échapperoit. Milord G. bonne leçon pour vous, Miladi L faites-en votre profit, et continuez d’être si raisonnable. Miladi L. lorsque j’en userai comme vous, Charlotte… Miladi G. j’entends, chère sœur, il n’est pas besoin d’achever. Chacun a sa méthode. Miladi L. cela n’arriveroit point, si mon frère… Miladi G. peut-être non. Miladi L. en vérité, chère Charlotte, je crois que vous avez tort. Miladi G. je le crois aussi. Miladi L. pourquoi donc ne vous hâtez-vous pas… Miladi G. de réparer mes fautes ? Chaque chose a son tems. émilie avoue qu’elle commençoit à craindre pour la fin de ce dialogue, lorsque la femme-de-chambre de Miladi G vint lui dire que milord souhaitoit de la voir. Ces hommes sont inexplicables, reprit-elle ; ils ne sont contens ni avec nous, ni sans nous. Mais je suis l’obéissance même. Tous mes sermens seront observés. Elle sortit. Comme aucun des deux ne revint sur-le-champ, Milord et Miladi L qui e ntendirent arriver leur carrosse, en prirent occasion de se retirer ; et pour marquer leur mécontentement à leur sœur, ils partirent sans avoir pris congé d’elle. M Barlet prit aussi le parti de monter à son appartement ; de sorte que Miladi G qui ne tarda point à descendre, fut extrêmement surprise, et même un peu piquée, de ne trouver qu’émilie. Milord arriva presqu’aussi-tôt par une autre porte. Assurément, lui dit-elle, voilà une conduite bien étrange. Avec vos airs de mari, vous mettez toute une compagnie en fuite. Milord G. bon dieu ! Vous me jetez dans un étonnement, madame. Miladi. à quoi reviennent ces exclamations, lorsque vous avez effrayé tout le monde ? Milord. moi, madame ? Miladi. vous, monsieur. Oui, vous. N’avez-vous pas pris le ton de maître dans mon cabinet ? L’amour de la paix ne m’a-t-il pas fait descendre ? Ne m’avez-vous pas suivie… avec des regards… fort jolis, je vous assure, pour un homme marié depuis deux jours ? Ensuite n’avez-vous pas voulu m’emmener ? N’auroit-on pas cru que c’étoit pour me marquer quelque regret de votre conduite ? A-t-il manqué quelque chose à ma soumission ? Ne m’a-t-elle pas attiré des airs d’hommes ? N’êtes-vous pas sorti brusquement de la chambre ? Tous les assistans peuvent rendre témoignage du calme avec lequel je suis retournée vers eux, dans la crainte qu’ils ne s’affligeassent trop pour moi, et qu’ils ne crussent notre querelle fort grave. Enfin, lorsque votre chaleur s’est appaisée, comme je le suppose, vous m’avez fait appeler. Sans doute, ai-je pensé, qu’il est tout à fait revenu à lui-même. Je me suis encore hâtée d’obéir… Milord. et ne vous ai-je pas suppliée, madame… Miladi. suppliée, monsieur ? Oui ; mais avec des regards… l’homme que j’ai épousé, permettez que je le dise, monsieur, avoit un visage tout différent. Voyez, voyez, émilie ; le voilà parti encore une fois. En effet, milord est sorti dans un transport d’impatience. Oh ! Ces hommes, ma chère ! S’écria-t-elle en regardant émilie. Je sais bien, m’a dit cette chère fille, ce que j’aurois pu lui répondre ; mais on assure qu’il ne faut jamais entrer dans les querelles conjugales. La mésintelligence ne fit qu’augmenter jusqu’au lendemain. émilie n’a pu me donner d’autres informations ; mais lorsqu’elle achevoit son récit, on m’a remis le billet suivant, de la part de Miladi G. " Henriette, si vous avez pitié de moi, venez me voir à l’instant. J’ai grand besoin de votre conseil. Je suis résolue de faire casser mon mariage. Aussi ne veux-je souscrire que mon cher nom de Charlotte Grandisson. " je lui ai fait sur le champ la réponse suivante. " je ne connois personne qui se nomme Charlotte Grandisson. J’aime tendrement Miladi G mais je ne suis capable de pitié que pour milord. Je ne vous verrai pas. Je n’ai pas de conseil à vous donner, hors celui de ne pas vous faire mal à propos un jeu de votre bonheur. " une demi-heure après, il m’est venu une seconde lettre. " voilà donc ce que j’ai gagné par mon mariage ! Mon frère absent, un mari intraitable, Milord et Miladi L dans son parti, sans s’informer qui a tort ou raison ; le grave docteur Barlet, dont le silence me condamne ; émilie qui me laisse, en portant le doigt à l’œil ; mon Henriette qui renonce à moi ! Et tous dès la première semaine ! Quel parti prendre ? La guerre paroît déclarée. Ne prendrez-vous donc pas la qualité de médiatrice ? Vous ne voulez pas, dites-vous ? Hé bien, j’y consens. Mais je veux exposer devant vous toute l’aventure. Ce fut hier au soir, avant la fin de la première semaine des noces, que Milord G prit la liberté de forcer ma retraite, sans avoir consulté mes intentions. Vous observerez en passant, qu’il lui étoit échappé quelques impertinences pendant le dîner ; mais j’avois passé là-dessus. Quelle est cette hardiesse ? Lui dis-je. De grâce, monsieur, sortez. Pourquoi quittez-vous la compagnie ? Je viens, ma très-chère vie, pour vous faire une prière. L’exorde, comme vous voyez, étoit assez civil, s’il y eût mêlé un peu moins de ses importuns transports ; mais il me jeta les bras autour du cou, en présence de Jenny, ma femme-de-chambre. Les folles caresses d’un mari sont capables de faire de dangereuses impressions sur ces filles. Ne trouvez-vous pas, Henriette, que c’est blesser ouvertement les bonnes mœurs. Je refuse votre demande, et je ne veux pas même l’entendre. Comment avez-vous osé pénétrer ici ? Vous avez dû juger que je n’avois pas quitté ma sœur pour long-tems. Quoi donc ! La cérémonie est-elle déjà si ancienne, qu’elle autorise un manque de savoir vivre ? De savoir vivre, madame ! Il parut vivement frappé de l’expression. Laissez-moi, repris-je, sans lui donner le tems de répondre. Sortez à ce moment. Mes yeux ne durent pas être bien méchans dans ma colère, car il me déclara qu’il ne sortiroit point ; et jetant encore une fois ses bras autour de moi, il joignit sa face dure à la mienne. Jenny étoit toujours dans le cabinet. à présent, Miss Byron, vous ne m’abandonnerez point dans un cas où la bienséance est intéressée. Non, j’en suis sûre. Prendre la défense de ces odieuses libertés dans un commencement de mariage, ce seroit faire connoître qu’elles ne vous déplairont point à vous-même. Vous pouvez donc vous imaginer que je lâchai la bride à mon indignation. Il disparut avec l’audace de murmurer, et de marquer de l’humeur. Le mot de diable sortit de sa bouche. Je demandai à Jenny si c’étoit à moi qu’il l’avoit adressé. Non assurément, me répondit-elle : et voyez, chère Henriette, le mauvais effet de l’exemple sur les filles de cette sorte ; elle eut la hardiesse de parler en faveur de la tendresse d’un mari. Cependant, en toute autre occasion, je lui vois faire la prude. Avant que ma colère fut appaisée, le hardi personnage ne fit pas difficulté de reparoître. C’est la pure vérité, Henriette. Comme vous ne faites rien de secret, me dit-il, je ne veux pas vous quitter. En vérité, madame, vous me traitez mal. Mais si vous permettez que je vous revoie demain au matin. Non, monsieur. Seulement à déjeûner, ma chère ; et où ? Chez Miss Byron. C’est une complaisance que je vous demande. Sa chère ! Dans le monde entier, je ne hais rien tant qu’un hypocrite. Je savois que son dessein étoit de me mener aujourd’hui en visite, pour faire parade de sa nouvelle propriété ; et je jugeai que, me voyant en colère, il vouloit tout à la fois me nommer une maison agréable, se faire un mérite auprès de vous, et se procurer la satisfaction d’avoir fait obéir sa femme, sans y employer l’air d’autorité. C’est de ce misérable commencement que notre importante querelle a pris naissance. Ce qui me pique le plus, c’est l’artifice de l’homme, et le dessein manifeste qu’il a eu de vous mettre dans ses intérêts. Il ne manqua point, dans le cours de l’altercation, d’y joindre la menace d’en appeler à vous. Vouloir me perdre dans le cœur de ma plus chère amie ! Cette méchanceté est-elle pardonnable ? Vous croyez bien, ma chère Henriette, que si la proposition de vous voir n’étoit pas venue de lui, sur-tout après tant d’offenses accumulées, c’étoit la visite qui pouvoit me causer le plus de plaisir. En vérité, monsieur… assurément, milord… je vous proteste, monsieur… avec un degré de hauteur assez modéré, furent les plus grands emportemens de ma part ; suivis à la fin du mot rebelle, je n’en ferai rien. De son côté, il répéta vingt fois, en différentes formes : sur mon honneur, madame, que je périsse, si… et paroissant hésiter : vous me traitez mal, madame… je n’ai pas mérité… et permettez que je vous déclare… j’insiste, madame, à vous demander cette complaisance. Ce langage, Henriette, ne pouvoit plus être supporté. La soirée étoit fraîche ; mais je n’en pris pas moins mon éventail. Oh ! Oh ! Dis-je, quels termes ! Quels termes ! Quelles expressions ! Vous insistez, milord ? Je juge que je suis mariée : me tromperois-je ? Je pris alors ma montre : lundi soir, à dix heures et demie, le… quel jour sommes-nous du mois ? Je demande la permission à milord de marquer ce premier moment de l’exercice de son autorité. Chère Miladi G ! (c’est peut-être pour mettre le comble à l’insulte, qu’il me donna son nom) si j’étois capable de supporter ce traitement, je n’aurois pas toute la tendresse que j’ai pour vous. Ainsi, monsieur, c’est par un excès d’amour que vous commencez à faire valoir tous les droits d’un mari. Fort bien. J’ajoutai quelques plaisanteries assez piquantes sur les préparatifs que j’allois faire pour l’esclavage. J’aurois continué ; mais prenant un ton grave, que je trouvai rude, et même un peu méprisant (jugez, Henriette, s’il étoit possible de se modérer), il entreprit de me donner des leçons : un peu moins d’esprit, madame, et un peu plus de discrétion, vous siéroient peut-être aussi bien. Le reproche étoit trop vrai pour être oublié ; vous en conviendrez, Henriette ; et de la part d’un homme qui n’a pas trop de l’un ni de l’autre… mais j’avois trop d’empire sur moi-même pour lui communiquer cette observation. Milord, c’est ce que je lui dis, je me repose sur votre jugement. Il sera toujours le contre-poids de mon esprit ; et quelque jour, avec l’assistance de votre amour dédaigneux, il m’apprendra la discrétion. Dites, ma chère, n’étoit-ce pas lui faire un compliment très-flatteur ? Devoit-il le prendre autrement, sur-tout avec le ton grave dont je le prononçois, et une fort belle révérence dont il fut accompagné ? Mais, soit remords de conscience ou mauvais naturel, et tous deux peut-être, il le prit pour une satyre offensante. Il se mordit les lèvres. Jenny, dit-il à ma femme-de-chambre, sortez. Jenny, dis-je de mon côté, demeurez. Jenny ne savoit à qui obéir. Réellement, Henriette, je commençai à craindre qu’il ne lui prit envie de me battre : pendant qu’il se berçoit dans ses airs majestueux, je gagnai la porte, et j’allai rejoindre l’assemblée. Comme les personnes mariées ne doivent point s’exposer devant leurs amis, parce que mille choses demeurent dans la mémoire d’autrui, lorsque l’honnête couple peut les avoir oubliées, je me déterminai à suivre les conseils de la prudence. Vous auriez été charmée de ma discrétion. J’en imposerai à mes amis, dis-je en moi-même ; je ferai croire à Milord et à Miladi L, au docteur, à émilie, que j’avois laissés les cartes en main, qu’il ne manque rien à notre bonheur : là-dessus je descends, dans la résolution de faire mes observations sur le jeu, avec la douceur d’un agneau ; mais je me vois suivie presqu’aussi-tôt, par mon indiscret, le visage en feu, et tous ses traits en action ; et quoique je l’eusse averti de ne pas s’exposer, je lui vois prendre des airs, dont l’effet, comme vous allez l’entendre, fut de chasser ma compagnie. Il sort par un autre effet des mêmes airs, et peu de momens après il me fait appeler. Qui n’auroit pas cru que c’étoit quelque mouvement de repentir ? D’autres femmes auroient joué la reine Vasti, et refusé de sortir, pour mortifier leur tyran. Mais moi, la soumission même, mes vœux si récens devant les yeux, j’obéis au premier mot. Cependant vous jugez bien que, malgré ma douceur naturelle, je ne pus retenir quelques petites récriminations. Il étoit trop en humeur de maître pour les écouter. je vous dirai, madame. -je ne veux pas qu’on me dise, monsieur. nous eûmes un petit dialogue de cette nature ; et lorsque j’eus quitté assez brusquement le passionné personnage, dans le dessein de rejoindre ma compagnie, que pensez-vous que j’aie trouvé ? La salle déserte. Tout mon monde étoit parti. émilie restoit seule : et c’est ainsi qu’on renvoya la pauvre Miladi L les larmes aux yeux peut-être de la tyrannie qu’elle avoit vu exercer sur une sœur trop facile. Milord G n’ayant pas manqué de me suivre, jugez si, lorsque nous nous vîmes seuls, et maîtres du champ de bataille, nous ne demeurâmes pas comme deux fous vis-à-vis l’un de l’autre. Je lui fis mes plaintes avec toute la douceur que je pus mettre dans mes expressions. Il vouloit que toutes les discussions fussent remises à quelqu’autre jour. Mais, non. Après nous avoir exposés tous deux par ses airs violens, devant un si grand nombre de témoins, vous conviendrez, ma chère, vous que je connois pour une fille délicate, que sa proposition étoit impossible. Ainsi la décence m’obligeoit de tenir bon. Depuis ce moment notre mésintelligence éclate ; et grâces au ciel, elle est au point que, si nous nous rencontrons par hasard, nous fuyons volontairement chacun de notre côté. Nous avons déjà fait deux tables pour le déjeûner. Cependant je suis traitable ; mais il est arrogant. Je lui fais des révérences. Il affecte de ne pas me les rendre. C’est joindre l’incivilité à l’arrogance. Je me mets à mon clavessin. La mélodie le fait enrager. Il est pire que le roi Saül ; car Saül, dans son humeur sombre, prenoit plaisir aux instrumens de musique, dans les mains de celui même qu’il haïssoit. Je souhaiterois que vous prissiez la peine de venir. Ce seroit un acheminement à la complaisance ; car, pervers comme il est, ç’eût été trop aussi que de l’accompagner chez vous. Il voudroit porter sa cause à votre tribunal ; mais je lui ai presque ôté ce dessein par mes railleries. J’ai pris le parti de vous écrire. Quelle réponse ai-je reçue ? Cruelle Henriette ! Refuser votre médiation dans un différend entre l’homme et la femme ! Mais je laisserai brûler le feu. Si la maison se sauve, et qu’elle en soit quitte pour un peu de flamme dans la cheminée, je saurai m’en consoler. Adieu, méchante fille. Si vous ne connoissez point de femme qui se nomme Grandisson, fasse le ciel qu’avec les suppositions que j’entends pour la personne, je ne connoisse plus bientôt de Byron ! Ne suis-je pas terrible dans mes vengeances ? " voyez, Lucie, avec quelle adresse cette chère capricieuse s’y prend, pour me mettre dans ses intérêts. Mais je vous assure que je ne me laisserai pas gagner par ses flatteries.