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Histoires incroyables (Palephate)/5

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CHAP. V.

Orion (1).

Fils de Jupiter, de Neptune et de Mercure. Hyriée, fils de Neptune et d’Alcione l’une des filles d’Atlas, demeurait à Tanagre, dans la Béotie. Comme il était très hospitalier il reçut un jour la visite des Dieux. Jupiter, Neptune et Mercure ayant été bien accueillis chez lui et satisfaits de sa libéralité, l’invitèrent à leur faire connaître ce qu’il désirait. Comme il n’avait pas d’enfant, il en demanda un. Les Dieux prenant la peau d’un bœuf qu’on venait de leur immoler y jetèrent (2)………… et ordonnèrent qu’on l’enterrât pour ne la retirer qu’au bout de dix mois. Les dix mois écoulés naquit Urion ainsi nommé parce que(2)………… ; mais par la suite on l’appela Orion par honnêteté. Cet Orion donc allant à la chasse avec Diane voulut lui faire violence. La déesse irritée fit sortir de terre un scorpion qui le mordit au talon et lui donna la mort. Jupiter en prit pitié et le plaça au rang des astres(3).

(1) La naissance d’Orion avec les détails pleins de charmes de l’hospitalité et de la bonhomie d’Hyriée sont racontés par Ovide, dans le liv. V des Fastes, v. 495-545. (P. 361-365, tom. 6 de l’Ovide de Gierig).

(2) Ce chapitre n’est probablement pas complet, car les explications qu’il renferme ne ressemblent guères aux interprétations pleines de bon sens que nous trouvons dans la plupart des autres. Toutefois les deux petites lacunes que l’on trouve ici dans la traduction ne sont pas dans l’original. On me pardonnera de n’avoir pas dit en français ce qu’Ovide lui-même n’a pas osé dire en latin, car il s’est arrêté quand il en est venu là en disant : pudor est ulteriora loqui (fast. V, v. 532), et l’on sait que les délicatesses du drame moderne nous ont rendus sur ce chapitre encore beaucoup plus chatouilleux que les pudiques Romains du temps d’Ovide.

(3) Hyginus fable 195. (Mythogr. latin. Van Staveren, p. 325) et le grammairien latin Lactance ( dans ses scholies sur la Thébaïde, liv. 3, v. 27, tom. 2, p. 532 du Stace de Lemaire), s’accordent sur tous les points avec le récit de Paléphate ; Apollodore prétend que Diane perça Orion d’une flèche : selon les uns, dit-il, parce qu’il l’avait défiée au ceste, et selon les autres, parce qu’il avait attenté à une de ses nymphes (Liv. 1, chap. IV, $ 5, p. 9, de l’édition de Heyne). Ératosthènes dit, comme Paléphate, que c’était pour avoir voulu faire violence à Diane elle-même. (Catastérismes, 7, p. 104 des opusc. mythol. de Th. Gales).