L’Élu

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L’Élu
1902


L’homme appelle vices les plaisirs qui lui échappent, et vertus les infirmités qui lui arrivent.


Au Poète

Laurent TAILHADE

ce petit livre

En témoignage de mon affectueuse admiration

et de mon respect.
A. E.


Le Souvenir s’éveille et reprend, aujourd’hui,
En sourdine, les vieux, les adorables thèmes…

Et c’est, dans ce petit livre où veulent encore, entre des larmes, sourire des choses d’Italie, le seul souvenir, en effet, qui s’éveille.

L’Aube est captieuse où, tôt, se lève le vol léger des ailes puériles d’Éros. L’enfant se meut en les splendeurs éblouissantes du jour et, devant que Midi rayonne sur son front adolescent, il se meurt en un hâtif crépuscule, sous le soleil immarcescible où splendit l’Amour étrange qui fut aux rives Ioniennes…

Rien autre. Rien.

Divine la beauté d’être jeune.

Charmante la gloire d’être aimé.

Sereine, aussitôt, la douleur de n’être plus.

Rien autre. Rien, dans la plainte monotone des mots…

A. E.